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A cœur perdu

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Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez bien. De mon côté tout va bien, même si j’aimerai que les journées passent moins vite. Entre mon travail avec les enfants, l’écriture de Te Retrouver, mes lectures et le nouveau Zelda, j’ai l’impression que mes journées passent à toute vitesse, si bien que je passe moins de temps sur les réseaux sociaux ou sur le blog. Il faut que je rattrape cela. Mais en attendant, aujourd’hui, je vous propose enfin une chronique pour le #JeudiAutoEdition. Je sais, cela faisait un long moment que je n’ai pas posté d’article sur des romans autoédition, ou même sur l’autoédition en particulier. Et pourtant, j’ai lu depuis la nouvelle année quelques romans dont il faut absolument que je vous parle. Ceci montre à quel point je suis en retard sur le blog.

Aujourd’hui, je vais donc vous parlez d’une nouvelle écrite par ma copine Sophia Laurent, dont vous avez déjà croisé les romans sur le blog. C’est en effet elle qui a écrit Ruines et Evolutio, et dont j’ai encore un roman dans ma pile à lire. Elle a publié cette semaine une courte nouvelle sur le harcèlement scolaire, celle même que je vous présente aujourd’hui. Voici son résumé :

Tout s’est déroulé il y a dix-sept ans… et revient aujourd’hui.
Quand Lucas remet la main sur des souvenirs d’un temps lointain, il réalise que les émotions sont toujours là, enfouies en lui, aussi dévastatrices que par le passé. Il va alors faire part à sa sœur de cette époque où il a vécu l’enfer au quotidien à cause d’un harcèlement continu.

Nous avons donc ici un personnage principal, Lucas. Il doit, avec sa sœur, vider la maison de son enfance. Or, lorsqu’ils arrivent au grenier, une foule de souvenir l’assaillent. Ce sont des souvenirs sur son année de cinquième, 17 ans plus tôt, alors qu’il n’était qu’un nouveau parmi une foule d’adolescent. Il raconte alors à sa sœur le calvaire qu’il a vécu cette année-là, un calvaire dont personne n’avait été au courant jusqu’ici.

J’ai trouvé que le harcèlement dont est victime Lucas est bien traité dans cette nouvelle. Ce sujet n’est jamais facile à traiter, et ici, l’auteure s’en sort bien. On sent en effet tout le mal être dans lequel est plongé Lucas, tout l’isolement dans lequel il est placé. Le collège en entier se retourne contre lui alors que personne ne le connaît. Simplement parce que Lucas est jugé « gros », et aussi parce qu’il est nouveau dans ce collège, il va être considéré comme un vrai paria. Non seulement il va être mit à part, mais il va aussi être la cible d’insulte, et de racket. On a une forte envie d’aider ce pauvre adolescent qui va peu à peu se refermer sur lui-même.

  • Toi, là, le gros avec un cartable de fille, il faut que tu saches.

Il s’arrête en souriant perfidement. Autour de nous, les élèves de ma classe se sont stoppés et observent la scène avec autant de jubilation que s’ils étaient au cinéma.

  • Tu ne seras jamais l’un des nôtres.

Premier coup de poignard. Interdit, incrédule, j’arrondis le regard et me sens rougir. Morgan continue, en semblant se délecter de chaque mot.

  • Les gars comme toi, les petites merdes dans ton genre, elles restent dans leur coin et elles baissent la tête quand on passe devant elles.

En fait, on s’attache vite à Lucas, même s’il nous apparaît d’abord sur les traits d’un adulte plus sur de lui. Au fur et à mesure qu’il se dévoile à sa sœur, qu’il raconte ce qu’il s’est passé cette fameuse année, on sent qu’il n’a pas complètement tourné la page, que cette année l’a vraiment détruit. On ne se remet jamais véritablement de harcèlement. Je trouve cela fort que Lucas ait réussi à se refaire une vie tout seul, petit à petit. Il aurait pu tenter de mettre fin à ses jours, mais l’idée de suicide n’est pas évoquée ici, tout comme l’idée de vengeance. Lucas est courageux, même s’il paraît lâche de ne pas se battre, de ne pas répondre. Il fait tout pour se relever, ou du moins pour survivre. Cela renforce je trouve notre opinion sur lui, sur le fait qu’il tente de s’en sortir, de ne pas tomber dans la spirale de la dépression. Et pour tenir le coup, il peut compter sur Aline.

J’ai apprécié le personnage de cette dernière, même si j’aurai aimé qu’elle soit plus présente dans la nouvelle, plus combative aussi pour aider Lucas. Elle sait pourtant ce que les autres lui font subir, mais elle n’intervient pas en sa faveur, se contentant de le retrouver par moment au collège. Je trouve qu’elle manque un peu de courage, même si je peux comprendre sa peur de devenir une paria elle aussi, de devenir une victime de cet harcèlement. Par contre, j’ai aimé sa vision sur ses camarades, le jugement qu’elle porte sur eux.

  • Reste toi-même, tu es le plus humain d’entre nous, Lucas. Les autres ne sont qu’une bande de demeurés. Ce n’est pas parce qu’on est adolescent qu’on doit être insipide et attardé, d’accord ? Garde ça en tête, tu vaux mieux qu’eux.

Ce que j’ai aussi apprécié dans cette nouvelle, c’est l’une des remarques que fait Lucas à sa sœur, lorsqu’il commence à parler de harcèlement scolaire. En effet, cette dernière pense immédiatement aux filles qui en sont victimes, comme si seules les filles pouvaient être victime de ce type d’harcèlement. C’est une idée reçue que je trouve qu’il est bien de dénoncer. Le fait qu’ici le personnage principal soit un garçon et qu’il subisse ce type de torture pourrait peut-être aider des garçons dans ce cas-ci à en parler, à avouer ce qu’ils subissent. Le harcèlement scolaire ne concerne pas que les filles, il concerne tous les élèves. C’est important de le souligner, et c’est ce que fait très bien cette nouvelle.

En fait, le seul petit défaut que je pourrais trouver à cette nouvelle, c’est sa longueur. Comme toutes les nouvelles, je l’ai trouvé un peu courte. Néanmoins, il doit s’agir de la première nouvelle que je trouve bien dosée, où je ne suis pas frustrée à la fin. Oui, pour une fois, je trouve que tout a été dit ici, qu’il n’y a pas forcément besoin d’autre chose, même si j’aurais aimé plus de scène avec Lucas.

J’ai donc pris du plaisir à lire cette nouvelle, et je vous la conseille vivement. Elle m’a fait penser à une nouvelle, un peu sur le même thème, dont il faudra que je vous parle prochainement, une nouvelle écrite par Karine Giebel et se trouvant à la fin de son ouvrage Terminus Elicius. Sans trop vous spoiler, la fin est bien plus sanglante et moins optimiste que dans cette nouvelle de Sophia Laurent. Car oui, ici, la fin est pleine d’optimisme. Lucas s’en est bien sorti, même s’il avait ce poids sur les épaules depuis 17 ans.

Si vous voulez aller plus loin sur cette nouvelle, Sophia Laurent a écrit une explication sur son blog où elle explique pourquoi cette nouvelle. Vous la trouverez ici.

Quand à sa nouvelle, elle est disponible sur amazon, ici.

Et vous ?

Avez-vous lu des romans ou nouvelles sur le harcèlement scolaire ?

Quels titres sur ce sujet vous ont le plus marqués ?

Bonne fin de semaine à tous

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Une réflexion au sujet de « A cœur perdu »

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