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Ruines

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Bonjour à tous. Me revoilà pour une nouvelle chronique, la première de cette nouvelle année. Il s’agit aussi de mon premier coup de cœur de 2016. Aujourd’hui, je vais vous parler d’un service presse que j’ai reçu dernièrement, d’une trilogie en cours, publié en autoédition chez Amazone, comme l’était Beyond de Lena Walker, chroniqué sur le blog en décembre. Cette série s’appelle Ruines et est écrite par Sophia Laurent. Il existe actuellement deux tomes à cette trilogie, le troisième est en cours d’écriture. J’ai eu le droit de recevoir les deux premiers tomes, que j’ai rapidement dévoré.

Cette série est une dystopie, elle se passe dans un monde futuriste apocalyptique. Je pense qu’elle s’adresse plus à des adolescents et des jeunes adultes qu’à des enfants, notamment parce que le héro principal est un adolescent de seize ans. En voici le résumé :

Alex… Quatre lettres qui se débattent pour rester à flot.

C’est tout ce qu’il connaît de lui. Le reste, ce monde dévasté, ces hommes qui veulent sa peau, son corps aussi détérioré que son esprit et cette bande d’adolescents plus sauvages les uns que les autres… Le reste est flou, vague, sombre.

Il va chercher la lumière à travers cette nuit qui lui est tombée dessus. Et rencontrer dangers, aventures, et… amis ?

L’histoire commence donc avec Alex, qui est le héro de cette histoire. Il est dans une ruelle, il se réveille, et comprend qu’il ne se souvient que de son prénom, ces fameuses quatre lettres qui tournent en rond dans sa tête. Il ne sait même pas où il est, à quelle période, comment il est arrivé dans cette ruelle. Sa mémoire est intégralement vide. Tout ce qu’il arrive à découvrir dans les premières pages du roman, c’est qu’il est insolent, et qu’il attire les ennuis. Et que le monde dans lequel il a atterri est dangereux. Il va devoir se battre pour survivre, et apprendre à encaisser les coups.

Comme je l’ai dit, Alex émerge dans un monde post apocalyptique. Les guerres nucléaires et ses résultats ont changé la face du monde. Désormais, les maisons n’existent plus. Il n’y a plus que des refuges temporaires, souvent limités aux murs restants, aux anciens contours d’habitations. Les rues sont détruites. Il n’y a plus de gouvernement, seulement des hommes et des femmes qui imposent la violence et leurs lois. Chaque ville, région, à ses chefs qui s’entretuent, comme des gangs qui se battent pour avoir la main mise sur la population, ou ce qu’il en reste. Tous ne sont plus que des survivants.

Alex se fait rapidement recueillir par un groupe d’ado qui ont montés leur propre ferme dans une ancienne caserne de pompiers. Leur chef, Maxim, est le plus âgé. Il veille sur les enfants, et tente de retenir loin d’eux les « gouverneurs » qui se disputent la ville. Il n’y a aucun adulte avec eux, ils vivent en autarcie, en protégeant leur abri. Il y a des tours de gardes, avec des enfants qui sont à peine adolescents.

Le groupe accepte Alex avec difficulté, puisque la méfiance est de mise. Mais lorsque Alex, qui quitte le groupe, sauve Beth, la petite sœur de Maxim, tous se rendent compte qu’ils ne peuvent se passer du garçon amnésique, qui se découvre être une vraie machine à tuer. Qui se cache donc derrière le garçon? Quel secret cache son amnésie?

La teinte bordeaux qui colorait ses mains. Les hurlements autour de lui. Et la violence, encore et encore.

  • Partez !
  • Tu peux toujours courir ! répliqua Max.

Un Maxim près de lui et à la fois si loin qu’il avait l’impression que des kilomètres les séparaient.

Frapper, frapper, frapper.

Sa vision se troubla. Ses gestes se firent plus frénétiques, plus précis. Il tapait, répondait, abattait. Il ne réfléchissait pas. Plus. Il défendait sa vie. Et celles de ses amis. En abattant sa fureur. Encore et encore.

– Alex…

(…) L’adolescent se rendit alors compte qu’il était agenouillé à terre. Entouré de …

– Ils sont tous morts? murmura-t-il en regardant les douze corps reposant autour de lui.

(…) – Tu viens de tuer neuf types à toi tout seul, Alex. Tu viens de te comporter comme un dingue, frappant, hurlant et tuant comme si tu étais contrôlé par une force supérieure. Alors, ce que Max te demande, c’est de nous expliquer de quelle façon tu as pu faire ça. Parce que… c’était salement effrayant.

En lisant les premières pages de ce premier tome, j’ai tout de suite eu l’impression de me retrouver dans le Labyrinthe, de James Dashner. Alex se réveille sans aucun souvenir, dans un lieu qu’il ne reconnaît pas, et est intégré dans un groupe survivant d’adolescents. C’est un peu comme ça que commence le Labyrinthe. Et c’est un peu la même intensité qui accompagne notre lecture, la même appréhension pour les personnages qui nous porte. On a du mal à lâcher le roman, car l’action est toujours présente, avec de rares pauses. On se prend au jeu, et on profite de ces pauses pour respirer avant de replonger à corps perdu dans l’action. Comme Alex, qui est bien maltraité dans les deux tomes.

Alex est un héro attachant, qui se pose beaucoup de questions, qui se découvre au fur et à mesure de l’histoire. Mais malgré tout ce qu’il apprend sur le monde, sur tout ce qui s’y cache de terrible, il sait faire la part des choses et est altruiste. Il est prêt à se mettre en danger pour sauver Beth, qu’il ne reconnaît pas au début. Il rencontre d’ailleurs Max et sa bande parce qu’il tente de protéger un enfant d’une bande de malfrat.

Dans ce roman, il y a une certaine violence en continue, une violence parfois latente, dû au monde dans lequel évoluent les personnages. Cette violence est assez soft, elle est cachée par l’horreur de la guerre qui a eut lieu. Elle n’explose que lorsque les personnages, les adolescents, s’y trouvent confrontés. Mais lorsqu’elle est là, manifeste, elle est terrible pour ceux qui s’y retrouvent confrontés. Je faisais au début de cette chronique une comparaison avec le roman le Labyrinthe, c’est la même violence qui est ici. C’est une violence dû aux adultes, à la perversion de l’homme qui chercher à tout prix à être le chef. Dans le monde d’Alex, il y a trois grands gangs qui se battent, qui s’affrontent, et ils se moquent d’avoir affaire à des enfants, des malades ou non. Ils se moquent aussi du nombre de morts qu’ils peuvent laisser derrière eux. C’est cette violence qui est évoquée tout au long du roman, où on sent que la situation peut basculer à tout moment. D’ailleurs, l’auteure sait très bien gérer son suspens, car j’ai été surprise par certaines des actions auxquels je ne m’attendais pas, à des rebondissements que je n’avais pas prévu. C’est super d’être surpris de cette manière, de ne pas être dans un récit au tout semble prédéfini.

Ce que j’ai énormément apprécié, c’est toute l’évolution d’Alex qui se trouve dans cette histoire. Au début amnésique et perdu dans un univers dont il ne connaît pas les codes, Alex se découvre guerrier, tueur, chef de bande, amoureux, et fils. Alex cherche sa famille, ceux qui l’ont entrainé au point de faire de lui une machine à tuer, mais il rencontre une nouvelle famille, celle apportée par Maxime et sa bande. Jusqu’à ce qu’il soit confronté à son passé, à sa véritable famille.

Dans le tome 2 plus précisément, Alex se retrouve confronté à des choix terribles à faire, des choix pouvant entrainer la mort de ses amis. C’est un Alex plus mûr que nous avons, un Alex qui se pose un peu plus pour réfléchir aux conséquences de ses actes, même si tout doit toujours se faire dans l’action. Maintenant qu’il a une famille, il doit se décider s’il doit prendre son indépendance vis-à-vis d’elle, s’il peut s’émanciper. Il est confronté à sa conscience vis-à-vis de son passé. Peu à peu, Alex grandit en se posant en opposition avec ce qu’il apprend de son passé, ce qu’on lui raconte sur ce qu’il était. Non seulement il a honte de sa famille, mais aussi de lui. C’est tout un thème sur l’acceptation de soi qui est dans ce récit, accepter les choix qu’on a pu faire, même s’ils ont été horribles, accepter ce qu’on est, pour pouvoir continuer à avancer. Ce qu’Alex aura du mal à faire sans ses amis.

  • Je suis un monstre.
  • Tu es un gamin de dix-sept ans amnésique.
  • J’ai tué (un enfant)

(…)

– Tu n’as rien à dire? reprit-il en voyant Maxim attraper un bout de tissu pour frotter ses mains et retirer les quelques perles pourpres incrustés dans sa chair.

– (…) Je ne vais pas t’en vouloir pour avoir commis un meurtre pareil.

– Un « meurtre », là est le mot.

– Tu ne sais même pas si tu l’as tué de sang-froid, ou par obligation, rétorqua Maxim avec exaspération. Tu ne le sais pas, n’est-ce pas?

– Non.

– Alors, arrête de te flageller et de jouer le martyr, mec, répondit le blond en lui donnant un petit coup sur l’épaule.

C’est une histoire qui prend aux tripes, qui fait qu’on a du mal à le lâcher. Comme je l’ai dit, le rythme est intense, on a rarement de pauses, et les chapitres s’enchaînent sans qu’on s’en rende compte. Ils sont tous si bien coupés, laissés en suspens, qu’on n’a qu’une envie, c’est de passer à la suite pour voir le traitement réservé aux personnages. A chaque coupure, il y a un rebondissement qui nous pousse à continuer la lecture, à nous interroger sur la survie ou les révélations qui nous attendent.

Le seul bémol que je peux trouver à ce récit, c’est que je trouve que les personnages secondaires, comme Beth ou les autres enfants de la bande, ne sont pas assez développés. On a le droit d’avoir l’histoire d’Alex et de Maxim, mais les autres personnages font plus secrets, mystérieux. On a parfois l’impression de passer à côté, de ne pas réussir à nous attacher à eux. J’aurai par exemple aimer en savoir plus sur l’organisation de la vie de la bande, sur la manière dont certains avaient grandis, sur la manière dont ils géraient leurs vies, la mort de leurs parents. Même Beth, qui est la soeur de Maxime, reste un peu à l’écart de l’histoire alors qu’elle intervient dedans, qu’elle est présente. C’est du moins mon ressenti.

C’est la même chose en ce qui concerne les causes de la guerre qui a déclenché tout cela. Elles font assez floues. C’est peut-être un parti de l’auteure, et c’est une bonne idée, puisque nous sommes loin de cette guerre dans le temps, mais je suis curieuse et j’aurai voulu en savoir plus.

Ce bémol n’est néanmoins que secondaire, parce qu’il ne m’a pas du tout dérangé dans ma lecture. Ce sont seulement des remarques que j’ai après-coups, un petit manque. Mais en ce qui concerne l’histoire, j’ai vraiment pris part à l’aventure, je me suis immergée dedans. L’écriture est vraiment fluide, elle colle à la situation, elle est bien rythmée. Il n’y a pas d’incohérence dans le récit, on sent que tout est maîtrisé. A part quelques fautes de frappes, qui se retrouvent dans tous les romans, on ne voit pas que c’est un roman autoédité. Il s’agit d’un bon roman que je conseille. Je n’ai qu’une hâte, me plonger dans le tome 3. D’ailleurs, je pousse l’auteure à écrire la suite au plus vite.

Vous pouvez retrouver le tome 1 ici : http://amzn.to/2k3OK7m

Et vous, que lisez-vous en ce moment?

Vous connaissez d’autres romans autoédités? Vous pourriez en lire?

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6 réflexions au sujet de « Ruines »

  1. En ce moment je lis « Les Dames du lac », mais il m’arrive de lire des livres auto-édités. Souvent, ce sont les auteurs qui me contactent, et j’accepte si je ne suis pas débordée et que le résumé me tente bien.
    « Ruines » me semble bien parti, j’espère que le deuxième tome sera aussi prometteur 🙂

    J'aime

    1. Oui, c’est sur que le résumé doit plaire. A l’heure où on est en pleine polémique sur les auto-publiés et les blogueurs, je pense qu’on ne doit pas perdre de vue ce qui compte, c’est-à-dire l’histoire, et ce qu’on a envie de lire. Peu importe après si c’est un auto-publié ou non.
      Si tu as le temps, n’hésites pas à lire « Ruines », c’est une bonne surprise, et j’attends avec hâte la suite 🙂

      Aimé par 1 personne

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