Malenfer

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Bonjour à tous. Me revoici, après plusieurs déboires informatiques cette semaine, pour une nouvelle chronique littéraire. Cette fois, elle va concerner une saga entière. Il s’agit d’une trilogie, pour l’instant, que j’ai dévoré assez vite. D’ailleurs, le dernier tome je l’ai lu en un après-midi tellement j’avais hâte de savoir ce qu’il allait se passer. Alors, je dis que pour le moment c’est une trilogie puisqu’il n’y a que trois tomes, qu’un quatrième n’est pour le moment pas prévu, en tout cas j’ai pas trouvé d’informations dessus, mais vu la fin du troisième tome, j’ai bon espoir d’un voir d’autre. Cette saga est une saga jeunesse, qui peut je pense être lue à partir de 7-8 ans. Son auteure est Cassandra O’Donnel, une française, dont je vous avais déjà présenté un de ses romans, Le monde secret de Sombreterre. La saga est publiée aux éditions Flammarion jeunesse, le tome 1 est paru en 2015. Voici le résumé du tome 1 :

Malenfer, la forêt maléfique, grandit et s’approche chaque jour davantage de la maison où vivent Gabriel et sa petite sœur Zoé. Seuls depuis le départ de leurs parents, partis chercher de l’aide en terre de Gazmoria, les enfants doivent faire face aux ténèbres qui recouvrent lentement Wallandar. Mais aussi à un tout nouveau danger : ni les visions de Zoé, ni ses pouvoirs magiques ne parviennent encore à l’identifier.

Nous avons donc deux jeunes héros frère et sœur, Gabriel et Zoé, qui vivent depuis quelques semaines sans leurs parents, partis à la recherche d’un grand sorcier pour arrêter la forêt de Malenfer, une sombre forêt qui dévore tous les êtres vivants qui s’approchent d’elle. Seulement, cette forêt maléfique avance chaque jour d’avantage. Elle est à présent très très proche de la maison des deux enfants, qui ne savent pas s’ils doivent s’enfuir ou attendre leurs parents. Et ce n’est pas leur seul soucis. Voilà qu’à l’école, un des garçons a disparu. Impossible de mettre la main dessus. Seule une basket reste de lui, au bord du lac sombre qui effraie tant Zoé. Car Zoé n’est pas une petite fille comme les autres. Elle possède un don qui lui fait très peur, elle est capable de prédire l’avenir à travers des visions qu’elle a. D’où lui vient ce pouvoir? Mystère. Mais une chose est sûre, quelque chose de terrible se cache dans la forêt et dans le lac, quelque chose qui n’hésite pas à tuer. Zoé et Gabriel vont devoir affronter ces dangers pour comprendre d’où viennent les pouvoirs étranges de la petite fille.

Il s’agit donc d’un roman fantastique, où la magie et l’horreur se côtoient en permanence. La forêt qui avance vers les deux enfants est un personnage essentiel de l’histoire. Elle a l’air de posséder une volonté propre, elle est capable de tuer et d’avancer vers son but. Elle est aussi dangereuse qu’un ennemi. Elle effraie les enfants, mais aussi les adultes qui ne peuvent rien face à elle. Seul un grand sorcier peut l’arrêter. C’est pour cela que les parents des deux enfants sont partis loin à la recherche d’un sorcier-lune, un sorcier parlant aux Dragons et aux pouvoirs immenses. Seulement, il faut qu’ils reviennent avant que le danger ait frappé à la porte de Zoé et Gabriel. S’enchaînent donc une course contre la montre contre la forêt. J’ai bien aimé cet aspect maléfique de la forêt. Dans les romans fantastiques, la nature est souvent bienveillante, elle est là pour contrebalancer l’horreur causé par les humains, ou les autres races. Ici, la forêt est mortelle, terrible. La nature semble mauvaise, méchante. On ne peut pas l’arrêter, on ne peut rien faire contre elle. Elle est l’ennemi à abattre. J’ai trouvé cette idée assez originale. De plus, comme la forêt a un nom, ceci rajoute un plus, elle est personnifiée comme le serait n’importe quel personnage. On parle d’ailleurs d’elle comme un personnage. La forêt est alors un moyen de faire entrer l’horreur dans le récit.

Elle est aussi un élément très mystérieux dans le récit. En effet, comme personne n’en sort vivant, personne ne sait comment elle est en réalité, s’il y a des animaux en elle ou non. Tout le monde n’en n’a comme vision que son aspect extérieur, effrayant. D’ailleurs, personne ne sait non plus comment elle est arrivé là. La forêt est juste apparue un jour, et elle mange les gens. Ce sont les seuls éléments connus sur elle.

Les habitants de la ville et ceux des villages environnants avaient essayé de combattre la progression de la maléfique. Ils avaient même essayé de la faire brûler. Mais sans succès. Malenfer ne pouvait être détruite ni par les haches, ni par le feu. Et elle engloutissaient tous ceux qui s’en approchaient. C’était une forêt magique. Une forêt que seul un magicien très puissant pouvait combattre. Tout le monde le savait.

 Dans ce roman, outre les réflexions sur la forêt, il y a aussi quelques autres, notamment autour de la magie et de la différence. En effet, Zoé, la plus petite, possède un don magique. Elle est capable de voir l’avenir, d’avoir des visions, des pressentiments. Elle sait quand quelqu’un lui ment. Et elle a appris à vivre avec ce don, à le cacher, parce qu’elle fait peur aux autres. Même à l’école, elle est traitée de sorcière car les autres enfants ne la considèrent pas comme l’une des leurs, même s’ils ne savent pas pourquoi. Zoé a tellement bien caché son don que seul Gabriel est au courant. Et à force de le cacher, Zoé a grandi trop vite, ayant des réflexions parfois d’adulte, ce qui ne l’aide pas non plus à se faire des amis. On a donc dans ce récit les notions de différence et d’expulsion qui sont abordées. Zoé est rejetée par les siens, les Humains. Et heureusement qu’elle cache son don, car des choses terribles, pires que le rejet, arrivent à ceux qui dévoilent leurs dons ou leurs véritables origines. Mais après le tome 1 et ce que les enfant vont découvrir dans l’école, Zoé pourra compter sur des amis fidèles qui, en plus de son frère, feront tout pour la protéger de ceux qui pourraient lui vouloir du mal. Ainsi, le frère et la sœur pourront compter sur les amis de Gabriel, Thomas, Ezechiel et Morgane, pour affronter Malenfer et les Humains qui pourraient leur vouloir du mal.

  • Qu’est-ce qu’il s’est passé à Edernangar? demanda Thomas.
  • Les habitants de la ville d’Edernangar ont découvert qu’il y avait des créatures magiques dans leur ville, alors après, dès qu’il se passait quelque chose de mal comme un accident, une épidémie ou un incendie, ils disaient que c’était de leur faute… expliqua Morgane.

Ezéchiel fronça les sourcils.

  • Pourquoi?

Morgane parut songer à la question un instant puis répondit.

  • Je crois que c’est parce qu’il leur fallait un coupable, quelqu’un sur qui ils pouvaient déverser leur colère… peut-être qu’ils avaient peur parce que les créatures n’étaient pas comme eux.
  • Et que s’est-il passé? demanda Ezéchiel.

Morgane déglutit et répondit tristement.

  • Une nuit, les humains sont allés dans leurs maisons et les ont toutes tuées.

(…)

  • Tu veux dire qu’ils ont tués des gens innocents parce qu’ils étaient différents?

Morgane hocha tristement la tête.

  • Et leurs familles et leurs enfants… tous ceux qui possédaient des pouvoirs magiques, oui.

On a donc un petit groupe d’enfant qui n’hésite pas à se mettre en danger pour résoudre le mystère de Malenfer, ainsi que celui de l’école. Ce que j’ai aimé, c’est que chaque membre du groupe a son propre caractère, ce qui rend chaque membre du groupe attachant. Gabriel est très protecteur envers Zoé, mais aussi envers ses amis. C’est un garçon curieux, et il est près à se sacrifier pour se mettre en travers du danger. J’ai pas contre trouvé que des fois il couvait trop Zoé. Morgane, qui est amoureuse de Gabriel, qui lui rend bien, est la petite fille qui est au courant de tout, bonne élève en classe, une amie fidèle. Elle m’a fait un peu penser  à Hermione, le côté trop miss-je-sais-tout en moins. Ezechiel aussi est fidèle, même s’il passe son temps à manger. C’est le garçon un peu gros qui aime tout le monde, un peu effacé au bout du 3e tome. Et puis il y a Thomas, qui est au début le garçon peureux, qui déteste le danger, désobéir aux ordres, un peu geignard, on a du mal à s’attacher à lui, et qui au cours du récit à une grande évolution. Beaucoup plus grande à mon sens que Gabriel, qui va lui aussi évolué au cours de l’histoire. Du coup, je trouve le personnage de Thomas assez intéressant, car même s’il reste un peu peureux, il n’hésite plus à se battre pour défendre ses amis.

Thomas poussa soudain un terrible grognement et se jeta sur lui en lui balançant un violent coup de poing. Jonathan s’écroula aussitôt.

Les autres cessèrent de ire.

  • Tu n’as pas intérêt à répéter ça ! Plus jamais ! lança Thomas à Jonathan qui gémissait, allongé sur le sol.

Puis Thomas lui tourna le dos et s’éloigna en regardant ses poings, un peu éberlué. Il n’avait jamais frappé qui que ce soit, il avait toujours fui les disputes et les bagarres et ne se serait jamais cru capable de mettre K-O un garçon qui faisait au moins une tête de plus que lui. Et pourtant….

 Je ne vous ai pas encore parlé plus en détails de Zoé. Je pense en effet que c’est elle le personnage qui est le plus mis en valeur au cours de la trilogie. Déjà parce qu’elle est la première à découvrir ses pouvoirs, qu’elle a depuis des années, mais aussi parce qu’elle est la plus mature des deux héros. Certes on apprend pas mal de choses sur Gabriel au cours de la lecture, mais Zoé reste un personnage central avec une humanité et une profondeur d’esprit que n’ont pas les autres héros. Je me suis plus retrouvée dans Zoé que dans Gabriel, qui était pourtant un personnage qui aura pu me plaire. En effet, j’ai trouvé Zoé plus intéressante dans ses réflexions, dans sa manière de penser, que Gabriel, sans doute parce que Zoé voit les choses dans leur ensemble, alors que son frère ne voit que les détails, les résultats qu’il peut obtenir. Zoé est une personne aimante, elle est proche de la nature, pour elle chaque chose compte. Gabriel est quelqu’un qui fonce beaucoup plus, au risque de détruire les choses sans faire attention. Il ne prend pas vraiment en compte le résultats entiers de ses actes.

(…) Ce qui prouvait que les créatures les plus dangereuses n’étaient pas toujours celles qu’on imaginait. Il n’y avait pas d’un côté les gentils et de l’autre les méchants. C’était bien plus compliqué que cela. Zoé le savait. Elle l’avait toujours su. Mais peu importaient les opinions des uns et des autres, elle était certaine d’une chose : la vie était un don précieux. Qu’il s’agisse de créatures magiques, de personnes différentes, ne partageant pas la même vision du monde ou non.

Il y a encore beaucoup de choses dont j’aurai aimé évoquer sur cette trilogie. Seulement, pour ceci je serai obligée de vous spoiler le premier tome, ce qui serait dommage parce que la fin du tome 1 conditionne tout ce qui va suivre dans le reste de la trilogie. Vous parler donc plus de ce qui se passe dans le premier tome risquerait de vous dévoiler plusieurs éléments qu’on retrouvera au cours de l’histoire. Je vais donc terminer cette longue chronique en vous parlant des dessins qui se trouvent à chaque chapitres des livres. Comme dans Le Monde Secret de Sombretterre, on a donc le droit d’avoir quelques illustrations dans cette trilogie. Personnellement, j’ai trouvé ça vraiment sympa, et les dessins très bien faits, même si on sent les influences cinématographiques telles que Le Seigneur des Anneaux. En tout cas, j’ai bien aimé commencé ma lecture de chaque chapitre avec des petits dessins qui résument ou non les chapitres qui suivent. L’artiste a du talent.

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Je vais donc conclure cette chronique en vous disant que j’ai vraiment pris plaisir à découvrir cette trilogie. Même s’il s’agit de romans pour enfants, ils pourront tout à  fait plaire à des fans de fantastiques. Il serait dommage de passer à côtés sous prétexte qu’ils sont écrits pour les enfants. J’attends donc avec impatience de savoir s’il y aura une suite.

Et vous ?

Que lisez-vous en cette fin de vacances ?

Cela vous arrive-t-il de lire des livres pour enfants ?

Vous leur trouvez quoi de plus comparé à des livres pour adultes ?

Je vous souhaite une bonne fin de vacances à tous🙂

Raconte moi l’Asie – challenge

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Bonjour tout le monde. J’espère que vos vacances ou votre week-end du 15 aout se passent bien. Ici tout va bien, on a pas mal de soleil et il fait chaud dehors, ça fait du bien. Bon, je regrette toujours de ne pas avoir de balcon ou de jardin pour aller lire dehors et profiter de l’été, mais sinon ça va. Il fait plutôt frais dans mon appartement, donc ça compense ma frustration en me permettant de ne pas griller.

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un des derniers challenges auxquels je me suis inscrite. En fait mon inscription date de fin juin, mais je ne vous en parle qu’aujourd’hui car je suis bien lancée dans ce nouveau challenge. Je suis super motivée pour celui-ci, et j’espère finir parmi les premières des lectrices lors de sa clôture. Il s’agit d’un challenge qui va me faire pas mal voyager, car c’est un challenge qui va me faire découvrir la littérature asiatique. D’ailleurs, si vous ne l’avez déjà pas remarqué, une nouvelle catégorie s’est rajoutée sur le blog, elle s’intitule Littérature Asiatique. J’y mettrais dedans toutes mes lectures qui correspondront au challenge. Vous pouvez dès à présent y retrouver mes chroniques du manga Le maître des livres ou celle d’Itinéraire d’Enfance.

Alors, à quoi correspond ce nouveau challenge? C’est un challenge proposé par la bloggeuse Meyleen du blog Le blog de Meyleen. Personnellement je suis tombée sur ce challenge via le site Livraddict où le challenge est aussi présenté par Meyleen. Toute ce qui concerne ce challenge est expliqué à la fois sur son blog et sur Livraddict. Il consiste à lire et à chroniquer des romans, ou mangas, écrits par des auteurs asiatiques. La chronique est impérative pour prouver que la lecture à été faite. Le but est de faire découvrir via nos chroniques des auteurs, mais aussi des pays du continent asiatique. C’est un challenge qui court sur un an entier, il va du 1e juin 2016 au 31 août 2017.

Il y a un système de points pour départager les chroniqueurs. Le voici :

  • 1 point par chronique
  • 2 points par pays différent
  • Bonus Asie de l’Est (Au moins un livre lu pour chacun des pays suivants : Chine, Japon, Corée et Mongolie) :  +6 points
  • Bonus Asie du Sud Est (Au moins un livre lu pour chacun des pays suivants : Vietnam, Malaisie, Thaïlande) : +4 points
  • Bonus Asie Centrale (Au moins un livre lu pour chacun des pays suivants : Afghanistan, Pakistan, Inde) : +4 points
  • Spécialiste d’un pays  (Pour 5 livres d’un même pays) : +5 points

J’ai déjà 2 points pour mes deux lectures puisqu’il y avait une série de manga écrite par un auteur japonais, et un roman vietnamien.

Pourquoi je me suis inscrite à ce challenge, alors que j’en ai déjà plein d’autres de commencés? Déjà parce que je suis fan de l’Asie. J’aimerai beaucoup y aller un jour, visiter le Japon, le Viêtnam, l’Indonésie, l’Inde, etc. Lire des livres qui se passent là-bas me permet de voyager un peu, de m’emmener là-bas. Ensuite, je trouve que la littérature asiatique est sous-exploitée dans notre culture. On lit certes beaucoup de mangas qui viennent de là-bas, certains auteurs japonais sont connus chez nous, mais ça s’arrête là. Dernièrement, je me suis inscrite à un autre challenge sur Livraddict qui a pour but de faire un tour du monde littéraire. Je me suis alors rendu compte que la plupart de mes lectures étaient pour une grande majorité française, anglaise, américaine et canadienne. C’est donc pas très diversifié. Me lancer dans ce challenge me permet de découvrir des auteurs que je n’aurai donc pas ou peu découvert d’une autre manière. Et il y a un autre aspect qui pour moi est très important. En effet, on pourrais se contenter de lire des auteurs occidentaux qi écrivent sur ces pays. Il y en a beaucoup. Or, la manière dont ils écrivent et conçoivent ces récits sont pour moi biaisé. Il ne faut pas oublier qu’une partie de l’Asie du sud a été colonisée par les français, le nord par les anglais. Pendant des années ces pays ont été des colonies. Le regard que les vietnamiens vont porter sur la guerre du Viêtnam sera donc différent de ce qu’on pourra trouver en Occident. C’est la même chose avec le Japon qui était avec l’Allemagne lors de la Seconde Guerre Mondiale. Lire ces auteurs permet donc d’avoir un autre regard sur certains moments essentiels de l’Histoire. C’est aussi ce que je vais chercher dans mes lectures.

Je suis que c’est un challenge qui va être assez compliqué car beaucoup d’auteurs asiatiques non pas été traduits en France. En plus, comme je ne lis pour le moment que les romans que l’ont m’envois ou ceux que je trouve à la médiathèque, ça réduit pas mal ce que je vais pouvoir trouver. Mais j’ai déjà fait une petite liste de roman avec des pays aussi varier que la Thaïlande, la Corée du Sud, la Birmanie, etc. J’espère pouvoir dénicher dans toutes ces lectures de vrais coups de cœur. En tout cas, pour l’instant je suis bien partie.

Et vous ?

Cela vous arrive-t-il de vous inscrire à des challenges ou vous posez des défis littéraires ?

Vous lisez beaucoup d’auteurs étrangers ? De quels pays ?

Vous connaissez un peu la littérature asiatique?

De quel pays asiatique préfériez-vous que je lise en priorité?

Bonnes vacances à tous😉

 

Les mots entre mes mains

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Bonjour à tous. J’espère que vos vacances se passent bien. Les miennes ça va, elles passent hélas trop vite. Il va bientôt falloir penser à la rentrée. Et quoi de mieux que de penser à la rentrée en parlant de la rentrée littéraire? Aujourd’hui, j’avais envie de vous parler de ma dernière lecture, je l’ai fini hier. Il s’agit d’une des futures publications de la maison d’édition Préludes, le roman sort en effet le 24 aout. Ce roman, Les mots entre mes mains, a été écrit par Guinevere Glasfurd. J’ai pu lire ce roman grâce au partenariat que j’ai eu avec le site Livraddict et NetGalley, que je remercie beaucoup. Voici son résumé :

Quand Helena Jans van der Strom arrive à Amsterdam pour travailler chez un libraire anglais, la jeune femme, fascinée par les mots, a appris seule à lire et à écrire. Son appétit pour la vie et sa soif de connaissance trouveront des échos dans le cœur et l’esprit du philosophe René Descartes. Mais dans ce XVIIe siècle d’ombres et de lumières, où les penseurs sont souvent sévèrement punis, où les femmes n’ont aucun droit, leur liaison pourrait les perdre. Descartes est catholique, Helena protestante. Il est philosophe, elle est servante. Que peut-être leur avenir ?

Ce roman est basé sur une histoire vraie, celle de l’histoire d’amour entre le philosophe français Descartes et une jeune servante hollandaise, Helena. Vous savez que j’ai fais des études philosophie? J’ai d’ailleurs obtenu un master dans cette matière, et j’ai eu au cours de mon parcours un semestre entier consacré à Descartes. Etrangement, alors qu’on nous a rabâché que Descartes était un gros dormeur, qui prenait facilement froid, qu’il ne se levait jamais avant midi et qu’il était mort suite à un rhume après avoir pris froid dans le château de la princesse suédoise, je ne connaissais pas cette histoire d’amour. Je n’en n’avais jamais entendu parler, alors que cela fait aussi partie de la vie de ce philosophie, essentiellement connu pour avoir exposé la théorie que le corps était séparé de l’esprit, et le fameux « je pense donc je suis », dans Le Discours de La Méthode, une de ses œuvres les plus étudiées, notamment au lycée, avec les Méditations Philosophiques. Ce roman permet donc d’en apprendre plus sur ce philosophe, l’un des plus importants en France, qui pouvait paraître austère et froid.

Dans cette histoire, on suit Helena, une jeune fille, qui quitte sa petite ville natale par manque d’argent pour aller travailler à Amsterdam. Elle se fait embaucher en tant que servante par un vieil libraire anglais un peu ronchon mais très attachant. Cet homme de lettres est très heureux lorsqu’il apprend que Descartes va venir s’installer chez lui pour quelques mois. Le philosophe est coutumier de cela, il voyage dans toute l’Europe, cherchant la solitude et l’anonymat qu’il a du mal à obtenir en France. C’est après la condamnation de Galilée par l’Eglise, et avant l’écriture du Discours de la Méthode. Helena fait son travail normalement, se moquant un peu de cet homme qu’elle voit au début assez peu, se concentrant essentiellement sur le retour de son frère parti pour les Indes et sur l’apprentissage de l’écriture, qu’elle maîtrise au crayon mais pas à la plume. Puis, alors qu’elle se retrouve seule avec Descartes, elle apprend à le connaître, à suivre toutes les questions sur l’univers qui l’assaillent. Avec lui elle découvre la curiosité, et l’amour. Il y a aussi de très beaux passages sur la découverte des mystères du monde, où Descartes montre à Helena qu’il faut avoir les yeux grands ouverts pour se rendre compte de la magie de l’univers.

J’ouvre la porte en grand. Westermarkt est couverte de neige : tout scintille – les vitres, les balustrades, les pavés et jusqu’à notre marteau de cuivre. Mon souffle fait monter des nuages de buées qui étincellerait aussi si je pouvais l’attraper. Je fais un pas et la neige colle à mes chevilles. J’avance lentement pour ne pas tomber, aussi prudente qu’un enfant qui apprend à marcher. Je tends le bras ; des flocons se posent sur ma paume.

« Ils ne font penser à des fleurs, des fougères ou des plumes. Ils possèdent chacun plusieurs branches. » Je n’ai pas entendu le Monsieur venir. Je baisse la main ; il la relève. « Tu vois? » Je la rapproche. En effet, je vois des branches, de minuscules branches de glaces. « Quatre, cinq… » Il la soulève et cligne pour mieux voir, mais il est trop près et son souffle les fait fondre.

Il tombe maintenant de gros flocons soyeux.

« Ne bouge pas. C’est mieux. Quatre, cinq, six. Six rayons disposés en hexagones réguliers. »

Hexagone – quel mot étrange ! Si on pouvait le manger, il aurait un goût de cerise.

C’est un roman historique, qui nous décrit une période à la fois très lumineuse, beaucoup de découvertes sont faites, à l’image de Galilée et de la découverte que la terre tourne autour du soleil, les hommes réfléchissent à la place de l’humanité dans le monde, le Nouveau-Monde se fait coloniser, l’Asie devient un nouveau marché, etc. ; et même temps, c’est une période encore sombre, où la religion est très présente, où personne ne peut changer sa condition, on nait et on reste dans son milieu, où les femmes n’ont pas leurs places. Ainsi, alors que ces fameuses découvertes sont faites, les femmes restent à la maison à s’occuper des enfants, à broder, mais surtout pas à maîtriser l’art de la pensée, qui passe par l’écrit. Helena est une étrangère dans ce monde, non seulement elle est une servante, une femme, mais en plus elle sait lire et écrire. Descartes en est d’ailleurs étonné, comment une femme comme elle, être primaire et en plus de mauvaise condition, peut-elle maîtriser cet art aussi compliqué? Il va même essayer de l’étudier. Pourtant, le monde autour d’eux n’est que mots, seulement, les femmes ne peuvent pas y avoir accès. Il suffit de voir les réactions des personnes que fréquentent Helena lorsqu’elle évoque son talent, ou lorsqu’elle se promènent dans ces lieux investis par les mots. Helena est aussi conditionnée par ce fait, puisqu’elle éprouve de la gêne et parfois de la honte quand elle se retrouve dans cet univers dédié aux hommes, qui n’est donc pas le sien.

Je n’ai aucun mal  à trouver la bibliothèque : sans le savoir, je suis passée devant en allant à la rivière. Une fois dans la cour, je ne sais plus très bien comment m’y prendre et je me réfugie dans un coin. Je vois passer des hommes portant des livres, des rouleaux de parchemins, des liasses de feuilles ; d’autres marchant à petits pas, le dos voûté, murés dans leur silence ; certains sont vêtus d’un habit de velours brodé de fourrure et coiffés de tricornes à plumes ; des petits groupes chuchotent à voix basses, des jeunes gens, en pleine discussion, redressent les épaules ; ce sont des ecclésiastiques, des enseignants, des étudiants, des lettrés.

Je recule quand m’un d’eux m’aperçoit – mais il me regarde sans me voir. J’entends parler hollandais, français et des langues que je ne connais pas : le monde entier s’est donné rendez-vous ici. Pourtant, pas une femme n’en franchit le seuil, pas même une servante pour passer le balai – est-ce parce que penser ne fait pas de poussière ? Ma lettre n’est ni un parchemin, ni un livre – et je ne suis pas un homme.

Nous sommes dans les années 1630 environs, et outre le fait que les femmes n’aient pas leurs places dans la société de l’époque, il y a quelque chose qui remplace cette présence, quelque chose qui prend énormément de place dans la vie de chaque individu de l’Europe de cette époque. Il s’agit de la religion. Et puisque cette dernière est très présente à l’époque, elle est aussi très présente dans le roman. Helena, hollandaise est protestante, Descartes, français, est catholique. Au début, cette grande différence de religion, ou du moins de pratique, n’est pas essentielle aux yeux des deux protagonistes. Ils ne vivent pas ensembles, ils peuvent pratiquer chacun de leurs côtés. Mais cela change lorsque leur relation évolue, dû notamment à ce qui devait arriver, la naissance de de leur premier enfant, dévoilée dès le premier chapitre du roman. A partir de là, la religion va devenir une source de friction au sein du couple où Descartes refuse d’officialiser leur relation, la dévoiler au grand jour. Helena et sa fille se doivent de vivre cachés, et ceci pèse sur les épaules de la jeune femme. Quand à Descartes, il commence justement à avoir des démêlés avec l’église qu’il craint beaucoup suite à ce qui est arrivé à Galilée en Italie, surtout que lui aussi est arrivé aux mêmes conclusions scientifiques. L’église permet alors à chacun d’avoir ses frustrations, être une source de tensions, Helena ne pouvait y aller et voyant ça comme une punition, pour avoir eu sa fille hors du mariage, et Descartes la voyant comme une menace pour son travail.

Nous ne sommes pas allés à l’office. Ni ce dimanche, ni celui qui a suivi.

« L’église me manque, Monsieur. Puis-je y aller?

  • Nous portons Dieu en nous, Helena. »

Cette phrase, que j’ai déjà entendue, ne m’est d’aucun réconfort. Le ton calme et las qu’il emploie ne fait que m’énerver plus encore. Un Dieu intérieur, dissimulé à la vue? Ce n’est pas mon Dieu.

« Cela ne suffit pas !

  • Il va bien falloir. Nous n’avons pas le choix. »

Nous? Pourquoi m’inclure dans tout cela?

« C’est en pratiquant que nous faisons le bien envers les autres. Sinon comment pouvons-nous nous dire chrétiens?

  • En pratiquant? La pratique nous rend visible, Helena. Elle nous donne un visage et un nom. Nombreux sont ceux qui parlent au nom de Dieu ; leurs supérieurs n’hésitent pas à lancer des accusations d’athéisme ou d’hérésie dès lors qu’on ne se conforme pas à la lettre… Je suis catholique, tu ne l’es pas. Tels que nous sommes, ici, nous trois, nous ne pouvons aller à l’église.

Il y a un autre aspect qui est très présent dans ce roman, c’est celui des mots. En effet, les mots sont très présents dans ce roman, au sens où on parle presque sans cesse des écrits de Descartes, des lettres qu’il envoit à Helena, aux mots qu’elle-même trace, qu’elle apprend, au français et à l’hollandais qui se mélangent en permanence. Certains mots sont à double sens, ils veulent tout dire et ne rien dire, car il faut les interpréter, comprendre les secrets qui se cachent derrière. Même dans le prénom de la petite fille se cache un secret, celui de sa naissance. Les mots contiennent donc plus que leurs sens, ils contiennent aussi tous les non-dits. La maîtrise des mots devient alors la maîtrise de ce qui se passe. Chaque mot est prononcé pour reprendre possession de sa vie. Cela est encore plus vrai pour chaque lettre écrite. Helena a appris toute seule à lire, elle tient à donner à sa fille cette éducation. Elle aide aussi ceux qu’elle peut à lire et écrire. Elle essaye même de devenir écrivain. Mais les hommes sont là pour lui rappeler sa place, seul Descartes parvient à publier son ouvrage et à obtenir du papier, de l’encre et des plumes.

En ce qui concerne les personnages, je me suis beaucoup attachée à la pauvre Helena. Elle est si jeune au début du roman, si naïve et si pleine d’espoir en ce qui concerne l’avenir. Tout ce qui lui importe alors c’est de bien servir son maître le libraire, et de pouvoir écrire un peu. Evidemment, elle est assez pauvre et s’inquiète pour sa mère et son frère, mais elle est pleine de vie et de joie. Puis elle rencontre Descartes, qui la séduit, et sa vie change du tout au tout. Même si elle tente de garder sa joie de vie, elle n’est plus la même. Dès qu’il apprend qu’elle est enceinte, Descartes la met à l’abri sans rien lui dire. Elle vit ça comme une punition. Puis il vient la chercher, et lui impose une vie cachée. Helena est prise au piège avec sa fille. Sa vie ne lui appartient plus. Et pourtant, elle accepte cela sans se plaindre. Même lorsqu’elle est au plus mal, Helena continue à espérer, à vivre. Elle ne se laisse pas morfondre. Pourtant, elle endoure beaucoup d’épreuves. A sa place, n’importe qui se serait aller, ou aura abandonner cet enfant de la honte. Helena se refuse à cela. Je l’ai trouvé très courageuse, son histoire m’a émue, surtout que certaines de ses épreuves sont vraiment dures.

J’ai aussi beaucoup apprécié le fait de découvrir un autre Descartes que celui qu’on découvre dans ses écrits. Bien que ce soit une œuvre de fiction, c’est appréciable de découvrir un personnage plus humain que ce que j’ai appris en cours ou au fil de mes lectures. Bon, même dans le roman on garde l’image d’un homme un peu froid, peu habitué aux effusions, aux autres, solitaire, ne vivant que pour la science, mais aimant malgré tout. C’est vraiment intéressant aussi d’imaginer comment ce philosophe pouvait travailler, avoir ses idées. On a aussi le droit à une scène peut ragoutante sur l’une de ses passions, qui était la médecine. Or, pour apprendre comment fonctionne le corps, il faut le découper. Descartes était connu pour récupérer des cadavres ou découper des corps d’animaux vivants. Cette manie est bien retranscrite dans le roman.

Pour conclure, je dirai que c’est un roman historique que je conseille. J’ai vraiment pris plaisir à le lire, à suivre l’histoire d’Helena. Je remercie l’auteure d’avoir mis à la fin du roman une note expliquant ce qui était certain, les preuves qu’on avait sur cette relation très cachée, et ce qui était peut-être extrapolée. Ceci apporte un vrai plus au roman, car on a tendance à oublier le travail qui a été fourni par l’auteure pour récolter ses preuves, pour écrire cette histoire à partir des éléments connus. La fin est une peu rude, j’aurai préféré qu’elle change cette partie-là, mais elle se devait de coller à ce qui c’était passé. L’écriture est très agréable à lire, le fait que ce soit à la première personne ne m’a pas dérangé, cela permet justement de mieux comprendre Helena. Ce qui aurait pu me dérangé était plus le fait que par moment on retournait dans le passé, où le roman, découpé en partie, ne l’est pas de manière chronologique. Mais finalement, on arrive à s’y retrouver dans l’histoire, à suivre ce qui se passe. C’est donc un roman de la rentrée que je vais proposer à mon comité de lecture à la bibliothèque tellement il m’a plu, tellement j’ai pris plaisir à le lire.

Et vous?

Lisez-vous beaucoup de romans historiques?

Cela vous arrive-t-il d’en apprendre plus sur des personnages ayant vécus avec ce type d’écrits?

Quelle période historique préférez-vous dans les romans?

Vos vacances se passent bien?😉

Amusez-vous bien🙂

Harry Potter et moi

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Bonjour tout le monde. Aujourd’hui est un jour spécial, nous sommes le dernier jour de juillet. Pour tous les fans du plus célèbre des sorciers du monde, ce jour a une certaine importance, car c’est l’anniversaire d’Harry Potter. Et cette année, pour cette date, nous avons le droit à une super surprise, il s’agit de la parution du dernier tome des aventures du sorcier. En effet, c’est aujourd’hui que paraît le roman basé sur la pièce de théâtre Harry Potter et l’Enfant Maudit, le titre français. Donc, tous ceux qui n’ont pas vu la pièce de théâtre pourront alors se plonger tout de même dans les aventures D’Harry Potter et de son fils Albus. Cette grosse sortie est alors pour moi une occasion de me souvenir avec vous de ce que la saga Harry Potter m’a apporté. Au lieu de vous faire une chronique littéraire, vous aurez le droit aujourd’hui à une plongée dans mes souvenirs sur cette saga qui a marqué la fin de mon enfance et mon adolescence.

Alors, j’ai découvert la saga Harry Potter un peu par hasard. C’était avant mon entrée en CM2, en 2000. A l’époque, seuls les 3 premiers tomes étaient sortis. J’étais à la bibliothèque de mon village, elle était encore située dans un vieux bâtiment, dans le haut de la ville. J’y avais déjà lu beaucoup de romans pour enfants, dont tout ce qu’il y avait sur la série Fantômette, dont j’étais fan, le Club des 5, etc. J’étais déjà une grande lectrice. Quoi de plus naturel quand on a des parents qui eux aussi lisent beaucoup? Je farfouillais donc pas mal dans les étagères, à la recherche d’un livre qui me plairait. Comme vous l’avez lu plus haut, je ne lisais pas encore beaucoup de fantastique à l’époque. J’étais très policier, et les premières histoires que j’avais écrite étaient des histoires à énigmes. Or, je suis tombée sur le tome 2 d’Harry Potter, Harry Potter et la Chambre des Secrets. Il n’y avait pas le tome 1. Je me souviens avoir pesé le pour et le contre sur le fait de prendre ou non un 2e tome alors que je n’avais pas lu le 1er, et finalement je l’ai fait. J’ai eu raison, aujourd’hui encore ce 2e tome est mon préféré. Je l’ai lu rapidement, parce que j’ai beaucoup accroché aux personnages. Dès cette lecture, j’avais déjà mes personnages préférés, Harry bien sur, Hermione. J’aimais moins Ron, et Ginny je l’ai trouvé stupide. Le personnage de Jedusor paraît séduisant, Drago est totalement méprisant, et à ma grande surprise, j’ai trouvé Rogue intéressant. Pas forcément sympathique, mais j’aimais bien quand il apparaissait.

Ensuite, j’ai dévoré dès que j’ai pu le tome 1 et le tome 3. Le tome 1, Harry Potter et l’Ecole des Sorciers, était intéressant, mais j’ai détesté le personnage de Quirrel. Et j’ai trouvé que Dumbledore jouait un jeu dangereux avec Harry. Je me demandais déjà s’il était sénile ou juste inconscient. Encore une fois, Voldemort était détestable. Mais au moins je comprenais mieux l’histoire, ayant eu quelques questions au cours de ma lecture du tome 2. Pour la lecture du tome 3, Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban, c’est un tome que je n’ai pas aimé. Je veux dire, cela restait intéressant, mais l’histoire en elle-même m’a moins plu, convaincue. J’ai trouvé dommage que Voldemort ne soit pas dans le roman, et malgré le fait que j’ai apprécié la présence du personnage de Remus Lupin, je n’ai pas supporté celle de Sirius Black, le parrain d’Harry. Dès le début, il m’a un peu énervé. J’ai trouvé ses réactions un peu étranges, car il aurait pu à n’importe quel moment se manifester à Harry, parler à Remus, etc. Je comprends les explications de l’auteure, mais j’ai pas adhéré au roman. Je garde de ce 3e tome un souvenir peu mémorable.

Puis, pour noël 2000, alors que j’étais à Paris chez de la famille, j’ai reçu en cadeau le tome 4, Harry Potter et la Coupe de Feu. Je pense que c’est le tome d’Harry Potter que j’ai lu le plus vite. D’ailleurs, à chaque fois que j’y pense, j’en garde un peu de nausée. Je l’ai lu en 3 jours, dont une partie qui a eut lieu alors qu’on traversait la France pour rentrer chez nous. J’étais vraiment absorbée par ma lecture, j’ai vraiment eut l’impression de vivre ce que vivait les personnages. La coupe de quidditch est très bien décrite, et j’ai frissonnée avec Harry pendant toutes les étapes qu’il doit franchir durant ce tome. Je ne m’attendais pas à une fin comme ça. Je gardais le livre tout le temps avec moi, si bien que mon exemplaire sent maintenant le poisson après être tombé dans de l’eau. Il a aussi des marques d’écriture sur la couverture après que je m’en sois servie pour écrire une lettre. Bref, c’est le tome qui a le plus vécu avec moi. J’ai aimé que ce tome devienne plus sombre, plus adulte. J’ai en fait retrouvé dans ce tome ce que j’avais aimé dans le tome 2, avec du frisson, du sang et de la peur, ce qui m’avait manqué dans le tome 3. En ce sens, je le pense plus abouti.

En ce qui concerne les personnages, j’avais toujours les mêmes attirances pour certains et répulsions pour d’autres. Dumbledore m’interrogeait toujours, mais j’étais très fan d’Harry et d’Hermione. Comme beaucoup de gamines de l’époque, j’espérais non seulement recevoir ma lettre à Poudlard, j’allais bientôt rentrer au collège, mais aussi rencontrer le beau Harry. Hermione était mon modèle. Ron me paraissait être un personnage insignifiant, encore plus depuis sa crise de jalousie dans le tome 4. Drago m’insupportait, j’avais envie de le frapper. J’aimais bien MacGonagall, et Rogue aussi. Quand à Sirius, j’étais contente qu’il apparaisse très peu dans le dernier tome.

Puis, je suis enfin rentrée au collège, en 2001, une année qui reste gravée dans beaucoup de mémoire. Le premier film adapté de la saga est sorti, je suis allée le voir avec une amie. C’était étrange de voir matérialisé sur grand écran tout ce qu’on avait pu imaginer sur cette série. Le premier film est bien fait, j’en ai eu des frissons pendant un moment. La musique est très belle, on se sent à Poudlard.

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Seulement, la même année, est sorti un autre film qui a bouleversé ma vision des livres en général. Pour le moment, je lisais beaucoup, des lectures plutôt variées. J’avais commencé à lire des romans plus pour adultes, et quelques uns fantastiques, mais ce n’était pas encore mon genre de prédilection. Harry Potter restait mon livre de référence pour le fantastique. Avec cette arrivée de ce fameux film, ça a changé, car j’ai découvert un nouvel univers, qui m’a chamboulé. C’est étrange de dire ça, mais dans cet univers, je me suis sentie chez moi. D’ailleurs, je n’ai pas eu de rapport aussi fort avec une autre œuvre depuis ce moment-là. Il s’agissait du Seigneur des Anneaux. Quand j’ai su que c’était un roman, dès la fin de la séance, j’ai tout fait pour me procurer les romans. Je l’ai ai d’ailleurs dévoré, rien que pour voir si Gandalf revenait ou non à la vie. Bref, le Seigneur des Anneaux a relégué Harry Potter de son importance dans ma vie. Surtout, j’ai découvert par cette nouvelle lecture mon idéal de roman. Je voulais écrire comme Tolkien. Les deux suites de ces romans ont été adpatés l’année suivante, je suppose que vous devinez ma préférée, même si je pense que l’adaptation de Harry Potter et la Chambre des Secrets était magnifique.

Puis, en 2003, est sorti le 5e tome. J’avais 13 ans, j’étais encore jeune, je me sentais pas vraiment une adolescente. Pas facile alors de comprendre les états d’âme d’un gamin de 15 ans. Ce 5e tome, j’ai l’impression d’être passée à côté. Je l’ai lu dès sa sortie, à présent je les achetais dès qu’ils sortaient, et je n’ai pas compris les réactions d’Harry. Je n’ai vu en cet instant en lui qu’un gamin insolent et stupide. Je crois que c’est à partir de ce tome-ci que je me suis désintéressée de son personnage, voir de la saga entière. Harry n’était plus le héro que j’adulais. Il fait des choix que j’ai alors jugé totalement débiles. Même Hermione, qui n’a pas de prise sur lui, commençait à me déplaire. Heureusement, plus j’en apprenais sur Severus Rogue, et plus son personnage devenait intéressant, et plus j’ai haï Harry, son père et Sirius Je me demandais aussi pourquoi personne ne parlait jamais de sa mère à Harry. Comme si Lily Potter ne servait à rien. Par contre, j’étais contente que  Sirius meure. Alors que tout le monde pleurait, moi je trouvais que c’était enfin une bonne idée, que ce soit pour l’histoire ou du point de vue scénaristique. C’est génial qu’un auteur se permette de tuer un personnage que la majorité des lecteurs aiment.

Les films ont continués à sortir, et c’est devenu n’importe quoi. Plus je mettais le visage de Daniel Racliff sur celui d’Harry, et plus le personnage me déplaisait. Et les réalisations ne me convainquaient plus. Je trouvais les films de plus en plus nuls.

En 2005 est sorti le tome 6. J’avais commencé à écrire mon premier roman, dont j’avais déjà ébauché plusieurs versions. En parallèle, j’écrivais aussi quelques petites histoires sur Harry Potter. Je passais un peu de temps sur internet, sur les forums de fans. Dès la sortie du roman en anglais, j’avais donc quelques idées de ce qu’il y allait avoir dans le livre. D’une certaine manière, maintenant on dirait que je me suis fait spoiler. Le fait est que j’ai lu ce tome en français un peu après, et que j’ai aimé son côté beaucoup plus sombre que les autres. La guerre est certes fois bien décrite, on la sent bien être mise en place. Et j’ai adoré sa fin. J’ai aussi apprécié le fait que les personnages secondaires soient plus mis en valeur. Voir Neville, Luna et Ginny se battre enfin était super. Et Drago devient un personnage attachant. Evidemment, le personnage de Rogue en prenait un coup, puisqu’il était responsable de la mort de Dumbledore, mais je trouvais ça fabuleux. Je crois que je m’étais beaucoup attachée à ce personnage. Bon, encore une fois, je n’étais pas triste alors qu’un des personnages importants de la saga disparaissaient, ce qui me faisait passer pour une sans cœur. Mais ce qui m’importait à moi était que mes personnages préférés survivent.

Après le tome 6, je me suis mise encore plus à me promener sur les sites de fans, en français, vu ma maîtrise nullissime de l’anglais. J’ai aussi publié sur internet ma vision du tome 7 via une longue histoire que j’avais écrite. Parallèlement sur  internet des rumeurs circulaient comme quoi Rogue avait tué Dumbledore sur ses ordres et était amoureux de Lily Potter. Je trouvais cette théorie très plausible. J’espérais qu’elle soit dans le roman. Pour cela je n’ai pas été déçue. Pour ce tome 7, le seul personnage qui m’importait donc était celui de Rogue.

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Puis, le tome 7, Harry Potter et les Reliques de la Mort, est enfin sorti. On était en 2007, je venais de passer mon bac de français. J’avais réussi à me le faire offrir en anglais dès sa sortie par ma grand-mère. Ce roman, je l’ai parcouru, mon niveau d’anglais étant toujours aussi nul. Dès que j’ai lu le chapitre sur la mort de Rogue, j’ai fermé le roman. Tout ce que j’ai lu sur ce qui se passe après, les reliques de la mort, les autres morts lors de la bataille de Poudlard, je ne le dois qu’à internet, puis au film. A ce jour, je n’ai toujours pas lu la version du roman en français, et je ne compte pas la lire.

Je vais maintenant m’attarder sur les autres films, à partir du 5e. Comme je l’ai dit plus tôt, ce sont des films que non seulement j’ai trouvé mal adapté, mais aussi mal joué. Je dis mal adapté car lorsque j’ai vu le 5e film, j’étais avec une copine qui n’avait pas lu les livres. J’ai du lui expliquer ce qu’il se passait pendant tout le film. Et j’ai trouvé le jeu de certains acteurs, comme Daniel Racliff, mauvais. Pour le 6e film, j’y suis allé avec une autre copine, qui ne connaissait pas non plus les livres. A la fin du film, elle m’a dit : « c’est lui, Voldemort? ». Ce sont des anecdotes véridiques. Pour le dernier film, je ne comptais pas aller le voir. Je ne voulais pas le voir. Déjà que la première partie du 7 m’avait fait rire puisque je le trouvais, et trouve, pathétique. Pour le dernier, je comptais voir d’autres films mieux. Je n’ai hélas pas eu le choix, j’étais à Paris lors de sa diffusion au cinéma, avec ma grand-mère, en vacances. C’était lors de l’avant-première du reboot de la Planète des Singes. Comme le film était diffusé en 2e partie de soirée, il fallait voir un autre film avant. Ma grand-mère a été voir un film français que je ne voulais pas voir non plus, j’ai donc fini par me retrouver dans la salle pour Harry Potter et les Reliques de la Mort, partie 2. Bon, sachant que je suis partie avec des a priori sur ce film, j’ai eu beaucoup de mal à m’apprécier. Certes, la bataille est sympa, mais j’ai du mal à m’immerger dans le film. Sauf pour la scène de la mort de Lily, qui m’a presque émue. Je crois qu’au cinéma, je suis un public assez difficile. Ce film ne m’a pas apporté les émotions que j’ai avec un grand film.

Pour conclure ce très long article, je dirais quand même que j’ai un lien très très fort avec cette saga. Elle est constitutive de ma vie, elle m’a apporté beaucoup de choses. Je compte vous dire dans un prochain article ce qu’elle m’a apporté en matière d’inspiration. En tout cas, elle m’a apporté beaucoup dans ma vie. Je ne serais sans doute pas la même si je n’avais pas rencontré Harry Potter au détour de cette petite bibliothèque de village. Harry Potter m’a apporté beaucoup de rêve, de magie, d’amitié, et aussi d’amour. J’ai eu mon premier et grand coup de foudre livresque avec un de ses personnages. J’ai aussi rencontré des personnes formidables grâce au petit sorcier, dans la vie réelle ou sur internet, je me suis posée pleins de questions sur la manière d’écrire, et je me suis lancée dans la fanfiction. Le fait d’avoir été très critique envers cette série m’a aussi permise de réfléchir à ce que j’attendais d’une histoire, de ses personnages. On en a eu des débats avec les personnes que je fréquente sur cette histoire. Harry Potter fait partie de ma vie, et ce lien, je ne le renierai pour rien au monde, même si c’est finalement tout l’univers autour des livres qui m’a le plus transporté. Alors merci à J. K. Rowling d’avoir imaginé tout ça, de m’avoir plongé dans ce monde, de m’avoir aussi déçue, car grâce à elle j’ai en partie l’imagination que j’ai actuellement. Même si je vais avoir du mal à me replonger dans cette histoire, dans le film spin-off de la saga, c’est tout de même une saga qui m’a apporté beaucoup de joie. Alors, vivement que je reçois le prochain tome, que j’ai précommandé😉

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Et vous?

Quel lien avez-vous avec Harry Potter?

Comment avez-vous rencontré cet univers?

Quels souvenirs marquants avez-vous avec Harry Potter?

Qu’attendez-vous du prochain livre?

7 Secondes

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Bonjour tout le monde. Décidément, j’aime beaucoup les vacances, ça me permet de vous écrire plus d’articles que je ne le fais d’habitude, de lire plus aussi. J’espère pouvoir tenir pour vous ce rythme, en tout cas je vais essayer. Grâce à mes articles, j’ai pu valider mon objectif pour le NaNoWrimo, en plus de l’avancement de mon roman, qui a beaucoup progressé. En un mois, j’ai donc écris 30 000 mots, je suis fière de mon moi.

Sinon, la semaine dernière, je me suis lancée dans la lecture d’un roman publié il y a quelques temps chez Lumen, une maison d’édition dont je suis avec attention les nouvelles sorties, car j’aime beaucoup ce qu’ils font. Donc, j’ai profité de voir à la médiathèque ce roman dont j’avais pas mal entendu parler à sa sortie, l’année dernière. Je l’ai terminé il y a quelques jours. Il s’agit de 7 Secondes, écrit par Tom Easton. Voici son résumé :

Après un éprouvant voyage à travers un continent ravagé par la guerre civile, Mila a enfin atteint son but, les Iles. Elle espère se construire une nouvelle vie dans ce havre de paix, dont les habitants vivent tous avec une puce téléphonique à l’intérieure de la tête. Personne ne manque de rien, au point qu’on ne travaille que si on le souhaite. Mais pendant qu’on implante à la jeune fille, comme à tout à chacun, un téléphone personnel, on découvre un élément étranger à l’intérieur de son crâne… un appareil qui ressemble étrangement à une bombe!

Mila n’a plus le choix, elle doit fuir. Elle se retrouve pourchassée par tous les Agents du pays – à commencer par Adam, l’homme assigné depuis le début à sa surveillance, qui , grâce à la puce en question, peut voir par ses yeux et suivre ses moindres faits et gestes. Il ne se prive pas d’essayer de la raisonner. Mais Mila est bien décidée à exploiter son seul avantage : un décalage de sept secondes dans la retransmisson. Sept toutes petites secondes d’avance sur ses poursuivants, sept seulement, pour tenter d’échapper à l’implacable traque et de découvrir ce que fait cet objet étrange dans son cerveau. Qui l’a mis là? Et pourquoi?

Vous avez donc deviner, ce roman implique une chasse à l’homme, ainsi qu’une énigme. Il y a toujours de l’action afin que Mila échappe à ses poursuivants. Mila, c’est notre héroïne, adolescente immigrée clandestine, qui découvre qu’elle a une bombe dans la tête. Elle découvre cela lorsque, après avoir été arrêtée comme clandestine, ceux qui ont pour mission de la réexpédier chez elle lui donne un portable, qui s’insère dans le cerveau, ce qui en théorie fait d’elle une citoyenne des Iles. Ces Iles, il s’agit des îles du Royaume-Uni, car toute l’Europe est en guerre entre les différents pays qui la composent, et forme à présent le Tiers Monde, alors que les Iles sont le Premier Monde. Mila vient du Tiers Monde, et rêve du Premier Monde car dans celui-ci, tout le monde a tout ce qu’il veut, une somme est attribuée à chaque citoyen tous les mois, tout ce qui est vital, comme la nourriture, les vêtements et l’école, est gratuit c’est l’opulence, et ceux qui veulent plus peuvent s’ils le souhaitent travailler. Ce monde a donc l’air génial, sauf que chaque citoyen est en permanence surveillé via son téléphone qui filme quasiment tout le temps ce qu’il voit via la Retransmission. Bref, Mila se retrouve poursuivie à cause de sa bombe, et va passer son temps à fuir en mettant à profil le décalage de 7 secondes qui existe dans sa retransmission.

Peut-être que dans le résumé que je viens de vous faire cela se sent, mais ce roman a été pour moi une grande déception. Les romans publiés par Lumen sont en général très appréciés, voir adulés, sur les blogs et autres médias. Je m’attendais donc à une bonne, voir à une très bonne lecture, or cette dernière a été laborieuse, j’ai failli l’abandonner plusieurs fois. Ce qui m’a fait tenir, c’est l’envie que j’avais de voir où l’auteur voulait en venir et comment cette histoire pouvait se finir.

Nous sommes donc dans une dystopie. Le monde de Mila est séparé en deux, il y a ceux qui vivent bien, même très bien, qui ont la nourriture et les privilèges, et ceux qui meurent de faim et vivent en guerre. Mila cherche à vivre dans ce monde. Elle quitte tout pour partir là-bas, avec Julian, un homme plus vieux qu’elle, qui lui a été autrefois un citoyen, avant de retourner sa veste. L’histoire commence d’ailleurs avec la mort de Julian. L’histoire se découpe ensuite entre les moments dans le présent, la course de Mila, et ses souvenirs de sa traversée du continent et sa vie avant. On ne voit donc la différence entre les deux mondes que parce qu’il y a les souvenirs de Mila. Toute l’action a donc lieu dans le Premier Monde. A mon avis, c’est déjà le premier défaut du roman. Car dans toutes les autres dystopies que j’ai lues, le schéma était le même, on partait du monde qui n’allait pas vers le monde qui allait bien, sans le vouloir. Le héro était mit en difficulté, il n’avait pas le choix que d’aller dans cet autre monde différent du sien. D’ailleurs, il était contre ce monde. Que ce soit avec Katniss dans Hunger Games ou d’autres héros dans le même style, on a d’abord la présentation du monde où tout va mal, puis celle du monde où tout va bien. Et ce dernier monde ne doit apporter que du dégoût. Là j’ai eu l’impression qu’on passait à côté de l’essentiel. En effet, bien qu’il y ait des descriptions de la vie de Mila dans l’Europe en guerre, on n’a pas l’impression de vivre cela avec elle. Tout est fait, dans la manière de raconter, pour qu’on en soit détaché. Du coup, on n’a pas les sentiments de Mila, ils sont pas aussi forts que quand ils sont racontés dans le présent. De plus, toutes les étapes importantes qui font ce que devient Mila, qui la forgent, sont justes évoquées. La mort de son père n’a droit qu’à quelques lignes. L’horreur de la guerre et de la famine dans le Tiers Monde paraissent anedoctiques. Tout le parcours de Mila dans ce champs de ruines est expédié trop vite. J’ai eu l’impression que tout ce qui aurait pu être intéressant sur la vie sur le continent avait été balayé, non traité. ou alors, quand cela était fait, c’était trop succinct. Cela m’a laissé sur ma faim.

Elle descend de vélo et couche avec précaution sa monture sur le bas-côté avant de se retourner, encore essoufflée, pour admirer le paysage. Dans le temps, avant l’effondrement de l’E, ce col attirait beaucoup de monde avec son café, sa boutique de souvenirs, son parking et son belvédère. La vue porte jusqu’au montagnes de l’Oural à l’est et, à l’ouest, jusqu’à la vallée du Gul, ruban d’argent qui sinue au cœur d’une mosaïque de champs. Elle cherche des yeux leur ferme et la repère, là en contrebas, qui garde un méandre du fleuve. Au-delà, à mi-flanc de la chaîne montagneuse plus modeste qui forme l’autre versant de la vallée, elle aperçoit les ruines de Köls. Ancien centre administratif de la région, c’était autrefois une petite ville florissante, célèbre pour son acier raffiné à partir du minerai de fer dont regorgent les montagnes environnantes.

Puis il y a eu une guerre, suivie d’une autre. Chaque fois, Köls a changé de mains. Les ouvriers ont fui ou ont été enrôlés dans l’armée. On a fait sauter les mines et les raffineries pour ne pas les laisser à l’ennemi. Tout le monde disait qu’on les rouvrirait une fois le calme revenu. Mais on ne l’a pas fait. Amputée de ses infrastructures, Köls a sombré dans le délabrement, dédaignée même par les chefs de guerre.

Venons-en maintenant à parler de la vie dans le Premier Monde, donc la vie au Royaume-Uni. Là aussi, j’ai eu le sentiment que tout était traité de manière légère, qu’on n’allait pas au fond des choses, qu’on restait en surface. La vie dans les Iles est racontée de manière très sommaire, on sait juste que les citoyens peuvent se surveiller entre eux en regardant la retransmission de leurs amis, qu’ils paient tout avec leur téléphone, etc. Mais on a peu de témoignages de citoyens. Ce que je veux dire, c’est que parmi ceux qui aident Mila, qui vivent là depuis toujours, on ne sait pas vraiment comment ils vivent. On n’a pas de personnages parmi eux auxquels on peut s’attacher. On n’a pas de tranches de vie. Même Adam, qui est l’agent qui est cessé gérer le cas de Mila, est pas assez traité. On ne sait pas qui il est, juste qu’il a des cas de conscience. Même Holly, qui vient en aide à Mila, paraît vide. Ce sont des personnages qui auraient mérités d’être traités plus en profondeurs. Et eux ne sont que les « gentils », donc que dire de Rebecca, qui ne pense qu’à tuer Mila? En vérité, tous les autres personnages sont embrigadés dans la course de Mila, et comme elles, ne passent que leur temps à courir. Ils n’ont pas le temps de souffler et de se dévoiler plus en détail.

La jeune fille s’appelait Holly. Elle étudiait le Tiers Monde à l’université. Elle aimait les chats et la musique forte et dissonante. Elle aimait aussi bavarder.

Si on n’a pas vraiment de description de cet univers et de ses habitants, que reste-t-il donc à ce roman? La fuite de Mila. C’est ce qui fait presque tout le roman. On a donc de l’action en permanence. Ceci aurait pu être intéressant, si cela ne rendait pas le roman prévisible. En effet, on peut presque prévoir ce qui va se passer. On a la fuite de Mila, elle est retrouvée, elle combat ceux qui la poursuivent, elle gagne, et le reprend sa fuite. C’est expliqué de manière schématique, mais le roman est construit de cette façon. Si Mila ne court pas, c’est qu’elle combat. Du coup, on sait par avance qu’elle va être rattrapée à un moment donné et qu’elle va forcément s’en sortir. Du coup, on finit par se lasser de cette fuite, et ceci rend le roman lent et ennuyeux. C’est vraiment dommage parce que ce qui aurait pu apporter un plus à ce récit finit par lui nuire en profondeur.

J’en reviens à ce qui aurait du être important aussi dans ce roman, c’est-à-dire l’enquête menée par Mila au sujet de sa bombe dans la tête. Or, à part quelques suggestions tout au long du roman, l’enquête est pliée en deux pages environ, lorsqu’un des personnages passe aux aveux. On avait bien un indice à un moment donné, mais finalement il ne mène qu’à cette révélation, où Mila s’en sort encore. J’ai trouvé que même cet aspect, qui aurait pu nous faire penser à un policier, est sous-développé.

En fait, ce que je garde de cette lecture, c’est une impression de frustration. J’ai trouvé que tout l’aspect dystopie était survolée, tout comme le scénario de l’histoire. Les personnages ne sont guère attachant, même Mila n’a pas réussi à me convaincre. Tout ce qu’elle veut c’est rester dans les Iles, alors que c’est la source de son malheur et qu’ils essayent de la tuer. En vérité, elle n’a aucune envie de changer la situation du Tiers Monde, contrairement aux autres héros de dystopie, qui finissent par détruire le monde dans lequel ils vivent. J’ai eu l’impression qu’on passait complètement à côté du genre, et donc de l’histoire. Pourtant, le récit se lit plutôt bien, c’est assez bien écrit, mais  au bout d’un moment on veut juste passer à autre chose, à moins d’action et à une histoire plus travaillée. Il y avait matière à faire un récit convaincant, mais tout va trop vite et est trop survolé. J’espérais beaucoup moins de la part de ce roman.

Et vous?

Quelle a été votre dernière déception livresque?

Cela vous arrive-t-il d’abandonner un livre?

Ou au contraire de poursuivre à tout prix votre lecture?

Pourquoi?

Bonnes vacances à tous🙂

Le maître des livres

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Bonjour tout le monde. J’espère que votre été se passe bien, que vous arrivez à vous reposer un peu, que vous soyez en vacances ou non. Ici il faut assez chaud, il y a des jours où j’ai du mal à lire tellement il fait chaud. Surtout que j’ai tendance à pas mal bouger dans Nantes, ce qui accentue l’effet de chaleur. C’est ça quand on se promène en bus ou en tram et qu’ils sont bondés. Et j’essaye au maximum de profiter de mes vacances pour avancer sur mon roman, pour le NaNoWrimo. Mais heureusement, j’arrive quand même à vous dénicher de super lectures.

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de mon dernier coup de cœur. Il s’agit d’une série de manga publiée par les éditions Komikku et dessiné par Shinohara Umiharu. Le premier tome est sortie en France en 2014. Je l’avais déjà repéré à l’époque, je l’avais vu dans ma librairie spéciale manga et j’avais trop envie de le lire. Ma situation financière de l’époque, qui est la même tous les étés, j’ai toujours l’impression d’être étudiante, m’a empêché de me le prendre. J’ai donc été super contente de me le trouver à la médiathèque, ainsi que tous les autres tomes. Il y en a huit pour le moment. Je suis donc en train de les dévorer. Voici l’histoire :

À la bibliothèque pour enfant « La rose trémière » vous êtes accueillis et conseillés par Mikoshiba, un bibliothécaire binoclard célèbre pour son caractère bien trempé. Mais contrairement à ce qu’il peut laisser paraître, c’est un professionnel de premier ordre. Aujourd’hui encore, adultes comme enfants perdus dans leur vie viennent à lui en espérant qu’il leur trouvera le livre salvateur.

On se trouve donc dans une bibliothèque au Japon, à la Rose Trémière, gérée par Mikoshiba. L’histoire commence avec Miyamoto, un jeune homme perdu dans sa vie, qui débarque un soir de décembre dans cette bibliothèque. Or, elle est spécialisée dans les livres pour enfants. Il n’y a aucun livres pour adultes. Miyamoto est sur le point de faire demi-tour, surtout qu’il vient de se faire remonter les bretelles par Mikoshiba parce qu’il est un peu éméché, lorsque que ce dernier lui passe un livre à lire. Miyamoto, un peu étonné, se souvint alors qu’enfant, il avait peu lu ces fameux livres classiques de la littérature pour enfant. Il se laisse donc tenter et part avec ce roman. Il le dévore, et devient accro à cette bibliothèque particulière, où il se familiarise avec son univers, ses employés et ses usagers.

Au fil des épisodes présentés dans les différent tomes du manga, on en apprend Miyamoto, qui a fuis sa ville natale et l’entreprise familiale pour être employé dans une autre, pour se prouver qu’il pouvait autre part que dans sa famille. On en apprend plus aussi Mikoshiba, qui a claqué la porte de l’entreprise de son père pour vivre de sa passion, partager ses lectures. Il y a aussi la manière dont la bibliothèque est crée qui est racontée, cette bibliothèque qui est privée et qui ne doit son existence que par l’argent de madame Kotegawa, une femme d’affaire fan du travail de Mikoshiba et de ses choix de livres.

En plus des histoires sur les principaux protagonistes, qui sont Miyamoto et les employés de la bibliothèque, on suit aussi les changements chez les usagers, comme l’arrivée au Japon depuis les Etats-Unis de Chris et son père, perdus dans ce nouveau pays, la découverte de la passion de Shota pour les livres, lui qui était un petit garnement, la tentative de drague de la mère de Risa, la peur d’une autre mère de perdre son enfant. La bibliothèque devient pour tous, grâce aux choix de Mikoshiba, un lieu où ils se révèlent à eux-mêmes, où ils évoluent, où ils grandissent, tout cela grâce aux livres pour enfants.

Ce que j’ai d’abord beaucoup aimé avec ce manga, c’est tout l’aspect lié à la bibliothèque. Comme vous le savez, c’est un milieu où j’espérais pouvoir travailler, et dans ce manga, on expose vraiment tout ce qui y est lié. Ainsi, il y a une série d’épisode liée au diplôme qu’il faut avoir pour travailler dans ce domaine, diplôme qui s’obtient là-bas à l’université, ou en cours par correspondance. Et oui, car il faut des diplômes pour ranger des livres, car le métier ne se résume pas qu’à cela. Certains des personnages s’en étonnent d’ailleurs. ceci prouve qu’on soit en France ou au Japon, l’ignorance sur le travail de bibliothécaire est la même. Ensuite, il y a la question de la fondation de cette bibliothèque. Comme je l’ai dit, elle est privée, elle ne dépend donc pas de la ville. Car là-bas, comme ici, ce sont les mairies qui tiennent les bibliothèques, qui décident qui y est employé ou les livres qui y sont achetés. Travailler dans le privé permet donc à Mikoshiba une plus grande liberté, que ce soit dans les horaires de la bibliothèque, le choix des livres, ou dans son travail en général. Cela lui permet d’avoir des collègues n’ayant pas forcément le fameux diplôme, mais très motivées. Personnellement, je trouve que c’est ce qu’il y a de mieux. J’adorerais avoir le poste de Mikoshiba, avec toute la liberté qu’il a et pas le poids de la hiérarchie, pas un maire qui pense qu’une bibliothèque ne sert à rien car elle ne fait pas de chiffres. Il y a aussi une série d’épisode avec le libraire, qui est persuadé que la bibliothèque nuit à son chiffre d’affaire, ce qui lui est ensuite prouver que ce n’est pas le cas, qu’au contraire, la bibliothèque s’approvisionne chez le libraire. Tous ces débats abordés dans le manga autour de la bibliothèque sont hélas les mêmes abordés chez nous. Ce sont des débats d’actualité sur l’utilité d’une bibliothèque et l’image qu’elle a chez les usagers, ceux qui la fréquentent ou non.

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Ce que j’ai aussi adoré dans ce manga, ce sont toutes les reprises d’histoires classiques qui s’y trouvent. En effet, à quasiment chaque livre conseillé par Mikoshiba, et peu importe le lecteur, on a le droit d’avoir l’histoire résumée au sien même du manga, à travers des illustrations différentes des autres dans le manga. Ceci permet de relire à travers les yeux du personnage des histoires célèbres, comme La Petite Sirène d’Andersen, Tom Sawer, Le Petit Prince, L’Ile au Trésor, etc… Il y a aussi quelques contes et romans japonais que j’ai pris plaisir à découvrir dans ce manga. C’est alors intéressant de voir à quel point toutes ces histoires sont importantes pour la construction de soi, pour la réflexion sur soi. Ne pas lire ces histoires pour enfant revient pour chaque personnage adulte à avoir des carences, que ce soit dans la manière dont ils se perçoivent ou perçoivent les autres. C’est d’ailleurs la grande idée de ce manga, tout livre peut apporter à chacun quelque chose, il suffit de se laisser guider, à la fois par le bibliothécaire qui saura vous trouver ce dont vous avez besoin, mais aussi par le livre et son histoire qui vous apportera ce qui vous manque.

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Les personnages sont tous attachants, et bien travaillés par l’auteur. Ils ont tous une histoire à partager, quelque chose qui les mène à cette bibliothèque, qui permet donc d’en savoir plus sur eux. ce ne sont donc pas des personnages secondaires, ils prennent tous une place importante à un moment donné de l’histoire. Ils finissent donc tous par nous être connus, avec leurs forces et leurs faiblesses. Même Mikoshiba, qui paraît au début assez froid, finit par nous paraître sympathique. Chaque personnage a donc son moment, ce que je trouve appréciable. Ce que j’aime aussi beaucoup, c’est que ce manga sur la bibliothèque défait même dans ces personnages les clichés. Ici, pas de vieilles femmes à chignon qui crie dès qu’il y a du bruit, mais un homme de 30 ans environ qui tient cette bibliothèque avec deux jeunes femmes. Et ceci ne gêne personne. Certes, le silence est important, mais ceci n’empêche personne, même le personnel, de parler. Chacun a un parcours différent, une manière de voir la bibliothèque, et de parler des livres.

Pour rester sur les personnages, ils permettent aussi à l’auteur de montrer toute la diversité de la société japonaise. On a ainsi les immigrés américains qui viennent travailler dans le pays, les jeunes enfants qui ont la pression de la part de leur parents pour réussir à leurs vies, qui finissent par traîner dans les rues, les pressions de la famille sur les jeunes mères qui n’ont pas le droit de se tromper, les mères célibataires qui sont mal considérées par la société, le besoin pour les hommes de se réfugier dans l’alcool ou le jeu, etc. Les livres permettent alors de revenir au rêve, à l’imagination. Les personnages adultes prennent conscience à quel point ils sont passés à côté de leur enfance, les enfants à quel point ils doivent en profiter. Je pense que cette idée est valable pour tout le monde occidental.

Les dessins aussi sont très sympas. Les couvertures sont agréables et le manga se lit très bien, car tout est fluide dedans. Bon, les couvertures m’ont au début un peu dérangées, car je m’imaginais certains personnages différemment, comme Kanda, l’une des filles, que j’imaginais blonde, alors qu’elle est brune sur la couverture. Mais ce ne sont que de petits détails. Les traits des personnages sont bien faits, on prend plaisir à suivre le dessin.

Pour finir, je conclus cette chronique en disant que j’aurai aimé lire ce manga avant de m’engager dans cette année qui se finit. Peut-être que si je l’avais lu avant, je serais moins tombée de haut face à la réalité du métier, ou il aurait pu me remotiver lorsque j’ai failli tout laisser tomber. Je pense donc que pour tous ceux qui veulent travailler dans ce milieu, c’est une œuvre de base à lire. Peut-être même que tous ceux qui veulent travailler dans le milieu du livre devraient le lire pour apprendre comment on traite un livre. Enfin, tout le monde devrait le lire pour se rendre compte de ce qu’est la réalité dans une bibliothèque.

Et vous?

Vous avez déjà lu un roman ou une histoire sur votre travail?

Vous avez aimé lire ce type d’histoire?

Ou au contraire, cela vous a dégouté?

Vous avez appris des choses sur votre métier parce ce biais?

Bon été à tous🙂

Itinéraire d’enfance

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Bonjour à tous. Et oui, me revoilà plus vite que prévu avec un nouvel article, une chronique littéraire d’un roman terminé la semaine dernière. Cette fois, j’ai réussi à m’organiser et vous écrire un article plus tôt, à vous le planifier. Je suis fière de moi d’avoir réussi ça.

Aujourd’hui, je vais donc vous parler d’un roman lu la semaine dernière. C’est un roman qui se trouvait sur ma liste pour le challenge de l’été 2016. C’est aussi un roman lu pour le challenge de Livraddict sur l’Asie. Aujourd’hui, je vous emmène au Viêtnam, à travers le roman Itinéraire d’enfance de Duong Thu Huong. Voici son résumé :

 Fin des années 1950 au Viêtnam. Bê a douze ans, sa vie dans le bourg de Rêu s’organise entre sa mère, ses amis et ses professeurs. Son père, soldat, est en garnison à la frontière nord. Pour avoir pris la défense d’une de ses camarades abusée par un professeur, elle se voit brutalement exclue de l’école. Révoltée, elle s’enfuit de chez elle, avec sa meilleure amie, pour rejoindre son père. Commence alors un étonnant périple : les deux adolescentes, livrées à elles-mêmes, sans un sou en poche, finiront par arriver à destination, après des aventures palpitantes et souvent cocasses : Bê la meneuse, non contente d’avoir tué le cochon et participé à la chasse au titre, va également confondre un sorcier charlatan et jouer les infirmières de fortune.

Roman d’apprentissage, ce livre limpide et captivant dépeint magnifiquement, dans un festival de sons, d’odeurs, de couleurs et de paysages, la réalité du Viêtanm après la guerre d’Indochine.

Alors, je vous le dit tout de suite, j’ai lu très rapidement le résumé de ce roman en le choisissant à la médiathèque parmi les autres romans de Duong Thu Huong. J’avais déjà lu un roman de cet auteure vietnamienne, et je l’avais adoré. Pour cet été, je voulais donc lire un autre de ses romans. Parmi ceux qu’il y avait, j’ai donc choisi celui-ci, car j’ai retenu que c’était un road-trip au Viêtnam, avec une fillette de douze ans, et l’idée m’a beaucoup plu. Ce n’est qu’en tapant le résumé pour le blog que je me suis rendu compte que ce roman se passait dans les années 50. Sans ça, j’étais persuadé que cette histoire se passait dans les années 80, voir même maintenant.

L’histoire se passe dans la campagne vietnamienne, dans la plaine. Bê est une jeune fille très sérieuse fille d’une institutrice et d’un soldat qu’elle ne vient que tous les trois ans, quand il est en permission. Il est posté à la frontière, dans les montagnes. La vie semble donc facile pour Bê, qui voit son temps être découpé entre l’école, sa mère et ses amies, dont Loan fait partie. Un jour, il y a un nouveau professeur de sport qui est muté dans leur école. Dès le début, ce dernier change les habitudes des filles, allant jusqu’à s’acharner sur Bê, qui ose lui répondre. Surtout que celle-ci a aperçu ce professeur avec l’une de ses amies, à peine plus âgée qu’elle, mais bien formée au niveau du corps. Ce qui se passe entre cet adulte et cette enfant presque adolescente ne laisse aucun doute. Bê essaye d’en parler avec cette dernière, mais celle-ci nie. Et lorsque le professeur dépasse encore une fois les bornes en cours, Bê réussir à enfermer le prof dans les toilettes. Là-bas, on ne rigole pas avec la discipline. Le responsable doit être puni, ce qui équivaut à être viré de l’école. Puisqu’un des élèves de l’école est accusé, Bê finit par se dénoncer. La sanction ne tarde pas à tomber, elle ne peut plus aller à l’école, elle en est expulsée. Suite à la honte qui apparaît sur sa famille à cause de cette punition, Bê décide de rejoindre son père à la frontière. Loan, dont la mère vient de se marier avec un tyran, décide de partir avec elle. Commence alors pour les deux filles un périple à travers la plaine et les montagnes, faisant face à de nombreuses péripéties. Elles vont ainsi se faire voler tout leur argent, travailler comme servantes dans un restaurant, vivre à la montagne avec un ermite, participer à la chasse au tigre, aider tout un village, etc…

Ce que j’ai beaucoup aimé avec ce roman, c’est d’abord qu’on a vraiment l’impression de voyager avec Bê. On voit avec elle  qu’elle voit, ce qu’elle vit, tout ce qu’elle découvre sur son pays. Bê vit dans la plaine, mais la vie dans les montagnes n’est pas la même. Les manières de construire les maisons, d’y habiter, de s’habiller, de manger, tout cela est différent, lui donnant l’impression d’être dans un autre pays. Même les dialectes ne sont pas les mêmes, ni même les traditions. Les paysages et tout ce décalage que ressent Bê sont parfaitement retranscrits, nous donnant aussi envie de vivre ce qu’elle vit, de goûter ce qu’elle fait. On a envie de suivre ses traces. Le Viêtnam étant un pays qui me fait, rêver, j’ai vraiment eu le sentiment d’y être avec Bê.

En montagne ce n’est pas comme en ville. Le jour du Têt est comme un autre jour de l’année. Pas de lampions, pas de guirlandes sur les vitrines des magasins, pas de panneaux publicitaires, pas de foule. Parfois, quelques pétards rappellent les jeux d’enfants de la ville. En revanche, devant chaque case se dresse un mât en haut duquel sont suspendus des petits gongs en argent ou en cuivre qui tintent gaiement sous le vent, ainsi que des figurines d’animaux en papier. Un cercle peint en blanc entoure le pied de chaque mât. Toutes les cases arborent un drapeau, même si ce n’est pas la fête nationale. En dehors de cela, il n’y a pas grand chose de visible dans les rues. Toute l’activité du jour du Têt se passe autour du feu, dans la cuisine : on écrase la viande pâtés, on confectionne les différents gâteaux, on fait frire le riz soufflé, on y mélange le miel, on fait griller les bonbons de riz, on fabrique les confitures…Les poêles, les casseroles, les marmites dégagent une bonne odeur. Les villageois de Muôn font un riz soufflé extraordinaire, beaucoup plus sophistiqué que celui cuisiné en plaine.

(…)

Après le repas, nous faisons le tour du village avec monsieur Môc pour souhaiter la nouvelle année. Dans chaque case, on nous sert les mêmes gâteaux, les mêmes friandises. Comme il a fallu en goûter à chaque visite, nous rentrons à la case complètement repus le soir.

Il y a beaucoup de sagesse dans ce roman. Bê, après son expulsion de l’école, pense que sa vie est finie, qu’elle va devoir se contenter d’un métier horrible, fait pour ceux qui n’ont pas fait d’études, qu’elle ne pourra pas devenir quelqu’un. Et oui, en plus d’être expulsée, elle est aussi grillée dans toutes les écoles de sa région, ne pouvant se réinscrire nul part. Elle ne peut donc pas retourner à l’école. Elle qui adorait ça, c’est vraiment une sanction terrible, et avec son esprit d’enfant, elle est persuadée d’être une moins que rien. Surtout que sa mère est contre elle, en colère. Comment continuer à vivre après ça Pour Bê, la seule solution est la fuite. Et cette idée elle la doit à un ermite qu’elle rencontre, qui va lui faire prendre conscience qu’elle est encore jeune, qu’on ne peut pas penser que sa vie est finie lorsqu’on a que douze ans. Et c’est finalement ce voyage qui va déterminer tout le reste de sa vie. Elle qui croyait que son expulsion signait la fin de sa vie, elle va en fait n’être que son commencement. Tout au long de son voyage, Bê ve en prendre conscience. Elle va rencontrer pleins de personnes différentes qui vont lui apporter quelque chose, vivre des choses qui vont la faire grandir, changer. Elle va mûrir, d’une manière qui aurait été impossible sans ce voyage.

« L’homme doit lutter et gagner. » Cette pensée résonne dans ma tête comme le bruit d’un cheval au galop dans le creux d’une vallée, au printemps. L’homme doit triompher de son malheur, de son infortune ou de sa propre désespérance. Jamais il ne faut vouloir mettre de « point final », c’est valable pour une enfant de treize ans ou un vieillard de quatre-vingts. Je me souviens de l’allure du vieux gardien de canard, de sa chevelure toute blanche, de son sourire discret et malicieux. Oui, je me rappelle même son stylo plaqué or dans sa poche… Je me rappelle de tout cela. Je le remercie du fond du cœur. Dans la période la plus noire de mon enfance, c’est lui qui m’a appris à devenir adulte.

Je me suis beaucoup attachée au personnage de Bê. Pour son âge, c’est une jeune fille très courageuse, à l’esprit de justice. Elle déteste l’injustice. Elle voudrait que tous soient heureux, sortent de la condition dans laquelle ils sont. Elle essaye d’ailleurs d’aider ceux qu’elle peut. C’est d’ailleurs ce qui conduit à son expulsion de l’école. Elle aurait très bien pu ne pas vouloir venger ses camarades de classe du professeur de sport, ou laisser un autre se faire accuser à sa place. Au cours de son voyage, elle intervient aussi pour aider les autres, pour qu’ils ne se fassent pas avoir par un sorcier douteux ou qu’ils ne restent pas enfermés dans une auberge qui plaît pas pour le reste de leurs vies. Bê est altruiste, et a aussi pas mal d’imagination pour arriver à ses fins, même si cela peut lui apporter beaucoup d’ennuis. Elle n’hésite pas à agir ou à dire ce qu’elle pense. C’est une héroïne moderne au grand cœur.

Je regarde attentivement le sorcier. Il gesticule dans tous les sens, entièrement plongé dans ses incantations. Je fixe le plancher en bambou à l’endroit exacte où il saute en l’air puis retombe sur son derrière. Une idée me passe par la tête. je descends l’échelle…

Des lueurs me parviennent des lampes, des bougies d’en haut. Je tâtonne dans l’enclos des bêtes juste en dessous du plancher de la case. C’est une famille pauvre. Elle ne possède que trois vaches et quelques cochons. Sentant ma présence, ils se regroupent dans un coin. J’avise un bout de bambou pointu et dur que j’enlève du treillage sur lequel poussent les haricots grimpants et les aubergines. Je retiens ma respiration et rentre dans l’étable. Je vois le plancher avec les raies de lumières bien tracés au-dessus de ma tête. Au moment précis où le sorcier saute en l’air, j’engage le bout de bambou entre les planches, à l’endroit exact où ses fesses vont atterrir.

Un long hurlement retentit.

Il y a une chose qui m’a interpellée dans ce roman. Je ne sais pas si c’est encore le cas, maintenant que le Viêtnam est devenu plus « occidental », mais la liberté qu’on les enfants tout au long du livre est quand même impressionnante. Même avant son voyage, Bê pouvait sortir de sa maison, se promener dans le village et au-delà, même après la nuit tombée. Elle reste enfermée par un homme pendant plus d’une journée avant que quelqu’un s’inquiète de ce qui lui est arrivé. Et les filles parviennent à partir sur un coup de tête sans que personne ne les arrête, que ce soit avant ou sur le chemin. Personne ne s’inquiète de voir ces deux adolescentes se promener seules et vouloir se rendre à la frontière. Personne ne leur dit d’arrêter leur voyage. Au contraire, elles y sont encouragées. Bon, c’est sans doute parce que Bê veut retrouver son père, mais quand même. Je trouve cela formidable. Dans notre pays, si deux adolescentes traversaient le pays de cette manière, on aurait déjà eu l’alerte enlèvement déclenchée. Certes, on ne peut pas comparer nos deux pays, mais j’ai trouvé cette liberté formidable, surtout qu’elle soit encouragée de cette manière. C’est ce qui fait grandir les deux filles. Je les ai trouvée vraiment courageuses de continuer leur route, surtout après ce qui leur arrive dès le début de leur voyage.

En fait, c’est un vrai roman d’initiation, qui apprend qu’on peut aller au bout de ses idées, qu’il faut être courageux et affronter tout ce qui se met en travers de notre chemin. Qu’il faut aller au bout de la route, ne pas se laisser abattre, car la récompense en vaut le coup. Bê retrouve non seulement son père, mais en plus elle noue des liens avec lui, ce qu’elle n’avait encore jamais fait. Et le chemin parcouru est aussi hyper important, car c’est lui qui mène au terminus, en permettant à ceux qui vont dessus d’apprendre pleins de choses. Ce chemin il fait le faire, car il permet de grandir, de se construire. Les filles auraient pu s’arrêter à n’importe quel moment, mais elles continuent, elles avancent, en laissant des amis derrière elles, pour aller jusqu’au bout de leur volonté. Ce voyage est aussi ce qui forme le courage et la volonté. A douze ans, Bê a déjà plus vécu d’aventures que moi ou d’autres personnes pourtant plus vieilles.

En relisant cet article, je me rend compte qu’en fait, ce roman est un coup de cœur pour moi. J’ai beaucoup appris aussi en lisant la plume de Duong Thu Huong. C’est un roman que je pourrais d’ailleurs relire avec plaisir tellement j’ai été transporté par les aventures de Bê. A un moment du récit, j’ai même penser, espérer, que tout ceci soit autobiographique. C’est une très très belle découverte. Il y a beaucoup de poésie dans ce roman, et beaucoup d’espoir aussi. La haine en est absente, alors même qu’on croise des personnages ayant vécus la guerre du Viêtnam, ou avant l’occupation française tyrannique qui était en place avant la guerre. Ce roman m’a donné envie d’en lire plus sur ce beau pays.

Et vous?

Vous avez eu des coups de cœur dans vos lectures depuis le début de l’été?

Vous avez lu des romans qui vous ont fait voyager?

Dans quels pays aimeriez-vous voyager grâce aux livres?

Dans quelles régions du monde?

Bonnes vacances à tous🙂

Les ensorceleuses

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Bonjour à tous. En ces temps compliqués, me revoici avec une nouvelle chronique littéraire. J’ai hésité à vous écrire cette chronique à cause de ce fameux deuil national, mais je pense qu’il faut aussi continuer à vivre malgré tout, et que parler de livres est très important. Cela peut apporter beaucoup de bonheur et de joie à ceux qui peuvent en avoir besoin.

Cette semaine, je vais vous parler d’un roman qui se passe dans le Sud, en partie à Avignon, en été. En fait, il se passe pendant le festival d’Avignon, qui a lieu en ce moment. Ce livre est publié chez Michel Lafon et qui est sorti cette année. Ce roman, qui pour moi est clairement pour les adolescents, m’a été envoyé par le site Livraddict dans le cadre d’un partenariat entre le site, l’éditeur et mon blog. Je les en remercie d’ailleurs pour m’avoir fait découvrir ce titre, écrit par Chloé Varin, une auteure québécoise, dont c’est le premier roman publié en France. Voici son résumé :

Horoscope du jour :

Poissons : Les réponses à nos questions se trouvent parfois là où on s’attend le moins. Faites confiance à votre instinct.

Clémentine est française. Flavie est québécoise. Un océan les sépare et pourtant, le temps d’un été magique en Provence, elles ont tout partagé.

Mais quand le séduisant Grégoire les a trahies, elles ont décidés de le lui faire payer… Depuis, elles ne sont plus revues.

Un an plus tard, les deux complices décident de se retrouver là où tout a basculé. Jusqu’où seront-elles prêtes à aller réparer le mal qu’elles ont causés?

Dans ce roman, on voyage entre le Canada et Lyon, où vivent respectivement Flavie et Clémentine, et en Provence, où elles se retrouvent. Flavie et Clémentine étaient amies, le temps d’un été en Provence. Maintenant, elles ne se parlent plus. Ou du moins Clémentine ne veut plus entendre parler de Flavie. Car durant cet été, il s’est passé quelque chose de grave, quelque chose qui les a marqué toutes les deux, ainsi que le meilleur ami de Clémentine, Grégoire. Ce dernier s’est retrouvé défiguré à jamais, suite à une vengeance orchestrée par les deux amies grâce à un rituel de magie noire. Or, Flavie a vu sa vie changée. Elle veut réparer ce qu’elle a fait, et pour cela, elle doit retrouver Clémentine, en Provence.

Le roman tourne autour de la rédemption, de la culpabilité, de l’amitié et de la magie. Flavie est marquée par ce qui c’est passé un an plus tôt en Provence, un acte dont elle se sent profondément responsable. Elle se sent enlaidie, et son visage porte des stigmates de cette culpabilité, par le biais d’une violente acné. Clémentine quand à elle ne veut plus entendre parler de ce fameux été. Elle tente d’oublier tout ce qui a pu s’y passer. Elle essaye de reprendre le cours de sa vie, avec beaucoup de peine. Ce fameux été, son meilleur  ami, celui avec qui elle passait tous ses étés, a été gravement blessé. Elle ne veut donc plus entendre parler de Flavie, qu’elle tient en partie pour responsable. Elle ne veut pas non plus affronter cette part sombre d’elle-même. Or Flavie elle ne veut pas abandonner. Elle veut pousser Flavie a changer les choses, à supprimer le mauvais sort. Mais le but de Flavie ne s’arrête pas à cela, elle veut aussi retrouver son amie, Clémentine, qu’elle n’a pas oublier. Elle veut rattraper les choses avec elle, recoller les morceaux détruits par ce fameux sort lancé après le 14 juillet.

J’ai beaucoup aimé cette amitié entre les deus filles. Malgré le ressentiment que Clémentine éprouve envers Flavie, elle est tout de même heureuse de la revoir, de partager à nouveau des moments avec elle. Malgré la colère qu’elle ressent, Flavie reste son amie. Comme quoi, alors qu’elles pensaient toutes les deux, surtout Clémentine puisque Flavie espère toujours, leur amitié n’est pas morte. Au contraire, ce qui c’est passé leur permet de renforcer leur amitié entre l’océan. Il leur a fallu se disputer, ne plus se parler pendant un an pour apprécier réellement leur amitié, et comprendre que chacune avait ses failles, ses problèmes, et qu’il fallait prendre les personnes telles qu’elles étaient. Surtout qu’elles ont toutes les deux des problèmes avec leurs familles, et que seule leur amitié peut les couper de ces mauvaises ambiances.

J’ai toujours eu horreur des adieux. Comme tout le monde, je suppose. Il faut être sadique pour aimer ça. J’aurais envie de zapper ce moment-là, de fermer les yeux  et de ne les rouvrir qu’une fois chez moi, bien au chaud dans mon lit. Histoire d’éviter à la fois le malaise et les larmes. Va-t-on se revoir? Je l’ignore. On ne sait jamais ce que la vie nous réserve. La preuve : durant ces cinq jours (cinq petits jours, mais j’ai l’impression d’avoir vécu une vie entière), j’ai renoué avec mon amie, me suis fait une nouvelle confidente aussi âgée que mes deux parents réunis, et j’ai repris confiance en moi. Comme quoi, tout est possible avec la magie blanche.

L’aspect magique m’a aussi beaucoup plu. Flavie croit à fond en l’astrologie, les puissances surnaturelles, et elle entraine Clémentine dans cet univers. Il est très bien décrit, et ça donne envie de le découvrir. Ceci est vrai sauf pour la partie du sortilège lancé à Grégoire, car même si on ne sait pas si l’accident qu’il a eu est lié à cela, le doute demeure, et on pense tout de suite qu’il ne faut pas jouer avec des forces qu’on ne maitrise pas.

(Clémentine)

Flavie s’est ensuite appliquée à tracer ce qu’elle a appelé notre « cercle magique ». je venais de comprendre à quoi servirait le kilo de farine… Elle a répandu la moitié du sac en un large cercle imparfait d’une circonférence d’environ trois mètres. Puis elle s’est plantée dos à moi, face tournée vers la porte. Son ombre se découpait sur le mur, et la lumière tamisée formait un halo rougeâtre autour d’elle. Elle a allumé un bâtonnet d’encens en se mettant à déclarer un texte de manière d’abord imperceptible, puis de plus en plus audible au fur et à mesure que sa voir prenait de l’aisance. Elle s’adressait à un certain Urieus, gardien de la tour de l’Est. Elle s’est déplacée ensuite vers la gauche, qui s’est avéré être au sud, comme je l’ai appris un instant plus tard lorsqu’elle s’est mise à réciter.

 Je me suis plus sentie proche de Flavie, que j’ai trouvé assez drôle, pleine de vie. Enfin, on sent qu’elle n’a pas les mêmes problèmes familiaux que Clémentine, qui est moins joyeuse, moins optimiste, malgré le fait que sa mère soit partie en Asie. Surtout, je me suis retrouvée en Flavie qui est persuadée à fond que son sortilège a blessé quelqu’un. C’est cette croyance en la magie qui me l’a rendu sympathique. Clémentine fait plus renfermée. Chez  Flavie, il y a aussi son côté québécoise qui ressort beaucoup, avec des expressions plus ou moins loufoques pour nous. Et vraiment, elle prend toujours le meilleur côté des choses. C’est aussi pour ça qu’elle est persuadée qu’elle peut arranger les choses.

Il y a aussi une question qui est en suspens dans le roman. Non seulement on ne sait pas vraiment ce qui est arrivé à Grégoire pendant une bonne partie du livre, mais en plus, même à la fin, on ne sait pas si Grégoire n’avait finalement pas mérité ce qui lui est arrivé. C’est peut-être quelque chose qui finalement me gêne un peu dans ce roman, c’est le fait que tous les hommes dans ce roman finissent par trahir les filles, ou par leur faire des reproches. A part le père de Flavie, qui lui prend pourtant la tête à un moment donné, le père de Clémentine et Grégoire sont plutôt mal considérés. Ils sont même décrits comme des salauds. Enfin, jusqu’à la fin. D’une certaine façon, on a l’impression qu’il y a une sorte de moral au long de ce livre, comme quoi Grégoire avait besoin de cet accident pour devenir meilleur, pour ne pas devenir un homme méchant.

  • Madame Rose avait raison de dire que tu gardes en toit une colère refoulée. Tu dois te rendre à l’évidence : Greg t’a manqué de respect. Il s’est servi de toi comme d’un vieux mouchoir dont on peut disposer.
  • Ce n’était peut-être pas si grave…
  • Non, Flavie, je ne suis pas d’accord. Greg doit savoir qu’il s’est comporté comme un porc. Et qu’il a mérité ce qui lui est arrivé, le soir de l’orage.

Il y a un détail qui m’a beaucoup amusé dans ce roman, c’est toute la description de la vie de Flavie avec son père, qui est écrivain. J’ai trouvé ça très sympa la manière dont l’auteur imaginait la manière d’écrire de ce père. J’espère ne jamais écrire comme lui. C’est vraiment un calvaire pour ses proches.

L’ermite ne dort jamais bien longtemps, je n’ai pas une seconde à perdre. je rallume l’ordi, encore chaud d’avoir trop servi. Le pauvre engin aurait grandement besoin de vacances, sauf que ce jour n’est pas près d’arriver, puisqu’il est tombé entre les mains d’un indécrottable workaholic. Fidèle à son habitude, Jean-Benoît est en retard pour la remise de son manuscrit. Conséquences : ces jours-ci, il ressemble à un étudiant en période d’examens. Il ne se lave plus. Ne se rase plus. Passe ses journées en pantalon de jogging informe et en vieux tee-shirt d’une université qu’il n’a même pas fréquentée, rivé à son ordinateur, les yeux injectés de sang, carburant au café du matin au soir. Si je ne lui apportais pas de la nourriture et de l’eau fraîche une fois de temps en temps, on le retrouverait probablement mort déshydraté.

(…)

Ces jours-ci, Jean-Benoît est tellement distrait qu’il a :

  • tenté d’utiliser  calculatrice plutôt que son cellulaire pour téléphoner à son éditeur;
  • employé le prénom de ma mère à trois reprises pour m’appeler sans relever mes regards meurtriers et mes soupirs contrariés;
  • confondu les croquettes du chat avec ses céréales de semoule de maïs biologiques à grains entiers et s’en est servi un grand bol avec du lait;
  • uriné dans la plante à côté de son bureau durant une séance d’écriture nocturne sous prétexte qu’il était à moitié somnambule. (En vérité, je le soupçonne de l’avoir fait volontairement pour éviter de perdre un temps précieux à se rendre à la toilette, au bout du couloir. C’est dégoûtant, je sais, mais il m’a promis de ne plus le faire, et j’ai choisi de le croire).

En ce qui concerne l’écriture, elle est très fluide, agréable à lire. Le roman se lit bien. Chaque chapitre concerne l’une ou l’autre des deux filles. Ainsi, on a une alternance entre les deux héroïnes. Chaque chapitre commence donc d’une manière différente pour qu’on sache de quelle héroïne il s’agit. Non seulement on a le nom de celle qui parle, mais en plus, pour Flavie on a un bout de l’horoscope, avec le poisson qui est son signe, et pour Clémentine, ce sont des répliques de cinéma, pour une fille passionnée par le 7e art. le festival d’Avignon qui se déroule à la période où vient Flavie est d’ailleurs un prétexte pour Clémentine pour la rejoindre en Provence.

Pour conclure cette chronique, je dirais que j’ai passé un bon moment avec les deux filles, que la conclusion du roman est sympa, quoique un peu prévisible, mais peut-être un peu trop enfantin pour moi. C’est un roman qui devrait bien convenir aux adolescents, c’est un bon roman d’été, mais ce n’est pas un coup de cœur pour moi. Néanmoins, comme je l’ai dit, il se lit très bien. Il reste une bonne lecture.

Et vous?

Que lisez-vous pendant vos vacances?

Des romans d’été?

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Passez tous de bonnes vacances🙂

Les sorcières de Salers, tome 1

couvsorcièreSalers1Bonjour à tous. Et voilà, une première semaine de vacances vient de se terminer. J’ai encore un peu de mal à m’organiser, j’ai des tas de chroniques à vous écrire pour le blog, mais sinon, je passe mes journées en partie à lire et à écrire, j’avance beaucoup sur le Camp NaNoWrimo, dont je vous ai parlé la semaine prochaine. C’est le paradis. Je vote pour que les vacances durent toujours.

En attendant que je me mette plus dans le rythme de ces vacances, je vous présente aujourd’hui un roman auto-édité sur amazon, un roman qui m’a été envoyé pour que je vous en parle. Encore une fois, il s’agit d’une belle découverte, et surtout d’une rencontre avec une auteure géniale, Virginie Besson Robillard. Je vais donc vous parler de son premier roman auto-édité, qui est Les Sorcières de Salers. C’est le premier tome d’une série qui aura cinq tomes au total. Le premier de cette série s’appelle Le renard a neuf queue. Il s’agit d’un roman fantastique. Je pense que les plus jeunes peuvent le lire, à partir de 12 ans. Il y a pas mal de référence à l’univers japonais, mais je ne pense pas que ceci puisse les gêner dans la lecture. Et surtout, je suis super fan de la couverture, je la trouve trop belle. Vous n’êtes pas d’accord? Voici le résumé du roman:

Sorah, Miriel et Hénora, sont des soeurs un peu particulières. Sauvées du bûcher par leur oncle Jin, un génie, elles ont voyagé dans le temps jusqu’au XXIème siècle. Depuis lors, elles occupent leur temps à résoudre des affaires mystérieuses mais elle vont découvrir que leur fuite a bouleversé l’équilibre du monde magique. Contactées par Ryunin, un prince dragon, elles vont devoir l’aider à sauver son épouse, emprisonnée dans un livre de contes japonais.

Nous avons donc dans ce roman trois héroïnes, des triplées, sorcières. Elles vivent à Salers, une mignonne petite ville du Cantal. Je peux dire mignonne, car j’y suis allée en vacances il y a longtemps, et je me souviens que c’était assez joli. Nos trois sorcières vivent avec un génie qu’elles considèrent comme leur oncle. Avec lui, il y a quelques années, elles ont fait un bon dans le temps, depuis l’époque de la chasse aux sorcières à notre époque. C’est de cette manière qu’elles ont pu sauver leurs vies. Seulement, elles ont aussi bouleversé tout le monde magique, c’est-à-dire que leur voyage a eut des répercussions dans tous les différents mondes magiques liés au notre. Ainsi, un dragon japonais finit par débarquer chez elle pour qu’elles aillent libérer son épouse qui est coincée depuis leur départ dans un livre de conte. Envoyées dans le livre à deux, afin que la dernière puisse dire ce qu’il se passe à ceux restés à l’extérieur du livre, comme le prince et le génie, et les aider en cas de besoin, Hénora et Miriel vont rencontrer plusieurs nouveaux compagnons qui vont leur permettre d’affronter les monstres du livre, et localiser la princesse.

C’est donc un roman d’aventure. Les deux sœurs qui se retrouvent dans le livre de conte vont se battre face à pleins de monstres issus des contes et de l’univers fantastiques japonais. Le rythme est parfois assez soutenu, on enchaîne les combats, même si ces derniers sont finalement assez courts, comme le roman en lui-même. Les combats ne s’éternisent donc pas sur plusieurs pages. Ils sont assez bien décrits, on pourrait s’y croire. Les personnages qui accompagnent les deux sœurs sont des guerriers, ils sont donc tous leurs rôles dans ces combats, sachant que pour chaque combat, un de ces compagnons a plus de savoir que les autres sur les monstres qu’ils affrontent, donc capables de donner son point faible. Et quand ce n’est pas le cas, on peut compter sur l’apparition rapide d’autres personnages pour dévoiler ce fameux points faibles. Car au cours de leur aventure, en plus de leurs compagnons qu’elles rencontrent au fur et à mesure, les deux sœurs vont aussi interagir avec des personnages du livre de conte. Alors que ceux avec qui elles finissent par former une bande ont été comme elles, envoyés dans le livre pour sauver la princesse dragon, les autres personnages sont ceux du livre du conte, soumis à la volonté de ce dernier. A chaque nouvelle entrée dans le livre, ce dernier change, mais ces changements ne sont vécus que pas ceux qui n’y sont pas nés. Ainsi, chaque groupe venant chercher la princesse se retrouve séparé, et cette dernière déplacée. Alors que pour ceux qui sont du livre, ces changements sont imperceptibles.

Comme c’est un livre de conte japonais, on a beaucoup de référence à l’univers japonais dans le roman. Ainsi, non seulement les monstres qu’affrontent les deux sœurs sont de cet univers, mais leurs compagnons en sont aussi. Ceci fait qu’il faut connaître un minimum cet univers pour s’y retrouver. Sinon, heureusement, il y a un glossaire à la fin du roman qui explique les différentes espèces japonaises. Je dois dire que je suis très admirative du travail de l’auteur, car il y a pleins de référence au Japon qui sont parfaitement maîtrisées, bien expliquées, et surtout bien mises en valeur. Il y a même quelques mots en japonais dans les dialogues. J’ai beaucoup aimé être plongée de cette manière dans cet univers. On a l’impression de voyager en Asie, alors même que les deux héroïnes sont dans un livre de contes. Les descriptions sont magnifiques, elles donnent envie de voir ce que voient les personnages. C’est un grand travail qui a été accompli par l’auteure pour reconstituer tous ces contes, cet univers.

Isseï et Akira, en tête de fil, s’arrêtèrent devant un immense portail d’or finement ouvragé. Les portes du jardin du mont Horaï. Ils furent bientôt rejoints par le reste des grimpeurs. A quelques mètres devant eux, le légendaire arbre d’or et d’argent, trésor de la déesse Inazami, dressait fièrement son imposante silhouette, étendant avec grâce ses lourdes branches chargées de fruits qui, s’ils étaient impropres à la consommation, étaient définitivement propres à exciter toutes sortes de convoitises.

Les personnage sont attachants. J’ai beaucoup aimé les trois sœurs, avec une préférence pour les deux qui sont envoyés dans le roman, j’ai en effet moins accroché avec Sorah, qui m’a donné le sentiment d’être la chef, en se servant de son charme. J’aime moins les personnages qui se prennent trop au sérieux. Sorah m’a donc semblé être la moins sympathique des trois soeurs. Mais peut-être que cela changera dans les prochains tomes. Je me suis donc plus retrouvée dans Hénora et Miriel. Chacune des sœurs a son propre caractère. Sorah est donc l’aînée, la chef, la plus puissante aussi, celle qui invente les potions, alors que Miriel est la plus jeune, la plus sportive, la plus impétueuse aussi. Hénora est entre les deux, celle qui passe plus de temps dans les livres, la plus sérieuse des trois sœurs. Sorah est la blonde, Hénora la brune, et Miriel la rousse.

Miriel, flamboyante rouquine au tempérament guerrier, avait beaucoup de qualités et un gros défaut. Elle manquait sérieusement de patience. Une brune élancée, aux cheveux cascadant en lourdes boucles soyeuses jusqu’à sa taille, toqua calmement à la porte du bureau.

(…)

Une jeune femme blonde vint rejoindre le trio dans la cuisine. Une aura particulière entourait perpétuellement la nouvelle arrivante. Imperceptible à ceux qui n’avaient pas de pouvoirs magiques, elle en imposait pourtant naturellement à ceux qui croisaient son chemin.

Et les autres personnages secondaires sont aussi très intéressants. J’ai eu un faible pour le Kitsune et pour Avicenne, le Vampire. Je m’attendais d’ailleurs à ce qu’il y ait une romance en cours de route dans l’histoire. J’aurais bien vu les deux sœurs avec chacune un des deux personnages que j’ai cité plus haut. Malheureusement, ça ne s’est pas fait. Peut-être dans un des prochains tomes. Mais j’ai beaucoup aimé ces deux personnages qui s’affirment beaucoup au fil de l’aventure, qui se chamaillent aussi, qui osent provoquer les deux sorcières. Les autres membres de l’aventure étaient à mon avis plus effacés que ces deux-là. Et surtout, j’aime l’idée d’avoir un Vampire dans le groupe. Et je connaissais aussi déjà ce qu’était un Kitsune avant de lire ce roman. J’en avais donc une image assez précise. Et surtout, ce sont des personnages assez comiques.

Hénora secoua la tête.

  • (…) Yoshitsune, je te présente un autre des envoyés de Ryunin. Avicenne … le Kyuketsuki, ajouta-t-elle en baissant légèrement la voix.

Le Kitsune observa le nouveau venu en silence. Avicenne en profita pour s’avancer vers Yoshitsune et s’inclina à la façon des Japonais.

  • Je suis enchanté de faire la connaissance d’un autre compagnon, fit-il d’un ton plaisant.

Yoshitsune salua poliment à son tour, mais l’expression de ses yeux démentait son apparente nonchalance.

(…)

  • au fait, ajouta-t-il d’un ton faussement badin, je vous serais reconnaissant de me dire si nous devons prendre des dispositions spéciales pour le groupe en rapport avec votre … régime alimentaire particulière.

Un éclair de colère passa dans le regard vif d’Avicenne qui n’échappa pas à Hénora. A ce rythme-là, elle ne serait pas surprise de voir des morts avant la fin de la soirée.

L’aventure à l’intérieur du livre est très sympa, j’ai beaucoup apprécié les énigmes qui se mettent en place au fil de l’histoire, ainsi que les épreuves que doivent affronter les compagnons. Certes, elles sont réglées assez vite, car le roman est assez courts, mais très intenses. Comme je l’ai déjà dit, il y a pas mal d’actions, ce qui rend cette aventure très agréable à lire, avec un rythme appréciable.

Je pourrai encore vous parler des autres personnages de ce roman, d’autres événements qui se produisent dedans, mais ce serait vous en dévoiler beaucoup sur l’histoire et ses conséquences. Ainsi, il y a un personnage qui arrive près de Sorah, et qui va avoir de lourdes répercussions pour les prochains tomes. Et il y a un autre personnage, mystérieux, qui suit les filles, dont on sait peu de choses. J’espère d’ailleurs en apprendre plus sur ce personnage-ci, car j’ai été un peu frustrée de ne pas savoir ce qu’il faisait là, surtout qu’il est là depuis le début de l’histoire. Vivement les prochains tomes pour savoir ce qu’il fait ici, et s’il est gentil ou non.

J’ai donc beaucoup aimé ce roman auto-édité. J’ai rencontré un roman à l’univers très riche, inspiré des grands contes et monstres japonais. Les personnages sont bien travaillés et agréables à suivre. L’écriture est très fluide, le livre se lit assez vite, et très bien. C’est une belle découverte, un bon roman fantastique que je recommande, et dont j’ai hâte de lire les prochains tomes.

Et vous?

Que lisez-vous en ce moment?

Vous aimez découvrir de nouveaux univers dans les fictions? Même si vous devez regarder dans un glossaire?

Vous aimez l’univers asiatique?

N’hésitez pas à achetez ce super roman, disponible en téléchargement sur amazon.

Bonnes vacances à tous, et n’hésitez pas à commentez.

Camps Nanowrimo 2016

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Bonjour  Et voilà, nous sommes enfin en vacances ! J’ai l’impression que l’année a duré une éternité, mais aussi passée à toute vitesse. C’est assez étrange comme sentiment. Je suis assez nostalgique de cette année passée, même si j’étais la première a attendre avec impatience sa fin. On va dire que cette année ne s’est pas déroulée comme je l’espérais. Mais enfin, elle est finie, et les vacances sont là. Et j’ai validé mon année ! Je vais pouvoir lire beaucoup plus, et surtout écrire beaucoup plus, et être plus présente sur le blog. Enfin j’espère avoir le temps de vous écrire plus d’article.

D’ailleurs, en parlant d’écriture, cet article d’aujourd’hui ne va pas concerner une chronique littéraire, mais va parler d’écriture. En effet, aujourd’hui je vous présente le Camps NaNoWrimo 2016. Alors, qu’est-ce que c’est ce truc? Au début du blog, il y a maintenant deux ans, je vous avais écris un article sur le NaNoWrimo où je vous expliquais son principe. Dans ce nouvel article, je vais vous parler du Camps, NaNoWrimo qui se déroule à une autre période, ainsi que mon projet pour cette nouvelle édition.

Le but du NaNo, c’est d’écrire chaque jour pendant un mois, avec un objectif de mots à atteindre chaque jours. Chaque jours, on met donc sur le site du NaNo le nombre de mot qu’on a atteint dans la journée. Le but est d’atteindre l’objectif qui est de 50 000 mots écris sur un mois. Bien sur, on peut moduler cet objectif selon nos propres envies. Ainsi, je trouvais que 50 000 mots étaient trop pour moi, je me suis dit que 30 000 mots étaient plus à ma portée. Ainsi, chaque jours, mon objectif à atteindre est de 952 mots. Il faudrait donc que j’écrive 952 mots pour rentrer dans mon objectif à la fin du mois. Je suis assez bien parti, en deux jours j’ai déjà écris 2 420 mots.

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Alors, cette nouvelle édition du camps, qui commence donc cette année 2016, à débuter le 1 juillet. Nous avons donc jusqu’au 31 juillet minuit pour atteindre l’objectif que nous nous sommes fixés. 31 jours, pas un de plus.

Le but de ceci? On ne gagne rien à la fin, si ce n’est la satisfaction d’avoir relevé le défi qu’on s’était donné. Tous les participants le font pour le challenge, pour se motiver à avancer dans leurs projets d’écriture. Et il existe plusieurs type de projets. Certains s’en servent par exemple pour avancer sur leurs thèses, et d’autres juste pour écrire sur leurs blogs, ou leurs futurs romans. Le but est simplement d’écrire.

 Alors moi je le fais pour avancer dans l’écriture de Changez de vie, mon roman en cours, dont je vous ai posté le début sur le blog, dans la catégorie autres textes. Pourquoi? Parce que j’aimerai beaucoup terminer ce projet, et surtout j’ai l’objectif de l’auto-publié sur amazon à la rentrée. Cela peut paraître être très présomptueux de ma part, mais j’ai envie de me lancer dans l’aventure à mon tour, et comme je suis très avancée dans ce récit, je mise sur ce dernier pour enfin me lancer. J’espère pouvoir arriver dans ce mois de juillet, où on a l’impression pour le moment d’être en octobre, à terminer ce roman, à mettre un point final à ce roman. C’est hélas un de mes points faibles, j’ai tendance à ne pas terminer ce que je fais. J’espère qu’avec 30 000 mots en plus, j’arriverais à la fin. Et si ce n’est pas le cas, alors je dépasserai cet objectif pour passer au palier suivant, qui est de 50 000 mots. Comme je le disais, je suis bien partie, puisqu’en deux jours, j’ai déjà dépassé mon quotas de mots.

Voilà donc mes objectifs pour ce Camps NaNoWrimo 2016, ainsi que pour la rentrée de septembre. Et grâce aux réseaux sociaux, où des participants au Camps sont nombreux, on peut se motiver, s’entraider. D’ailleurs, si vous souhaitez suivre mon avancement dans le Camps, vous pouvez me retrouver sur la page Facebook du blog, ou sa page Twitter.

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Et vous?

Vous avez déjà participé à un NaNoWrimo?

Vous connaissiez déjà son principe?

Vous participez cette année?

Cela vous en donne envie?

Quel serait votre objectif?

N’hésitez pas à commenter, on se retrouve bientôt pour une nouvelle chronique?