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Juste une fois pour essayer

Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez tous bien et que vous avez passé un bon début de semaine. Ce dernier a été marqué ici par l’annonce des résultats du CAPES. Je devais m’y attendre, mais je suis quand même déçue. Je n’ai pas réussi le concours. J’essaye de me dire que ce n’est pas grave, et que je le repasserai l’année prochaine, je suis quand même déçue. J’espère maintenant que j’aurais quand même un poste à la rentrée,voire même que je vais rester dans mes eux lycées de cette année. je croise fort mes doigts. Et je me prépare aussi à la vague de chaleur qui arrive sur le pays dans les prochains jours.

Aujourd’hui, je reviens vers vous pour vous parler de l’une de mes dernières lectures. En effet, le roman que je vais vous présenter ce matin a été lu durant la semaine, et j’ai eu envie de vous en écrire la chronique sitôt ce titre terminé. Pour une fois, je ne serais donc pas en retard sur ma chronique. Si j’ai aussi autant envie de vous parler de ce roman, c’est parce qu’il est assez particulier. Je me doute qu’il ne plaira pas à tout le monde, vu son sujet, mais j’ai quand même très envie de vous le présenter. Il s’agit du roman Juste une fois pour essayer, d’Elodie Garnier, publié aux éditions Mazarine. Je remercie d’ailleurs la maison d’édition pour n’avoir envoyé ce roman en service presse via le site NetGalley. ce titre est sortie le 1er juillet 2020 et voici son résumé :

Rien ne prédestinait Élodie et Sara à se rencontrer.

À Paris, Élodie mène une vie à cent à l’heure jusqu’au jour où elle plaque tout pour trouver refuge chez sa grand-mère, dans le centre de la France. Là, elle prend ses marques, se reconnecte à elle-même et fait la rencontre de Sara, une trentenaire à la vie bien rangée sur le point de se marier.

Un soir, alors que Sara n’avait jamais ressenti le moindre désir pour une femme, elle lui confie avoir envie d’elle.

Une fois, comme ça.

Juste une fois pour essayer.

Une passion universelle.

Un amour singulier.

Dans cette histoire, nous suivons Elodie, une jeune femme d’ne trentaine d’année qui vit à Paris. Tout va bien pour elle, elle gagne très bien sa vie et est très entourée, mais il lu manque l’essentiel, l’amour. Un jour, alors qu’elle st en pleine réunion, elle s’aperçoit que sa vie est vide de sens. C’est le burn-out. Elodie se réfugie en campagne, chez sa grand-mère, pour se reconstruire. Là-bas, elle fait la connaissance de Sara, une femme de son âge, maman de jumeaux, avec qui elle va se lancer dans un jeu dangereux. Alors qu’Elodie est clairement lesbienne, Sara est elle avec un homme, le père de ses enfants. Mais l’attrait d’Elodie semble être plus fort, et bientôt Sara lui demande de coucher avec elle. Juste une fois, pour essayer. Elodie cède, et commence alors une passion tumultueuse entre les deux femmes, qui vont vivre une liaison passionnel mais aussi destructrice.

Je vais commencer par vous parler du personnage d’Elodie, qui est donc le personnage principal de cette histoire. Au début, je pensais qu’elle était une femme forte, qui s’assumait pleinement, et qui avait tout pour être heureuse même pendant sa dépression. En effet, alors qu’elle se réfugie chez sa grand-mère, elle parvient à remonter la pente, à créé sa propre entreprise et à être entourée de nouvelles amies. Mais voilà, en vérité, Elodie reste une femme fragile, et sa force apparente n’est en fait qu’une illusion. Dès que Sara fait irruption dans sa vie, Elodie perd tous ses moyens, et elle perd tout sens critique aussi. Elle se retrouve mise à genoux par l’amour et les sentiments qu’elle éprouve. J’avoue avoir été déstabilisée par cela, parce qu’on a envie qu’Elodie se bouge, qu’elle ouvre les yeux sur ce qu’elle fait, qu’elle ose enfin dire non. Mais la vérité, c’est qu’elle en est incapable, et l’autrice nous démontre alors toute la force et la puissance de l’amour passionnel, qui ravage tout sur son passage. Elodie se retrouve prisonnière d’un engrenage bien plus puissant qu’elle, contre lequel elle essaye de lutter, mais sur lequel elle n’a aucune prise. Et c’est alors tout ce qui fait la force de son personnage, tout son intérêt, car elle montre à quel point l’amour peut être dévastateur. On en arrive alors à plaindre Elodie, a avoir de la pitié pour elle, parce qu’elle ne parvient pas à se libérer de sa passion, et que cela en devient même dangereux. On s’attache à elle, et on la comprend a fur et à mesure de l’histoire, à mesure qu’elle se livre, et l’on comprend mieux pourquoi elle s’accroche ainsi à son histoire. Cet éclairage sur son enfance est selon moi alors très important. J‘ai apprécié le travail qu’elle fait sur elle-même pour se comprendre, et tout ce que cela va enclencher chez elle. Cela démontre une certaine envie de s’en sortir. Elodie pourrait finalement être n’importe quelle femme sous la puissance de la passion. C’est ce qui fait que finalement, on se sent proche d’elle. J’ai aussi aimé toute la générosité dont elle fait preuve afin de satisfaire tout le monde, ce qui va la mener aussi à la culpabilité. Je pense donc que l’on peut se retrouver dans son personnage.

Mes parents m’ont appris à considérer mon prochain, mais ont oublié de me préparer à la perte et aux séparations successives dues aux mutations de mon père. Ils m’annonçaient le départ que quelques jours avant que cela n’arrive… Pour me protéger, me disaient-ils. J’ai compris alors qu’un monde pouvait changer en quarante-huit heures, que rien ne dure, que les relations humaines ne sont que sables mouvants. A chaque départ, j’avais l’impression de perdre une partie de moi-même. J’ai commencé à me forger un mental d’acier. Ce qui ne tue pas te rend plus fort. Mais ce qui ne tue pas abîme, laisse des traces au plus profond de soi. J’ai développé depuis une peur viscérale de l’abandon.

Parlons à présent de l’autre membre du couple, qui est Sara. J’avoue avoir eut du mal avec elle dès le début. En même temps, elle semble alors être prétentieuse et comme étant la reine des abeilles, celle autour de qui tout le monde se rassemble. On sent qu’elle aime attirer l’attention, et cela va rester comme sensation tout au long du livre. De ce fait, j‘ai trouvé qu’on avait du mal à lui faire confiance, à la croire, surtout lorsque les mensonges s’invitent au rendez-vous. Sara joue beaucoup, et au début, elle s’amuse avec Elodie, c’est un jeu pour elle que de penser qu’elle peut coucher avec une autre femme. En effet, Sara est en couple, elle a deux enfants, et s’ennuie dans sa vie. Ce n’est donc pour elle qu’une simple expérience. Seulement, la passion va aussi s’inviter en elle, et alors, on a du mal à savoir ce qu’elle veut vraiment. C‘est d’ailleurs ce qui m’a agacé avec elle, car on ne sait pas si elle manipule Elodie, si elle est vraiment amoureuse, si elle est perdue dans sa vie, ou si elle va réussir à faire un choix. En vérité, beaucoup de choses repose sur les épaules de Sara, et tant qu’elle est dans l’indécision, tout le monde retient son souffle. De ce fait, elle a un grand pouvoir sur les autres, et on n’arrive pas à déterminer si elle en est consciente ou non. Tout le paradoxe de son personnage est là, et c’est pour cela qu’elle provoque des émotions contradictoires.

Je comprends mieux pourquoi Aymeric est sur ses gardes. Sara aime plaire. J’avais déjà décelé ce trait de caractère. Elle aime plaire aux hommes et… désormais aux femmes. C’est quelqu’un qui cède à la tentation. Non pas parce que c’est une fille facile, non, simplement parce qu’elle s’emmerde dans sa vie et qu’elle a besoin qu’il s’y passe quelque chose. L’ennui est le pire ennemie des femmes d’ici. Ajouté à son besoin perpétuel de reconnaissance, ara est fragile. Elle vit dans la culpabilité. Elle se sent coupable de tout : d’exister, de ressentir un besoin de liberté, de s’ennuyer de sa vie alors qu’elle a, à ses yeux, tout pour être heureuse.

Elle a beau tergiverser, elle ne le quittera pas ! Ma décision de stopper net cette relation est la seule alternative, je le sais maintenant. Elle comprend mon mal-être et se jette dans mes bras comme pour puiser une dernière fois cette énergie qui nous envahit lorsque l’on est l’une contre l’autre.

Venons-en maintenant au thème principal de ce roman et à ce qui fait sa force. On pourrait croire, au début de cet ouvrage et en lisant le résumé, que ce roman évoque surtout le fait de découvrir sa sexualité, de se découvrir lesbienne. Mais, à mon sens, ce n’est pas tout à fait l’idée principale, puisque le fait qu’Elodie soit avec Sara est assez secondaire, au sens où cela aurait très bien pu être un homme, à mon avis. L’idée fondamentale de cette histoire, c’est surtout la passion qui consume deux personnes, et qui les poussent à l’adultère sans que l’une ou l’autre ne parvienne à y mettre un terme. En effet, on est face à deux personnes qui ne parviennent plus à nier l’évidence, leur attirance, et qui vivent pour elle, grâce à elle, et qui ne font plus attention à ce qui se trouve autour d’elles. Si Sara n’avait pas été mariée, cela b’aurait pas été aussi grave, on aurait eut une romance passionnelle, mais ici, on va plus loin que cela. Sara est mariée, et a des enfants. On porte donc un jugement sur elle, elle qui peut simplement quitter son mari pour vivre son amour avec Elodie, mais qui n’en fait rien pour éviter les ragots. Sara est accrochée à a sa famille, à son couple, même si ce dernier n’existe presque plus, et elle ne veut pas tout détruire. On est donc face à la culpabilité d’Elodie qui brise une famille, et celle de Sara qui refuse de détruire ce qu’elle a construit, et qui fait même tout pour la préserver, tout en voulant garder Elodie près d’elle. Toute l’histoire tourne finalement autour de ça, autour de cette relation adultère qui doit permettre d’exploser un couple ou être détruite. Le fait que Sara soit une femme rajoute simplement dans la peur des ragots de ce petit village de campagne, et le fait que Sara ne veut pas trahir son mari de cette manière, ne veut pas détruire sa virilité. Et cela permet aussi de permettre aux deux femmes de faire passer leur amour pour de l’amitié, ce qui les aide à tromper tout le monde. Elles se font passer pour deux amies fusionnelles, et personne ne remet cela en cause, puisque l’idée même q’elles soient plus que cela n’effleure l’esprit de personne, même en sachant qu’Elodie est lesbienne. Le fait d’être deux femmes leur donnent juste plus d’opportunités d’être ensembles, et cela donne plus de poids aussi à cette relation interdite. Cela nous permet de sortir des sentiers battus et cela n’aurait pas eut la même profondeur avec un homme puisqu’on joue ici beaucoup sur le fait que Sara est aussi une mère et qu’elle n’abandonnerait jamais ses enfants. Le fait que Sara trompe son mari avec une autre femme semble alors être plus grave que si elle le faisait avec un autre homme. C’est aussi un moyen pour remettre en cause le système patriarcat, car Sara ne se serait jamais penser bi sans sa relation avec Elodie. Elle n’y avait même jamais pensé, et ne croirait aimer que les hommes. C’est le modèle qu’elle devait suivre et qu’elle n’avait jusque-là jamais remis en cause.

Dans toute relation impossible, il y a toujours cette envie de croire que tout peut arriver et qu’un jour, la situation changera pour le mieux. Enfant, nous avons certainement lu trop de contes de fées. Cela fait deux semaines que nous avons repris nos habitudes, Sara et moi. On s’appelle tout le temps, on se voit tantôt chez moi, tantôt chez elle, on se raconte nos journées, on rigole, on fait l’amour. Mais depuis nos retrouvailles, Sara me rappelle toujours à l’ordre : même si elle me dit être amoureuse, elle souhaite stopper notre relation avant son mariage, mais n’y parvient pas encore. Elle en parle régulièrement et j’en viens toujours au même constat : elle se emnt à elle-même. Qu’importe, elle se mariera coûte que coûte.

En ce qui concerne l’écriture, je l’ai trouvé très immersive, sans doute parce que l’autrice porte le même prénom et nom de famille que son personnage, si bien que l’on se demande plusieurs fois si ce n’est pas sa propre histoire qu’elle raconte. J’ai presque eu l’impression de suivre un journal intime, d’être plongée au plus profond de l’esprit d’Elodie. Le fait que le roman soit écrit à la première personne favorise cette impression. Cependant, il est précisé à la fois du roman que c’est de la fiction. J’avoue avoir trouvé cela déroutant tant on a l’impression d’être face à une histoire vraie. C’est bien fait, et original d’avoir provoqué un tel sentiment, surtout en jouant sur les noms. Le roman se lit très bien, et je l’ai dévoré. je n’arrivais plus à le lâcher. On a vraiment envie de savoir comment tout cela va se terminer, si Sara va partir avec Elodie, si leur relation va s’abîmer, si Elodie va se détruire. On prend évidemment partie pour elle, mais les arguments de Sara se défendent, surtout à la fin. Les sentiments sont très bien décrits et l’on est projetée à la place d’Elodie, la place de la coupable finalement, qui est seulement coupable d’aimer. On s’attache à elle facilement, et elle peut représenter tout le monde tant son histoire n’est pas simple. Il est assez facile de se mettre à sa place.

En résumé, j’ai beaucoup aimé ce livre, qui nous fait passer par plusieurs sentiments, et qui montre comment la passion peut renverser tout sentiment rationnel, comment elle peut être totalement dévastatrice. J’ai apprécié le fait que Sara ne soit pas un homme, mais bien une femme, cela rajoute un certain poids à l’histoire, et la sort des sentiers battus. Le personnage de Sara est d’ailleurs très intéressant et amène une certaine complexité au récit, une certaine profondeur. Je me suis beaucoup attachée au personnage d’Elodie et le fait que le récit soit à la première personne donne le sentiment que l’on est face à une biographie. le roman est bien construit et se lit bien. C’est donc une histoire que je vous recommande. C’est un titre à faire connaître et à partager car l’histoire est intéressante et originale.

Et vous ?

Lisez-vous des romans parlant d’adultères ?

Des histoires qui décrivent des romances LGBT ?

Qu’aimez-vous retrouver dans ces histoires ?

Bon mercredi à tous 😀

Et prenez soin de vous 🙂

Une réflexion au sujet de « Juste une fois pour essayer »

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