chroniques littéraires·service presse

Je m’attendais à tout sauf à nous

Bonjour les amis. J’espère que vous allez tous bien et que vous passez un agréable weekend. Pour ma part, le mien est consacré à l’écriture, car j’ai pris beaucoup de retard ces derniers jours dans la rédaction de mon roman La Reine des Louves, que j’écris dans le cadre du camp NanoWrimo de juillet. Bon, ce retard est dû à la correction de ma romance de Noël, que je dois envoyer avant la fin de l’été à mon éditrice, donc j’ai tout de même travaillé, mais j’avais besoin d’écrire aussi. Et j’ai encore beaucoup de lectures à faire, donc mon weekend est aussi sous le signe de la lecture, et de la reprise des Sims. Cela fait du bien de ne penser qu’à cela.

Mais si je reviens sur le blog aujourd’hui, c’est pour vous parler de l’une de mes dernières lectures. En effet, ce matin, j’ai décidé de partager avec vous mon ressenti sur le roman Je m’attendais à tout sauf à nous, d’Elodie Garnier. Ce roman est une romance f/f contemporaine, et fais suite au précédent roman de l’autrice, dont vous pouvez retrouver la chronique ici. Ce nouveau titre est publié aux éditions Fayard et est sorti le 1er juin 2022. Je remercie d’ailleurs vivement les éditions Fayard de m’avoir envoyé ce roman en version numérique via la plateforme NetGalley, ce qui fait que j’ai pu le lire en service presse. Voici son résumé :

Après une rupture difficile, Élodie ne croit plus en l’amour.

Jusqu’au jour où elle croise le chemin d’Emmanuelle, une jeune architecte de 35 ans, divorcée d’un homme d’affaires japonais et mère d’un petit garçon de 10 ans qui habite avec son père.

Contre toute attente, l’alchimie est si forte que les deux femmes tombent amoureuses. Élodie veut reprendre sa vie à zéro, essayer une nouvelle fois d’y croire, et Emmanuelle est prête à tout pour lui prouver la réalité de ses sentiments. Mais c’est compter sans les obstacles qui viennent ébranler leur histoire aux apparences indestructibles.

Dans cette histoire, nous retrouvons donc Elodie, qui reconstruit sa vie après sa mésaventure dans le Berry, avec Sara. Elle a toujours cette dernière dans la peau, mais elle espère que l’air parisien lui fera oublier celle qui lui a fait perdre la tête. Et cela tombe bien, car Elodie, de voyage au Japon, tombe amoureuse d’une parisienne, Emmanuelle. Ensemble, elles ont envie de se construire une vie à deux, mais cela est-il possible lorsque les problèmes nous suivent, lorsque tout n’est pas définitivement réglé ?

Je vais commencer par vous parler du personnage d’Elodie, parce que c’est elle l’héroïne. Cela me fait toujours étrange de parler d’elle, car elle porte le même nom que l’autrice, et qu’en tant que narratrice, on a le sentiment que cette histoire se passe réellement, qu’on est presque face à des confidences de l’autrice elle-même. J’avoue que cela m’avait perturbée lors de la lecture du premier tome, mais j’étais parvenue à en faire abstraction. Maintenant que je suis davantage Elodie Garnier sur les réseaux sociaux, j’ai eu plus de mal à faire cette distinction entre l’autrice et le personnage. Et c’est d’autant plus difficile que j’ai eu plus de mal avec son personnage dans ce tome-ci. En effet, Elodie n’a pas totalement réglé ses problèmes de sa vie d’avant, et même si elle aime profondément Emmanuelle, il reste des traumatismes qui sont compliqués à résoudre. Ainsi, elle a toujours peur de l’abandon, et elle est toujours attirée par Sara. Ceci fait qu’elle va prendre de mauvais choix dès que que celle-ci se trouve dans les parages, ce qui fait que cela va lui poser quelques problèmes. On aimerait donc la pousser vers la confession, l’aider à prendre les bonnes décisions, voire la secouer par moment afin qu’elle fasse attention. Ensuite, j’ai trouvé qu’elle basculait trop vite dans la routine, ce qui fait que, malgré sa peur de l’abandon, elle avait tendance à se reposer sur ses lauriers, et à ne pas se poser les bonnes questions. Elle agit, mais beaucoup trop tard, et cela fait que j’ai eu du mal avec certains de ces choix. Enfin, elle est envahissante, et même si on comprend son besoin d’amour, on se rend compte qu’elle ne le dose pas assez bien. Néanmoins, cela ne nous empêche pas d’avoir beaucoup d’empathie pour elle, surtout à la fin. Elle est touchante dans sa détresse, même si j’ai détesté sa jalousie. J’en arrive au dernier point que je voulais évoquer avec vous sur le personnage d’Elodie, et c’est celui qui m’a le plus marqué. J’ai en effet beaucoup aimé la voir dans le rôle d’une maman. C’est un rôle qui va lui va vraiment bien, et où l’on sent non seulement qu’elle s’épanouie, mais aussi où elle gagne en maturité. Elle grandit grâce au fait de devenir mère, et c’est aussi ce qui fait qu’on s’attache à elle, et qu’on apprécie son personnage et son évolution tout au long de l’ouvrage, ce qui fait qu’elle devient moins égoïste, mais pense à ses enfants avant elle. J’ai aussi beaucoup aimé le lien qu’elle va créer avec Thomas, le fils d’Emmanuelle.

Moins de dix minutes plus tard, j’entends un bruit de roulettes remontant le couloir. Je le sens, je le sais… C’est ELLE ! Je saute de mon siège, ouvre en grand la porte de la chambre et vois arriver ma princesse dans une couveuse en plexiglas. Les mains sur mon visage, je n’ose y croire. Quand la sage-femme arrive à ma hauteur, je pose enfin mes yeux sur cette fragile créature. C’est un tsunami d’émotions, si violent que j’en tremble. Des larmes de joie se frayent un passage jusqu’à mes joues et achèvent leur course sur mes lèvres. Je sens un frisson se propager dans mon ventre, dans mes bras, mes mains et puis ma tête. C’est sûr, c’est de l’amour. De l’amour inconditionnel, instantanée, qui nous lie, elle et moi, d’un fil invisible pour le restant de nos jours.

Parlons à présent d’Emmanuelle, qui est donc celle qui va faire battre le cœur d’Elodie. Pendant une grande partie du roman, on s’attache à elle, on apprécie cette femme forte et courageuse qui travaille beaucoup, et qui se bat pour retrouver la garde de son fils, laissée à son père au Japon. On la trouve donc combattante, et on a envie de l’aider, de la défendre, car sa situation n’est pas juste, surtout avec l’accord signé, et on sent bien qu’elle souffre de ne pas avoir son fils avec elle, d’autant plus que ce dernier n’est pas vraiment heureux au Japon, avec son père strict, voire tyrannique. On apprécie aussi de la voir totalement amoureuse d’Elodie, prête à fonder une famille avec elle, et prête à repousser cette dernière dans ses retranchements afin de rêver de cette famille parfaite qu’elle souhaite. Cependant, le vernis craque assez vite, et on se rend compte qu’Emmanuelle n’est pas aussi parfaite qu’elle en a l’air, et qu’elle ne parvient pas à donner à ce rêve de famille unie toute sa place. D’ailleurs, les questions se posent aussi à ce moment-là : comment une mère peut-elle accepter que son fils vive aussi loin d’elle alors qu’il est un tout petit garçon ? Comment a-t-elle pu laisser son fils alors qu’il n’était qu’un bébé, etc. ? La vision qui se met en place autour d’Emmanuelle montre alors toutes ses failles, ses fêlures, et tous les problèmes qu’elle n’avait pas encore réglé, et qui vont donc resurgir dans son couple avec Elodie. D’ailleurs, ces derniers se montrent assez vite, lorsqu’on comprend qu’elle ne se confrontera pas à son père, homophobe, et lorsqu’elle n’aidera pas sa sœur lorsque celle-ci aura besoin d’aide. En vérité, on découvre assez vite qu’Emmanuelle, même amoureuse, ne pense qu’à elle, et c’est ce qui fait que j’ai eu, au cours de ma lecture, du mal avec son personnage, et qui fait que je me suis détachée de son personnage au fil de la lecture. D’ailleurs, elle est finalement assez dure, à sa manière, avec son fils, et c’est sur ce dernier que va basculer notre empathie, car lui n’a rien demandé.

Le soir, à table, Emma est furieuse et lui hurle dessus. Elle lui adresse un ultimatum : soit il se ressaisit, soit il part en pension. Je ne suis pas sûre que de hausser le ton soit la bonne chose à faire. Ne voit-elle pas que son fils souffre ? Qu’il a besoin d’une seule chose ? Thomas, vexé, rejoint sa chambre en claquant la porte.

– Tu devrais aller lui parler plutôt. Il a besoin de toi, Emma.

– Pourquoi tu dis ça ? Tu vas encore me reprocher le fait que je bosse ?

– Non, juste que tu dois trouver un meilleur équilibre. Ton cabinet, c’est pas toute ta vie.

– C’est en tout cas ce qui nous fait vivre. Tout ce que je fais, je le fais pour nous.

– Qu’est-ce que tu veux que je réponde à ça ? On ne peut jamais rien te dire.

Elle se lève à son tour et quitte la pièce. Je me retrouve seule, assise à la table des négociations. La fin des hostilités n’est pas pour ce soir.

Parlons à présent du thème de ce roman. J’avoue avoir eu beaucoup de mal à le cerner au début, et je me demandais sincèrement où voulait en arriver l’autrice, car pour moi cette histoire était très basique, avec une rencontre et une love story. On parle finalement ici, dans ce roman, d’une histoire d’amour comme il y en a des milliers, avec des enfants à la clé, et une famille recomposée qui doit se construire, d’autant plus que le fils d’Emmanuelle se trouve au Japon. Même l’homophobie du père de celle-ci n’est pas au centre de l’histoire, ce qui fait que nous sommes vraiment sur des scènes de vie, celle de tous les jours. Toutefois, en réfléchissant davantage sur le roman, on s’aperçoit qu’on parle certes de la vie de tous les jours, mais aussi de ses tracas, et de l’amour qui ne dure pas. Finalement, c’est une histoire qui nous raconte un coup de foudre, mais aussi le problème du quotidien, et de l’amour qui s’érode petit à petit si on ne prend pas soin de ce dernier. Il nous raconte certes une histoire d’amour comme il y en existe des milliers, mais aussi l’étouffement de ce dernier, et comment on peut tout perdre du jour au lendemain. Le thème du roman a donc été traité à plusieurs reprises, mais il reste intéressant à lire. C’est assez original car on voit la face cachée d’une histoire d’amour, qui ne se résume pas à la rencontre et aux premiers jours, mais bien sur du long terme, et toutes les belles rencontres peuvent s’abîmer avec le temps.

Nous étions si fusionnelles au début, Emma et moi, que j’enrage de nous voir nous éloigner l’une de l’autre. La routine rouille la folie des premières années. A se courir après, on s’essouffle. Il faut laisser le temps, à celle qu’on aime, de reprendre sa respiration. J’ai besoin de feu, de flammes, d’envie, de désir, de croire que le phœnix va rejaillir en nous et prendre son envol pour des décennies encore. En même temps, j’aime les habitudes, les choses qui viennent rythmer le couple comme une partition de musique entêtante qui se répète sans fin. Mais, sans s’en apercevoir, on danse au ralenti, on se lâche a main et on finit par danser seule dans le salon un samedi soir… Je veux que ma vie soit une fête, une célébration, que le sourire d’Emmanuelle soit mon étendard pour toujours. Nous pouvions partir en weekend sur un coup de tête, réserver une table ou des billets d’avion à la dernière minute, mais aujourd’hui on ne fait que se croiser. Chacune dans sa sa partition, chacune sur sa piste de danse.

En ce qui concerne l’écriture, cette dernière est fluide et le roman se lit assez bien. Toutefois, je dois avouer que j’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire, tout d’abord parce que le récit n’est pas chronologique, et que nous avons en fait deux parties dans ce texte, celle qui raconte la rencontre et la love story d’Elodie et d’Emmanuelle, puis la seconde partie, celle de la destruction. De ce fait, j’ai eu du mal à me repérer dans le temps, au début, et à voir où voulait en venir l’autrice. J’avoue avoir eu du mal à voir l’intérêt de ce roman au début, car on ne comprend pas pourquoi on nous raconte cette histoire. Cependant, les chapitres s’enchaînent bien, et j’ai beaucoup aimé le rebondissement de la fin, auquel je ne m’attendais pas, et qui donne tout son sens au titre.

En résumé, j’ai été assez déstabilisée par cette lecture où je ne parvenais pas à voir où voulait en venir l’autrice, et même si j’ai pris plaisir à la lire, je me suis un peu ennuyée au cours de la première partie. Toutefois, ce roman a un thème assez fort, celui de nous montrer que le quotidien piège les histoires d’amour, et c’est un thème original. J’ai apprécié de retrouver Elodie dans ce nouveau titre et de la voir évoluer, de la voir devenir mère, et de faire la rencontre d’Emmanuelle, même si son personnage nous déstabilise ensuite. C’est un roman qui se lit bien. Je vous en conseille donc la lecture.

Et vous ?

Qu’est-ce qui peut vous empêcher de voir où veut en arriver l’auteur ?

Abandonnez-vous parfois vos lectures ?

Qu’est-ce qui peut vous déstabiliser dans une lecture ?

Bon samedi à tous 🙂

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