chroniques littéraires

La fille des templiers, tome 1

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Bonjour les amis. J’espère que vous allez bien, et que cette semaine ne vous a pas trop épuisée. Pour ceux qui ont repris le chemin de l’université, je vous souhaite une bonne année, et bon courage. C’est vraiment pas simple de reprendre le rythme, n’est-ce pas ?  Vivement le retour des vacances. En attendant, on peut encore profiter du week-end pour s’amuser, se reposer, se ressourcer, et surtout pour lire. D’ailleurs, je vous ai préparé pour aujourd’hui une chronique sur un roman que je vous conseille de lire. Non seulement l’histoire est très intéressante, sympa, mais en plus on apprend plein de choses. Une lecture parfaite pour un dimanche. Le roman dont je vais vous parler est écrit par Mireille Calmel, une autrice que j’adore, comme vous le savez sans doute si vous suivez ce blog depuis un moment, et que je suis depuis plusieurs année. En fait, depuis son premier roman. Ici, il s’agit de son dernier ouvrage, qui est un premier tome. Comme tous ses autres romans, il est sorti chez les éditions XO, une de mes maisons d’éditions préférées, en mai 2018. Il s’agit d’une romance historique, basée donc sur des faits véridiques de l’histoire de France. Voici son résumé :

19 mars 1314. Jacques de Molay, le dernier grand maître de l’Ordre du Temple, est brûlé en place publique.
Il a été condamné par le roi Philippe le Bel qui reproche aux Templiers de dissimuler un fabuleux trésor.
Mais le jour du supplice, une colombe dépose un message entre les mains du souverain.
C’est la malédiction, terrible : le Roi et ses fils paieront pour ce crime !

Huit ans plus tard…

15 juillet 1322. Une jeune paysanne, Flore Dupin, est pourchassée par les soldats de Charles IV.
Quel secret détient-elle ?
Qu’a-t-elle à voir avec l’ordre du Temple ?
Un homme lui confie :
– Avant de mourir, le roi a prononcé ton nom !

Dans cette histoire, nous suivons plusieurs personnages. Il y a d’abord Flore, notre héroïne, jeune femme des champs. Elle est promise à Gabriel, alors que son cœur ne bat que pour Armand. Son destin bascule le jour où ce dernier l’empêche de rentrer chez elle aider ses parents. Les soldats du roi seraient à ses trousses. Ils viennent d’ailleurs de massacrer sa famille. Toutes les Flore Dupin du royaume subissent le même sort aux quatre coins du pays. Pourquoi ? Parce que huit ans plus tôt, alors que le grand maître des Templiers brûlait sur le bûcher, une colombe a déposé dans la main du roi une malédiction : Flore Dupin sera sa perte. Or, le roi est mort, ainsi que deux de ses fils et son petit-fils. Charles IV vient de monter sur le trône, et il est hors de question pour lui que la malédiction se répète. Quitte à tuer toutes les Flore Dupin qui se présenteront à lui. Flore va donc devoir fuir pour lui échapper. Mais le roman s’attarde aussi sur Charles, et surtout sur Jeanne, sa maîtresse. Aurait-elle un rôle à jouer dans cette malédiction ?

Je vais commencer cette chronique par vous parler de Flore, notre personnage centrale. C’est une jeune femme apparemment banale, mais peut-être pas autant que cela. En tout cas, au début de l’histoire, elle ne sait pas grand chose sur elle-même et sur l’attrait qu’elle a pour la couronne de France. Son quotidien se résume aux travaux aux champs et à son promis, Gabriel, son ami d’enfance. Lorsque son destin se met en marche et qu’elle découvre qu’on la recherche, elle ne s’y attend donc pas. C’est une sacrée surprise pour elle. Du coup, elle agit un peu bêtement par moment, ne sachant plus vraiment à qui elle doit faire confiance. Et ainsi, elle se met en danger inutilement. C’est un peu le problème avec ce type de personnage qui, sans s’en rende compte, fonce tête baissée dans des pièges. Heureusement qu’elle peut compter sur les autres pour la sauver. Cependant, malgré ce petit défaut qui m’a fait levé les yeux au ciel, je l’ai trouvé attachante, même si elle se plaint assez souvent. En fait, mine de rien, elle est assez courageuse, car elle arrive à tenir son chagrin à distance et à continuer d’avancer, alors que tout en elle pourrait craquer. Je pense que son personnage va surtout se révéler dans le tome 2. J’espère qu’elle deviendra un peu plus sûre d’elle, plus adulte aussi. Pour le moment, elle découvre tout suite le monde qui l’entoure, et son rôle dans tout ça. Or, je pense qu’elle pourra plus facilement en jouer plus tard, quand tout se sera mis en place dans son esprit, lorsque l’heure de la vengeance aurait sonné. Dans ce tome-ci, elle ne fait quasiment que subir, elle est toujours sous l’effet du contrecoup de ce qui lui arrive. Je l’attends donc plus forte dans la suite, plus combative aussi.

  • Tu ne peux plus rien, Flore. Ne te trouvant pas dans la cité, l’inquisiteur reviendra t’attendre ici. Nous devons fuir.

Elle se dégagea.

  • Je me moque de l’inquisiteur. Hors de question que je les abandonne ! Je dois… Je dois….

Elle éclata en sanglots convulsifs. Elle ne savait pas ce qu’elle devait, mais une chose était certaine : elle ne pouvait pas partir.

Elle se sentit relevée, attirée contre le tablier de cuir du remouleur. Elle y chercha l’odeur du labeur pour tromper celle de l’abîme.

  • La seule chose à faire est de survivre…, murmura-t-il dans son dos, l’œil embrassant la situation comme par réflexe.
  • Non ! Non ! se révolta-t-elle piquée de nouveau au vif. C’est un cauchemar, juste un cauchemar ! Je vais me réveiller !

Espérant y parvenir, elle s’agita, se mit à battre ce torse épais de sa colère et de sa détresse.

Je vais à présent vous parler de l’autre personnage féminin de ce roman. C’est celui de Jeanne, la maîtresse du roi Charles IV. Pour le coup, elle est très différente de Flore, car elle est plus sûre d’elle, de ce qu’elle fait. Jeanne semble beaucoup plus maîtresse de son destin. D’ailleurs, c’est elle qui met le sien en branle car elle ne peut plus supporter sa condition. Même si Jeanne se satisfait d’être la maîtresse de Charles et qu’elle ne tient pas à être reine, quelque chose dans son passé la pousse à agir et à devenir une autre, une meurtrière. Ce qui est touchant chez elle, c’est que malgré son amour pour Charles, elle ne va pas beaucoup hésité à le sacrifier. Elle peut donner par moment l’impression d’être froide, et pourtant c’est loin d’être le cas. Jeanne est aussi sensible que Flore, mais elle se sert de sa sensibilité pour avoir des projets et les mener à terme. Elle sait aussi mettre ses sentiments sur pause quand c’est nécessaire. Elle est surtout très réactive lorsque la situation l’exige. C’est un personnage assez fort, mais qui fait aussi des erreurs. Je pense aussi que c’est quelqu’un qui va encore plus se révéler par la suite. En tout cas, pour le moment, Jeanne est le personnage auquel je me suis le plus attachée, que j’ai préféré, sans doute grâce à tout ce qu’elle fait et son caractère assez affirmé.

L’envie de filer au plus vite lui fit sauter au sol un quart de toise avant de l’avoir touché.

  • Eh ! qui va là ? entendit-elle en se recevant sur ses pieds, nez à nez avec un homme aussi saisi qu’elle.

A l’odeur d’urine, elle comprit qu’elle l’avait surpris en plein soulagement.

Elle recula; le vit écarquiller plus encore les yeux, se sentit agrippée à la taille. Jeanne ne réfléchit pas. Poussée par son instinct, elle dégaina sa lame et la lui enfonça dans la poitrine.

Il eut un hoquet, s’affaissa sur lui-même avant d’avoir pu appeler à la rescousse.

Craignant autre ne survienne, Jeanne se précipita, affolée, vers la porte. Elle l’ouvrit à la volée et traversa le champ qui la séparait du bois aussi vite que ses jambes flageolantes purent la porter.

Elle sautait en selle quand résonna la cloche d’alerte.

Enfin, je vais rapidement vous parler de Charles IV. Autant le dire tout de suite, ce n’est pas vraiment un personnage sympathique. En fait, plus le roman avance et plus il se montre violent, désagréable. Et pourtant, c’est un personnage auquel je me suis tout de même attachée, certainement parce que la peur qu’il ressent face à la malédiction est palpable. Il ne veut pas mourir. De même, j’ai trouvé qu’on ressentait bien le fait qu’il n’était pas vraiment préparé à devenir roi. Il est un peu à côté de la plaque, coincé dans un rôle, une fonction qui ne lui convient pas, comme en témoignent ses échanges avec ses conseillers sur son remariage. Le fait qu’il soit fou amoureux de Jeanne, ce qui sera peut-être sa perte, lui donne aussi un côté humain. Tout ce qu’il veut, c’est vivre avec celle qu’il aime, sauf que c’est impossible. Et c’est peut-être ce qui le rend aussi désagréable par moment, en plus de la peur qu’il éprouve. Il sait qu’il ne sera pas un aussi bon roi que son père, et que son règne sera peut-être même très court. Et surtout qu’avec lui, ce sera la fin de la lignée des Capétiens. Le poids qui pèse sur ses épaules est énorme : avant de mourir, il doit avoir un héritier. Or, la seule femme qu’il aime est Jeanne. Ce que j’ai beaucoup aimé, c’est qu’on le voit peu à peu perdre pieds, tomber dans la folie. C’est bien fait car c’est progressif. On s’attache à son personnage mais plus l’histoire avance et plus on aimerait qu’il meurt, ou qu’il ne soit plus roi. Nos sentiments deviennent mitigés au fur et à mesure car on est attaché à lui, on voudrait qu’il survive, mais il est de plus en plus fou, et ne voudrait-il pas mieux qu’il meurt ? Par moment, il est presque répugnant, et pourtant aussi touchant car désespéré. C’est sans dote le personnage le plus complexe de cette histoire. Il est fort probable que nos sentiments évoluent encore avec la suite. Ce qui est intéressant, c’est qu’il est un roi trahie, et qu’il le découvre petit à petit. Il ne peut plus compter sur personne, ce qui fait aussi le jeu de la malédiction.

Charles IV repoussa un fou sur son plateau d’échec.

(…) Jouait-il contre la mort ? Il était incapable de répondre à cette question qui le tourmentait. Il ne pouvait supporter la moindre présence, manger ou dormir. Il n’aspirait qu’à tout oublier, fût-ce quelques heures, jusqu’au corps chaud de Jeanne. Le temps d’y voir plus claire, de chasser le visage disgracieux de Robert Gui venu (…) mander l’exclusivité de la traque et de l’interrogatoire de Jeanne. (…)

Sitôt le départ de l’inquisiteur, prédisant un grand malheur pour le royaume si Flore Dupin et Jeanne de Dampierre n’étaient pas arrêtées bientôt, il avait passé de longues minutes à régurgiter au-dessus d’une bassine. Il s’était redressé le teint cireux et n’avait recouvré quelques couleurs q’à force de savonner son visage et ses mains avec ce pain de lavande que Jeanne lui avait offert. Comme si cette propreté pouvait gagner jusqu’à son âme et, avec elle, entraîner le pardon.

Mais le feu du ciel était là, coulant son oblique sur son roi de marbre blanc, l’ensanglantant de son courroux, vengeur alors que la plume dégageait, impassible, son odeur entêtante de chair brûlée. Et il avait le sentiment, de minute en minute plus oppressant, qu’il ne tarderait pas, à son tour, de s’embrasser de l’intérieur.

Malgré l’épaisseur du roman qui fait tout de même presque 400 pages, je l’ai dévoré en à peine trois jours. Il se lit super bien et vite. L’écriture est fluide, les chapitres ne sont pas trop longs et s’enchaînent sans même que l’on s’en rende compte. C’est un vrai plaisir de le lire, de découvrir cette histoire, l’Histoire de France aussi, et le suspens est bien au rendez-vous. En fait, il est même assez compliqué de le lâcher tellement on est pris dans l’histoire, dans ce qui est raconté. Je suis même assez frustrée de ne pas avoir maintenant la suite sous la main, le tome 2 n’étant pas encore sorti. Je me retiens même de faire des recherches sur internet pour savoir comment est mort Charles IV et si la lignée des Capétiens est morte avec lui. Je pense que cela me spoilerait la suite. En tout cas, j’ai appris plusieurs choses avec ce roman, et je trouve ça génial. C’est un plaisir d’apprendre des choses tout en suivant une histoire, des personnages intéressants. Et la plume de Mireille Calmel est toujours aussi agréable, plaisante à lire, même si elle utilise des termes d’époque qu’on ne connaît pas. Le fait qu’elle utilise des mots cette époque et un temps au passé rendent l’histoire encore plus immersive. Son roman est très bien documenté et donne envie d’en savoir plus sur certaines choses, comme l’histoire de Sainte Colombe. J‘ai beaucoup aimé suivre ces personnages historiques. Le seul défaut, à mon avis, c’est que la romance entre Armand et Flore est presque passée sous silence. J’aurai aimé qu’elle soit n peu plus étoffée, mais ce n’est que mon avis.

En résumé, j’ai adoré ce premier tome. Ce n’est pas un coup de cœur, mais presque. C’est une super bonne lecture que je vous conseille vivement. Non seulement on apprend plein de choses sur cette époque, celle de Charles IV et des Templiers, mais en plus c’est très bien écrit, et il y a beaucoup de mystère dans cette histoire. Et les personnages sont très intéressants. Bref, c’est une lecture parfaite pour le week-end. J’ai hâte de me plonger dans le tome 2, qui devrait sortir en octobre.

Et vous ?

Lisez-vous des romans historiques ?

Qu’aimez-vous retrouver dans ces histoires ?

Quelles périodes aimez-vous retrouver ?

Bon dimanche à tous 😀

 

 

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4 réflexions au sujet de « La fille des templiers, tome 1 »

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