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Les Étincelles

Bonjour les amis. J’espère que vous allez bien et que vous semaine se déroule comme vous le souhaitez, que vous soyez en vacances ou non. Personnellement, même si je suis en congés en ce moment, merci les vacances scolaires, je n’ai pas toujours l’impression d’être en pause, car mes copies de bac blanc me prennent tous mon temps. Mais c’est bon, je les ai enfin finis, j’y suis dessus depuis la semaine dernière quand même, il ne me reste plus que mes cours à préparer pour être prête pour la rentrée. Le seul point qui me fait me souvenir que je suis en vacances, c’est la lecture, même si je lis déjà beaucoup en temps normal. Je peux ainsi dévorer des romans plus vite que si j’avais les cours. Et grâce à ce weekend,d qui je vous le rappelle était un weekend à 1 000, où l’on devait lire 1 000 pages entre le vendredi soir et le dimanche, j’ai pu écrémer ma pile-à-lire. Et il est temps de vous parler d’une des lectures que j’ai faite à cette occasion.

Aujourd’hui, je vais donc vous parler du roman Les Étincelles, qui sort justement en librairie aujourd’hui. Il s’agit du dernier roman de Julien Sandrel, dont j’avais adoré le premier livre, La Chambre des Merveilles. Cette nouvelle histoire est publiée aux éditions Calmann-Levy et je les remercie, ainsi que la plateforme NetGalley, pour m’avoir fait découvrir ce roman en avant-première. Voici son résumé :

La jeune Phoenix, 23 ans, a le goût de la provocation, des rêves bien enfouis, et une faille terrible : il y a trois ans, son père, un scientifique, s’est tué dans un accident de voiture en allant rejoindre une autre femme que sa mère. Depuis, Phoenix le déteste. À cause de lui, elle a abandonné études et passions et enchaîne les petits boulots. Mais un jour, dans un carton qui dort à la cave, elle découvre la preuve que son père se sentait en danger. Ainsi qu’un appel à l’aide énigmatique, écrit dans une langue étrangère. Et si elle s’était trompée ? Et si… la mort de son père n’avait pas été un accident ? Aidée de son jeune frère, un surdoué à l’humour bien ancré, Phoenix se lance à la recherche de la vérité. Mais que pourront-ils, tout seuls, face à un mensonge qui empoisonne le monde ?

Dans cette histoire, nous suivons la jeune Phoenix, jeune femme de caractère, qui sous la pression de sa grand-mère, décide de renouer avec son père. Ce dernier est décédé dans un accident de la route trois ans plus tôt, en Colombie. Depuis, Phoenix, tout comme sa mère ou son frère, évite de mentionner le nom de Charlie pour ne pas rouvrir de veilles blessures. Mais Phoenix se sent enfin prête pour découvrir qui était son père. Or, ce qu’elle va apprendre va aller au-delà de ce qu’elle imaginait. Et si son père n’avait pas de maîtresse en Colombie, comme tous le croit ? Et s’il allait faire autre chose là-bas ? Pourquoi a-t-il laissé à sa fille un numéro de téléphone et un message dans une langue inconnue ? Et si tout cela était lié à ses traveaux ? Et si Phoenix décidait de rouvrir la boîte de Pandore ?

Je vais commencer par vous parler du personnage de Phoenix. Outre son prénom original, c’est un personnage que j’ai tout de suite apprécié. On ne peut que tomber sous son charme. Phoenix est généreuse, et elle a surtout un excellent caractère. Elle ne se laisse pas marcher sur les pieds, et elle a beaucoup de répartie. C’est aussi une fille courageuse, qui sacrifie tous les jours sa passion pour le piano afin d’aider sa mère à joindre les deux bouts et payer ses études. Elle a aussi beaucoup de colère en elle, liée à ce qui est survenu des années plus tôt, le décès de son père. Elle lui en veut d’avoir brisé ses rêves de devenir pianiste professionnelle en l’obligeant à changer de vie, à devoir travailler pour aider sa mère et en changeant totalement de rêve professionnel, revenant à une réalité matérielle dont elle ne se souciait pas lorsqu’il était en vie. Elle lui rapproche aussi tous les non-dits et le fait qu’il ait trompé sa mère. Elle lui en veut d’être mort. Mais c’est aussi une jeune femme curieuse, qui dès quelle commence à enquêter sur son père, ne peut plus s’arrêter. Elle est passionnée par ce qu’elle fait et déteste les injustices. Ainsi, lorsqu’elle comprend pourquoi son père est mort, sa colère va changer de cible. Et il ne vaut mieux alors pas se trouver sr son chemin, car c’est bien par la vengeance que Phoenix se retrouve être manipulée, pas seulement pour son père, mais pour toutes les personnes qui ont eu à subir le même châtiment. J’ai beaucoup apprécié ses traits de caractère, ceux qui la poussent à trouver la vérité, quoiqu’il lui en coûte. le fait qu’elle cède à sa colère ne la rend que plus humaine, plus attachante aussi. Et pourtant, même avec cette colère, cette vengeance qui la gouverne, elle reste quelqu’un de généreux, qui ne veut pas forcément faire du mal, du moins pas provoquer une mort certaine.Elle montre alors beaucoup d’ingéniosité et de courage pour mener à bien son projet. Ce que j’ai aussi aimé chez elle, c’est qu’elle va jusqu’au bout et qu’elle assume ce qu’elle fait. A la fin, elle aurait très bien pu renoncer, faire preuve de lâcheté, mais c’est tout l’inverse qui e produit, même si pour cela elle renonce à sa vie. C’est un personnage fort, inspirant, qui motive et qui donne des ailes. On voudrait être comme elle. Et elle m’a bien fait rire avec ses remarques cyniques et toujours pleines de bon sens.

En ma présence, les animatrices évitent les « Vous n’allez pas réussir à dormir, Sandra, tout ce café ça vous tuera ! » et autres « Vous devriez manger moins de bonbons, vos artères se bouchent ! ». Elles savent que je déteste ce type d’information, et puis elles ont sûrement un peu peur de moi depuis que j’ai rajouté deux piercing à mon arcade sourcilière gauche. Comme j’ai bien compris leur gêne, j’accentue mon côté badass quand je viens ici, je force sur le khôl, enfile un débardeur serré sur un pantalon large, et tout ça donnerait presque des allures de Lara Croft, si seulement j’avais des seins, des flingues, et le temps de chercher des putains de trésors dans des tombes peuplés de tarés démoniaques.

Venons-en à présent a compagnon d’aventure de Phoenix, c’est-à-dire Victor. Je dois avouer au début que j’étais assez dubitative sur son personnage, qu’il ne m’inspirait pas forcément confiance. En même temps, vue la manière dont ils se rencontrent pour la première fois, qu’ils sont vraiment face à face, on ne peut que le trouver suspect, cet homme qui se met à suivre Phoenix. D’ailleurs, lors de ma lecture, je n’ai pas tout de suite fait attention que la timeline avait changé, si bien que j’ai eu l’impression qu’il manipulait la jeune fille, que c’était un sale type. Or, en vérité, Victor n’est pas vraiment un sale type. Du moins, il ne l’est pas tout le temps. J’avoue avoir eu du mal à m’attacher à lui, même s’il fait beaucoup d’effort pour se montrer sous son meilleur jour. Le fait est qu’il est totalement inconscient et imbu de lui-même, prétentieux aussi, même si cela change avec Phoenix. En fait, si je me suis finalement attachée à lui, c’est parce qu’elle permet de tirer le meilleur partie de lui. Tout vient de Phoenix, et sans elle, j’ai trouvé que Victor était un peu lâche, ce qui peut s’expliquer. En tout cas, j’ai vraiment eu le sentiment que c’était elle qui lui donnait sa force, et qu’il ne serait jamais allé au bout de cette histoire sans elle, au bout de cette enquête pour obtenir la vérité si elle n’avait pas déjà rassemblée beaucoup de preuve. Du coup, c’est elle qui brise totalement la sphère naïve dans laquelle il est enfermée depuis des années, car il faut le reconnaître, Victor se voile totalement les yeux, de manière volontaire, alors qu’il est pourtant intelligent. Elle lui donne l’occasion de devenir quelqu’un, de faire quelque chose de bien. J’ai apprécié qu’il se laisse faire, et leur duo fonctionne alors très bien, une fois qu’il se montre sous son meilleur jour.

Je m’appelle Victor, et je suis ce que l’on appelle communément n bourreau de travail. Du genre à commencer mes journées à cinq heures du matin par des réunions téléphoniques avec l’Asie, et à les finir par des appels vers les Etats-Unis ou l’Amérique latine. Le décalage horaire n’a jamais été un problème, ma vie étant entièrement dévouée à Lumière, depuis quatorze ans.

J’ai trente-six ans, et j’ai toute l’apparence du jeune cadre dynamique premier de la classe. Je suis sympa, poli, respectueux avec tout le monde. Un peu lisse, diront les mauvaises langues. Une valeur sûre, penseront les grands chefs.

Je suis au contact du Clear pratiquement tous les jours, […]. Tout ce qui se dit depuis quelque temps sur le Clear est vraiment exagéré. Quand on utilise un produit phytosanitaire, il faut prendre des précautions, se couvrir, mettre des gants, un masque. C’est une question de responsabilité individuelle. Si les gens ne respectent pas ça, est-ce qu’il faut pour autant interdire le produit ? Est-ce que l’on va interdire les boissons sucrées sous prétexte que des gens en boivent trop et deviennent obèses ? Est-ce que l’on v interdire la cigarette sous prétexte que certains ne savent pas s’arrêter et en consomment vingt par jour ? Chacun choisit son risque, en son âme et conscience. Et de toute façon, il faut bien mourir de quelque chose.

Et voilà, on en arrive au point central de l’histoire. Ce roman est classé comme un livre contemporain, comme une histoire normale, voire même une romance, mais en fait, c’est aussi un roman policer, avec tous les codes du genre. On se retrouve face à une énigme, un possible crime, avec toute une enquête à mener et des agresseurs capables du pire. L’angoisse monte même petit à petit, car on craint pour la vie de nos personnages, qui ne renoncent pas à leurs idéaux qui, par conséquent, se mettent en danger de mort. Mais ce roman n’est pas qu’un roman contemporain dans la ligne de ce que fait, par exemple, Guillaume Musso, mais c’est aussi tout un réquisitoire contre les grandes entreprises, notamment dans le domaine de l’agriculture. C’est ce que j’ai adoré dans cette histoire. Ainsi, nos héros se retrouvent confrontés à un géant français, à un grand groupe côté en bourse et proche des politiques, et ils sont alors dans la position du petit contre la toute puissance. J’ai donc beaucoup aimé cet aspect-là du roman, d’autant plus qu’il donne la chair de poule, non pas parce que c’est un roman d’horreur, mais parce qu’il décrit de manière tout à fait réaliste notre monde. On est ici en plein scandale de pesticide, avec des morts, sans que personne ne s’en émeut. Cela montre l’horreur du capitalisme, et le fait que l’écologie est plus que jamais nécessaire. Je trouve même qu’il a une résonance toute particulière avec l’actualité, puisqu’on évoque en ce moment Julien Assange et le fait qu’il ait fait fuité des données sensibles sur la guerre d’Irak et la guerre d’Afghanistan. ce roman se veut d’ailleurs un hommage aux lanceurs d’alerte, et rien que pour cela, je vous conseille de le lire, afin de comprendre le monde dans lequel ces derniers vivent, qui est le nôtre, et dans lequel, nous, nous ne faisons rien. Le duo que forment Phoenix et Victor se veut donc dans cette lignée-là, et c’est, à mon avis, tout ce qui donne la force à ce roman et lui donne aussi son originalité. En tout cas, c’est ce qui fait que j’ai adoré ce roman. En lisant ce roman, on ne peut qu’avoir une pensée pour ces gens qui se battent tous les jours pour que le glyphosate soit interdit en France, ou ces enfants en Bretagne et ailleurs, qui naissent aujourd’hui sans bras, sans mains, sans qu’aucune étude ne vienne expliquer pourquoi.

Je passe plusieurs soirées à me documenter sur Lumière. A vrai dire, je suis obsédée par ce groupe. Je découvre qu’ils ont déjà fait l’objet de plusieurs procédures pénales, il y a une vingtaine d’années. De graves accusations avaient alors été portées contre des produits de leur portefeuille de l’époque. Des produits interdits d’utilisation depuis, puisque des études ont finalement prouvé leur nocivité. Pour ces affaires passées, les morts se chiffraient pas centaines. Mais Lumière est parvenu à passer entre les mailles du filet, à démontrer devant les tribunaux qu’au moment où ils les commercialisaient, ces produits étaient autorisés par les instances réglementaires, et qu’ils en ignoraient la dangerosité.

Personne n’est jamais parvenu à démontrer que des études avaient été truquées. Personnes n’est jamais parvenu à démontrer que des experts, des journalistes ou des politiques avaient été achetés.

Personne n’a jamais été condamné.

Je me répète ces morts, pour mieux les ancrer dans la réalité. Jamais. Aucune. Condamnation.

Aussi incroyable que cela puisse paraître.

En ce qui concerne la lecture, le livre se lit très bien, si bien que je l’ai lu en une journée. Comme je l’ai mis dans mon bilan sur le weekend à 1 000, je l’ai commencé dans la matinée de dimanche, et à quinze heures de l’après-midi, je l’avais terminé. Il y a une vraie pression dans ce roman qui fait qu’on a du mal à le quitter, on veut savoir jusqu’où nos héros vont aller, ce qu’ils vont découvrir, et surtout comment cela va se finir. On passe de découvertes en découvertes, avec en plus du dégoût pour ce qu’il se passe, pour les révélations qui arrivent. On peut difficilement le lâcher. Le fait que ce soit un réquisitoire, un roman engagé, ne m’a pas du tout dérangé, je trouve même que cela donne du poids à l’ouvrage. Après, je dois aussi préciser que c’est de cette manière que je l’ai lu, mais que pour d’autres, ce roman ne paraîtra pas si engagé que cela. En tout cas, pour moi, on est ici face à un roman qui nous parle des lanceurs d’alerte en les élevant en héros, en les défendant, et c’est ce qui m’a plu. On est saisi par les personnages, par ce qu’il découvre et on ne peut pas resté indifférent. Ce roman nous touche forcément.

En résumé, je ne peux que vous conseiller de lire ce livre. Je pense même que je l’ai préféré à la Chambre des Merveilles, qui était déjà un coup de cœur. Je suis donc tombée sous le charme de cette histoire, et c’est pour moi un coup de cœur, et je voudrais remercier l’auteur d’avoir écrit un tel roman, surtout à l’heure actuelle, car je trouve qu’il a beaucoup d’actualité dans cette histoire. J’espère voir Julien Sandrel dans un prochain salon pour lui dire tout l’engouement que j’ai eu pour cette histoire, que je vais certainement acheter en papier pour l’offrir à mes proches.

Et vous ?

Aimez-vous les romans engagés ?

Qu’aimez-vous retrouver dedans ?

Ou au contraire, pourquoi n’appréciez-vous pas ce type d’histoires ?

Bon mercredi à tous 🙂

Une réflexion au sujet de « Les Étincelles »

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