chroniques littéraires

La chambre des merveilles

Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez tous bien et que votre semaine se déroule comme vous le souhaitez, que vous soyez en vacances ou que vous travaillez. Pour ma part, la reprise s’est bien passée, même si les élèves ont un peu de mal à se remettre dans le bain. Ils pensent déjà aux prochaines vacances, dans onze semaines. Ils les ont comptées.

Aujourd’hui, je reviens vers vous, sur le blog, pour une nouvelle chronique littéraire. Je vais rester dans le thème du collège avec ce roman qui parle beaucoup d’un adolescent. Et oui, aujourd’hui je vous présente l’une de mes dernières lectures, qui est en fait une relecture. Aujourd’hui, je vous parle donc du roman La Chambre des Merveilles, de Julien Sandrel, publié en mars 2018 aux éditions Calmann-Lévy. Voici son résumé :


Louis a 12 ans. Ce matin, alors qu’il veut confier à sa mère, Thelma, qu’il est amoureux pour la première fois, il voit bien qu’elle pense à autre chose, à son travail sûrement. Alors il part, fâché et déçu, avec son skate, et traverse la rue à fond. Un camion le percute de plein fouet.

Le pronostic est sombre. Dans quatre semaines, s’il n’y a pas d’amélioration, il faudra débrancher le respirateur de Louis. En rentrant de l’hôpital, désespérée, Thelma trouve un carnet sous le matelas de son fils. À l’intérieur, il a dressé la liste de toutes ses « merveilles », c’est-à-dire les expériences qu’il aimerait vivre au cours de sa vie.

Thelma prend une décision : page après page, ces merveilles, elle va les accomplir à sa place. Si Louis entend ses aventures, il verra combien la vie est belle. Peut–être que ça l’aidera à revenir. Et si dans quatre semaines Louis doit mourir, à travers elle il aura vécu la vie dont il rêvait.

Mais il n’est pas si facile de vivre les rêves d’un ado, quand on a presque quarante ans…

Dans cette histoire, nous suivons deux personnages principaux, qui sont Thelma et son fils Louis. Ce dernier est adolescent. Ils ne sont que tous les deux, le père est absent de l’équation. Thelma pense beaucoup à son travail, et même si elle aime son fils, elle dédie sa vie à sa carrière dans une grande maison de soin de beauté. Seulement, un dimanche, Louis a un accident devant les yeux de Thelma. Alors qu’elle est au téléphone avec son supérieur, il se fait renverser par un camion. L’adolescent est dans le coma, et les prévisions sont rapidement pessimistes. Thelma, qui ne peut se résoudre à ne pas se battre, trouve un carnet rempli par son fils, un carnet rempli de rêve. Pour le pousser à se battre lui aussi, à revenir près d’elle, elle va remplir tous ses rêves. La voilà donc qui se retrouve, avec sa propre mère, au Japon, en stage de foot, etc afin de provoquer une réaction chez son enfant. Et peut-être reprendre goût à la vie pour elle-aussi.

Je vais commencer cette chronique par l’histoire en général. Le thème n’est pas facile, nous parlons du possible décès d’un enfant, de l’attente insupportable des parents. Il est compliqué de rester insensible à la peine de Thelma, et je ne peux vous cacher que j’ai pleurer dans ce roman. On se met facilement à la place de Thelma, face à sa tristesse, à son envie d’abandonner, face à toutes ses questions. Cependant, je ne dirais pas que ce roman est triste. Au contraire, il est plein de vie. Thelma va tout faire pour que Louis se réveille, et il y a plein d’humour dans ce récit. On pleure, mais on rigole aussi. On ne s’ennuie pas une seule seconde, et c’est un roman plein de positive attitude. Même s’il y a des moments de doute, ils sont présents pour que les personnages rebondissent. Plusieurs scènes sont vraiment cocasses, et c’est drôle d’imaginer cette mère de quarante ans faire les rêves de son fils de douze ans. Il y a un grand décalage entre ce qu’elle se sent capable de faire, ce qui comptait faire, et ce qu’elle fait. Mais ce qui est génial, c’est que Thelma finit toujours par s’exécuter, même si elle souffre, même si cela est beaucoup pour elle. Et le fait que la grand-mère se mêle à son aventure rajoute de l’espièglerie, ce qui nous fait beaucoup sourire. Elles forment un sacré duo. ce que j’ai beaucoup aimé dans cette histoire, ce n’est pas seulement le fait que l’on passe par plusieurs sentiments, allant de la tristesse à l’amusement, mais surtout que toute cette histoire provoque une vraie prise de conscience chez Thelma. Le roman nous montre que la vie est courte, qu’il peut nous arriver n’importe quoi à n’importe quel moment, et qu’il faut profiter de chaque instant, des moments joyeux, mais aussi tristes. C’est une vraie ode à la vie, avec tout ce qui la constitue. Thelma se rend compte qu’elle est peut-être passée à côté de certaines choses, et cela a pour but de provoquer une prise de conscience chez le lecteur, qu’il se pose lui aussi des questions. Thelma regrette de ne pas avoir assez profité de son fils, de sa vie. Et elle décide de changer cela, même si le fait que son fils soit dans le coma est compliqué. Peu à peu, au cours du roman, elle redécouvre la vie, et j’ai trouvé cela intéressant, car de ce drame nous avons une issue positive pour Thelma.

Je vais donc à présent vous parler de Thelma. Le roman tourne autour d’elle, c’est elle qui raconte l’histoire, sauf pendant les interludes où c’est Louis qui parle. Au premier abord, Thelma n’est pas vraiment un femme que je pourrais qualifier de sympathique. Elle est obsédée par son travail, et même si elle adore son fils unique, elle ne lui dédie pas toute son existence. On sent qu’elle est carriériste et elle fait quelques blagues sur ces femmes qui se dédient à leurs enfants. Toutefois, ce qui lui arrive nous la fait voir sous un autre angle, bien plus sympathique. On ne peut que s’attacher à cette mère en souffrance, nous demander comment on réagirait à sa place. On se met facilement à sa place. Et je peux dire que ce qu’elle fait pour son fils est courageux. C’est une mère courageuse, prêt à donner sa vie à son enfant, ce qu’on ne ressent pas au début. Elle dévoile donc une autre image d’elle-même après l’accident, et cette image bouge beaucoup pendant le récit. Plus on avance dans l’histoire, et plus on s’attache à Thelma. Ce qui m’a marqué, c’est qu’elle découvre des choses sur son fils, sur elle-même, sur sa mère, sur la vie. Elle avait oublié son innocence d’enfant, et elle la retrouve en partie au fur et à mesure de l’aventure. Elle se découvre beaucoup au fil de l’histoire. Et elle dépasse aussi énormément ses limites. Elle fait des choses qu’elle n’aurait jamais fait auparavant. On ne peut donc que l’admirer. Elle a certes ses doutes, ses faiblesses, et elle ne réagit pas forcément bien dans toutes les situations. Cependant, elle finit toujours par se relever et se remettre à se battre. Elle se croit pessimiste, mais elle est tout l’inverse. Elle donne envie de faire de même. C’est un personnage solaire, que j’ai apprécié de suivre.

L’énergie, le magnétisme solaire de cette jeune fille contrastaient douloureusement avec mon enfermement, ma solitude. Au plus profond de moi a résonné l’écho du vide. Le rire de Dora m’a tendu un miroir, dans lequel je n’ai rien vu d’autre qu’un trou noir. J’étais absente de ma propre vie depuis bien longtemps. Bien avant l’accident de Louis.

J’ai tenté de me concentrer de nouveau sur Dora, ses plaisanteries, ses boucles blondes, son esprit pétillant. Mais je n’y suis pas parvenue. Une porte venait de s’ouvrir, il m’était impossible de contenir le flot d’images qui se déversait soudain. Je mesurais à quel point les moments de complicité avec un enfant pouvaient être précieux, à quel point je n’avais pas pris suffisamment de temps pour les partager avec Louis, à quel point j’avais été égoïste, autocentrée, accaparée par mon travail. A quel point j’avais délaissé l’essentiel.

Il y a un autre personnage que j’ai beaucoup apprécié. Alors, je tiens à vous dire que les personnages secondaires sont très soignés. Ils donnent tous envie d’être approfondis, d’avoir leurs propres histoires. J’adorerais ainsi savoir ce que deviennent Isadora, ou Charlotte. Toutefois, j’ai adoré le personnage de la grand-mère. Elle apporte l’humour dans ce roman, surtout au début où Thelma est au fond du trou. J’ai apprécié son franc parler, son côté très nature, sa manière de remettre sa fille sur les rails, de l’obliger à se battre alors que cela n’était pas gagné par avance. Je comprends pourquoi Louis est fan de sa grand-mère. Elle est vraiment aux antipodes de Thelma, et pourtant, toutes les deux, elles forment un duo génial. On a envie de les suivre, de voir les images qu’elles filment pendant leur périple. Ce que j’ai notamment aimé, c’est la manière dont elles se rapprochent au fur et à mesure. On découvre ainsi une complicité entre elles qu’elles n’avaient pas au début. Et surtout, ce drame les fait renouer ensemble, leur donnant l’occasion de faire des projets communs.

– Maman ? Qu’est-ce que tu fais ici ?

– Bonjour, ma chérie. Quel lieu hallucinant, n’est-ce pas ?

– Tu n’as pas répondu à ma question. Putain, maman, qu’est-ce que u fais ici ? Comment as-tu su que j’étais là ?

– Tu me sous-estimes, mon petit chaton chaud. J’ai mes méthodes, tu sais. Tu devrais être plus discrète quand tu exposes tes projets aux infirmières, et aussi plus créatives dans les mots de passe de tes boîtes mail. Très bon choix d’hôtel, en tout cas.

Ma mère est une geek. Une accro aux nouvelles technologies. Elle a soixante balais, mais elle est bien plus douée que moi. C’est l’une des raisons pour lesquelles Louis l’a toujours adoré. Une mamie geek, c’est la classe, me répète-t-il souvent. Moi, je trouve que c’est la poisse.

– Maman, tu n’as pas les moyens de te payer un tel hôtel ni un tel voyage, à quoi tu joues ?

– je dois dire que les douze heures de vol en classe économie, ça m’a donné un de ces torticolis… Je t’enviais, toi qui étais en business ! (…) Mais tu as raison, je n’ai pas les moyens de payer cet hôtel… heureusement que tu m’invites.

– Je te demande pardon ?

– Le gentil garçon de l’accueil a monté mes bagages dans ta chambre et m’a donné une clé. N’oublie pas que nous avons le même nom de famille. J’ai juste mentionné que j’étais un peu en retard, que ma fille chérie était déjà arrivée dans la chambre que nous partageons, j’ai tendu mon passeport et le tour était joué. J’ai dit tout ça en anglais avec mon accent de chèvre, tu aurais été fière de moi. Ne t’inquiète pas, je me ferais toute petite.

C’est ainsi que je me suis retrouvée à partager min lit King size et ma chambre de rêve avec ma mère, ses manies et ses ronflements sonores.

Ce roman se lit très bien. Si je ne l’ai pas terminé, l’année dernière, lors de ma première lecture, c’est tout simplement parce qu’il me manquait du temps pour le finir. Mais j’ai repris avec plaisir cette histoire, je me suis tout de suite immergée dedans, et j’ai apprécié de retrouver Thelma, sa mère, et leurs épreuves, car ce ont de vraies épreuves que leur a organisé Louis. Je me souvenais de certaines scènes, le roman m’a donc marqué. Et je suis heureuse de l’avoir terminé, car je pense que c’est un livre à lire, que nous ne sommes pas loin du roman feel-good, qui fait du bien, alors même que son sujet est grave. On prend vraiment plaisir à lire cette histoire, à s’amuser avec les personnages, à pleurer aussi avec eux. L’écriture est fluide, elle correspond bien aux personnages, et les chapitres se dévorent sans même qu’on prenne garde. J’ai beaucoup aimé le suspens de la fin, et l’on s’attend vraiment au pire. La conclusion est toute belle, même si la fin est dure.

En résumé, j’ai beaucoup aimé ce roman. Ce n’est pas un coup de cœur mais on n’y est pas loin. Je le recommande les yeux fermés et je pense que je vais le faire lire à mes proches, car c‘est un roman que je conseille. Si vous le pouvez, lisez-le, c’est une belle lecture que je prendrais certainement plaisir à relire un jour. Je regrette seulement de ne pas m’être fait dédicacer ce roman à Montaigu.

Et vous ?

Aimez-vous lire des histoires dans ce genre-là ?

Ou au contraire, évitez-vous la lecture de certains drames ?

Qu’aimez-vous retrouver dans ce type de récit ?

Bon mercredi à tous 🙂

2 réflexions au sujet de « La chambre des merveilles »

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