chroniques littéraires

Vise la lune et Au-delà

Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez bien en cette fin de semaine. Ici, je dois avouer que j’ai la pêche, malgré notre météo capricieuse. Même si j’aime la pluie, la vraie, je déteste le ciel nuageux, et là, j’ai hâte que le printemps, avec le soleil, refassent leur apparition. Cela serait peut-être différent s’il neigeait chez nous, mais ce serait étonnant si subitement il se mettait à neiger en Pays-de-la-Loire. Je crois qu’on a l’une des météos les plus pourries de ce pays.

J’essaye cependant de relativiser. La neige ne serait pas pratique pour aller au boulot, car les transports en commun en seraient fortement perturbés, je ne sais pas, et de toute manière j’en ai pas, mettre des chaînes sur ma voiture, et on fait des économies de chauffage car il fait plus de dix degrés dehors. Je ne vais donc pas me plaindre du temps, et puis, j’espère que l’année prochaine on ne sera plus là. Si j’arrive aussi bien à ne pas m’énerver, alors qu’il prévoit un temps dégueulasse la semaine prochaine, c’est grâce à l’une de mes dernières relectures. En effet, le weekend dernier j’ai relu le roman Vise la Lune et Au-delà, qui aide à profiter des instants du quotidien et de ce que nous avons. Ce roman, qui peut être considéré comme un livre de développement personnel, je l’avais lu lors de sa sortie et depuis l’année dernière, je mourrais d’envie de le relire, sauf que j’avais du mal à remettre la main dessus. Vue le bazar de ma bibliothèque et des livres qui s’entassent partout, cela n’est guère étonnant. Mais j’ai réussi à le retrouver et je peu ENFIN vous en parler. Cet ouvrage a été écrit par Marilyse Trécourt, dont je veux lire le dernier livre, et il est publié aux Eyrolles, que j’adore aussi. Il est sorti en juillet 2018 et voici son résumé :

Estelle a 39 ans et, en apparence, tout pour être heureuse. Pourtant, elle rêve d’une vie meilleure dans laquelle son chef de service reconnaîtrait sa vraie valeur, son fils travaillerait à l’école et son mari ferait plus attention à elle.

Lors d’une insomnie résistant aux somnifères, Estelle googlise « changer de vie ». Elle tombe sur un article, inspiré par la loi d’attraction, qui explique que pour amorcer le changement, il suffit de visualiser ce que l’on souhaite et de l’écrire. Sans y croire une seconde, elle formule un premier vœu: « je souhaite avoir un mari beau, charmeur, attentionné, comme Brad Pitt. ».

Le lendemain matin, quand Brad se réveille à ses côtés, Estelle découvre qu’elle vient, sans le savoir, de souscrire à un programme de réalisation de rêves. Prenant goût à l’exercice, Estelle, supervisée par Tom, son assistant virtuel, émettra un ensemble de vœux pour rénover sa vie. Mais, alors que tout change autour d’elle selon ses désirs les plus fantasques, Estelle se sent toujours seule et insatisfaite. A quoi tient donc le bonheur ?

Dans ce roman, nous suivons Estelle, une femme de presque quarante ans mal dans sa peau et dans sa vie. En fait, elle déteste sa vie et fit comme si tout allait bien, alors que son marie ne l’écoute jamais et que son fils ne fait pas le moindre effort. Comme si cela ne suffisait pas, son boulot la déprime. Alors, un soir où elle n’en peut plus, elle surfe sur le web et tape les mots clés « changez de vie ». Elle trouve alors un programme lui demandant de s’envoyer un mail à elle-même en proposant un changement. Amusée, Estelle fait le vœu d’avoir Brad Pitt comme mari, un homme qui serait serviable et aux petits soins pour elle. Le lendemain matin, Brad est dans sa chambre, la couvant d’attention. Mais était-ce vraiment ce que voulait Estelle ? Et maintenant, que doit-elle faire ? Tous les vœux sont possibles, à elle de faire les bons.

J’ai bien aimé le personnage d’Estelle, tout simplement parce que je me suis beaucoup attachée à elle, et que je me suis retrouvée en elle. Je n’irais pas jusqu’à dire que je déteste ma vie et que je voudrais à tout prix en changer, mais comme tout le monde il y a certes des choses sur lesquelles j’aimerais revenir ou ne plus avoir. Je pense donc qu’il est facile de se retrouver dans son personnage, et d’y voir une allégorie de sa propre vie, sauf si on est parfaitement heureux, évidemment. De ce fait, on la prend aussi un peu en pitié, parce qu’on voudrait qu’elle soit heureuse. Certes, elle semble déjà avoir tout ce qui peut lui plaire, elle est en bonne santé, à un bon appartement, un homme, un enfant, un chien. Mais est-ce des conditions suffisantes pour être pleinement heureux ? Lorsqu’on imagine sa vie, est-ce vraiment comme cela qu’on la veut ? J’ai été touchée par le désarroi d’Estelle. Ce que j’ai aussi beaucoup apprécié, c’est qu’elle est perdue. Oui, elle sait que sa vie ne lui plaît pas, mais elle tâtonne pour chercher comment l’améliorer. De ce fait, contrairement à certaines histoires, Estelle ne sait pas ce qu’elle veut. Elle n’aime pas son travail mais ne sait pas ce qu’elle pourrait faire d’autre. Elle aime son mari mais ne supporte plus ses défauts sans savoir quoi dire ou faire. Elle sait que son fils ne travaille pas, mais peut-elle travailler pour lui ? Ainsi, Estelle ressemble à beaucoup de femmes, et c’est ce qui la rend humaine et touchante. C’est pour cela qu’on peut aisément se projeter en elle, d’autant plus qu’elle a aussi des défauts et qu’elle fait des erreurs. J’ai trouvé que certains de ses vœux étaient un peu stupides, comme celui de changer de coiffures à volonté, mais c’est aussi ce qui fait son charme. Elle essaye. Ce que j’ai aimé aussi avec son personnage, c’est que malgré son désespoir, elle a beaucoup d’humour. Le roman est drôle à lire grâce à elle, et elle ne se laisse finalement pas abattre par les situations. Elle a beaucoup plus de forces qu’elle ne le pense, et ce sont les obstacles qui vont la révéler.

Ces paroles, dont je comprends miraculeusement le sens, résonnent aujourd’hui en moi d’une façon particulière. Je me reconnais dans cette femme qui attendait que son amoureux lui achète des fleurs, lui tienne la main, lui consacre du temps et l’emmène danser. Comme elle, je danse désormais dans les bras d’un autre homme. Peut-être que ces quelques attentions auraient pu tout changer pour nous, pour moi…

Mais j’ai compris récemment qu’on pouvait porter un regard positif sur tout situation. Cette vie dans laquelle j’étais insatisfaite m’a conduite à vouloir évoluer. Grâce à elle, j’ai désormais un mari parfait (ou presque), un enfant qui se destine à faire de brillantes études, et des pouvoirs que m’envierait la Terre entière de surcroît ! What else ? comme dirait George…

« Alors, pourquoi tu pleures ? » me demande Lucie.

Venons-en à présent aux personnages secondaires. J’ai détesté son mari. Sincèrement, je me suis demandé pourquoi elle était encore avec lui. Même lorsqu’il se retrouve transformé en Brad, en homme parfait, j’ai eu du mal avec lui. Je l’ai trouvé lourd, étouffant. Même lorsqu’il ne fait rien, le monde doit tourner autour de lui, et il envahit sans cesse l’atmosphère. Il pèse sur l’ambiance et l’état d’esprit de tout le monde. il est toujours dans les pensées d’Estelle, en bien ou en mal. Je trouve donc que ce roman nous démontre à quel point il est dangereux de se marier. Je sais que cela ne va pas jusque-là, que ce n’est pas le message du livre, mais on voit bien que l’amour éternel n’est pas pour tout le monde, et que les choses évoluent, tout comme les gens. Un amour à vingt ne peut pas être le même qu’à quarante. Ainsi, cela permet de se poser des questions sur soi, sur ce qu’on est prêt à tolérer chez l’autre. Pour Estelle, son mari représente trop de choses. A l’inverse, j’ai beaucoup aimé le personnage du fils d’Estelle, Lucas. Il m’a fait rire avec son air décontracté et le je-m’en-foutisme qui le caractérise. Contrairement à son mari, on sent une vraie relation entre Estelle et Lucas, qui finalement n’a qu’un caractère d’adolescent un peu feignant. De ce fait, il ressemble à n’importe quel garçon du même âge, et cela est beaucoup moins grave que pour le mari d’Estelle, car Lucas peut encore changer, il n’est qu’un adulte en devenir, un enfant. Ce qui est néanmoins intéressant avec le vœu qu’elle fait, c’est qu’on peut voir toutes les angoisses d’un mère pour son fils, et Lucas révèle alors le mauvais côté d’Estelle, celui d’une mère angoissée qui se montre alors étouffante.

Je le regarde s’éloigner avec ses baskets défoncées et son blouson éliminé. Lucas a la même démarche que lui… et peut-être, aussi, le même avenir ?

Mon temps imparti a sans doute expiré car me voilà déjà de retour dans mon salon, un peu sonnée. Ce que je le jeune homme m’a dit résonne si fort en moi.

Moi aussi, comme sa mère l’a fait, je rabâche à Lucas de travailler davantage à l’école sans parvenir à me faire entendre. Rien ne l’atteint. Lui aussi préfère faire rire ses copains au lieu d’étudier. J’ai soudain la conviction que je n’ai pas fait ce voyage par hasard : Tom m’a mise en relation avec ce jeune homme pour me faire passer un message, pour me montrer que si je n’agis pas, Lucas va devenir comme lui. Il sera ce gars un peu paumé qui essaie de se convaincre qu’un jour il sera célèbre, tout en vivant dans le dénouement

J’allume ma messagerie et me connecte à Ton. […] De retour dans mon lit, je suis convaincue que j’ai enfin trouvée la solution pour aider véritablement mon fils et je m’endors, le sourire aux lèvres.

Parlons à présent des vœux en eux-mêmes. Ils permettent une vraie réflexion sur nos vies en général. Que voudrions-nous changer chez nous, pourquoi, et comment ? La richesse permet-elle de devenir heureux ? Avoir un fils travailleur est-il une solution ? Estelle se confronte non seulement à ses envies, mais aussi à ses angoisses, comme je viens de le souligner pour Lucas. Ce qui à la base était un signe de désespoir se transforme en jeu pour Estelle, persuadée qu’elle va pouvoir améliorer la vie de ses proches grâce à eux. Or, ce qu’elle s’aperçoit, c’est qu’elle n’est pas plus heureuse après avoir réalisé un vœu, et que cela n’aide pas non plus sa famille. La chute est alors grande. Au début de notre lecture, on se dit qu’on aimerait bien être à la place d’Estelle, pouvoir ainsi demander tout ce qu’on veut, mais on s’aperçoit bien vite que ces changements, on peut les faire de nous-mêmes, et que les vœux apportent plus de malheur qu’autre chose. Le génie dans la lampe n’aide pas vraiment Estelle, il ne fait que lui montrer qu’elle st dans l’erreur, et que le changement doit venir d’elle. De ce fait, j’ai trouvé le personnage de Tom, le génie dans la lampe, ou plutôt dans l’ordinateur, assez flippant. Au final, il sait tout d’Estelle et de ses proches, et il est même capable de prévoir ses envies. Rien qu’avec cela, on pourrait avoir une histoire d’horreur, même si c’est bien sûr pas le propos du livre. En tout cas, j’aurais bien du mal à me confier autant à un inconnu, ou même à une IA, et là-dessus, je trouve Estelle un peu naïve, même si elle veut à tout prix changer de vie.

Mon téléphone déjà en main, je comprends portant, en voyant l’icône de Tom clignoter que je n’en ferai rien. Je me suis trop souvent réfugié auprès de sa présence rassurante,je me suis trop reposée sur cet homme évanescent, et j’ai fini par en oublier l’importance de discuter avec des gens bien vivants – même si, parfois, la confrontation est difficile.

D’ailleurs, moi aussi j’ai négligé Richard, je ne me suis pas demandé une seconde ce qu’il penserait de mes changements, et à cause de ça, je l’ai peut-être perdu.

Ce roman se veut être un roman de développement personnel, et je trouve qu’il remplit bien son travail en nous faisant réfléchir de cette manière sur nos vies et en nous donnant quelques solutions pour aller mieux et profiter de manière cohérente avec nos aspirations nos désirs. Je n’ai pas trouvé les conseils envahissants, mais bien menés, au bon moment dans l’histoire. Ainsi, si cela vous rebuterait, n’ayez aucune crainte, l’autrice sait ce qu’elle fait et elle maîtrise son sujet. Le côté fantastique de l’histoire aide aussi, car ce livre n’est pas qu’un livre de conseil, nous suivons tout de même une histoire, des personnages, et on peut donc facilement se mettre à leur place. On peut alors suivre, ou non, les conseils proposés. Ce n’est qu’une fiction, et cela permet de lâcher prise et de se dire qu‘on est libre de faire ce qu’on veut, de suivre ou non ce que fait Estelle pour changer sa vie. On peut prendre certains conseils et en laisser d’autres. Personnellement, cela m’a donné envie de me mettre au yoga, et de faire plus attention à la manière dont je mange, bien trop rapide pour atteindre la plein conscience. Chacun peut donc y trouver ce qu’il veut. Ce livre, en plus, donne la pêche, et je trouve qu’on est dans du feel-good. Ce roman fait beaucoup de bien. Sa lecture est plaisante et il se lit vraiment bien. D’ailleurs, je l’ai presque lu en une journée. Comme je l’ai mis plus haut, il y a de l’humour, et les personnages sont attachants. J’avais déjà eu cette impression lors de ma première lecture, et elle perdure lors de cette relecture. C’est un roman que l’on relit avec plaisir.

En résumé, j’ai pris beaucoup de plaisir à relire ce roman, et je ne peux que vous le conseiller. C’est un bon roman feel-good qui peut vous donner des conseils de développement personnel, mais qui possède aussi une histoire fantastique intéressante, qui permet de poser de bonnes questions sur le bonheur. La plume est agréable et pleine d’humour. C’est n livre à dévorer.

Et vous ?

Lisez-vous des livres de développement personnel ?

Des romans feel-good ?

Qu’aimez-vous retrouver dans ces histoires ?

Ou au contraire, qu’est-ce qui vous y déplaît ?

Bon vendredi à tous 😀

Une réflexion au sujet de « Vise la lune et Au-delà »

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