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La sublime communauté tome 1 – Les affamés

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Bonjour les amis. J’espère que vous allez tous bien, et que votre week-end se passe bien. Ici, il signifie malheureusement la fin des vacances. Mais le printemps approche, les jours rallongent, il fait bon dehors, et ça, c’est génial. Ça veut dire que l’hiver s’en va enfin, et que l’été approche. Comment ça, je vois loin ? Parfois, c’est bien aussi, de voir loin. D’ailleurs, en parlant d’été, moi ça me fait penser aux voyages. Et justement, le livre que j’ai prévu de vous présenter va vous faire voir du pays. En effet, dans ce roman, vous aller découvrir l’Inde, l’Afrique et l’Amérique du Sud, tout cela sous fond de science-fiction. Alors, vous êtes prêts pour le voyage ? Ce roman a été écrit par Emmanuelle Han. Si ce nom ne vous ait pas inconnu, c’est normal, elle a présenté l’émission des « Nouveaux Explorateurs » sur Canal+, cette émission qui proposait de voyager aux confins du monde. Le roman lui est sorti au mois d’octobre l’année dernière, aux éditions Acte Sud Junior. Il s’agit d’une histoire de science-fiction, avec je pense une pointe de dystopie. Il s’intitule Les Affamés, c’est le premier tome d’une série nommée La Sublime Communauté. Je remercie les éditions Acte Sud ainsi que la plateforme NetGaller pour m’avoir permis de lire ce premier tome. Voici son résumé :

C’est la fin de notre ère. Aux quatre coins d’une planète surpeuplée et en pleine dévastation, six mystérieuses Portes apparaissent, ouvrant des brèches vers des mondes inconnus. En quête d’une terre promise, fuyant la misère et la mort, des flux d’hommes, de femmes et d’enfants désespérés, les « Affamés », se pressent aveuglément vers ces Six Mondes, ignorant tout à leur sujet.

Quels secrets renferment ces Portes ? Quel mal ronge les Affamés ? Quelle est la nature des Six Mondes ? En ces temps de détresse où la violence et le chacun-pour-soi font rage, seuls trois enfants pourront le découvrir. Ashoka, Ekian et Tupà ne se connaissent pas, vivent à des milliers kilomètres de distance. Pourtant, leurs destins sont liés. De leur union dépendra le sort de la Sublime Communauté.
 

Dans cette histoire, nous suivons donc trois personnages, Ashoka, Ekian et Tupà, qui sont tous les trois éparpillés aux quatre coins du monde. Ashoka vit en Inde, dans le clan des Intouchables obligé par son Roi de trimbaler la Flamme des morts, nécessaire aux bûchers, partout dans sa ville. Du haut de ses sept ans, le garçon blanc détone au milieu des indiens, mais cela ne l’empêche pas de trouver tous les jours protection auprès du dieu singe, dans le centre de l’arène, où il s’entraîne à la lutte, entre deux feux funéraires. Ces derniers se multiplient avec le dysfonctionnement de la Porte de la ville, qui crache sans cesse de nouveaux cadavres à brûler. Ekian, quant à elle, revient dans son désert natal, en Afrique, afin de mener une mission donnée par son maître et seule famille. Elle doit étudier les Portes, ces mystérieuses entrées vers où tout le monde se précipite, rêvant d’une vie meilleure. Enfin, Tupà vit entre l’Argentine, le Brésil et le Paraguay. Ne sachant où trouver sa place entre sa famille d’indiens de souche, et sa couleur de peau différente de la leur, Tupà vit de trafic en tout genre. Mais voilà, tout s’apprête à changer, avec la cérémonie que lui prépare ses proches, et les rumeurs de l’ouverture d’une Porte dans cette partie du monde.
 

Nous sommes bien dans un univers de science-fiction, malgré le fait qu’on voyage beaucoup dans ce roman. En effet, le monde tel qu’on le connaît n’existe plus. L’apocalypse est arrivée dans certaines régions du monde. Tout est désolé, les villes sont pour la plupart détruite, et les gens ne font que survivent comme ils peuvent. D’ailleurs, la plupart tentent de quitter la terre, via des Portes qui se sont mystérieusement ouvertes, et qui donnent sur six mondes. Cela fait que d’immenses vagues de réfugiés se masse près de ces Portes. Le problème ? Personne ne sait rien sur ces mondes, personne n’en est revenu pour en parler. Ceci n’empêche pas les plus désespérés, les Affamés, de vouloir à tout prix traverser. Ces Affamés ressemblent à des zombies. Ce sont des êtres humains qui ont tout perdu, même leur envie de vivre. Et pourtant, ils sont prêts à tout traverser, même à tuer. Il y a là-dedans un petit côté horrifique qui m’a bien plu. Non seulement ces Affamés sont dangereux, car prêts à tuer quiconque se met sur leur chemin, mais en plus, personne ne peut expliquer l’état dans lequel ils se trouvent. C’est comme si la vie qu’ils avaient été aspirée par l’extérieur, par le Mal. Ils permettent alors de bien sentir que l’apocalypse est là, que la terre produit quelque chose qui détruit les gens. Ils amènent une certaine tension dans l’histoire, d’autant plus qu’on s’aperçoit bien vite qu’ils ne sont que de la « chair à canon », que des dégâts négligeables, et que peu d’entre eux passent les Portes vivants, s’ils y arrivent. Il y a donc un certain coté mystérieux aussi avec eux. Non seulement on ne sait pas ce qu’il leur arrive, mais on ne sait pas non plus s’ils survivent au voyage.

Les Affamés étaient très dérangeants à voir, cela ne faisait aucun doute, et plus que la peur, ils généraient quelque part au fond du cœur du dégoût, de l’effroi. D’abord, ils avaient l’air malades, non pas attaqués ou contaminés par un élément extérieur, mais plutôt entamés de l’intérieur, rongés par quelque gangrène indéfinissable. Les yeux, les joues, la mâchoire, tout semblait dégouliner, s’affaisser, se vider de l’intérieur, aspiré. Les membres étaient souvent décharnés. Leur teint, plus encore à la lumière jaunâtre du clair de lune, paraissait cadavérique. Certains semblaient n’en être qu’au début de l’affection, d’autres à un stade intermédiaire ou avancé, mais tous, hommes, femmes et même les enfants, étaient de manière évidente atteints du même trouble, ce n’était qu’une question de temps. Leurs mouvements étaient à la fois lents et tourmentés, transparents et saccadés. Lorsque l’un d’entre eux venait à le frôler, Tupà sentait l’angoisse voyager à travers tout son corps, porté par un souffle glacé. Et puis il y avait leur nombre, inconcevable, inexplicable, à lui seul, effroyable.
 

Nos trois héros, bien que dispersés à travers le monde, sont voués à se rencontrer. Ils semblent en effet être liés tous les trois, par quelque chose qui les dépassent. Ils ont ainsi une histoire semblable : ils sont tous les trois été Transplantés, soit retirés à leurs familles pour être placés dans un autre foyer. Ainsi, Ekian a atterrie dans l’Himalaya, loin de son Afrique natale, Tupà est retrouvé par  des Indiens d’Amérique du Sud, abandonné, et enfin Ashoka est placé chez les Intouchables, en Inde. Tous les trois avaient huit mois lorsque ce transfert a été fait, sans aucun souvenir de leur famille d’origine. En fait, ils ne savent pas qui les a amenés là où ils se trouvent actuellement. Et il s’avère que cela n’a pas été fait par hasard. Il y a donc tout un mystère qui auréole nos trois personnages, mystère qui s’épaissit en plus à mesure que nous avons de nouvelles informations. Mais ce que j’ai particulièrement aimé, c’est que nos trois personnages ont tous des caractères différents et bien marqués. Cela nous aide d’ailleurs à les différencier, car cela n’est au début pas simple, nous passions à chaque chapitre de l’un à l’autre. Ainsi, Tupà est le jeune rebelle, celui qui en veut à sa famille d’adoption, qui a beaucoup de mal à trouver sa place. Ashoka est le plus jeune, celui qui obéit à tout, jusqu’à ce qu’il dévoile sa véritable nature : celle d’un être généreux. Enfin, Ekian est la plus froide et pragmatique du groupe. Elle est aussi celle qui se pose des questions, qui remet tout en cause. J‘ai d’ailleurs beaucoup aimé son personnage, même si j’ai une préférence pour celui d’Ashoka, qui m’a touché. Il est aussi celui qui évolue le plus au cours du roman. C’est un personnage qu’on a envie de protéger, certainement parce que c’est le plus petit, et qu’il se retrouve rapidement dans une situation inconfortable. En ce qui concerne Tupà, je réserve encore mon jugement. J’attends de voir ce qu’il va faire par la suite.
 

– Que veux-tu ?

Ashoka n’avait pas su répondre. Aucun son ne semblait vouloir sortir de sa bouche, pourtant ouverte comme s’il allait parler. Ses yeux étaient écarquillés, son regard pétrifié. Ce n’était pas la peur qui le paralysait, mais le contact, le contact physique. Un choc électrique. Ashoka vivait auprès du Roi des Intouchables et, tout blanc qu’il était, on l’associait à cette caste. Au regard de tous, Ashoka était un Intouchable et personne, jamais, absolument jamais, ne le touchait.

Les Intouchables étaient sales ; les Intouchables sentaient mauvais ; les Intouchables étaient des êtres inférieurs, les plus inférieurs de tous. Les Intouchables n’étaient bons qu’à s’occuper des tâches répugnantes, pour que les autres n’aient pas à se souiller. Les Intouchables ne comptaient pas. On pouvait les mépriser, les ignorer, les écraser – mais pas les toucher.

Alors, touché, Ashoka était désarmé.

Et, dans le silence, il s’était mis à pleurer.

En ce qui concerne l’histoire, je l’ai trouvé très originale. J’ai apprécié ne pas avoir de réponses à mes questions tout de suite – cela donne d’ailleurs très envie de lire la suite pour avoir plus d’informations, mais ce que j’ai surtout aimé, c’est voyager avec nos trois personnages. En plusieurs chapitres, nous passons de l’Inde à l’Amérique du Sud, puis à l’Afrique, et ça j’ai beaucoup aimé, d’autant plus qu’on sent que l’autrice a vraiment vu ces paysages à couper le souffle, ou ces populations que l’on croise au cours de l’histoire, comme les Intouchables en Inde ou les Indiens en Amérique. Mine de rien, ce roman nous dévoile des coins du monde et leurs histoires. Ce que j’ai d’ailleurs particulièrement aimé, c’est qu’outre ces paysages décrits, qu’on a envie de voir, ce sont toutes les légendes qui sont incorporées au roman. Ainsi, on a droit à des paysages de livres millénaires indiens, à des légendes amérindiennes, africaine. J’ai trouvé cela très intéressant, d’autant plus que c’est parfaitement intégré à l’histoire afin de la servir. En plus, cela apporte un certain côté poétique à l’ouvrage qui n’est pas négligeable.

Dans les vieilles légendes d’autrefois, on racontait que les nuits sans lune, les étoiles était si nombreuses, si proches, si basses, que des têtes parfois s’y perdaient. On racontait encore que ceux dont les têtes avaient été englouties par la voûte étoilée ne pouvaient en faire réapparaître la forme qu’en l’enroulant d’un turban au savant drapé, auquel seul le regard échappait. On ne voyait des Étincelants que les yeux, et dans la nuit disait-on, leurs yeux brillaient.

 

L’écriture du roman est assez fluide, le texte se lit bien. Le fait de passer de l’un à l’autre des personnages en changeant de chapitres est perturbant au début, car on oublie un peu ce qu’il se passe avec les autres, cependant on s’y fait assez vite. La plume de l’autrice est agréable, le roman est assez visuel et nous donne l’impression de nous déplacer en même temps de les personnages. Il y a peu d’action mais cela n’est pas dérangeant, bien que tout s’accélère vers la fin, ce qui amène une tension supplémentaire pour nos héros. Dans l’ensemble, le roman reste assez calme, je me demande si cela va rester ainsi par la suite, ou s’il y aura des scènes plus mouvementées. Je pense que nous nous dirigeons vers ça, mais j’ai bien aimé ce côté calme, contemplatif presque, voire philosophique, de ce premier tome, qui est après tout concentré sur le voyage, à la fois physique et intérieur, de nos personnages. Je me demande donc ce qui va leur arriver par la suite, ainsi que la manière dont ils vont se rebeller contre ceux qui se jouent d’eux, et ce que cachent ces fameuses Portes. J’attends aussi de voir ce que nous réserve l’autrice, si l’histoire va tomber encore plus, ou non, dans la science-fiction.

En résumé, c’est un roman que je conseille. C’est une bonne histoire, avec des personnages intéressants, sympathiques, et touchants pour certains. J’avoue que j’attends encore de voir des réactions positives chez Tupà, mais je pense que c’est un héros qui nous étonnera avant la fin. J’attends aussi de voir l’évolution d’Ekien, que j’ai apprécié, et surtout celle d’Ashoka, que j’ai vraiment beaucoup aimé. J’ai apprécié les mystères qui entourent les personnages, mais aussi les Portes, ce monde apocalyptique. De même, les légendes locales apportent un vraie plus à ce roman, lui donnant un petit côté mystique agréable. La plume de l’autrice est sympas à lire. On passe un bon moment avec cette histoire, et j’ai donc hâte de lire la suite, de savoir ce qui va être réservé à nos héros. C’est un premier tome que j’ai apprécié de découvrir, et donc que je recommande à la lecture.

 

Et vous ?

Aimez-vous les histoires avec peu d’action ?

Avez-vous besoin que les histoires soient mouvementées, ou au contraire, qu’elles soient calmes ?

Aimez-vous les personnages rebelles ?

Trouvez-vous que cela est nécessaire en science-fiction ?

Bon dimanche à tous 😀

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