chroniques littéraires·partenariat

Ahriman

couvahriman

Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez bien. Ici, le temps est à la grisaille, et on pourrait croire que cela est démotivant ou triste. Or, ce temps me donne envie de lire des polars. Et justement, j’avais dans ma pile à lire un service presse de la part de la maison d’édition Lune Ecarlate, un roman thriller qui correspondait parfaitement à ce que j’avais envie de lire avec un tel temps. Avec la pluie, ce roman est parfait, car il va vous plonger dans un univers digne d’un bon roman pour Halloween, de quoi vous faire frissonner. Ce roman est sorti il y a peu, le 15 janvier 2017. Il a écrit par Gwenn Aël. Voici son résumé :

Alors que Toulouse sombre dans un déferlement d’intempéries inexplicables, le lieutenant Eliot Bénin est confronté à la plus sordide affaire de sa carrière. Des meurtriers aussi déterminés que sanguinaires s’inspirent des méthodes de l’Inquisition et de la mise à mort du Christ pour assassiner des hommes. Bénin ressent immédiatement le caractère hors norme de cette enquête qui le mènera, deux millénaires en arrière, au jour lointain où tout a réellement commencé : en l’an 33 après J-C…

Alors, je vais essayer pour une fois de vous faire une chronique assez courte, afin de ne pas trop vous spoiler l’histoire, qui comporte plusieurs rebondissements.

L’histoire se passe à Toulouse, de nos jours. Par une nuit très agitée, un meurtre à lieu dans une église. Le lieutenant Eliot Benin est appelé sur les lieux, et ce qu’il y voit va le marquer à vie. Car ce crime est horrible, un homme est crucifié sur la croix, celle-ci est retournée, et il paraît évident que l’homme a été torturé avant tout cela. Mais ce n’est pas les seuls éléments étranges de ce crime, car des traces de sabots sont découverts, signe que des chevaux sont entrés dans l’église, sans que personne ne remarque quoi que ce soit. Et, alors que le temps se dérègle complètement sur Toulouse, entraînant des scènes de panique dans la ville, et dans son établissement psychiatrique, d’autres meurtres rituels ont lieu. Le tueur accompagné de ses chevaux n’a pas fini de faire régner la terreur dans la ville, une terreur qui doit servir à trouver quelque chose, ou à quelqu’un.

En fait, dans ce roman, on passe facilement du fantastique à l’enquête policière, et inversement. En effet, l’auteure introduit dans le texte les passages à l’acte de l’assassin, qu’on suit ainsi dans ces crimes, dans ces doutes. Or, il n’agit pas seul, mais bien avec des êtres fantastiques, diaboliques. Les chevaux présents sur les scènes de crime sont un signe du basculement entre le roman policier et celui horrifique. D’ailleurs, toute l’histoire tourne finalement autour de l’incroyable, puisque le titre lui-même parle du fantastique. On finit par apprendre Ahriman est le nom de la sorcière qui donne sa peau pour écrire et construire le livre du Diable, ses Evangiles devant mener à l’Apocalypse. Tout est donc tourné vers cela, la lutte entre le Bien et le Mal, entre les hommes de Dieu et ceux de Satan. Ne cherchez donc pas que de la réalité dans ce polar, nous sommes vraiment à la frontière entre le roman fantastique et le polar. Et c’est aussi cela que j’ai apprécié dans ce roman, le fait que l’enquête policière est freinée, gênée, par des forces maléfiques, et que tous les indices mènent à cette acceptation, celle que les crimes sont commis par une entité différente que celle à laquelle s’attendent les policiers. Cela donne des scènes intéressantes, où le lieutenant Eliot Bénin se demande s’il doit y croire ou non, s’il doit suivre les indices ou la logique. Il doit accepter ce que les autres lui disent, et il doit convaincre les membres de son équipe de ce qu’il commence à comprendre, à deviner, qu’il ne devient pas fou. Au niveau psychologie des personnages, cela est intéressant puisque cela nous permet de voir quel personnage s’adapte ou non à cette situation étrange.

  • Et le prêtre vous aurait informé de cette pluie ?
  • Oui, il était très agité. Il voulait absolument faire passer un message malgré son état de faiblesse. Il nous a textuellement dit que le grimoire reviendrait de façon définitive dans un futur proche et qu’un jour, le ciel pleurerait des larmes de sang : une pluie impure qui annoncerait la prophétie d’Ahriman…
  • D’où tenait-il ces informations ? voulut savoir Eliot qui avait la singulière impression d’être projeté dans un film fantastique.
  • Du grimoire lui-même, répondit simplement Louis. Le père Luc a affirmé qu’Ahriman reposait sur l’autel quand il est entré dans son église. Le livre lui aurait parlé… Tout de suite après, l’ouvrage se serait enflammé…
  • C’est insensé  ! s’exclama Eliot.
  • Je suis croyant, Lieutenant. Je crois en Dieu, c’est une foi innée en moi. Par mon métier, j’ai appris à connaître le mal. Je l’ai vu, je l’ai vécu à l’état pur. Je sais que si Dieu existe, une autre force ténébreuse s’y oppose, je n’ai aucun doute là-dessus…
  • Soit, dit Eliot, je ne veux pas remettre en question vos croyances, mais cette histoire de grimoire est absolument farfelue ! Un livre magique, doté d’une vie à lui seul qui va et vient… et qui parle en plus !

Le lieutenant concevait que ce livre était la source de son enquête. Cependant, l’attrait qu’il suscitait et les propriétés magiques dont on l’affublait commençaient à lui mettre les nerfs en pelotes. Tous ces massacres au nom d’une légende…

D’ailleurs, ne ce qui concerne les personnages, j’ai beaucoup aimé suivre le lieutenant Eliot Bénin, qui s’investit à fond dans cette enquête. Certes, il est l’archétype même du policier nécessaire à ce type d’histoire, il a une famille mais à divorcer depuis longtemps, il ne voit plus sa fille, il ne pense qu’à son boulot, il n’a pas de vie à côté, il est très logique et sait suivre aussi son instinct. Il ressemble donc à beaucoup de policiers dans les polars. Néanmoins, j’ai apprécié sa réactivité dans l’enquête, ainsi que son affect qui finit par jouer un rôle important dans cette histoire. Ainsi, j’ai aimé la manière dont il s’attache à la petite Julia, sa jeune collègue qui lui rappelle sa fille, et aussi la manière dont il se sent responsable de Nahema, dont il tombe presque amoureux. Même si c’est un personnage un peu stéréotypé, il n’en reste pas moins intéressant et attachant. Il va loin dans son enquête, il est très professionnel et il comprend assez vite que cette affaire est moins simple qu’il n’y paraît. Même s’il n’est pas croyant, il est tout de même prêt à croire à ce qu’il se passe. A un moment de l’histoire, alors qu’il se met en danger, j’ai eu peur pour lui. Ceci prouve que j’ai apprécié son personnage et que je souhaitais qu’il aille jusqu’au bout, jusqu’à la fin de cette histoire. J’ai aimé sa ténacité alors qu’il était profondément blessé.

Dès qu’il mit un pied dehors, il aperçut la silhouette de sa recrue, Julia, qui terminait de ranger les mallettes des scientifiques dans le coffre de la Honda. La jeune femme affichait une mine ombrageuse qui l’interpella immédiatement. Il se dirigea dans sa direction, soucieux de savoir comment elle se portait.

  • Julia ? Tout va bien ?

Elle détourna le visage dans sa direction, planta ses iris tristes dans les siens.

  • Oui, répondit-elle d’une voix affable.
  • C’est un homicide particulièrement sanglant. Je comprendrais si…
  • Tout va bien, le coupa-t-elle en revenant sur ses mallettes.

Eliot se contenta de la regarder quelques instants, sincèrement navré de lui imposer cette enquête. Il ne connaissait rien d’elle, et pourtant, il éprouvait une sincère affection pour la jeune femme.

Comme je le disais plus haut, il y pas mal de rebondissement dans cette histoire. En effet, ce qu’on pense vrai ne l’est peut-être pas, et les certitudes qu’on peut avoir à tel moment de l’histoire peuvent être détruites des chapitres plus tard. Ceci est dû au fantastique qui s’invite dans cette histoire. Ce dernier modifie la donne habituelle des polars puisque les indices sont plus dérangeants qu’autre chose, parce que le tueur suit la logique du Mal. Enfin, ce que moi j’ai surtout apprécié, c’est qu’on découvre petit à petit que le Mal et le Bien ne sont pas aussi tranchés que cela, et que finalement le bon camps n’est peut-être pas celui qui apparaissait l’être au début. Il y a un véritable retournement de situation à la fin, et j’ai adoré le parti pris de l’auteur, celui qui annonce que Satan ne serait peut-être pas autant le Mal que ce qu’on pensait. Après, j’avoue qu’il y a des choses que j’avais deviné, notamment celui qui tire les ficelles depuis le début. Pourtant, j’ai tout de même été assez surprise du rôle de certains personnages. Je regrette juste de ne pas avoir fait le lien plus tôt avec le prologue. En tout cas, le polar joue bien son rôle ici puisqu’on a du mal à deviner ce qui se joue réellement derrière ces crimes.

J’ai aimé aussi apprendre des choses sur les sectes, notamment la manière dont elles sont considérées par la justice française. Tant que celles-ci ne posent pas de problème, elles sont tolérées. Ceci implique pleins de problèmes puisqu’elles peuvent s’installer n’importe où et qu’il est difficile d’avoir des informations dessus, des témoignages, des preuves, etc. Les policiers enquêtant dessus sont alors assez vite dépassés. Tout ceci devient essentiel dans cette histoire.

En ce qui concerne la plume de l’auteure, je l’ai trouvé assez fluide. Malgré des moments très malsains, comme ceux des meurtres ou des scènes de torture, le texte se lit assez bien, et on est vite emporté par l’action et l’histoire. Il y a vraiment une tension dans ce roman, qui n’est pas sans rappeler celle des romans de Stephen King, dans l’horreur, qui nous pousse à tourner les pages pour savoir qui va s’en sortir et qui va périr. Ici, on retrouve un peu cette idée, car l’issue de l’enquête d’Eliot Bénin va déterminer le sort de l’humanité toute entière. On veut absolument savoir qui est derrière tout ça, qui a lever la malédiction de Satan via la lecture du livre d’Ahriman. On est happé par l’histoire. Le faut que le temps sur Toulouse soit justement très mouvementé, on passe d’une chute de neige à une canicule, avec une pluie de sang, rajoute de la tension dans le roman.

Stéphane avait été crucifié à la place du Christ, négligemment arraché de sa croix et balancé quelques mètres plus loin. La croix avait été retournée et la victime, tête en bas, contemplait d’un regard vide le fond de la nerf. Son corps, entièrement nu, était recouvert d’hématome et de sang. Des clous avaient été plantés dans ses poignets et dans ses pieds afin de le maintenir sur la croix. Eliot eut la sensation vertigineuse d’être happé par la vision, de perdre pied avec la réalité.

Je vous conseille donc la lecture de ce roman. Il faut cependant avoir les nerfs bien accroché pour supporter la tension et l’horreur qui se cache derrière ces pages. Je ne pense pas qu’il plaira à tout le monde, mais si vous n’avez pas peur de frissonner, ce roman est fait pour vous. J’ai passé un bon moment en le lisant. Avec ce livre, je suis passée pas loin du coup de cœur.

Et vous ?

Vous avez lu ce roman ?

Cela vous arrive-t-il de lire des romans d’horreur ?

Quels auteurs de ce genre conseillez-vous ?

Bon mardi à tous 🙂

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4 réflexions au sujet de « Ahriman »

    1. Coucou. Oui, la couverture est sympa et elle donne envie de se plonger dans le roman. D’ailleurs, elle le résume bien je trouve car on sent la pression angoissante qu’on retrouve dans le roman dans cette couverture 🙂 Je suis contente que le résumé te plaise, que ma chronique t’ait donné envie de lire ce roman 🙂 Je suis contente de te l’avoir fait découvrir 😉

      Aimé par 1 personne

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