chroniques littéraires·littérature Asiatique

Le maître des livres

couvLe-maître-des-livres-

Bonjour tout le monde. J’espère que votre été se passe bien, que vous arrivez à vous reposer un peu, que vous soyez en vacances ou non. Ici il faut assez chaud, il y a des jours où j’ai du mal à lire tellement il fait chaud. Surtout que j’ai tendance à pas mal bouger dans Nantes, ce qui accentue l’effet de chaleur. C’est ça quand on se promène en bus ou en tram et qu’ils sont bondés. Et j’essaye au maximum de profiter de mes vacances pour avancer sur mon roman, pour le NaNoWrimo. Mais heureusement, j’arrive quand même à vous dénicher de super lectures.

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de mon dernier coup de cœur. Il s’agit d’une série de manga publiée par les éditions Komikku et dessiné par Shinohara Umiharu. Le premier tome est sortie en France en 2014. Je l’avais déjà repéré à l’époque, je l’avais vu dans ma librairie spéciale manga et j’avais trop envie de le lire. Ma situation financière de l’époque, qui est la même tous les étés, j’ai toujours l’impression d’être étudiante, m’a empêché de me le prendre. J’ai donc été super contente de me le trouver à la médiathèque, ainsi que tous les autres tomes. Il y en a huit pour le moment. Je suis donc en train de les dévorer. Voici l’histoire :

À la bibliothèque pour enfant « La rose trémière » vous êtes accueillis et conseillés par Mikoshiba, un bibliothécaire binoclard célèbre pour son caractère bien trempé. Mais contrairement à ce qu’il peut laisser paraître, c’est un professionnel de premier ordre. Aujourd’hui encore, adultes comme enfants perdus dans leur vie viennent à lui en espérant qu’il leur trouvera le livre salvateur.

On se trouve donc dans une bibliothèque au Japon, à la Rose Trémière, gérée par Mikoshiba. L’histoire commence avec Miyamoto, un jeune homme perdu dans sa vie, qui débarque un soir de décembre dans cette bibliothèque. Or, elle est spécialisée dans les livres pour enfants. Il n’y a aucun livres pour adultes. Miyamoto est sur le point de faire demi-tour, surtout qu’il vient de se faire remonter les bretelles par Mikoshiba parce qu’il est un peu éméché, lorsque que ce dernier lui passe un livre à lire. Miyamoto, un peu étonné, se souvint alors qu’enfant, il avait peu lu ces fameux livres classiques de la littérature pour enfant. Il se laisse donc tenter et part avec ce roman. Il le dévore, et devient accro à cette bibliothèque particulière, où il se familiarise avec son univers, ses employés et ses usagers.

Au fil des épisodes présentés dans les différent tomes du manga, on en apprend Miyamoto, qui a fuis sa ville natale et l’entreprise familiale pour être employé dans une autre, pour se prouver qu’il pouvait autre part que dans sa famille. On en apprend plus aussi Mikoshiba, qui a claqué la porte de l’entreprise de son père pour vivre de sa passion, partager ses lectures. Il y a aussi la manière dont la bibliothèque est crée qui est racontée, cette bibliothèque qui est privée et qui ne doit son existence que par l’argent de madame Kotegawa, une femme d’affaire fan du travail de Mikoshiba et de ses choix de livres.

En plus des histoires sur les principaux protagonistes, qui sont Miyamoto et les employés de la bibliothèque, on suit aussi les changements chez les usagers, comme l’arrivée au Japon depuis les Etats-Unis de Chris et son père, perdus dans ce nouveau pays, la découverte de la passion de Shota pour les livres, lui qui était un petit garnement, la tentative de drague de la mère de Risa, la peur d’une autre mère de perdre son enfant. La bibliothèque devient pour tous, grâce aux choix de Mikoshiba, un lieu où ils se révèlent à eux-mêmes, où ils évoluent, où ils grandissent, tout cela grâce aux livres pour enfants.

Ce que j’ai d’abord beaucoup aimé avec ce manga, c’est tout l’aspect lié à la bibliothèque. Comme vous le savez, c’est un milieu où j’espérais pouvoir travailler, et dans ce manga, on expose vraiment tout ce qui y est lié. Ainsi, il y a une série d’épisode liée au diplôme qu’il faut avoir pour travailler dans ce domaine, diplôme qui s’obtient là-bas à l’université, ou en cours par correspondance. Et oui, car il faut des diplômes pour ranger des livres, car le métier ne se résume pas qu’à cela. Certains des personnages s’en étonnent d’ailleurs. ceci prouve qu’on soit en France ou au Japon, l’ignorance sur le travail de bibliothécaire est la même. Ensuite, il y a la question de la fondation de cette bibliothèque. Comme je l’ai dit, elle est privée, elle ne dépend donc pas de la ville. Car là-bas, comme ici, ce sont les mairies qui tiennent les bibliothèques, qui décident qui y est employé ou les livres qui y sont achetés. Travailler dans le privé permet donc à Mikoshiba une plus grande liberté, que ce soit dans les horaires de la bibliothèque, le choix des livres, ou dans son travail en général. Cela lui permet d’avoir des collègues n’ayant pas forcément le fameux diplôme, mais très motivées. Personnellement, je trouve que c’est ce qu’il y a de mieux. J’adorerais avoir le poste de Mikoshiba, avec toute la liberté qu’il a et pas le poids de la hiérarchie, pas un maire qui pense qu’une bibliothèque ne sert à rien car elle ne fait pas de chiffres. Il y a aussi une série d’épisode avec le libraire, qui est persuadé que la bibliothèque nuit à son chiffre d’affaire, ce qui lui est ensuite prouver que ce n’est pas le cas, qu’au contraire, la bibliothèque s’approvisionne chez le libraire. Tous ces débats abordés dans le manga autour de la bibliothèque sont hélas les mêmes abordés chez nous. Ce sont des débats d’actualité sur l’utilité d’une bibliothèque et l’image qu’elle a chez les usagers, ceux qui la fréquentent ou non.

Le-maître-des-livres-tome-2-komikku-screen-1.jpg

Ce que j’ai aussi adoré dans ce manga, ce sont toutes les reprises d’histoires classiques qui s’y trouvent. En effet, à quasiment chaque livre conseillé par Mikoshiba, et peu importe le lecteur, on a le droit d’avoir l’histoire résumée au sien même du manga, à travers des illustrations différentes des autres dans le manga. Ceci permet de relire à travers les yeux du personnage des histoires célèbres, comme La Petite Sirène d’Andersen, Tom Sawer, Le Petit Prince, L’Ile au Trésor, etc… Il y a aussi quelques contes et romans japonais que j’ai pris plaisir à découvrir dans ce manga. C’est alors intéressant de voir à quel point toutes ces histoires sont importantes pour la construction de soi, pour la réflexion sur soi. Ne pas lire ces histoires pour enfant revient pour chaque personnage adulte à avoir des carences, que ce soit dans la manière dont ils se perçoivent ou perçoivent les autres. C’est d’ailleurs la grande idée de ce manga, tout livre peut apporter à chacun quelque chose, il suffit de se laisser guider, à la fois par le bibliothécaire qui saura vous trouver ce dont vous avez besoin, mais aussi par le livre et son histoire qui vous apportera ce qui vous manque.

maitrelivres3

Les personnages sont tous attachants, et bien travaillés par l’auteur. Ils ont tous une histoire à partager, quelque chose qui les mène à cette bibliothèque, qui permet donc d’en savoir plus sur eux. ce ne sont donc pas des personnages secondaires, ils prennent tous une place importante à un moment donné de l’histoire. Ils finissent donc tous par nous être connus, avec leurs forces et leurs faiblesses. Même Mikoshiba, qui paraît au début assez froid, finit par nous paraître sympathique. Chaque personnage a donc son moment, ce que je trouve appréciable. Ce que j’aime aussi beaucoup, c’est que ce manga sur la bibliothèque défait même dans ces personnages les clichés. Ici, pas de vieilles femmes à chignon qui crie dès qu’il y a du bruit, mais un homme de 30 ans environ qui tient cette bibliothèque avec deux jeunes femmes. Et ceci ne gêne personne. Certes, le silence est important, mais ceci n’empêche personne, même le personnel, de parler. Chacun a un parcours différent, une manière de voir la bibliothèque, et de parler des livres.

Pour rester sur les personnages, ils permettent aussi à l’auteur de montrer toute la diversité de la société japonaise. On a ainsi les immigrés américains qui viennent travailler dans le pays, les jeunes enfants qui ont la pression de la part de leur parents pour réussir à leurs vies, qui finissent par traîner dans les rues, les pressions de la famille sur les jeunes mères qui n’ont pas le droit de se tromper, les mères célibataires qui sont mal considérées par la société, le besoin pour les hommes de se réfugier dans l’alcool ou le jeu, etc. Les livres permettent alors de revenir au rêve, à l’imagination. Les personnages adultes prennent conscience à quel point ils sont passés à côté de leur enfance, les enfants à quel point ils doivent en profiter. Je pense que cette idée est valable pour tout le monde occidental.

Les dessins aussi sont très sympas. Les couvertures sont agréables et le manga se lit très bien, car tout est fluide dedans. Bon, les couvertures m’ont au début un peu dérangées, car je m’imaginais certains personnages différemment, comme Kanda, l’une des filles, que j’imaginais blonde, alors qu’elle est brune sur la couverture. Mais ce ne sont que de petits détails. Les traits des personnages sont bien faits, on prend plaisir à suivre le dessin.

Pour finir, je conclus cette chronique en disant que j’aurai aimé lire ce manga avant de m’engager dans cette année qui se finit. Peut-être que si je l’avais lu avant, je serais moins tombée de haut face à la réalité du métier, ou il aurait pu me remotiver lorsque j’ai failli tout laisser tomber. Je pense donc que pour tous ceux qui veulent travailler dans ce milieu, c’est une œuvre de base à lire. Peut-être même que tous ceux qui veulent travailler dans le milieu du livre devraient le lire pour apprendre comment on traite un livre. Enfin, tout le monde devrait le lire pour se rendre compte de ce qu’est la réalité dans une bibliothèque.

Et vous?

Vous avez déjà lu un roman ou une histoire sur votre travail?

Vous avez aimé lire ce type d’histoire?

Ou au contraire, cela vous a dégouté?

Vous avez appris des choses sur votre métier parce ce biais?

Bon été à tous 🙂

Publicités

6 réflexions au sujet de « Le maître des livres »

    1. Je suis contente de t’avoir convaincue à lire ce manga. Eh oui, les mangas sont assez chers, comme les livres hélas. En plus, le prix des mangas varient assez, il dépend du nombre de pages. Comme je l’ai dit dans l’article, j’ai eu de la chance de le trouver à la médiathèque, car sinon je n’aurais pas pu me l’acheter. Surtout que les mangas ont pour certains beaucoup de tomes, ce qui fait rapidement monter le prix. Ainsi, j’ai des séries de commencer mais pas l’argent pour les finir. C’est assez frustrant 😦
      En tout cas, cette série est vraiment bien 😉

      Aimé par 1 personne

  1. J’admets ne pas avoir lu ta chronique en entière parce que je me suis dis que ce manga avait l’air génial et que je ne voulais pas trop me spolier xD Le résumé me suffit pour me tenter énormément, et ce principe de bibliothèque pour enfants et de découverte d’histoire au sein du manga. J’avais déjà hésité à le lire mais ta chronique me confirme encore plus que je dois me lancer dedans, donc merci !

    J'aime

    1. Je comprends que tu n’ai pas tout lu, même si j’essaye d’éviter de trop spoiler, je ne parle que de certains éléments. Oui ce manga est génial, les personnages trop sympas et l’idée de base vraiment intéressante 🙂 C’est cool de savoir que ma chronique t’a convaincue 🙂 Il faut le lire ^^ Je te souhaite une future bonne lecture 😉

      Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s