chroniques littéraires

7 Secondes

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Bonjour tout le monde. Décidément, j’aime beaucoup les vacances, ça me permet de vous écrire plus d’articles que je ne le fais d’habitude, de lire plus aussi. J’espère pouvoir tenir pour vous ce rythme, en tout cas je vais essayer. Grâce à mes articles, j’ai pu valider mon objectif pour le NaNoWrimo, en plus de l’avancement de mon roman, qui a beaucoup progressé. En un mois, j’ai donc écris 30 000 mots, je suis fière de mon moi.

Sinon, la semaine dernière, je me suis lancée dans la lecture d’un roman publié il y a quelques temps chez Lumen, une maison d’édition dont je suis avec attention les nouvelles sorties, car j’aime beaucoup ce qu’ils font. Donc, j’ai profité de voir à la médiathèque ce roman dont j’avais pas mal entendu parler à sa sortie, l’année dernière. Je l’ai terminé il y a quelques jours. Il s’agit de 7 Secondes, écrit par Tom Easton. Voici son résumé :

Après un éprouvant voyage à travers un continent ravagé par la guerre civile, Mila a enfin atteint son but, les Iles. Elle espère se construire une nouvelle vie dans ce havre de paix, dont les habitants vivent tous avec une puce téléphonique à l’intérieure de la tête. Personne ne manque de rien, au point qu’on ne travaille que si on le souhaite. Mais pendant qu’on implante à la jeune fille, comme à tout à chacun, un téléphone personnel, on découvre un élément étranger à l’intérieur de son crâne… un appareil qui ressemble étrangement à une bombe!

Mila n’a plus le choix, elle doit fuir. Elle se retrouve pourchassée par tous les Agents du pays – à commencer par Adam, l’homme assigné depuis le début à sa surveillance, qui , grâce à la puce en question, peut voir par ses yeux et suivre ses moindres faits et gestes. Il ne se prive pas d’essayer de la raisonner. Mais Mila est bien décidée à exploiter son seul avantage : un décalage de sept secondes dans la retransmisson. Sept toutes petites secondes d’avance sur ses poursuivants, sept seulement, pour tenter d’échapper à l’implacable traque et de découvrir ce que fait cet objet étrange dans son cerveau. Qui l’a mis là? Et pourquoi?

Vous avez donc deviner, ce roman implique une chasse à l’homme, ainsi qu’une énigme. Il y a toujours de l’action afin que Mila échappe à ses poursuivants. Mila, c’est notre héroïne, adolescente immigrée clandestine, qui découvre qu’elle a une bombe dans la tête. Elle découvre cela lorsque, après avoir été arrêtée comme clandestine, ceux qui ont pour mission de la réexpédier chez elle lui donne un portable, qui s’insère dans le cerveau, ce qui en théorie fait d’elle une citoyenne des Iles. Ces Iles, il s’agit des îles du Royaume-Uni, car toute l’Europe est en guerre entre les différents pays qui la composent, et forme à présent le Tiers Monde, alors que les Iles sont le Premier Monde. Mila vient du Tiers Monde, et rêve du Premier Monde car dans celui-ci, tout le monde a tout ce qu’il veut, une somme est attribuée à chaque citoyen tous les mois, tout ce qui est vital, comme la nourriture, les vêtements et l’école, est gratuit c’est l’opulence, et ceux qui veulent plus peuvent s’ils le souhaitent travailler. Ce monde a donc l’air génial, sauf que chaque citoyen est en permanence surveillé via son téléphone qui filme quasiment tout le temps ce qu’il voit via la Retransmission. Bref, Mila se retrouve poursuivie à cause de sa bombe, et va passer son temps à fuir en mettant à profil le décalage de 7 secondes qui existe dans sa retransmission.

Peut-être que dans le résumé que je viens de vous faire cela se sent, mais ce roman a été pour moi une grande déception. Les romans publiés par Lumen sont en général très appréciés, voir adulés, sur les blogs et autres médias. Je m’attendais donc à une bonne, voir à une très bonne lecture, or cette dernière a été laborieuse, j’ai failli l’abandonner plusieurs fois. Ce qui m’a fait tenir, c’est l’envie que j’avais de voir où l’auteur voulait en venir et comment cette histoire pouvait se finir.

Nous sommes donc dans une dystopie. Le monde de Mila est séparé en deux, il y a ceux qui vivent bien, même très bien, qui ont la nourriture et les privilèges, et ceux qui meurent de faim et vivent en guerre. Mila cherche à vivre dans ce monde. Elle quitte tout pour partir là-bas, avec Julian, un homme plus vieux qu’elle, qui lui a été autrefois un citoyen, avant de retourner sa veste. L’histoire commence d’ailleurs avec la mort de Julian. L’histoire se découpe ensuite entre les moments dans le présent, la course de Mila, et ses souvenirs de sa traversée du continent et sa vie avant. On ne voit donc la différence entre les deux mondes que parce qu’il y a les souvenirs de Mila. Toute l’action a donc lieu dans le Premier Monde. A mon avis, c’est déjà le premier défaut du roman. Car dans toutes les autres dystopies que j’ai lues, le schéma était le même, on partait du monde qui n’allait pas vers le monde qui allait bien, sans le vouloir. Le héro était mit en difficulté, il n’avait pas le choix que d’aller dans cet autre monde différent du sien. D’ailleurs, il était contre ce monde. Que ce soit avec Katniss dans Hunger Games ou d’autres héros dans le même style, on a d’abord la présentation du monde où tout va mal, puis celle du monde où tout va bien. Et ce dernier monde ne doit apporter que du dégoût. Là j’ai eu l’impression qu’on passait à côté de l’essentiel. En effet, bien qu’il y ait des descriptions de la vie de Mila dans l’Europe en guerre, on n’a pas l’impression de vivre cela avec elle. Tout est fait, dans la manière de raconter, pour qu’on en soit détaché. Du coup, on n’a pas les sentiments de Mila, ils sont pas aussi forts que quand ils sont racontés dans le présent. De plus, toutes les étapes importantes qui font ce que devient Mila, qui la forgent, sont justes évoquées. La mort de son père n’a droit qu’à quelques lignes. L’horreur de la guerre et de la famine dans le Tiers Monde paraissent anedoctiques. Tout le parcours de Mila dans ce champs de ruines est expédié trop vite. J’ai eu l’impression que tout ce qui aurait pu être intéressant sur la vie sur le continent avait été balayé, non traité. ou alors, quand cela était fait, c’était trop succinct. Cela m’a laissé sur ma faim.

Elle descend de vélo et couche avec précaution sa monture sur le bas-côté avant de se retourner, encore essoufflée, pour admirer le paysage. Dans le temps, avant l’effondrement de l’E, ce col attirait beaucoup de monde avec son café, sa boutique de souvenirs, son parking et son belvédère. La vue porte jusqu’au montagnes de l’Oural à l’est et, à l’ouest, jusqu’à la vallée du Gul, ruban d’argent qui sinue au cœur d’une mosaïque de champs. Elle cherche des yeux leur ferme et la repère, là en contrebas, qui garde un méandre du fleuve. Au-delà, à mi-flanc de la chaîne montagneuse plus modeste qui forme l’autre versant de la vallée, elle aperçoit les ruines de Köls. Ancien centre administratif de la région, c’était autrefois une petite ville florissante, célèbre pour son acier raffiné à partir du minerai de fer dont regorgent les montagnes environnantes.

Puis il y a eu une guerre, suivie d’une autre. Chaque fois, Köls a changé de mains. Les ouvriers ont fui ou ont été enrôlés dans l’armée. On a fait sauter les mines et les raffineries pour ne pas les laisser à l’ennemi. Tout le monde disait qu’on les rouvrirait une fois le calme revenu. Mais on ne l’a pas fait. Amputée de ses infrastructures, Köls a sombré dans le délabrement, dédaignée même par les chefs de guerre.

Venons-en maintenant à parler de la vie dans le Premier Monde, donc la vie au Royaume-Uni. Là aussi, j’ai eu le sentiment que tout était traité de manière légère, qu’on n’allait pas au fond des choses, qu’on restait en surface. La vie dans les Iles est racontée de manière très sommaire, on sait juste que les citoyens peuvent se surveiller entre eux en regardant la retransmission de leurs amis, qu’ils paient tout avec leur téléphone, etc. Mais on a peu de témoignages de citoyens. Ce que je veux dire, c’est que parmi ceux qui aident Mila, qui vivent là depuis toujours, on ne sait pas vraiment comment ils vivent. On n’a pas de personnages parmi eux auxquels on peut s’attacher. On n’a pas de tranches de vie. Même Adam, qui est l’agent qui est cessé gérer le cas de Mila, est pas assez traité. On ne sait pas qui il est, juste qu’il a des cas de conscience. Même Holly, qui vient en aide à Mila, paraît vide. Ce sont des personnages qui auraient mérités d’être traités plus en profondeurs. Et eux ne sont que les « gentils », donc que dire de Rebecca, qui ne pense qu’à tuer Mila? En vérité, tous les autres personnages sont embrigadés dans la course de Mila, et comme elles, ne passent que leur temps à courir. Ils n’ont pas le temps de souffler et de se dévoiler plus en détail.

La jeune fille s’appelait Holly. Elle étudiait le Tiers Monde à l’université. Elle aimait les chats et la musique forte et dissonante. Elle aimait aussi bavarder.

Si on n’a pas vraiment de description de cet univers et de ses habitants, que reste-t-il donc à ce roman? La fuite de Mila. C’est ce qui fait presque tout le roman. On a donc de l’action en permanence. Ceci aurait pu être intéressant, si cela ne rendait pas le roman prévisible. En effet, on peut presque prévoir ce qui va se passer. On a la fuite de Mila, elle est retrouvée, elle combat ceux qui la poursuivent, elle gagne, et le reprend sa fuite. C’est expliqué de manière schématique, mais le roman est construit de cette façon. Si Mila ne court pas, c’est qu’elle combat. Du coup, on sait par avance qu’elle va être rattrapée à un moment donné et qu’elle va forcément s’en sortir. Du coup, on finit par se lasser de cette fuite, et ceci rend le roman lent et ennuyeux. C’est vraiment dommage parce que ce qui aurait pu apporter un plus à ce récit finit par lui nuire en profondeur.

J’en reviens à ce qui aurait du être important aussi dans ce roman, c’est-à-dire l’enquête menée par Mila au sujet de sa bombe dans la tête. Or, à part quelques suggestions tout au long du roman, l’enquête est pliée en deux pages environ, lorsqu’un des personnages passe aux aveux. On avait bien un indice à un moment donné, mais finalement il ne mène qu’à cette révélation, où Mila s’en sort encore. J’ai trouvé que même cet aspect, qui aurait pu nous faire penser à un policier, est sous-développé.

En fait, ce que je garde de cette lecture, c’est une impression de frustration. J’ai trouvé que tout l’aspect dystopie était survolée, tout comme le scénario de l’histoire. Les personnages ne sont guère attachant, même Mila n’a pas réussi à me convaincre. Tout ce qu’elle veut c’est rester dans les Iles, alors que c’est la source de son malheur et qu’ils essayent de la tuer. En vérité, elle n’a aucune envie de changer la situation du Tiers Monde, contrairement aux autres héros de dystopie, qui finissent par détruire le monde dans lequel ils vivent. J’ai eu l’impression qu’on passait complètement à côté du genre, et donc de l’histoire. Pourtant, le récit se lit plutôt bien, c’est assez bien écrit, mais  au bout d’un moment on veut juste passer à autre chose, à moins d’action et à une histoire plus travaillée. Il y avait matière à faire un récit convaincant, mais tout va trop vite et est trop survolé. J’espérais beaucoup moins de la part de ce roman.

Et vous?

Quelle a été votre dernière déception livresque?

Cela vous arrive-t-il d’abandonner un livre?

Ou au contraire de poursuivre à tout prix votre lecture?

Pourquoi?

Bonnes vacances à tous 🙂

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4 réflexions au sujet de « 7 Secondes »

    1. Oui, je suis déçue de ne pas avoir accroché. Enfin, c’est pas grave, je lirais avec plaisir les autres romans de Lumen 😉 ils ont un super catalogue, je devrais trouver mon bonheur 😉 si tu trouves ce roman, lis-le quand même pour te faire ton opinion, on sait jamais, il peut te plaire 😉
      Merci de ton commentaire 🙂

      J'aime

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