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Les Royaumes Immobiles, tome 1 : La Princesse sans visage

Bonjour les amis. J’espère que vous allez tous bien et que le début de semaine c’est déroulé comme vous le souhaitez. Pour ma part, je ne suis jamais très fan de cette période entre août et septembre, tout simplement parce que j’attends encore de savoir où le rectorat va m’envoyer. Je ne suis pas quelqu’un de patient, et je déteste attendre de cette manière, même si ça fait partie des règles du jeu. Mais j’ai hâte d’obtenir mon poste pour la rentrée, et pouvoir me projeter dans celle-ci. L’attente, c’est long.

En parlant d’attente, j’ai un personnage ici qui sait ce que c’est. Aujourd’hui, j’ai en effet prévu de vous parler du roman de fantasy Les Royaumes Immobiles, dont j’ai lu le tome 1 la semaine dernière. Ce roman nous propose de découvrir le royaume des Feys. Le premier tome s’intitule La Princesse sans visage, et est écrit par Ariel Holzl, dont j’avais déjà lu et chroniqué le roman Peine-Ombre, que vous pouvez retrouver sur le blog. Ce premier tome est sorti aux éditions Slalom, et je les remercie de me l’avoir envoyé en service presse numérique. Il est paru en juin pour la version numérique. Voici son résumé :

Une plongée fantastique au royaume des feys

Dans les Royaumes Immobiles, l’existence est contrôlée par quatre monarques. Sans eux, la réalité serait réduite à un flot d’énergie magique et chaotique. Or le trône d’Automne, vacant depuis trop longtemps, menace cet équilibre : il faut lancer un nouveau sacre. Sept jeunes femmes peuvent y prétendre. La compétition sera sans pitié. Ivy est candidate malgré elle. À 18 ans elle a passé toute son existence cachée derrière les murs de son manoir et les parois de son masque.

Elle est une « Belle-à-mourir » : quiconque voit son visage est pris de folie meurtrière ou suicidaire. Propulsée dans le monde des Sidhes, la noblesse des feys, au cœur de manigances qui la dépassent, elle va devoir puiser dans ses ressources pour survivre. Un chemin qui la mènera bien plus loin qu’elle ne l’aurait imaginé…

Dans ce roman, nous suivons donc une jeune fille, Ivalie, surnommée Ivy, qui vit seule depuis des années. Elle porte un masque, et personne ne peut la voir sans, sinon il tombe dans une folie meurtrière. Or, Ivalie est sortie de son exil forcé par les feys, qui réclament qu’elle prenne la place de son père, le roi de l’Automne. Du moins, c’est ce que comprend Ivalie, avant d’apprendre qu’elle va devoir affronter six autres filles pendant des épreuves mortelles, si elle souhaite regagner son trône. Dans ce jeu mis en place par les reines les plus dangereuses, tous les coups sont permis, et Ivalie va devoir faire preuve d’ingéniosité si elle veut survivre, et gagner.

Je vais commencer par vous parler d’Ivalie, puisqu’il s’agit du personnage central de ce récit. J’avoue qu’au début, j’ai du du mal avec elle, tout simplement parce qu’elle ne connaît pas grand chose à la vie. Ivalie a été abandonnée par son père, au début de la guerre qui l’opposait aux autres reines, avec quelques servantes. Ces dernières sont toutes mortes ou disparues avant son adolescence, et Ivy a grandi seule, sans quitter son domaine. Sa seule occupation était la bibliothèque familiale, où elle n’a pas vraiment pu développer ses compétences magiques. L’éducation d’Ivalie est donc totalement à faire, et n’ayant pas côtoyé d’autres personnes pendant très longtemps, elle est assez naïve. Cela m’a un peu déroutée au début de ma lecture, car on devine assez vite les dangers auxquels Ivalie va devoir faire face, et on a l’impression que c’est l’inverse pour elle. En fait, elle tombe facilement dans certains pièges. Néanmoins, elle montre aussi, au fur de l’évolution de l’histoire, qu’elle est capable d’apprendre de ses erreurs, et d’écouter les conseils qui lui sont donnés. Elle va ainsi se montrer aussi retorses que les reines lorsque la fin approche, et lorsque sa vie ne tient plus qu’à un fil. Certes, certaines choses étaient prévisibles, et elle ne s’en rend pas compte, mais elle fait des progrès pendant le roman. Je l’ai cependant trouvée attachante dans le fait qu’elle veut absolument aider les autres, notamment les plus faibles. Comme Ivalie a grandie seule, elle a du mal à comprendre comment le monde des feys fonctionne, notamment avec leurs idées de castres inférieures et supérieures. Rapidement, on se rend compte qu’elle aimerait bien changer ce système, et qu’elle va être aidée dans ce projet. Je pense d’ailleurs que cela aurait des répercussions sur la suite du roman. En tout, Ivalie montre qu’elle a un grand cœur, et qu’elle déteste l’injustice, et c’est ce qui m’a fait apprécier son personnage au cours de ma lecture. Elle se montre aussi courageuse et déterminée au fil des épreuves, et c’est assez intéressant la manière dont elle les passe, à sa façon. Dans son monde, Ivalie montre donc qu’elle est un personnage unique en son genre, et cela provoque quelques remous.

– Les Sidhes ressemblent davantage aux Rêveurs, tandis que les Boglings sont plus proches des animaux. Voilà pourquoi nous devons vous servir, lui explique Vesper, un jour où elle lui pose la question sur le sujet.

– Tu en parles comme d’une évidence ! s’exclame Ivy, horrifiée par sa résignation.

– C’est la loi des royaumes. Nous sommes nés inférieurs. Nous devons obéir aux Sidhes.

Ivalie en reste bouche-bée.

Nourrice pensait aussi de cette façon, parce qu’elle parlait de la pureté de mon lignage comparé au sien.

Au cours du voyage, Ivy fait de nouvelles tentatives pour prouver à Vesper que les Sidhes et les Bogling ne sont pas si différents, à une griffe ou une corne près. Mais elle se heurte chaque fois aux regards exaspérés de sa domestique. Des millénaires de servitudes ne se laissent pas balayer par quelques platitudes.

Parlons à présent des personnages secondaires. Ils sont assez nombreux, parce que nous avons à la fois les trois grandes reines à l’origine du Sacre, qu’on ne va pas arrêter de voir pendant tout le roman, Oona, Mab et Titania, et aussi les six autres prétendantes au Sacre, plus les serviteurs et les membres de la famille de chacun. Je me suis un peu perdue dans tous ces personnages, et j’avoue que j’ai lu le livre sans retenir les noms des autres candidates et sans retenir leurs caractères ou dons. Bien entendue, certaines sont plus présentes que d’autres, ce qui aide un peu, mais dans l’ensemble, je suis un peu incapable de dire qui est qui. Par contre, les reines m’ont davantage marquée. En effet, dès le début, elles se montrent assez retorses, et ne sont pas du tout ravies qu’Ivalie soit présentes. On sent alors tout le danger qu’elles recèlent, et la menace qu’elles représentent pour la jeune fille. On devine alors qu’elles ne vont pas jouer franc-jeu avec elle, et qu’elles feront tout pour la détruire. J’avoue que je n’ai pas franchement apprécié leurs personnages, parce qu’on sent qu’elles sont toutes plus cruelles les unes que les autres, et qu’elles sont des adversaires redoutables. Elles manipulent tout le monde à leur guise, et ne sont certainement pas prêtes à remettre en question leur pouvoir, et c’est sans doute ce qui va les perdre. Certains points avec elles sont alors aussi prévisibles, tout comme ce qui va se passer avec le Gentilhomme. Heureusement, Ivalie va aussi rencontrer d’autres personnages plus sympathiques, comme Tybalt ou le changeling. Dans les personnages secondaires, ce sont les deux personnages que j’ai préféré. J’ai toutefois hâte d’en savoir davantage sur le Roi Gris, le père d’Ivalie, parce que les informations données sur lui le sont au compte gouttes, et que cela manque un peu, surtout pour le personnage d’Ivalie ou des reines.

Ivy se retourne brusquement. Derrière elle, elle ne trouve qu’un mur. Le couloir par lequel elle est entrée a disparu, comme s’il n’avait jamais existé.

– Vous me faites l’effet d’une poule face à un dentier, continue Oona étouffant un bâillement. Prenez place avant que nous ne vous fassions rôtir !

Ivy hoche la tête, hébétée. Elle rejoint à petits pas la ligne de demoiselles.

Suis-je victime d’une illusion ? Ou bien… Mais oui ! On a dû m’enchanter !

(…) Je ne me rappelle rien de plus que mon trajet dans le couloir inexistant. Mais un long moment a forcément passé, puisque les convives ont disparu. Qu’est-ce que la reine m’a obligée à faire, pendant tout ce temps que j’ai perdu ? Tourner en rond dans un coin ? Fixer un mur ? Ou pire ?

J’en arrive à présent au monde qui nous est proposé. Comme vous l’avez remarqué, il est très inspiré des histoires de Shakespeare, notamment avec la présence de Titania, d’Obéron et de Mab, mais aussi avec la cour des Feys. C’est d’ailleurs pour cela que les personnages des reines sont aussi cruelles, parce qu’elles suivent l’idée originale, qui est qu’on ne peut pas faire confiance à des feys, sauf si on lie un pacte avec elles. Encore faut-il que ce pacte soit clair, avec tous les cas de figures possibles. Ivalie va d’ailleurs faire les frais de cette règle, la seule qui compte. Néanmoins, j’ai dans l’ensemble apprécié ma lecture de cet univers, même si, une fois encore, je n’ai pas vraiment retenu tous les termes et toutes les espèces qui nous sont présentées ici. Elles sont en effet très nombreuses, et différentes selon les quatre régions du monde. Je me suis donc concentrée sur les principales, même si on a un glossaire à la fin. Mais ce que j’ai préféré, ce qui m’a vraiment séduite dans cet univers, c’est cette tension entre les reines et leurs peuples, et entre les espèces jugées supérieures et celles inférieures, entre les puissants et les serviteurs. Pour moi, c’est vraiment ce qui motive cet univers et le rend intéressant, parce que le reste reste justement que de la description, du folklore et que les ajouts de l’auteur, ce qui donne sa réappropriation, rendent justement cet univers vivant. On a alors aussi une idée du combat qui pourrait advenir dans les prochains tomes. L’univers proposé ici est donc assez riche. J’ai aussi apprécié que l’auteur inclus notre monde dans son univers, et cela risque aussi d’être intéressant dans le tome suivant. L’histoire du Sacre est ensuite un peu répétitive, avec quatre épreuves différentes qui s’enchaînent, et qui sont bien différentes, mais qui restent un peu sur le même modèle, avec Ivalie qui affronte ses camarades.

– … son surnom est la reine des Lambeaux, complète Flora. Elle exige un tribut de chacun de ses sujets. Un tribut de chair.

Ivalie frémit.

La reine des Lambeaux ! C’est ainsi que Séline l’avait appelée, lors de notre horrible thé. Quand je reprendre à cela, et aux pauvres pégases privés de leurs ailes, là-dehors…

Dahlia baisses les yeux sur ses genoux.

– Oona possède des milliers de greffons dans sa collection.

– Qu’en fait-elle donc ? questionne Ivy, prise d’une curiosité morbide.

– A votre avis ? claque Flora. Elle s’en sert pour maintenir son emprise sur nous ! Elle trouve cela plus pratique que des otages.

– Parfois, elle les exhibe, ajoute sa sœur. Je me souviens encore de l’une de ses toilettes d’anniversaire, une robe faite de jambes et de bras….

En ce qui concerne l’écriture de ce roman, j’avoue ne pas l’avoir trouvé fluide, et avoir justement eu du mal dans cette dernière à cause de tous les personnages et toutes les espèces qui sont citées. J’ai eu du mal à me repérer aussi bien dans les personnages que dans les lieux. Le début m’a aussi paru assez long, et je n’ai vraiment apprécié ma lecture qu’au milieu du roman, lorsque Ivalie devient un personnage intéressant et prend davantage d’initiatives. C’est à partir de ce moment que j’ai aussi trouvé Ivalie attachante, et que ma lecture m’a semblée moins laborieuse. Néanmoins, il faut reconnaître que les descriptions sont vraiment bien menées et immersives, et qu’on a vraiment l’impression de nous trouver dans les lieux que visitent l’héroïne. C’est ainsi très plaisant de découvrir tous ces endroits, et j’ai beaucoup aimé être plongée dans l’histoire de cette manière. Le lien avec notre monde réel est aussi très plaisant. J’ai beaucoup aimé la manière dont ceci est amené. Enfin, les descriptions des sentiments des différents personnages est également agréable et sonne véridiques. En ce qui concerne le rythme, certains éléments sont répétitifs et d’autres sont hautement prévisibles, mais le rythme reste bien dosé, avec de l’action et des révélations qui s’enchaînent plutôt bien.

En résumé, je suis un peu mitigée sur cette lecture. J’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire, à comprendre l’univers proposé, et à trouver de l’intérêt à l’héroïne. Je n’ai apprécié l’histoire que vers son milieu. Ivalie met donc du temps à devenir attachante, mais elle finit par l’être. L’univers utilisé est très riche, avec beaucoup de personnages secondaires, qui ne sont pas très attachants eux non plus. Je me suis un peu perdue dans la longue liste de ceux que croisent Ivalie. Le monde est aussi rempli d’espèces différentes. Mais les descriptions sont claires et bien écrites. Le roman n’est pas toujours fluide, mais l’écriture est bien rythmée. J’en conseille sa lecture et je lirais le tome 2 pour voir comment l’histoire évolue. Il y a beaucoup de potentiel dans celle-ci, et le tome 1 sert d’introduction.

Et vous ?

Lorsque vous êtes mitigés sur une lecture, lisez-vous la suite ?

Qu’est-ce qui peut vous poussez à abandonner une saga ?

Avez-vous des sagas que vous avez abandonnées ?

Bon mercredi à tous 🙂

2 réflexions au sujet de « Les Royaumes Immobiles, tome 1 : La Princesse sans visage »

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