chroniques littéraires

La Légende des Quatre, tome 3 : Le clan des serpents

Bonjour les amis. J’espère que vous allez tous bien et que vous avez passé une excellente semaine. Pour ma part, les choses bougent un peu pour l’année prochaine, j’ai passé un entretien qui s’est avéré positif, et j’attends donc la réponse. C’est juste un peu loin de chez moi, et les élèves seront très différents de ceux que j’avais, mais ce n’est pas plus mal. En tout cas, cela s’annonce bien. Je croise les doigts.

Mais aujourd’hui, je reviens vers vous pour vous parler lectures. En effet, je n’ai pas encore chroniqué les romans lus la semaine dernière dans le cadre du Challenge le Weekend à 1 000, et il est donc temps de réparer cela. Aujourd’hui, je vous propose donc de découvrir mon avis sur le roman jeunesse fantastique Le Clan des Serpents. Il s’agit du tome 3 de la série La Légende des Quatre. J’ai déjà chroniqué les deux tomes précédents sur le blog, lus à leur sorties. Je n’avais toutefois pas encore eu l’occasion de terminer cette série, et c’est donc ce que j’essaye de faire aujourd’hui. Vous pouvez donc retrouver mes chroniques des tomes précédents sur le blog, ici et ici. Cette série est écrite par Cassandra O’Donnell, et publiée aux éditions Flammarion jeunesse. Le roman est sorti en novembre 2019, et voici son résumé :

Les Yokaïs se regroupent pour lutter contre les humains, dans une guerre féroce et sanglante.
Alors que le combat approche, Maya se révolte en pensant aux innocents qui vont mourir.
La menace humaine est réelle, mais si elle venait également d’ailleurs ?

Nus retrouvons ici nos Yokaïs qui s’apprêtent à partir en guerre contre les humains. Pour l’une des premières fois de leur existence, les quatre clans vont s’unir afin d’exterminer les humains, pour ce qu’ils ont oser faire dans les tomes précédents. Mais tout le monde n’est pas d’accord avec cette union, et tout le monde n’est pas d’accord avec l’idée d’exterminer tous les humains, dont les enfants qui n’ont rien fait. Maya cherche donc à faire changer d’avis Wan, qui l’écoute de plus en plus. Mais, devant le manque d’union des clans, d’autres problèmes vont survenir, des problèmes non prévus, et le rôle de Maya va grandir.

Je vais commencer cette chronique par vous parler du personnage de Wan. Ce nouveau titre lui est davantage consacré, puisqu’on plonge dans le clan des serpaïs, dont il est le roi. Wan est le personnage sur lequel je m’étais étendue dans la chronique précédente, mais on voit ici une certaine évolution entre les deux tomes. En effet, dans la chronique précédente, j’avais souligné le côté stratège du serpent, ainsi que son envie de tuer. Tout ceci existe encore dans ce nouveau tome, mais c’est aussi contrebalancé par un nouveau sentiment, celui de son attachement à Maya. En effet, au contact de la jeune fille, Wan ne se comporte pas de la même manière, il agit différemment, et atténue son côté sanguinaire. Mais on découvre, au cours du roman, qu’il n’agit pas seulement de cette manière avec elle. Ainsi, Wan, que l’on croyait sans cœur et sans amis, sans famille, nous montre qu’il est aussi capable de créer des liens avec les autres. J’ai bien aimé découvrir son quotidien, et me plonger dans le clan des serpents, voir comment ce dernier fonctionne, et la manière dont Wan le gère, ainsi que la menace qui pèse constamment sur ses épaules. On a alors un peu de pitié pour Wan, qui n’a pas le droit de se relâcher, de baisser sa garde, sous peine de mourir. On comprends alors mieux son caractère sanguinaire, et son envie d’en découdre avec les autres. Cela est dû à sa nature de serpent, mais aussi à son rôle, qui doit en permanence assurer sa survie et son autorité au sein de son clan. Mais tout ceci est contrebalancé par les faiblesses qu’on découvre petit à petit, et qui font qu’on s’attache à Wan. Il n’a pas une vie facile, et il essaye de changer, sans trop changer pour ne pas devenir une cible, mais en prenant en compte les avis des autres. J’ai vraiment apprécié ce changement que l’on peut voir apparaître dès le premier tome, et qui ici se trouve à son apogée. Wan devient donc un personnage très intéressant, qu’on a envie de suivre et de protéger. J’ai beaucoup aimé ses échanges avec Maya, et la manière dont il essaye de lui cacher ses sentiments, et aussi de ne les avouer à lui-même, alors qu’ils sautent aux yeux. Leurs conversations sont pleines d’humour, de respect, mais aussi d’une envie de protéger l’autre à tout prix.

– Tu as raison, je ne VEUX pas te tuer. Mais l’important n’est pas ce que je veux faire ou non, Maya, l’important c’est ce qu’il me faudrait faire… Je n’ai pas le choix… Un jour, bientôt, quand cette guerre contre les humains sera terminée et que nous redeviendrons ennemis toi et moi, alors…

Maya posa un doigt en travers de ses lèvres.

– Tais-toi.

– Pourquoi ?

– Parce que je me fiche de savoir ce qu’il se passera ou non, demain. Pour le moment, on est amis, non ?

Wan lui lança un regard incrédule.

– Tu es sérieuse ?

– Ah oui, c’est vrai, j’oubliais : toi, tu n’as pas d’amis, remarqua-t-elle d’un ton sarcastique.

– Non, mais si j’en avais, ce ne serait certainement pas une petite louve au cœur tendre incapable de voir plus loin que le bout de son nez !

Maya le regarda d’un air furieux.

– Tu sais, il y a vraiment des fois où je te déteste !

Wan sourit.

– Oui, je sais, je fais souvent cet effet-là…

Parlons maintenant des autres personnages secondaires. Le prochain tome étant consacré à Nel, je vais rapidement parler de cette dernière. C’était un personnage que j’aimais déjà beaucoup dans les tomes précédents, une petite fille que l’on pense fragile et que l’on découvre assez courageuse, et intelligente. On savait déjà qu’elle avait des problèmes avec sa mère, mais dans ce nouveau tome, ces derniers paraissent beaucoup plus clairs et plus terribles. Sa mère haï Nel, et serait même prête à lui faire du mal si jamais sa fille se met en travers de son chemin. Les scènes qui voient Nef affronter sa mère sont assez violentes, et on a de la peine pour la pauvre Nel, qui est obligée de subir toutes ces brimades et ses coups, alors qu’elle devrait grandir normalement. On a envie de l’aider, ou que les autres l’aident à leur tour. Elle sera sans doute très importante dans la suite de la série, avec des décisions qui permettront à tous d’évoluer et de changer le cours de la guerre en cours. Mais le personnage que j’ai préféré suivre dans toute cette histoire, en dehors de celui de Wan, c’est celui de Maya. La jeune fille a évolué au cours de la saga, et on découvre, au cours de notre lecture, une Maya remplie de doutes, qui n’est plus certaine que l’extermination des humains soient une bonne idée. J’ai apprécié qu’elle se pose la question, car cela permet de montrer toute son empathie, et le fait que sa colère et sa haine des humains se retrouvent aussi confrontées aux réalités du terrain. Certes, les humains sont problématiques, mais tous ne le sont pas, et Maya va donc poser la question des enfants, les innocents. C’est la seule qui le fait, et c’est alors assez intéressant de la voir défendre son idée face aux autres membres des clans. Maya montre qu’elle est généreuse, mais aussi butée et téméraire. Elle écoute son cœur, peu importe ce qu’on lui dit. C’est un personnage auquel il est alors facile de s’attacher, parce que Maya va au bout de ses idées, et parce qu’elle pense faire le bien. J’ai d’ailleurs aimé sa question sur l’équilibre qui va se trouver menacer si les humains disparaissent.

L’esprit préoccupé, Maya courait droit devant elle, son souffle léger traversant la nuit comme une brise parfumée. Rien, Wan ne comprenait rien. Elle n’était ni faible, ni sentimentale et pour être honnête, le problème ne concernait pas seulement l’extinction d’une espèce, même si le sujet était déjà suffisamment grave en soi pour qu’on prenne le temps d’y réfléchir, mais l’objet même de son existence. De leur existence à tous. Ils étaient des Yokaïs, des protecteurs. Leur mission était de protéger la vie sous toutes ses formes. Y compris celle des espèces parasites comme l’espèce humaine. Oh, bien sûr, les bipèdes pouvaient se montrer particulièrement nuisibles, et il fallait sans cesse les surveiller, mais malgré tous leurs défauts, ils faisaient partie d’un grand tout. Un grand tout créé par la déesse créatrice de vie. Un grand tout rempli de maillots jouant chacun un rôle précis. mais ça, évidemment, Wan n’était pas apte à le comprendre. Il n’était pas loup et ignorait tout du Khategaï et de l’équilibre. L’équilibre qu’il y a en toute chose. Non seulement dans leur propre nature, mi-humaine mi-animale, mais dans chaque plante, chaque arbre, chaque être vivant.

Dans ce nouveau tome, on entre de plein fouet dans la guerre contre les humains et ses conséquences. D’un côté, nous avons les Yokaïs qui veulent se venger des attaques perpétuées par les humains depuis le tome 1, d’un autre côté, nous avons les fanatiques qui cherchent à éliminer les Yokaïs, et enfin, dans un dernier coin, nous avons les innocents, ceux qui veulent vivre en paix, et qui se retrouvent mêlés à cette guerre. On a alors beaucoup de pitié pour tous ces gens qui se retrouvent massacrés parce que des dirigeants fous, qui veulent un pouvoir absolu, cherchent à prendre ce fameux pouvoir. On sait déjà que la plupart des membres du peuple ne survivront pas, et qu’ils sont seulement sacrifiés. Cela fait un peu froid dans le dos. Le roman garde donc un ton assez politique ici, du côté des humains, mais aussi du côté des Yokaïs. Mais ce qui est assez intéressant avec cet univers, c’est que nous sommes dans un monde post-apocalyptique, et que les humains sont persuadés d’avoir les armes pour détruire les Yokaïs, que cela va suffire pour les détruire. On parle d’un savoir qui aurait été perdu et retrouvé. Bien entendu, il nous manque encore des informations là-dessus, et je me demande donc comment l’autrice va utiliser tous ces éléments dans le dernier tome. J’ai aussi aimé que l’on découvre que des humains pouvaient aussi avoir des dons magiques, et cela pourra être très important pour la suite. Cela démontre que les Yokaïs ne sont pas les seules créatures magiques. Mais ce que j’ai aussi apprécié dans ce roman, c’est qu’on nous parle aussi d’un problème qui existe chez tous les Yokaïs, et qui va avoir une incidence importante dans la suite de la série. Il s’agit du problème des adultes assez âgées, ceux qui refusent de se changer en humains, et qui finissent par perdre la tête. Ils ont des noms différents dans chaque clan, mais existe, et montre que la part humaine des Yokaïs est essentielle pour qu’ils continuent à vivre. On retrouve là cette fameuse idée de l’équilibre exposée par Maya. C’est vraiment une idée assez intéressante, qui m’a séduite, et j’ai aussi envie de voir comment elle sera traitée dans le dernier tome.

– Répète-moi exactement ce que les serpents ont dit à leur sujet.

– Ils ont dit que c’étaient des Serpaïs qui avaient régressé… qu’ils étaient redevenus sauvages sans qu’ils puissent en trouver la raison… que la maladie touchait principalement les plus âgés d’entre eux…

Jolan hocha la tête.

– Je vois…

– Tu sais… ils m’ont fait penser aux solitaires…, remarqua-t-elle.

Les solitaires, les Lupaïs vivant hors de la meute, se comportaient comme de vrais loups et non plus comme des Yokaïs.

– Tu crois qu’il pourrait s’agir du même phénomène ? demanda Maya. Et si c’est le cas, tu crois que les Taïgans et les Rapaïs aussi… je veux dire… si la régression touche chacun de nos clans et qu’elle s’étend, alors…

Les mots moururent à l’intérieur de la gorge de Maya tandis que Jolan, le visage sombre, disait :

– … alors c’est que l’animal en nous devient pus fort et que nous sommes lentement en train de perdre…

Jolan s’interrompit puis hésita avant d’ajouter.

– … notre humanité.

En ce qui concerne la lecture, nous sommes sur un roman jeunesse, jeunes adolescents, qui se lit vraiment bien. L’avantage avec ce type de lecture, notamment pour un weekend à 1 000, c’est que le roman est écrit gros et que tout est très aéré. Cela vaut aussi bien pour la mise en page que pour le style d’écriture. On va ainsi à l’essentiel, on détaillant pourtant et l’action et les sentiments des différents personnages. Les descriptions sont bien faites, tout en allant à l’essentiel, en restant sommaires mais immersives. Le roman est fluide, l’action et les sentiments sont bien dosés. Cela n’est pas perturbant de changer de personnages, de lieux, et on est bien immergés dans l’histoire. J’aurais toutefois aimé un récapitulatif des tomes précédents en début, parce que je ne me souvenais pas vraiment de l’histoire en détails. Mais le roman coule tout seul, et il est parfaitement accessible pour les plus jeunes.

En résumé, c’est une très bonne lecture que je ne regrette pas. Je l’ai sans doute moins apprécié que les autres tomes, parce que je ne l’ai pas lu directement après le tome 2 et que j’ai mis du temps avant de me souvenir de l’histoire, mais c’est un très bon troisième tome, qui nous prépare au grand final du dernier tome. L’écriture est fluide et le roman se lit très bien. On prend du plaisir à suivre nos personnages dans cette nouvelle aventure, et à les voir évoluer chacun à leurs manières, tout en se posant des questions essentielles, démontrant que la nouvelle génération est en train de changer le monde dans lequel ils évoluent tous. L’idée de l’équilibre de l’univers est assez intéressante et plaisante, et je suis toujours très attachée au personnage de Maya. Wan devient aussi un personnage intéressant, et j’ai hâte de voir comment Nel serait utilisée par la suite. Il y a des bonnes idées dans cette histoire, et j’ai hâte de lire la suite. Je vous en conseille donc la lecture.

Et vous ?

Qu’est-ce qui vous plaît dans un roman jeunesse ?

Avez-vous des auteurs dont suivez les publications ?

Lisez-vous beaucoup de romans jeunesses ?

Bon dimanche à tous 🙂

3 réflexions au sujet de « La Légende des Quatre, tome 3 : Le clan des serpents »

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