chroniques littéraires·service presse

Deux semaines en hiver

Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez tous bien et que vous avez passé un bon début de semaine. Ici, on profite doucement des vacances, même si ce n’est pas gagné pour les grasses matinées, avec mon chat qui me réveille à l’aube et tout le travail que j’ai à faire. Mais ce début de vacances est pour le moment plaisant. J’avance dans mon roman en cours, ainsi que dans mes lectures.

En parlant de lectures, je vous retrouve aujourd’hui afin de vous parler de l’une de mes dernières lectures faites. En effet, aujourd’hui, je reviens vers vous sur le blog afin de vous livrer mon avis sur le roman hivernal Deux Semaines en Hiver. Je vous invite donc à voyager avec moi au Canada avec cette romance m/m et contemporaine. Ce roman a été écrit par Noëmie Auke et est publié aux éditions MxMBookmark. Je remercie d’ailleurs vivement ces derniers pour l’envoi de ce titre en service presse. Le roman est sorti en novembre 2021 et voici son résumé :

En arrivant à Aspen Creek, il s’attendait à tout. Sauf à Shawn Pak. Lorsqu’il reçoit en héritage un chalet perdu dans les montagnes de la Colombie-Britannique, Armel Ouedraogo-Kelly n’a qu’une seule idée en tête : le vendre.

Shawn Pak espère bien le faire changer d’avis. Hors de question qu’un promoteur mette la main sur ce terrain. Mais alors qu’il s’obstine à faire découvrir la région à Armel dans le seul but qu’il en tombe amoureux et qu’il renonce à ses projets, tout ne se passe pas comme prévu. Les apparences sont parfois trompeuses et il se pourrait qu’Armel et Shawn aient bien plus en commun qu’Aspen Creek.

Dans cette romance, nous suivons deux personnages principaux. Tout d’abord, nous avons Armel, un jeune breton qui voyage au Canada, et qui se retrouve l’heureux propriétaire d’un chalet perdu dans un petit village, dans les montagnes. Son grand-père, qu’il n’a jamais connu, vient en effet de le lui léguer. Le but d’Armel est donc de le voir avant de peut-être le vendre. De l’autre côté, nous avons Shawn, un guide de montagne mais aussi garde forestier, attaché à sa région, qui fait tout pour la protéger. Voir le chalet d’Armel être vendu ouvrirait la porte à de grands projets immobiliers que personne ne veut voir être mené à bien dans le village. Obligé de convaincre Armel, Shawn pourrait faire bien plus, comme le faire tomber sous son charme.

Je vais commencer cette chronique par vous parler du personnage d’Armel. Dès le début, on comprend que ce jeune homme français, mais avec des origines africaines, bretonnes et irlandaises, ne sait pas vraiment quoi faire de sa vie. En effet, il semble perdu, aussi bien dans son travail qu’il a rejeté, que dans sa famille, ou même dans l’espace qu’il occupe. Il ne se sent pas vraiment à son aise au chalet, tout en refusant de céder ce dernier. Il ignore quoi faire, et il hésite à prendre les décisions qui s’imposent. On a alors un peu de peine pour lui, car il semble réellement désemparé par la situation, tout comme il ne sait pas vraiment comment réagir face au lègue de son grand-père. Pourtant, peu à peu, Armel va s’ouvrir, notamment à Shawn, et son évolution est assez plaisante à suivre, car on le voit non seulement évoluer, mais aussi devenir plus mature et oser s’affirmer. Certes, il ne va pas obtenir toutes les réponses à ses questions, car elles sont nombreuses, mais il va se détacher du passé pour creuser sa propre route, son propre avenir, et par faire ses propres choix. J’ai beaucoup aimé cet aspect chez lui, le fait qu’il prenne ainsi davantage confiance en lui, quitte à s’attirer les foudres d’autres personnages, parce que c’est ce qu’il doit faire. C’est donc agréable de le voir grandir de cette manière. Ce que j’ai aussi beaucoup apprécié avec Armel, c’est sa curiosité, et son envie d’aider la nature. On sent alors que tout ce qu’il voit le touche, et qu’il ne peut pas ne pas faire quelque chose pour son environnement. Il a aussi des réactions drôles, qui sont certes celles de n’importe quel touriste, mais qui le font tourner en dérision, et qui l’amuse lui aussi. D’ailleurs, Armel se moque beaucoup de lui-même, et c’est assez touchant. J’ai vraiment apprécié son air enfantin, qui s’étonne de tout, et qui ne perd pas son enthousiasme à mesure qu’il découvre son nouvel univers. La relation qu’il développe avec Shawn est aussi agréable.

Assis sur la marche de l’entrée, les poings sur les joues, Armel écouta Shawn descendre l’escalier et retint l’envie de le rappeler. Pour dire quoi ? Qu’il avait eu un moment de solitude, à ces mots : « Tu es le petit-fils de Peter » ? Que son grand-père n’avait été qu’un étranger dont il avait appris l’existence par hasard quelques années plus tôt ? Qu’il n’avait jamais réussi à briser sa carapace ? Qu’il se entait coupable d’être son seul héritier, lésant sa sœur et sa mère, et encore plus coupable de n’être pas parti aussi vite qu’il était arrivé, d’avoir le culot d’apprécier cet endroit ?

Qu’à chaque fois qu’on parlait de lui comme du « petit-fils de Peter », on lui rappelait tout cela, et que c’était douloureux ?

On ne racontait pas ce genre de choses à un presque inconnu.

J’en arrive maintenant au deuxième membre de ce duo. J’ai trouvé que le personnage de Shawn était davantage mis en retrait dans ce récit. En effet, il se trouve être moins développé, et c’est ce que je me rends compte en écrivant cette chroniquant. Dans le même temps, Armel et son histoire prennent plus de place, ce qui est normal. Toutefois, le personnage de Shawn est lui aussi intéressant, et aurait peut-être mérité d’être davantage développé. Ainsi, ses origines auraient pu être davantage être mises en avant, puisqu’il n’est pas seulement canadien, mais aussi coréen. Cependant, on sent tout l’amour qu’il porte à sa région, et c’est ce qui en fait un personnage sympathique et agréable à suivre. J’ai beaucoup aimé le rôle de guide qu’il va jouer avec Armel, ainsi que le rôle de mentor, car en vérité, si Armel va prendre confiance en lui et grandir, c’est grâce à toute l’aide que lui apporte Shawn. Et, de ce fait, c’est aussi ce qui fait la faiblesse du personnage de Shawn, parce qu’on ne le voit qu’à travers Armel. C’est du moins le sentiment que j’ai eu, et je reste sur ma faim avec Shawn, même si j’ai aimé son personnage et ce qu’il apporte à l’histoire. J’aimerais juste en savoir plus sur lui, mais j’ai adoré ses interactions avec Armel, leurs piques et l’amitié, puis l’amour, qui va les relier.

Il avait dit à Armel de ne rien emporter à part son sac à dos, une polaire et des chaussettes de rechange, au cas où ; il s’occuperait de tout le reste.

– Comme je t’expliquais hier, on ne va pas très loin. Il y a des sentiers à la sortie du village qui mènent à de super coins, et on y voit souvent des mouflons. En ce qui concerne la faune, c’est assez limité en décembre…

– Ha !

– A quelques exceptions près…, continua-t-il avec un sourire? Si tu reviens à partir du printemps, même un peu avant, c’est un festival. En hiver, s’il y en a moins, il reste toujours le paysage. J’ai pas mal de points de vue spectaculaire à te montrer rien qu’autour d’Aspen Creek, en attendant de savoir si on pourra se balader plus loin en raquettes.

– Tu m’as promis des sapins enneigés !

– Tu les auras !

Parlons maintenant de l’ambiance de ce roman. Nous sommes dans une histoire qui se passe en hiver, dans la neige et le froid. Pour le coup, on sent parfaitement ces derniers éléments, et je dois dire qu’ils m’ont donné envie de visiter le Canada. l’endroit où se passe l’histoire est vraiment agréable, et on a envie de le découvrir de nos propres yeux. D’ailleurs, je regrette un peu de ne pas en avoir plus. J’aurais aimé plus de descriptions, sur le paysage, la faune, la flore. Mais j’ai beaucoup aimé le fait qu’on soit sur une histoire qui nous parle de la nature, et de sa préservation. Elle deviendra même le moteur de l’évolution d’Armel, et j’ai été séduite par cette idée, car je trouve le message de fond vraiment important, et je suis contente que cela ait permis à Armel de se découvrir et de se trouver. J’ai aussi aimé le fait qu’on passe un Noël canadien, même si ce dernier est vraiment juste là en toile de fond, car ce n’est pas l’idée principale du récit, et qu’on n’est clairement pas sur une romance de Noël. J’ai aussi aimé le mystère qui existe sur le grand-père d’Armel. Certes, on a finalement pas le mot de la fin, mais j’ai trouvé que c’était une bonne idée de nous laissez comme ça, et j’ai aimé le fait que le grand-père cherchait une certaine liberté, tout en laissant une porte ouverte à Armel.

– Ca arrive ? Que les ours reviennent ?

– Tout le temps. Ils sont attachés à leur territoire. C’est encore plus difficile s’ils sont habitués à la présence humaine. Il est arrivé qu’on mette un ours de l’autre côté d’une chaîne de montagnes et de le retrouver sur le même bord de route deux as après. Ca pose un vrai problème.

– Qu’est-ce qui se passe, dans ces cas-là ?

Audrey se rembrunit.

– Dans le meilleur des cas, une association telle que la nôtre a une place de libre et peut le garder en enclos. Sinon, il est considéré comme un danger pour les humains et il est abattu.

– Quoi ? s’exclama Armel, choqué. Mais c’est pas juste !

– Non. C’est nous qui leur volons leur territoire, qui réduisons leurs sources de nourriture, et ce sont eux qui payent.

En ce qui concerne la narration, elle est très fluide. Le roman est certes court, et j’aurais aimé qu’il soit plus long, mais l’essentiel est là. La romance est bien décrite, on sent bien les sentiments qui agitent les deux personnages. La nature est aussi présente, et le fait que Noël ne soit qu’en toile de fond ne m’a pas dérangée. Le roman se mit bien et on est bien transporté au Canada.

En résumé, j’ai aimé l’endroit et l’histoire qui nous sont proposés. On s’attache facilement aux deux héros principaux, même si j’aurais souhaité que le personnage de Shawn soit plus développé. J’ai été séduite par l’enthousiasme et la fragilité d’Armel, et j’ai aimé le voir évolué, murir, afin de s’imposer. La romance est sympathique, avec un fond environnementale plaisant. C’est une bonne lecture, que je vous conseille donc, avec une plume fluide, agréable. C’est un bon roman pour voyager.

Et vous ?

Aimez-vous que les personnages soient développés ?

Cela vous dérange-t-il lorsque tout n’est pas dévoilé ?

Lorsqu’il reste des éléments à traiter avant la fin de l’histoire ?

Bon mercredi à tous 🙂

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