chroniques littéraires

Journal d’un AssaSynth, tome 1 : Défaillances Systèmes

Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez tous bien et que vous avez passé une bonne semaine. Ici, elle est passée très vite, mais en même temps assez lentement. Le rythme des vacances est vraiment différent de celui d’une semaine normale, et j’ai toujours du mal à m’habituer à ce dernier. J’ai l’impression de m’ennuyer davantage, alors que j’ai pourtant beaucoup de choses à faire, comme rédiger mes cours, avancer sur le nanowrimo, m’occuper du blog, dessiner, lire, etc. Mon programme est en effet assez chargé. Mais cela n’empêche pas les jours de se dérouler lentement selon les heureus. Je ne suis vraiment pas productive l’après-midi, et c’est là où c’est le pire pour moi.

Mais parlons maintenant d’un héros qui s’ennuie aussi beaucoup, alors même que cela est contraire à sa nature. Aujourd’hui, je vous emmène dans l’une de mes dernières lectures, qui s’intitule Journal d’un AssaSynth. Il s’agit du premier tome d’une courte série, qui comporte cinq romans, ou plutôt novellas, car ce sont des romans qui font moins de 200 pages. Cette série de romans de science-fiction a été écrite par Martha Wells, et est publié en France aux éditions l’Atalante. Le premier tome est paru en avril 2019. Voici son résumé :

« J’aurais pu faire un carnage dès l’instant où j’ai piraté mon module superviseur ; en tout cas, si je n’avais pas découvert un accès au bouquet de chaînes de divertissement relayées par les satellites de la compagnie. 35 000 heures plus tard, aucun meurtre à signaler, mais, à vue de nez, un peu moins de 35 000 heures de films, de séries, de lectures, de jeux et de musique consommés. Comme impitoyable machine à tuer, on peut difficilement faire pire. »

Et quand notre androïde de sécurité met au jour un complot visant à éliminer les clients qu’il est censé protéger, il ne recule ni devant le sabotage ni devant l’assassinat ; il s’interpose même face au danger, quitte à y laisser des morceaux.

Dans ce roman, nous suivons un robot un peu spécial, un AssaSynth. Ce robot est là pour assurer la protection des personnes qui lui sont confiés. En mission sur une planète hostile avec une communauté de scientifique, notre héros pensait que sa tâche serait aisée, qu’il aurait le temps libre qu’il voudrait afin de regarder toutes les séries qu’il a piratées, grâce au libre arbitre qu’il a réussi à acquérir. Mais cela, c’était avant qu’une autre mission de scientifique ne soit exécutée, avant de comprendre que els données du terrain qu’ils ont ne sont pas les bonnes, avant de comprendre que lui et toute sa communauté d’humains étaient la cible d’autres personnes. L’AssaSynth va devoir accomplir ce pourquoi il est là, et pourquoi pas faire plus aussi, en devenant l’égal des humains qu’il accompagne ?

Cette histoire est assez courte, mais aussi dense. Avant e vous parler du personnage principal, notre robot androïde, je vais d’abord vous parler de l’univers qui est développé ici. Nous sommes dans l’espace, dans un monde contrôle par une gigantesque entreprise, celle qui conçoit notamment les AssaSynth. Comme toutes les entreprise, le but de celle-ci est de faire des profits. Et pour cela, il faut parfois rogner sur les coûts budgétaires. C’est pour cela que les AssaSynth ne sont pas très développés, qu’ils ne servent qu’à protéger les humains qui leurs sont confiés, et c’est tout. Ils ne sont pas là pour développer des pensées, même si une partie de leurs corps est organique. Les Assasynth sont un parfait mélange entre l’organique, la matière, et la robotique. Or, quand on ne fait pas attention, ces derniers peuvent se couper de leur créateur. C’est ce qu’il se passe ici. Notre héros développe sa propre pensée, et il est très critique par rapport à la compagnie qui l’a fait naître. Il est ainsi beaucoup moins naïf que les humains qui l’accompagnent, et cela va peut-être leur sauver la vie. Car la compagnie, cette gigantesque entreprise qui a la main sur tout, est aussi celle qui donne l’autorisation au autres entreprises, aux scientifiques, d’aller voir telle ou telle planète. Les dangers qui se trouvent sur celle où ils ont atterri ne peuvent donc pas lui échapper. A moins que quelque chose d’autre ne lui ait été caché. C’est alors ce que j’ai aimé dans ce roman, le fait qu’on ait donc une entreprise tentaculaire, qui a la main sur tout, mais qui n’est pas en mesure de tout contrôler, contrairement à ce qu’elle affirme. Et c’est justement cela qui va coûter très cher à nos amis. J’ai donc apprécié cette critique de la société qui est faite, avec l’idée que les entreprises devraient tout savoir, mais qu’elles font souvent des sacrifices pour éviter les pertes. On a aussi une critique de la marchandisation de la vie, avec toute une question sur le dédommagement qui sera fait s’ils meurent, et le fait que cet argent n’est rien pour la compagnie, et que l’AssaSynth sera alors remis en service ensuite. J’ai aussi apprécié le fait qu’on soit sur une planète hostile, qu’on découvre en même temps que les scientifiques, une planète avec une faune et une flore assez riches, mais dangereuses, inhabitée, qui cache alors un certain secret, voire un certain trésor.

– Avec un pot-de-vin à la clé, la compagnie fermerait sans doute fermer les yeux sur la présence d’une troisième équipe de recherche », ai-je confirmé. Equipes de recherche, villes entières de colonies perdues, cirques itinérants à ce compte-là, pourvu qu’ils pensent pouvoir s’en tirer en toute impunité. En revanche, je ne voyais pas ce qu’ils auraient à gagner à faire disparaître une équipe de scientifiques – deux même. Je ne saisissais pas leurs motivations non plus, d’ailleurs. il y avait trop de sociétés de courtage concurrentes sur le marché. Des clients morts sur le terrain, ce n’était pas vraiment bon pour les affaires. « Je vois mal la compagnie comploter avec certains clients pour en tuer d’autres. Vous avez signé un contrat qui oblige la société à garantir votre sécurité et à payer des dommages et intérêts en cas de décès ou de blessures. Même s’ils déclinent toute responsabilité le cas échéant, ils devront de toute façon verser des indemnités à vos ayants droit. DeltFall était une grosse opération, les sommes en jeu doivent être colossales. » Or la compagnie déteste dépenser le moindre sou. Il n’y avait qu’à regarder le mobilier recyclé de l’habitat. « Si la rumeur se répand que des SecUnits défectueuses ont massacré des clients, les indemnités vont monter en flèche dès l’ouverture des procédures judiciaires. »

Cela me permet alors d’en arriver au second point que j’avais envie d’aborder avec vous, celui du thème de ce roman. Nous sommes bien dans un ouvrage qui nous parle de science-fiction, avec une planète dangereuse, qui nous parle aussi de la vie, et de liberté, avec notre héros, mais c’est aussi un roman policier. En effet, nous partons dans une véritable enquête policière lorsque les scientifiques découvrent que la compagnie leur a caché des choses sur la planète où ils se trouvent, que le terrain ne correspond pas aux cartes qu’ils ont, et surtout, lorsque toute l’équipe scientifique qui se trouve avec eux, sur un autre endroit de la planète, est sauvagement assassiné. Dès lors, nos héros doivent comprendre qui leur veut du mal. J’ai beaucoup aimé cet aspect du récit, qui nous plonge alors dans une vraie enquête, dans une vraie recherche de qui pouvait trahir nos scientifique, et surtout pourquoi. Dès lors, tout le monde devient suspect, que ce soit certains membres d groupe, ou même la compagnie elle-même. Qui veut les voir mort ? Tout est alors dans le pourquoi, et chacun y va de sa théorie. J’ai trouvé cela intéressant, car nous sommes tout de même sur une planète coupée de tout, hostile, dangereuse, et où un, ou des meurtriers, se trouvent dessus. Nous sommes alors dans un huit cos terrible, où la pression monte peu à peu, où n’importe qui peut être le tueur. C’est assez sympa, car nous enquêtons avec le robot, le héros, qui doit à tout prix protéger ses clients, tout en trouvant le responsable du massacre. Cela promet alors plusieurs conflits, entre sa mission de protection, mais aussi celle de trouver la vérité. Qu’est-ce qui va primer ? Et si l’un de ses clients est responsable, que va-t-il devoir faire ? Cette enquête va alors poser plusieurs problèmes à notre héros, et c’est aussi cela qui est intéressant dans ce roman, qui m’a bien plu, ce combat entre ce que doit faire ou non notre héors.

« Il se passe quelque chose d’inhabituel, c’est évident. Le manifeste de DeltFall ne recensait que trois SecUnits ; pourtant, nous en avons trouvé cinq dans leur habitat. Quelqu’un cherche à saboter notre mission, mais je ne pense pas que notre Sec Unit soit impliqué.

– Volescu et Ratthi ont raison, a tranché Bharadwaj. Si la compagnie lui avait ordonné de nous tuer, nous serions déjà tous morts.

– Elle nous a prévenus pour le module de combat, s’est emporté Overse. Elle nous a demandé de la neutraliser. Pourquoi diable aurait-elle agi si elle nous avait voulu du mal ?

Elle aussi, je l’aime bien. Même si participer à cette conversation était la dernière chose que je souhaitais, il était temps de parler en mon nom.

Parlons d’ailleurs enfin de notre AssaSynth. Toute l’histoire est faite de son point de vue, et l’on comprend rapidement qu’il est sur cette planète parce qu’il y est contraint, c’est son travail. Il n’a pas choisi d’être là, il y a été envoyé, et ses clients payent pour son service. Cela aurait très bien pu être un autre robot qui aurait été envoyé à sa place. Et cela ne l’aurait pas dérangé. Notre personnage principal est un personnage blasé, qui ne fait que le strict minimum. Et il le fait bien comprendre au lecteur, même s’il cache ses capacités à ses clients. En effet, notre robot, qui est aussi un être de chair, est bien plus intelligent qu’il ne le laisse paraître aux autres êtres. Ainsi, il est en mesure de contourner ses logiciels, et de pirater ces derniers, ce qui lui permet d’avoir un certain libre arbitre. Il peut ainsi parfaitement désobéir aux ordres qui lui sont donnés s’il estime que ceux-ci nuisent à la mission, ou à sa survie, et passer des heures à regarder des séries télévisées. Cela va alors poser quelques petits problèmes, car un robot tel que lui doit obéir complètement aux humains, qui payent pour lui pour avoir un certain service. Il devrait alors n’être qu’une vulgaire machine, une marchandise Mais ce qu’a fait notre héros va aussi permettre à ses clients de mieux comprendre ce qu’il se passe sur la planète où ils sont, et dans la tête de notre héros. J’ai donc particulièrement apprécié le lien qui va se former entre le héros et ses clients, ce qui va le rendre presque humain. Et va provoquer beaucoup de gêne entre les deux parties. Cette gêne est d’ailleurs assez amusante, et permet de détendre l’atmosphère, plutôt lourde et stressante, car elle va montrer au robot qu’il est plus proche des humains qu’il ne le croit, et inversement. On s’attache alors facilement à ce robot, que rien ne devait différencier des autres, mais qui est en fait bien particulier. Et j’ai aimé découvrir son histoire aussi au fur et à mesure.

J’ai senti les muscles de mon visage se contracter, ma mâchoire se crisper. Des réactions physiques que je ne pouvais réfréner. « Je vais essayer de préciser : ça ne me faisait ni chaud ni froid, voire ça m’ennuyait vaguement. C’est plus crédible ?

– Pourquoi refuses-tu qu’on te regarde ? » a-t-il insisté.

Je serrais les dents si fort qu’une alerte système s’est affichée. « Vous n’avez pas besoin de me regarder, ai-je finalement lâché. Je ne suis pas un sexbot ».

Ratthi a émis un bruit, entre le soupir et le grognement, qui ne m’était pas destiné. « Gurathin, je te l’ai dit, iel est timide.

– Iel ne veut pas interagir avec les humains, a renchéri Overse. Pourquoi le devait-iel d’ailleurs ? tu sais comment on traite les synthétiques, surtout dans les sphères politico-corporatistes. »

Gurathin s’est tournée vers moi. « En résumé, module superviseur ou non, nous pouvons te punir rien qu’en te regardant. »

Je l’ai regardé dans les yeux. « Sans doute, en tout cas jusqu’à ce que je me souvienne des armes intégrées à mes avant-bras. »

En ce qui concerne l’écriture, j’avoue avoir eu un peu de mal à rentrer dans l’histoire au début. En effet, le roman est construit comme une nouvelle, on est donc tout de suite plongé dans l’action. J’ai donc eu un peu de mal avec la planète, avec les personnages, avec l’atmosphère du livre. Mais tout cela se dissipe dès la première scène d’action. Certes, j’ai eu l’impression, par moment, que certains éléments du récit m’échappaient – je n’ai pas du tout l’habitude de la science-fiction – mais dans l’ensemble, le roman se lit tout de même assez bien, et l’on est bien projeté sur la planète hostile qui est décrite ici, et qui est aisée à imaginer. C’est alors assez simple d’imaginer nos héros dessus, et ce qu’ils y vivent. Les sentiments du robots sont aussi bien construits, bien esquissés, et l’on se prend rapidement d’empathie pour lui. L’atmosphère lourde, propre au hut-clos, est aussi bien présente, et la panique q=nous gagne ausi à mesure que les morts s’accumulent. C’est un bon prélude, et j’ai envie de lire la suite, de savoir ce qui va arriver à notre héros, car la fin laisse du suspens.

En résumé, c’est un bon début pour une courte saga. J’avais un peu peur avec le format plutôt nouvelle, mais cela permet d’aller au principal, et de détailler tout de même les sentiments de nos personnages, surtout de notre héros, ainsi que la peur qu’ils vivent. Le côté policier est très bien respecté, ainsi que le côté science-fiction. On s’attache aux personnages, l’écriture est agréable et fluide. C’est un roman que je vous conseille, surtout si vous débutez la science-fiction, et que vous aimez le polar. J’ai hâte de lire la suite.

Et vous ?

Qu’aimez-vous retrouver dans les romans de science-fiction ?

Ou au contraire, avec quels type de récit avez-vous des difficultés ?

Lisez-vous des romans courts ?

Bon dimanche à tous 🙂

Une réflexion au sujet de « Journal d’un AssaSynth, tome 1 : Défaillances Systèmes »

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