chroniques littéraires

La petite faiseuse de livres, tome 2

Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez tous bien et que vous prenez bien soin de vous et de vos proches. Ici, on fait bien attention de ne pas attraper le virus, même si, comme l’a rappelé ma directrice, le risque 0 n’existe pas, et qu’on peut faire tous les efforts possibles, on n’est jamais à l’abri de tomber malade. J’avoue que cela m’inquiète un peu, même si je n’ai plus aussi peur du virus qu’en mars dernier, et que je relativise beaucoup plus. En vérité, c’est davantage pour me sproches que je m’inquiète. Mais on ne peut qu’attendre, et voir comment la situation évolue.

En parlant d’épidémies et de maladies, cela me fait penser que nous ne sommes tout de même pas à plaindre, même si l’on ne peut nier le nombre de malades, ou de personnes décédées. Nous sommes tout de même dans une ère moderne, avec des hôpitaux capables de de sauver leurs patients. La situation que nous vivons aujourd’hui aurait pu être bien pire, à une autre époque. Et aujourd’hui, je compte bien vous emmener dans une autre époque, dans un autre lieu, où la médecine, l’hygiène, est moins développée que ce que nous avons à notre époque, tout comme la culture ou l’écriture. Ainsi, il est temps pour moi de vous livrer mes impressions sur le manga La Petite Faiseuse de livres, tome 2, dont vous pouvez retrouver la chronique du tome 1 sur le blog. Ce manga, dessiné par Suzuka, est l’adaptation du roman du même nom de Miya Kazuki. Le manga paraît en France aux éditions Ototo et il est sorti en France en février 2020. Voici le résumé de ce tome 2 :

Urano Motosu, la bibliovore morte écrasée par sa bibliothèque, s’est réincarnée dans un monde où le papier n’existe pas et où le moindre parchemin coûte un prix exorbitant. Qui plus est, dans un corps souffreteux au possible ! Malgré tout, aucun obstacle semble pouvoir l’empêcher de mettre à profit les connaissances qu’elle a acquises dans son ancienne vie pour satisfaire son désir de lecture. Si pour ça elle doit en passer par recréer elle-même du papyrus ou des tablettes d’argile, elle le fera !

Dans ce nouvel épisode, nous retrouvons Maïn, notre petite fille qui vit dans un monde où les livres n’existent pas, où le papier et l’instruction sont trop chères pour le peuple, au grand désespoir de Maïn, qui est en vérité la réincarnation d’une lectrice avide. Qu’à cela ne tienne, maintenant que l’hivers st là, Maïn compte bien mettre son projet à exécution, et réaliser du papyrus. Du moins, si elle a la patience pour. Car même si l’hivers est long, tisser du papier demande beaucoup de patiente, et le printemps pourra peut-être voir notre héroïne partir sur de nouveaux projets.

C’est un vrai plaisir de retrouver Maïn dans ce nouvel opus. A présent qu’elle s’acclimate véritablement à sa nouvelle vie, ses réactions se font différentes, plus précises, plus joyeuses aussi. On sent qu’elle s’habitue à son environnement, et qu’elle prend ses marques. Elle n’est plus apeurée par ce dernier, elle apprend donc à se familiariser avec lui, à s’adapter à toutes ses bizarreries. On la sent aussi plus déterminée que jamais face à la tâche qui l’attend, faire du papier, faire des livres et pouvoir enfin écrire et lire. C’est son objectif depuis le début. Cependant, il évolue encore un peu dans ce deuxième tome, avec l’idée qui, bien qu’encore inconsciente, apparaît dans son esprit. Maïn se retrouve en effet obligée de donner des cours à des soldats. La voilà transformée en maîtresse d’école, occupée à apprendre à écrire, mais aussi à compter, à des gens bien plus vieux qu’elle. Or, Maîn tient là, sans le savoir encore, l’une des solutions pour développer l »éducation, mais surtout l’écriture et les livres. C’est intéressant alors de la voir appliquer sa manière d’enseigner, celle qu’elle a apprise lorsqu’elle était même élève, ou lorsqu’elle regardait ses camarades de classe. Maïn se rend rapidement compte que ses élèves à elle n’ont pas le niveau qu’elle peut espérer attendre d’eux, et qu’ils auront besoin de toute l’aide qu’elle peut leur fournir, qui n’est pas ce qu’on enseigne normalement aux soldats. Ainsi, Maïn va changer, sans le faire exprès, la manière dont ces soldats vont apprendre, la manière dont ils vont être formés. Cela aurait-il un incidence sur la suite, je me le demande. Ce qui est agréable aussi, outre le fait de voir Maïn prendre de l’assurance, c’est la voir se dépasser physiquement. Elle qui a un corps malade, faible, va tout faire pour changer cela, quitte à tomber malade à nouveau, mais surtout à devenir plus forte, plus endurante. Cela montre à quel point elle peut se montrer têtue, et investie par sa mission, celle qu’elle s’est donnée. Malgré le découragement, malgré la fatigue, malgré la douleur, elle est prête à aller jusqu’au bout, et c’est ce qui en fait un personnage inspirant, motivant. Maïn ne se contente pas de se battre pour les livres, pour pouvoir lire et écrire, elle se bat aussi contre la maladie, contre ses propres faiblesses. On peut néanmoins critiquer cette folie qui la pousse à malmener son corps, mais d’un autre côté, c’est ce qui donne la force à son personnage, et la poussera certainement à accomplir de grandes choses. Je la trouve donc attachante, et lorsqu’elle ne parvient pas à réussir ce qu’elle entreprend, on est désolé pour elle, tout comme on sourit avec elle lorsqu’elle réussit. Maïn est aussi adorable dans ses manières de réagir, qui démontrent toute l’innocence qu’elle a encore, malgré la vie qu’elle a eut par le passé. Elle ne se rend pas toujours compte de ce qu’elle dit, ou des limites de ses forces.

A présent que l’histoire s’installe, on voit les personnages secondaires prendre un peu plus de place, surtout dans leurs interactions avec Maïn. Ainsi, on s’aperçoit que si Tuuli, sa sœur plus âgée, fait tout pour protéger sa cadette, elle peut aussi se montrer jalouse, voire méchante envers elle, en ne s’en rendant pas toujours compte. En effet, bien qu’adorable, Tuuli peut aussi dévoiler une facette plus sombre, où Maïn n’est plus pour elle celle à protéger, mais aussi un véritable poids. On a alors mal pour Maîn, qui est obligée d’écouter toutes ces méchancetés sans pouvoir se défendre, mais on a aussi mal pour Tuuli, qui ne se rend pas compte de ses paroles blessantes, et aussi pour la vie qui fait qu’elle est obligée de faire à la fois son travail et celui de sa sœur. Je trouve qu’on peut donc comprendre aisément le ressentiment de Tuuli, même si on ne le cautionne pas. Après, je trouve aussi que c’est ce qui rend le manga vivant, car rien n’est jamais tout rose entre deux sœurs, ou frères, et que les rancunes, les ressentiments, même légers, sont toujours présents. Et Tuuli fait aussi beaucoup de choses pour sa sœur. C’est sa manière, étrange certes, de la protéger, de la forcer à ne pas dépasser ses limites, même si elle ne se rend pas encore compte que sa sœur n’est plus tout à fait la même. J’ai aussi apprécié le regard protecteur du père des deux filles, qui se met à être jaloux dès que Maïn s’approche d’un autre, ou démontre un intérêt particulier pour un homme. Certes, cela peut faire craindre que son père ne soit trop protecteur, voire possessif avec sa fille, mais cela démontre aussi à quel point il tient à elle. J’espère cependant que cela entravera pas le futur de Maïn, que cette protection dont elle est sans cesse entourée la laissera libre, et qu’elle parviendra à étendre ses ailes par la suite, même si son père et Tuuli font ensuite preuves de moins de sollicitude à son égard dans la suite de l’histoire, lui permettant de mener ses projets au bout.

Le monde de Maïn commence aussi peut à peut à se dévoiler, et j’ai trouvé cela agréable et intéressant. Lors de la chronique du premier tome, j’avais posé la question du fantastique dans le récit, si ce dernier allait ou non être magique. J’ai eu ici ma réponse, même si je ne vous en dirais pas plus pour ne pas vous spoiler. J’ai cependant beaucoup aimé la petite histoire qui se déroule à la fin du tome, dans le chapitre bonus, où l’on voit vraiment la magie à l’oeuvre. Toutefois, ce que j’ai surtout apprécié dans ce tome, c’est la vie de tous les jours que Maïn est obligée de vivre, aux antipodes de sa vie normale d’autrefois, avant sa mort. Ainsi, on la suit dans les préparations pour l’hivers, avec des choses dont elle n’avait encore jamais fait l’expérience, et surtout pendant ces fameux mois d’hivers, où il n’y a rien à faire à part préparer le printemps. C’est un vrai décalage par rapport à tout ce que Maïn a vécu jusque-là. J’avoue que j’aurais aimé que cela soit un peu plus développé dans le manga, mais cela me donne envie, du coup, de me plonger dans le roman dont le manga est l’adaptation, afin de voir si la manière dont se passe cet hivers change ou non, dans la description de l’ennui que vit Maïn. En tout cas, cela montre que l’univers est bien posé, maîtrisé, et que l’on a hâte d’en savoir plus sur ce dernier. Je suis très curieuse de ce que l’on pourrait encore apprendre dessus. Et j’ai hâte de voir le baptême de Tuuli.

Les dessins sont toujours aussi agréables à voir, et l’on prend plaisir à regarder les moindres détails. Il y a un vrai travail de recherches sur les détails apportés, afin que l’on soit véritablement plongés dans un monde vivant dans un époque ressemblant aux Moyen-Age. L’histoire est toujours bien construite, même si certaines ellipses mériteraient d’être plus développées, afin que l’on en sache plus sur les personnages ou l’univers. L’hivers passe finalement très vite, et j’aurais aimé savoir davantage comment Maïn s’occupe ou vit la frustration de vivre dans le noir ou de ne pas avoir de livres, ainsi que les autres transformations qu’elle fait sur son environnement. Mais un manga se doit aussi d’aller à l’essentiel afin de ne pas produire des tomes où il ne se passe finalement rien. Le manga va donc à l’essentiel, et c’est finalement suffisant pour comprendre ce qu’il se passe. Le manga se lit bien et l’on prend plaisir à suivre les expériences de Maïn et d’apprendre de ses connaissances.

En résumé, cette série est toujours aussi intéressante et plaisante à lire. J’aime beaucoup le personnage de Maïn, mais aussi tous ceux qui l’accompagnent, et c’est assez agréable d’en voir certains tout faire pour l’aider dans ses expérimentations afin de recréer des livres. L’univers est lui aussi agréable à découvrir et j’ai hâte de voir d’autres manifestations de la magie dans ce monde, ainsi que la réaction de Maïn fasse à ces manifestations. L’histoire se lit bien, elle passe vite. Je vous conseille donc la lecture de ce manga, qui est bien dessiné, et qui apporte en plus des connaissances sur l’apparition de l’écriture et du papier, avec une héroïne attachante.

Et vous ?

Etes-vous parfois frustrant par la lecture d’un manga ?

Pensez-vous qu’il est plus aisé de prendre son temps dans un roman afin de tout décrire ?

Que vous apporte la lecture d’un manga par rapport à celle d’un roman ?

Bon dimanche à tous 🙂

Une réflexion au sujet de « La petite faiseuse de livres, tome 2 »

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