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La vie rêvée de Chloé Chevalier

Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez tous bien et que vous passez de bonnes vacances. Pour ma part, tout va bien, j’essaye justement de profiter de ces vacances. Et la semaine passée à été assez chargée avec le passage de ma petite sœur aux Championnats de France d’équitation avec sa jument, puis une journée à la mer, et une amie qui a passé sa semaine chez nous. La semaine est passée super vite, si bien que je suis désolée pour vous, mais je n’ai pas eu le temps de vous écrire d’article, de m’occuper du blog. Je rattrape donc mon retard aujourd’hui, et pour la peine, je vous emmène en Australie.

C’est sans doute le fait d’être en vacances, mais j’ai envie de voyager en ce moment. Cela fait longtemps que je passe mes vacances entre chez moi, chez mes parents et mes beaux-parents, et que je ne suis pas allée plus loin que ma région. Or, avec cette nouvelle lecture, je me suis évadée en Australie, loin de la France, et c’est ce que je vous propose à tous aujourd’hui, grâce au roman jeunesse La Vie rêvée de Chloé Chevalier, écrit par Céline de Rosa. Ce roman est d’abord paru en autoédition en 2017 avant d’être publié par les éditions Butterfly en avril 2019. Je remercie d’ailleurs ces dernières de m’avoir permis de découvrir ce titre, qui m’a été envoyé en service presse, grâce à la plateforme NetGalley. Voici le résumé du roman :

Chloé a dix ans et vit à Paris avec ses parents et son jeune frère Ethan de deux ans son cadet. C’est une préadolescente bien en avance sur son âge, une solitaire férue de civilisations anciennes et de lecture qui, dès que l’occasion se présente s’isole dans sa chambre. Des amis, elle n’en a pas. Des amis, elle n’en veut pas vraiment. A son âge, elle est déjà consciente que le monde n’est pas si beau… Ses parents décident de quitter le douillet seizième arrondissement de la capitale et leurs professions plus qu’enviables (banquier et médecin urgentiste) pour vivre une belle expérience en Australie. Leur façon de voir la vie va changer. Du tout au tout. Mais ce n’est que le début d’une longue série d’histoires extraordinaires

Dans ce roman, nous suivons Chloé, une jeune parisienne de dix ans, qui voit son monde être bouleversé par une grande décision prise par ses parents. En effet, ces derniers, qui travaillent beaucoup pour subvenir aux besoins de leur famille, ne voient pas leurs enfants grandir. Alors, ils veulent prendre du temps pour eux, pour Chloé et son petit frère, et pour cela, ils décident de partir à l’autre bout du monde pendant un an, de vivre une grande aventure en famille, sans travail, mais riche de découvertes. Chloé se retrouve à devoir vivre en Australie, et dans son journal intime, elle raconte aussi bien les détails de l’annonce de ses parents, que leur départ, et sa nouvelle vie en Australie.

Je vais commencer cette chronique avec ce qui a été pour moi un gros point noir dans cette histoire. Je sais que Chloé a dix ans, et que j’ai plus du double de son âge, pas loin du triple, mais j’ai eu énormément de mal à me reconnaître en elle, à m’attacher à elle. En fait, dès les premiers chapitres, j’ai détesté Chloé. C’est assez rare que je n’aime pas un personnage dans un roman, encore moins un personnage principal, mais je dois dire que je me suis posée la question si j’allais aller au bout de cette histoire tellement Chloé m’a tapé sur les nerfs. Elle a tout de la gamine casse-pied, insupportable, du moins, de mon point de vue. Elle m’a fait pensée à Esther, des Cahiers d’Esther, que j’avais, et que je trouve toujours insupportable. Chloé a tout de la parisienne qui dénigre les autres parce qu’ils ne vivent pas à Paris. Elle se croit supérieur, même si c’est inconscient, parce qu’elle vit dans cette ville, et surtout dans un quartier huppé. Pour elle, avoir de l’argent va de soi. Je sais qu’il est compliqué pour une enfant de comprendre comment marche le monde, d’avoir un regard critique sur soi, mais je pense que c’est aussi ce qu’on attend des personnages de roman. Personnellement, j’avais envie de secouer Chloé, de lui dire qu’elle se comporte comme une sale gamine égoïste. Sa plus grande peur, c’est que ses parents soient au chômage et qu’ils n’aient plus le même train de vie. J’avoue qe cela m’a choqué, et énervée. Le problème, c’est que ses craintes reviennent assez souvent dans le récit, ce n’est pas un incident isolé. Il y a aussi le fait que Chloé est très intelligente, avec un niveau scolaire supérieur à beaucoup de personne de son entourage, ce qui favorise son sentiment de supériorité. Elle trouve les autres stupides et a une haute estime, image d’elle-même. C’est assez agaçant car elle n’est pas modeste. Et elle attend des autres qu’ils soient comme elle. Heureusement, elle évolue très légèrement dans le roman, notamment parce qu’elle se confronte enfin à des difficultés. J’avoue que je suis assez curieuse, l’autrice ayant prévu sept tomes, de la manière dont cette enfant va évoluer sur le long terme. En tout cas, vers la fin de l’histoire, je l’ai trouvé plus agréable, même si ce que j’ai souligné plus haut existe toujours et m’a gâché une grande partie de ma lecture. J’ai aussi trouvé dommage qu’on la comprenne un peu mieux une fois la moitié du livre passée.

Et notre projet de départ s’affine. Enfin, pour moi, c’est ma crainte qui s’affine. J’ai prévenu mes parents : si cette histoire tourne mal, il est hors de question qu’on déménage pour un appartement plus petit, ou pire encore, qu’on change de quartier et que notre logement n’ait pas de terrasse. Encore pire : de l’autre côté du périph’ !

Quand j’ai parlé de mes craintes à Maman et de ce que je pensais de la vie en banlieue, elle a rétorqué que j’étais snob. Si elle m’avait élevée différemment sans doute que je penserais différemment. Elle en a des bonnes, cette Maman !

Ce qui m’a beaucoup plus dans cette histoire, ce qui est son gros point fort, c’est la découverte de l’Australie, de ses paysages, mais aussi de son histoire. Comme je l’ai dis plus haut, Chloé est assez intelligente, et elle est curieuse. Elle est vite obsédée par certaines choses, avec un besoin vital de combler ses connaissances. De ce fait, vivre en Australie lui donne envie d’en savoir plus sur les aborigènes, et elle va se documenter sur l’histoire du pays. Dans cette histoire, on apprend donc en même temps qu’elle, puisqu’elle raconte dans son journal ce qu’elle apprend, du moins en partie. Et on la suit dans sa découverte du pays, car elle ne reste pas à un seul endroit, elle visite une partie du pays avec ses parents, ce qui nous permet de visiter avec elle ces endroits que l’on ne connaît pas. Et je dois vous avouer que cela donne envie de prendre un billet d’avion pour voir les mêmes choses. Ce que j’ai aussi beaucoup aimé, c’est que Chloé démonte certains a priori qu’on peut avoir sur l’Australie : non, on ne voit pas des koalas ou des kangourous partout, ils restent des animaux sauvages, en liberté, et c’est comme chez nous, on ne passe pas notre temps à voir des cerfs ou des biches, ou autres. Elle nous montre aussi le pays avec ses coutumes, ses traditions, et c’est assez intéressant, même si elle se focalise beaucoup sur la nourriture, ce qui a tendance à donner le vertige vu toute la masse de viande qui semble être ingérée.

Ces jours ont été tellement incroyables que j’en ai oublié de tenir mon journal. Premier arrêt à Alice Springs qu’on appelle « The Alice », ville en plein cœur du désert (et à 1 532 kilomètres de la ville d’Adélaïde : notre prochaine destination). Nous avons visité le Royal flying doctor service, organisation aérienne médicale, fondée par le révérend John Flynn. Nous sommes montés sur l’Anzac Hill pour avoir une vue panoramique sur la ville et la chaîne des MacDonnell. Un matin très tôt, nous avons vécu une expérience extraordinaire. Une de plus ! Nous nous sommes envolés dans le ciel de l’Outback.. en montgolfière. Non mais, j’ai encore du mal à y croire au moment même où j’écris ses mots : on a survolé le désert Australien en montgolfière ! C’était réellement époustouflant ! Et, en plus, j’ai pu porter mon Akubra pour l’occasion !

Nous avons aussi assisté à un concert de didgeridoo. Vous vous souvenez, j’avais fait un dessin le représentant au début de mon journal.

Cet instrument, d’est le son de l’Australie ! On a même visité une galerie d’art aborigène. (…)

Le guide nous a dit que dans l’Outback, il existe une ferme délevage qui est plus grande que la Belgique. Hallucinant, non ?

Il y a autre chose que je regrette dans ce récit, outre la personnalité de Chloé. Je vous l’ai dit, c’est une petite fille curieuse, qui adore apprendre, même si l’école n’est pas simple pour elle car elle n’a pas vraiment d’ami, peut-être justement à cause de son attitude. Et l’autrice nous développe beaucoup sa vie en Australie, avec ses paysages, ses coutumes, etc. Elle parle donc de l’école, puisque Chloé intègre une école en Australie. Cependant, j’en arrive au point où je suis restée sur ma faim. Chloé ne se sent pas à l’aise à l’école en Australie, ce qui fait qu’elle développe une phobie scolaire. Même si le mot n’est à aucun moment dit dans le roman, cela y ressemble beaucoup. Chloé se retrouve incapable de remettre les pieds à l’école. Or, cela est traité de manière succincte dans l’histoire. Je pense que cela aurait mérité d’être plus développé, qu’on sache plus du mal être de Chloé et la manière dont elle le surmonte. J’aurais aimé en savoir plus car c’est finalement un point important de l’histoire, un point important sur d’autres enfants expatriés pourraient s’appuyer. Je trouve donc que l’autrice n’est pas allé assez loin dans son idée. Elle aurait dû plus l’assumer et mieux la développer. Je pense que cela peut servir à beaucoup d’enfant, et montre justement que cette phobie peut toucher tout le monde, n’importe où. Et cela permet aussi de souligner les problèmes d’adaptation des enfants expatriés, et les importantes différences entre notre système scolaire et celui d’autres pays. Je trouve aussi que le système scolaire australien n’est pas assez développé, pas assez expliqué. Cela aurait pu aider à comprendre Chloé, même si certaines différences sont soulignées. La phobie de la petite fille n’est pas assez traitée.

Je n’ai pas pu retourner à l’école. C’était plus fort que moi, je n’y suis pas arrivée. Je me suis levée, je me suis préparée, j’ai pris mon petit-déjeuner et au moment de franchir la porte, mes pieds ne m’ont plus obéi. Ils étaient comme collés au sol. Mes parents ont été compréhensifs. Ce sont des personnes justes qui comprennent les combats justes.

Cette histoire m’a beaucoup affectée. J’ai erré une journée de plus dans la maison. Après quatre jours d’isolement, j’ai demandé à maman si je pouvais faire un petit tour dans le lotissement, histoire de me dégourdir un peu les jambes. J’adore me promener dans notre lotissement après le repas et le dernier bain dans la piscine, juste avant de regagner ma chambre et de m’allonger sur mon lit douillet avec un bon livre. (…)

On est bien, ici. On a la sensation que rien de mal ne peut nous arriver. Je prolonge cette douce impression en me balançant quelques minutes sur la balançoire du suare de la résidence. Ni trop vite ni trop lentement.

Dans l’ensemble, le roman se lit bien. Il est assez court et convient parfaitement à des enfants. Le style est simple, accessible aux plus jeunes, et de nombreuses notes leur permettent de comprendre s’ils sont passés à côté d’une information. Le récit est bien construit et le fait que ce soit un journal permet de se plonger dans la vie de Chloé, avec ses ressentis et sa manière de parler. Je le redis, c’est moi qui me suis sentie en décalage avec Chloé, ce qui fait que je suis passée à côté d’une partie de ma lecture. Ceci ne signifie pas que des petites filles de son âge ne s’attache pas à elle, ne la trouve pas fantastique. C’est mon ressenti. Mais j’ai aimé les descriptions de l’Australie et le fait de découvrir ce pays avec une famille, ce qui change des récits de road trip. Le roman est dinc bien écrit et se lit facilement.

En résumé, malgré le fait que je me suis pas du tout attachée à Chloé et que certaines choses m’ont semblé être traitées de manière artificielles, succinctes, c’est une lecture qui plaira aux plus jeunes, aux enfants ayant envie de voyage et de dépaysement. Je suis curieuse de savoir comment Chloé va grandir, et où ses parents vont l’emmener. Même si je ne me suis pas attachée à elle, j’ai tout de même envie de savoir ce qui va lui arriver et comment elle va évoluer. Ce qui peut être très intéressant avec cette série de livres, où seul le premier est pour le moment paru, c’est de suivre Chloé sur des années, dans différents pays, et de voir ce que cela lui apporte. Et je pense que cela va être la grande richesse de cette histoire. C’est donc une série à suivre, et je ne compte donc pas m’arrêter à ce premier tome, même si mon avis est mitigé, car il y a un potentiel et c’est sur la durée qu’on pourra juger cette série. Je la conseille donc aux enfants et aux jeunes adolescents qui pourront grandir avec Chloé.

Et vous ?

Lisez-vous des romans pour enfants ?

Qu’aimez-vous, ou non, y retrouver ?

Quels sont les personnages que vous détestez ?

Qu’est-ce qui peux vous rebuter chez un personnage ?

Bon dimanche à tous 🙂

Une réflexion au sujet de « La vie rêvée de Chloé Chevalier »

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