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Une Seconde de Trop

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Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez tous bien et que vous pouvez pleinement de ce week-end ensoleillé. Ceux qui sont encore en vacances ont bien de la chance. Enfin, nous sommes dans la période des jours fériés de mai, donc nous avons déjà un avant-goût de vacances. D’ailleurs, en parlant de vacances, j’ai la lecture parfaite pour vous. Il s’agit d’un roman qui n’est pas encore sorti en librairie, mais que vous pourrez parfaitement emmener avec vous sur la place dans les prochaines semaines. Aujourd’hui, je vais en effet vous présenter un polar que j’ai beaucoup aimé. Il s’agit de Une Seconde de Trop, écrit par Linda Green et publié chez les éditions Préludes. Il sort le 23 mai, pensez à noter la date sur votre agenda. Je remercie d’ailleurs les éditions Préludes et la plateforme NetGalley qui m’a permis de le découvrir en avance, début avril. Il s’agit d’un roman policier dont voici le résumé :

Une seconde de trop et vous perdez tout. Un, deux, trois… Lisa Dale ferme les yeux et compte jusqu’à cent lors d’une partie de cache-cache avec sa fille. Lorsqu’elle les rouvre, Ella, quatre ans, a disparu. Sans laisser la moindre trace. La police, les médias et la famille de Lisa font corps pour retrouver la fillette. Mais si leur instinct les éloignait d’Ella ? Et si le ravisseur était connu d’eux tous ? Suspense psychologique addictif, Une seconde de trop explore la culpabilité d’une mère et le cauchemar de tout parent : la disparition d’un enfant.

Dans ce roman, nous suivons donc Lisa, une jeune maman très active, qui s’occupe beaucoup de ses trois enfants, quand elle n’est pas collée à son téléphone pour gérer son travail. Elle est coach sportive, et le sport occupe une partie de sa vie, tout comme ses clients. Mais elle aime ses enfants de toutes ses forces. Or, un après-midi, alors qu’elle emmène sa petite dernière, Ella, au parc, celle-ci disparaît. Il n’a suffi que d’une seconde, une seconde où Ella est partie se cacher pour ne plus réapparaître, une seconde où Lisa a pris un appel qu’elle va amèrement regretter. Où est passée Ella ? La petite fille était-elle encore vivante ? Toutes ces questions vont se bousculer dans l’esprit de Lisa et dans celui de ses proches, alors que la culpabilité fait son apparition, et la certitude qu’Ella doit revenir. Lisa va se confronter aussi aux policiers et à l’opinion publique, alors que sa fille s’est volatilisée et qu’elle n’aurait sans doute rien pu faire pour la sauver.

Ce roman est particulier, car, non seulement il évoque ce que j’adore dans les romans de ce style – la disparition d’un enfant – mais en plus il se découpe en deux parties. En effet, il est original dans sa construction, car on ne va pas seulement suivre Lisa, la mère, dans cette tragédie. On va aussi suivre Muriel, qui est celle qui va récupérer Ella. Ainsi, nous avons à la fois le point de vue de la mère, déchirée par le chagrin, la peur, la culpabilité – sentiments qu’éprouverait n’importe quel parent dans sa situation, mais nous avons aussi le point de vue du ravisseur, qui est donc Muriel. J‘ai trouvé cela assez original, car cela nous permet de comprendre comment on en est arrivé à ce rapt d’enfant. C’est bien pensé, cette manière de faire permet de montrer les motivations de la personne responsable de ce drame. Personnellement, cela m’a bien plu, car on ainsi les deux points de vue, et on peut suivre l’évolution de la situation des deux côtés.

Alors, je vais commencer cette chronique par vous parler du personnage de Muriel. C’est un personnage assez atypique, car on a forcément du mal à s’attacher à elle, après ce qu’elle fait à Ella et à Lisa. En fait, on ne peut que la détester, d’autant que ses justifications sur son acte sont tout de même assez répugnantes. J’ai eu du mal à adhérer à ses justifications, je l’ai même trouvé agaçante. Elle fait partie de ses personnages qui font de mauvais choix pour de très mauvaises raisons, et du coup, on a du mal à accepter ces raisons, qui nous semblent tout sauf rationnelles. Après, j’ai tout de même apprécié que ce soit un personnage qui se dévoile au cours de l’histoire. En effet, on en apprend peu à peu sur elle, sur sa vie. J’ai trouvé ça sympa, car on comprend peu à peu pourquoi elle fait ce qu’elle fait, même si cela ne justifie pas tout et que son personnage est déjà bien entaché par ce qu’elle raconte au début. En fait, c’est un personnage qui aurait pu être touchant si elle n’avait pas fait ce qu’elle a fait. Je ne vous en dévoilerai cependant pas plus sur elle pour ne pas vous gâcher la surprise. C’est donc un personnage assez ambigu.

Les sirènes continuent d’affluer. Je n’imaginais pas une seconde que la mère qui, jusque-là, se fichait comme un guigne de veiller sur son enfant, allait en faire une telle montagne. Oui, mais maintenant que la petite n’est plus là, elle tente d’atténuer sa culpabilité. Elle sait parfaitement qu’elle a négligé son enfant et soudain, la voilà qui cherche à sauver la face. C’est ainsi que va la vie désormais, les gens ne se préoccupent jamais de leurs mauvaises actions tant qu’on ne les prend pas sur le fait et alors là, ils n’ont plus que des excuses à la bouche. Des litanies d’excuses. D’un coup, ils redeviennent un parent aimant et attentif confronté brutalement à un événement abominable. La mère insistera avec force sur le fait que ce n’est pas de sa faute – ce n’est jamais de leur faute. Mais les enquêteurs finiront par découvrir la vérité. Il faudra un peu de temps, bien sûr, car la police ne dira pas tout de suite ce qu’elle aura trouvé. Au début, la mère s’attirera toutes les sympathies, et au bout du compte, la vérité éclatera au grand jour. Et lorsqu’elle sera connue de tous – et seulement à ce moment-là – je restituerai l’enfant. En expliquant que j’ai agi in loco parentis. Et c’est moi qu’on remerciera. (…) Et dès qu’on l’aura compris, je rendrai l’enfant. Pas à sa mère, naturellement, car à ce stade, celle-ci aura été jugée indigne d’assumer son rôle, mais aux autorités. À elles de décider ce qu’elles feront de l’enfant.

En fait, le personnage de Lisa, la mère, m’a beaucoup plus touchée. Comme beaucoup de chapitres sont écrits de son point de vue à elle, et que nous savons dès le départ que c’est Muriel qui a Ella, il n’y a donc pas de doute possible sur une éventuelle complicité de sa part. On sait ainsi rapidement que Lisa n’y est pour rien dans l’enlèvement de sa fille, ce qui fait monter sa culpabilité à mesure que les jours passent. Lisa s’en veut énormément d’avoir perdu de vue sa fille à peine une seconde, une seconde qui a suffi à ce qu’elle se volatilise. Elle est persuadée que c’est de sa faute si sa petite fille a été enlevée, et elle se reproche de n’avoir rien vu, rien entendu. Elle pense être une mauvaise mère, alors qu’elle fait juste comme les autres : ce qu’elle peut. J’ai trouvé cette culpabilité assez intéressante, car elle montre ce qui se passe quand un événement pareil survient. La personne en charge de l’enfant retiré ne peut que s’en vouloir, alors que ce n’est pas de sa faute. De même, cette personne est persuadée que tout le monde la pense coupable, comme en témoigne Lisa qui craint que son mari ne lui en veuille comme elle s’en veut. De ce fait, tous ses reproches qu’elle se fait rendent Lisa humaine, et on ne peut que compatir à sa douleur, et se demander comment on aurait réagi à sa place dans une pareille situation. Ce que j’ai aussi aimé, c’est la manière dont elle reste soudée avec sa famille, ainsi que la manière dont elle va se battre pour retrouver son enfant.

  • Je te l’ai déjà dit, arrête de te sentir coupable.
  • Et sur qui d’autres pourrais-je rejeter la faute, dis-moi ? C’est arrivé sous ma garde, non ? Si c’était toi qui l’avais surveillée, je t’en voudrais à mort et tu m’entendrais crier. La seule différence, c’est que tu es bien trop gentil pour me rendre la pareille.

L’eau bout et la vapeur qui s’échappe de la bouilloire me donne l’impression de sortir de mes oreilles. Encore une fois, j’ai envie de hurler à pleins poumons, un hurlement monstrueux comme celui que j’ai poussé dans le parc. Mais je ne peux pas, je réveillerais Otis.

  • Pour ce que ça vaut, dit Alex, et je sais que tu ne me croiras pas, comme d’habitude, tu es beaucoup trop occupée à te fustiger toi-même, sache que je ne t’en veux pas. J’en veux au salopard qui nous l’a prise.

La question de la réaction des personnages m’amène à vous parler de l’enquête pour retrouver Ella. J’ai beaucoup aimé la manière dont celle-ci est racontée, même si elle est faite du point de vue des deux femmes. Ainsi, on a le droit à deux versions différentes, avec Muriel persuadée que cela ne sert à rien et qui déjoue les pièges sur son chemin, et Lisa prête à tout pour retrouver son enfant. L’idée d’évoquer la conférence de presse de leurs deux points de vue est assez intéressante, car on s’aperçoit que la manière dont réagissent les victimes n’est pas forcément bien perçue par ceux qui écoutent ou regardent. Ainsi, alors que Lisa tente de se montrer forte, elle apparaît coupable pour les autres. J’ai d’ailleurs trouvé cela assez horrible, car les victimes sont perdues, et tout le monde les considère coupables alors qu’elles ne le sont pas. Ainsi, les proches sont eux aussi accusés, et cela montre à quel point les gens peuvent fouiller dans le passé des autres, comme le font les journalistes dans le but d’apporter du sensationnel sans faire avancer l’enquête. De même, j’ai apprécié le personnage de Claire, l’agent de liaison. C’est un personnage très humain qui contribue à l’unité de cette famille déchirée par la perte de’Ella. Je pense qu’elle aide beaucoup Lisa à ne pas devenir folle, et aussi à calmer les autres membres de la famille.

Je pense beaucoup à ces autres parents. Ceux dont je me souviens pour les avoir vus aux informations et je me demande si je finirai comme eux, si on dira de moi « Ah pauvre femme », chaque fois que mon nom sera cité ou qu’on verra ma tête à la télévision. Ou si j’entendrai plutôt « Vous savez, je crois bien que c’est elle qui a fait ça. Je crois bien que c’est elle, cette pouffe au visage de pierre. » C’est ce que j’ai pu lire sur Twitter à l’issue de la conférence de presse – que j’étais une pouffe au visage de pierre. J’ignore d’ailleurs pourquoi je suis allée voir, c’était stupide de ma part, alors que Twitter, c’est pas mon truc, je m’en sers que pour le boulot. Mais comme le nom d’Ella apparaissait de plus en plus souvent, j’ai cliqué dessus pour connaître les avis. Et voilà un exemple de ce qui s’écrivait. Il semblerait que je ne sois pas une mère comme il faut. Apparemment, j’aurais dû pleurer toutes les larmes de mon corps mais comme je m’y suis refusée, certains ont estimé que ce n’était « pas humain ». C’est à se demander s’il n’existe pas un livre que j’ai oublié de lire sur la façon dont les mères d’enfants disparus doivent se conduire.

La plume de l’autrice est fluide et plaisante à lire. Même si le roman peine un peu à démarrer, car il faut bien présenter les personnages, qui sont chacun à leur manière importante, et montrer la famille heureuse qu’est celle-ci, le suspens prend rapidement la place sur le reste. En effet, même si on sait où est Ella, on ne sait pas vraiment ce qui va lui être fait, si elle pourra rentrer chez elle saine et sauve, et comment la police va gérer cette affaire. Et il y a aussi d’autres questions qui viennent se mêler au récit principal, comme l’histoire de Muriel et ce qui l’a conduit à faire ça. On ne s’ennuie donc pas dans cette histoire. On est même quasiment tenu en haleine pendant tout le roman. J’ai eu du mal à lâcher ce roman, j’aurais pu le lire d’une traite. Tout est bien dosé, que ce soit le suspens ou les révélations. Le fait qu’un chapitre sur deux on passe de Muriel à Lisa et inversement n’est vraiment pas un problème, il suffit de s’y faire dès le début. Les émotions de chaque personnage sont bien retranscrites. Le roman est vraiment bien construit, écrit.

En résumé, c’est une lecture que j’ai beaucoup aimée. Ce n’est certes pas un coup de cœur, mais c’est un bon roman, où le suspens est quand même là même si on sait ce qu’il arrive en temps réel à Ella. En soi, c’est même un peu plus effrayant que d’imaginer ce qui pourrait lui arriver, car on ne sait pas comment cette histoire va se terminer, le doute est présent jusqu’à la fin. Le roman est bien fait, chaque situation est bien amenée. C’est une très bonne lecture que j’ai pris plaisir à lire. C’est un roman que je conseille, surtout si vous êtes comme moi, fascinés par les histoires de disparitions d’enfants et de mystères. Vous ne serez pas déçu avec ce roman.

Et vous ?

Lisez-vous beaucoup de romans policiers ?

Aimez-vous les récits de disparitions d’enfants ?

Qu’est-ce que vous aimez dans ces histoires ?

Bon dimanche à tous 😀

2 réflexions au sujet de « Une Seconde de Trop »

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