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La Bibliothèque, tome 1 – Grandir

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Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez bien et que chez vous aussi, vous avez un beau soleil qui illumine votre journée. Ici, je n’ai qu’une hâte, d’être enfin en vacances afin de mettre mes chroniques à jour, d’écrire tous les jours, et surtout de ne plus voir les petits que je garde, qui m’exaspère au plus haut point. Mais passons là-dessus. Aujourd’hui, je vous retrouve sur le blog pour vous parler d’un roman autoédité. Nous sommes donc dans le cadre du #JeudiAutoEdition, le rendez-vous tous les jeudis pour promouvoir la littérature indépendante sur les réseaux sociaux. Et aujourd’hui, je vais vous présenter le premier tome d’une saga. Ce dernier m’a été envoyé par le biais du site Livraddict en service presse, et je remercie beaucoup son auteure, Pauline Deysson, qui m’a envoyé un exemplaire papier de son roman. Celui-ci est sorti en 2016. Voici son résumé :

Imaginez un monde où ni la pauvreté, ni la guerre, ni les livres n’existeraient plus. Le technomonde. Imaginez un lieu hors du temps, qui abriterait tous les rêves de l’humanité. La Bibliothèque. Imaginez que ces deux univers se rencontrent.

A 10 ans, Emilie est choisie pour devenir la nouvelle Bibliothécaire. Elle a le pouvoir d’entrer dans les rêves, et de les vivre comme s’ils étaient réels. Son premier livre la conduira sur une voie semée d’embûches, de magie et de doutes. L’accompagnerez-vous?

Nous sommes ici dans un univers dystopique, où le futur est menaçant. Emilie a juste 10 ans, elle n’a jamais connu ses parents puisque les enfants ne doivent pas vivre avec ceux-ci, ils doivent tout oublier d’eux, afin de devenir des adultes prêt à servir la société, à la développer. Or, Emilie a des bribes de souvenirs. Mais ceci est peu important, jusqu’au jour où, comme tous les autres enfants de son âge, Emilie doit recevoir son Revery, sorte de smartphone qui permet de la vie dans la société, appareil qui est à la fois une clé, une carte d’identité, un ordinateur, une télévision, un ami. Car le vrai but du Revery, Emily va s’en apercevoir très vite, est de contrôler ceux qui le porte et de subsister aux rapports humains. Le Revery doit sans cesse divertir son porteur en lui proposant des jeux vidéos ou vidéos qui permettent à son utilisateur de gagner des points, monnaie de ce monde. Seulement, Emilie refuse son Revery. Rêveuse dans l’âme, elle veut de vrais jeux, elle veut prendre le temps de réfléchir, de rêver. Et surtout, elle veut en savoir plus sur les livres, et sur ceux qui n’ont pas de Revery, jugés déviants. En refusant son Revery, Emilie va être envoyée en CASS, centre d’apprentissage de l’aptitude, afin qu’elle se débarrasse de sa déviance. Or, à la place, la petite fille va entrer dans la bibliothèque, monde hors du temps et de l’espace, et va entrer en apprentissage pour devenir la nouvelle bibliothécaire, celle qui permet aux êtres humains de rêver. Lire son premier livre va alors l’entraîner dans une réalité parallèle où elle affrontera le monde qu’elle vient de quitter. Mais même à la bibliothèque, la menace règne.

Ce roman est découpé en deux parties. Il y a celle qui est proprement dystopique, où Emilie évoque son monde, la manière dont il fonctionne, et il y a la partie où elle rêve de celui-ci, en lisant son premier livre, où seul la magie peut sauver ce qu’il reste de son monde, pour changer les choses. On a donc une grande partie du roman qui se passe dans l’imaginaire d’Emilie. C’est une idée super intéressante qui est posée ici, parce qu’on suit Emilie qui lit un livre. Nous sommes dans un livre où le personnage principale lit lui aussi. J’ai trouvé cette mise en abîme assez intéressante, surtout quand elle reprend part avec la réalité où nous, lecteurs, nous ne savons plus non plus laquelle elle est. En rêvant cette histoire, qui est la manière de lire, Emilie en fait partie intégrante, elle n’a pas conscience qu’elle lit. Le lecteur que nous sommes, comme elle, oublie la vraie réalité, la bibliothèque, pour se retrouver plongée dans la lecture d’Emilie, où cette dernière joue sa vie de personnage de livre. Car ce livre qu’elle rêve n’est pas n’importe lequel, il raconte ce qu’il se serait passé si Emilie avait choisie de prendre son Revery. Ce n’est pas n’importe qu’elle histoire qu’elle découvre, c’est la sienne telle qu’elle la découvrirait si elle était dans un monde parallèle. Emilie n’est donc pas seulement lectrice, elle est aussi personnage de cette histoire. Et de part sa nature spéciale, celle de future bibliothécaire, elle peut se souvenir de toutes ces histoires qu’elle lira, comme si elle se souvenait avoir vécu plusieurs vies, comme un lecteur qui se souvient de tous les romans qu’il aura lu. Ceci n’est pas le cas pour les autres lecteurs de cette Bibliothèque particulière, qui oublient leurs rêves sitôt qu’ils en sortent.

  • J’ai posé les principes. Je t’ai laissé le soin de les appliquer. Je cherche à t’ouvrir l’esprit, Emilie, non à te berner. Le temps viendra où tu traceras toi-même ton chemin. Pour l’heure c’est à moi de t’en donner les moyens. Aurais-tu préféré écrire ce livre lui-même ? Tu l’aurais vécu différemment alors, car tu en connaîtrais les rouages. Tu en serais sortie trop souvent pour que l’effet soit ce qu’il fut en cette occasion. Vois cela comme une histoire. Je l’écris : tu la vis. Et il faut croire que je l’ai bien écrite, puisque tu es si triste d’en sortir. Mais n’oublie jamais que c’est ton privilège, et ta nature. Toutes les vies te sont offertes, à la condition que tu ne restes enfermée dans aucune d’entre elles. Quelle que soit celle que tu choisis, le plaisir de l’ignorance t’es refusé. Tu ne peux pas échapper à cette multiplicité. Mais rien ne t’empêche de relire un livre, et de l’apprécier presque autant que la première fois. Tout repose dans ce dont tu te souviens, et dans ce que tu oublies. Il s’agit de trouver, entre ces deux pôles, l’équilibre qui saura te rendre heureuse. Fais confiance à la voie sur laquelle je te mène : quand tu seras prête, tu pourras choisir. »

Un silence serein s’installa, qui rappela à Emilie l’atmosphère du royaume des fées. Elle se satisfaisait des explications de la Bibliothécaire, et le sentiment d’avoir été trompée eut bientôt disparu. Antonie lui ouvrait de nouvelles voies. Une histoire, un indice pour la vivre, et la liberté de l’interpréter. Quand à sa déception, elle allait de pair avec la nature même des livres, qu’encadraient toujours un début et une fin.

J’ai apprécié aussi que la dystopie se mêle au fantastique. Lorsqu’Emilie rêve, elle reprend sa vie là où elle pense l’avoir laissé, c’est-à-dire juste avant d’entrer dans la bibliothèque, juste avant de refuser de prendre son Revery. Or, dans l’histoire qu’elle lit, elle fait le choix de le prendre. Ceci va alors l’entraîner dans une grande aventure, où elle va rencontrer un groupe de clandestins, se faire des amis, et tenir l’avenir de tout ce monde entre ses mains, par le biais d’un poème qui pourrait enfin renverser le régime en place, celui même qui empêche les enfants de grandir avec leurs parents, de rêver, d’aimer, et qui impose le Revery pour contrôler la population. Avec ce poème sorti de nul part, Emilie va se mettre en quête de la magie, seule arme capable d’accomplir le miracle de la rébellion. Et sa quête va la mener, elle et ses amis, dans trois grands lieux magiques, à la rencontre de trois peuples qui pourront chacun lui apporter une réponse, lui donner un cadeau. Cette partie fantastique est intéressante car elle est à la fois poétique, mais aussi pleins de réponses sur le monde. Chaque peuple a une conscience différente de ce qu’il se passe, et Emilie trouvera chez eux un moyen de réagir face à la menace de son monde. Ceci est assez flagrant lorsqu’elle rencontre le petit peuple, qui finit par lui rappeler son propre univers.

« Les nymphes et les génies aiment s’amuser, reprit Emilie. Ils ne pensent qu’à leur bien-être et à leurs distractions. Leurs capacités s’effritent et le Cœur d’Avalon en pâtit, ils n’en ont cure. Ils ne veulent pas avoir de pensées sombres, ils font comme si les Tunnels Désolés n’existaient pas. Quelques uns luttent contre cette lente décrépitude, ils ne se font pas entendre. Le roi et la reine n’osent prendre de décision, crainte d’égratigner le bonheur confortable de la majorité sans ambition. Cela ne vous rappelle rien ?

Narga échangea un sourire triomphant avec Emilie. Italy ne réagit pas.

« Les hommes et les femmes de la planète Terre ne vivent plus que pour la Technologie, dit Narga. Ils sont insouciants et refusent d’être tristes : ils veulent réaliser leurs désirs, et peu importe la disparition de ceux qui trouvent le vrai bonheur. »

J’ai beaucoup aimé le personnage d’Emilie. J’ai apprécié sa fugue, sa foi dans la magie, son envie de changer les choses, ses doutes sur son monde, sa bienveillance envers les autres, son côté rebelle. Emilie ne doute quasiment pas du fait que la magie est la seule réponse possible à ceux qui les traquent, qui veulent leur imposer le Revery. Elle a cette foi qui l’a transcende, qui la persuade qu’elle doit poursuivre ses recherches, qu’elle ne doit en aucun cas abandonner. Ainsi, alors que les autres cèdent au désespoir, au doute, Emilie n’abandonne pas. Elle écoute les autres et tire de leurs doutes ce qui lui permet d’aller de l’avant. J’ai été séduite par son optimisme et cette capacité qu’elle a de résoudre les énigmes. C’est aussi une fillette très curieuse, qui a soif d’apprendre. D’ailleurs, pendant tout le récit, elle est poursuivie par cette envie de toucher un livre, puis de le décrypter. Elle rêve de lire afin d’avoir accès au savoir. C’est pour cela qu’elle refuse le Revery au début, parce qu’il ne peut pas lui apporter les réponses à ses questions, il ne peut que l’enfermer dans un monde de faux-semblant. Le seul bémol que je mettrais au personnage d’Emilie, c’est qu’elle fait plus que son âge. D’ailleurs, on se demande vite qu’elle a elle a en vérité, car si au début elle a bien 10 ans, on sent que ceci évolue, et dans l’histoire qu’elle lit, elle n’a plus dix ans. En fait, elle fait bien mature pour son âge, et je lui aurais facilement donner 13/14 ans, bien qu’elle garde des réactions par moment enfantines. Néanmoins, son personnage est très travaillé et on est emporté avec elle dans cette aventure avec joie. Elle apporte beaucoup de fraîcheur à cette histoire qui par moment est tout de même assez sombre, où il est fait mention de scène de torture et de mort. Son personnage plein de lumière permet de contrebalancer cela.

Emilie ne se laissait plus emporter par un enthousiasme aveugle. Le mal existait, et ne devait pas être niée. Plus qu’un bien hypothétique, c’était la certitude de la bonté dans son propre cœur qui l’aidait à le distancer, à le relativiser. La terre disparaîtrait dans quelques milliards d’années, et au fond, rien ne comptait : ce savoir devait être une force, et non un handicap. Il lui donnait le pouvoir de relativiser, de s’éloigner pour mieux revenir. Prendre de la distance, oui, pour mieux évaluer l’impact du prochain coup. En relativisant, tout s’égalisait… Et il lui semblait avoir le pouvoir de tout changer, précisément parce que rien n’avait de véritable importance.

(…)

Ce sens qu’elle recherchait depuis si longtemps, Emilie l’avait trouvé. Elle voulait vivre, oui, pour profiter avec ses compagnons de la beauté du monde, et raconter de vraies histoires. (….) Des histoires capable de changer la Terre… Des mots pour combattre le malheur et l’injustice. Des mots pour agir sur les âmes perdues. Des mots pour prouver qu’elle existait.

L’auteure écrit très bien. C’est vraiment un plaisir de la lire. Seulement, je dirais presque qu’elle écrit trop bien. En fait, j’ai voulu lire ce roman pour le Week-end à lire – 10/03/19-12/03/17, mais je n’ai pas réussi à avancer beaucoup dans sa lecture. Pourquoi ? Parce que j’ai dû plusieurs fois relire des phrases pour bien comprendre toute l’intensité de ce qui y était raconté. En vérité, l’auteure à une plume assez poétique, et l’histoire est chargée de mystère où il faut mettre bout à bout des indices. Il n’y a pas que ceux qui permettent d’atteindre les peuples magiques, il y a aussi ceux donner par ces derniers, ou ceux qui permettent de les convaincre de se rallier à la rébellion. Plusieurs informations importantes, philosophiques sont données, ce qui fait que la lecture doit être concentrée et vigilante pour tout comprendre. C’est une lecture exigeante, qui pourra peut-être perturber certains lecteurs. Personnellement, cela ne m’a pas dérangé, il a juste fallu que j’adapte mes périodes de lectures pour être certaine de ne pas être dérangée. Mais une fois ceci fait, on s’immerge très bien dans cet univers, on s’y laisse emporté avec plaisir.

En résumé, j’ai adoré ce livre. Ce n’est pas un coup de cœur car je n’ai pas pu le dévorer comme j’aurais voulu, mais il reste une histoire que j’ai vraiment pris plaisir à lire, et j’attends avec impatience la suite car je veux savoir ce qui va arriver à Emilie, à la bibliothèque. Et j’ai adoré l’aspect philosophique du roman, cela change et fait du bien de temps en temps. Il y a cinq tomes de prévus, il y a donc de fortes chances que je vous reparle de cette saga que je vous conseille de lire.

Et vous ?

Quel livre avez-vous lu dernièrement ?

Quelle histoire vous a marquée dans vos derniers romans ?

Trouvez-vous que la dystopie se mélange bien avec le fantastique ?

Bonne fin de semaine à tous 😀

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