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Digitale

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Bonjour à tous. Aujourd’hui, je vais vous parler de l’un des romans que j’ai reçu dans le cadre d’explo’book, dont vous retrouverez tout le principe ici. Il s’agit, pour cette chronique de la semaine, de celle de la dystopie Digitale, écrit par Sarah Wagon et publié chez Pocket Jeunesse. Le livre est sorti la semaine dernière.

La version librairie

Un monde sans émotions, le bonheur sous contrôle.

Jade, 20 ans, vit dans une société parfaite, où la violence a été éradiquée. Comme tous les habitants du Continent, elle porte, implantée dans la nuque, une puce digitale qui régule ses émotions.

Apprentie Guérisseur au Centre de Rebot, Jade traite les déficients dont le code électronique a buggé… Jusqu’à l’arrivée de Sacha Fleery. Toutes les réinitialisations échouent sur ce jeune homme exalté, sauvage. Malgré l’aversion qu’il lui inspire, Jade accepte d’entrer dans sa cellule de confinement et de lui parler. Un choc. Si bouleversant que sa puce disjoncte.

Reconnectée à ses émotions, Jade va découvrir la peur, le désir… et la révolte.

Ce roman nous propose donc de suivre Jade, une jeune adulte, dans un monde post-apocalyptique. En effet, les humains se sont entre-tués jusqu’à se servir de la bombe nucléaire, tout ceci à cause de la crise planétaire. Nous avons donc ici un écho direct de notre actualité, où à cause de la crise financière, les états se seraient attaqués les uns les autres, jusqu’à utiliser l’arme ultime. Enfin, arme ultime jusqu’à ce qu’un état, en réponse à l’arme nucléaire, implante des puces digitales dans des prisonniers, et les renvoie à l’ennemi. Ces puces, prémisses de celle que porte l’héroïne, suppriment les émotions, et même les souvenirs, réduisant les hommes à des humanoïdes. Face à cette horreur, la guerre a pris finalement fin, et les hommes ont décidés de conclure un accord, de se réfugier tous sur le Continent, dont on ne sait pas si c’est l’Europe ou les Etats-Unis, et des puces ont été introduites chez tout le monde, dès la puberté. Ceci dans le but d’éviter tout nouveau conflit, toute nouvelle violence, au risque de perdre toutes les autres émotions.

Personne n’a envie de revivre la terreur du passé. Personne ne veut revoir un monde dans lequel les hommes se laisseraient dominer par leurs instincts primaires. Un monde voué à la destruction.

Encore maintenant, quand j’y repense, ça me fait froid dans le dos. C’est tellement déroutant, de se dire qu’il y avait d’autres continents que le nôtre avant, et qu’une immense partie de la planète a été détruite à cause de la folie de ses habitants…. Nos ancêtres n’auraient jamais dû disposer de l’énergie nucléaire ! La Terre était déjà fragile : les guerres de plus en plus violentes, les catastrophes naturelles, une économie mondiale vacillante…. tout cela n’a pas arrangé les choses. Lorsque la crise mondiale a éclaté – le Grand Conflit – il était couru d’avance que ça se terminerait mal. Très mal. Les armes de l’époque étaient redoutables. On était dans l’ère du nucléaire, l’ère des armes de destruction massive. Les hommes de cette époque n’avaient aucune pitié. Vraiment.

Le monde dans lequel évolue Jade est donc un monde marqué par la guerre. Et de ce fait, elle est souvent évoquée, justement pour justifier le besoin de ces fameuses puces. Parce que si les puces n’existaient plus, le monde tomberait encore sous le joug des combats. Voici ce que tout le monde pense.

Jade, comme tous les autres, est équipée de cette puce. Elle travaille là où sont traités les déficients, ceux qui rejettent leurs puces, qui retrouvent leurs sentiments humains. Et c’est là qu’elle rencontre Sacha, qui va la faire basculer dans le monde de la déficience.

Alors, je vais d’abords vous parler des points positifs de cette histoire. L’idée de base est bonne, j’aime bien le fait qu’on soit dans un monde où les sentiments ont disparu, où les hommes ne sont plus que des sortes d’humanoïdes contrôlés par une puce qui se trouvent en eux. Cette puce est unique et leur impose donc un comportement unique. Chaque puce est différente, basée sur les idées et les envies de son porteur. Tout cela est étudié avant que les enfants ne reçoivent leurs puces.

Le style du roman est très fluide, il se lit bien, et rapidement. L’univers est maîtrisé par l’auteur, on sent bien qu’il y a tout un monde en dehors du Continent de Jade, et que la hiérarchie de son monde est précise. J’ai apprécié les détails sur la mise en place des puces, sur le pourquoi les hommes avaient choisi cette solution plutôt qu’une autre.

Cela, c’étaient les points positifs, parce qu’hélas, j’ai eu du mal à en trouver d’autres. C’est un roman sympathique à lire, mais l’histoire m’a parfois un peu énervée et déçue.

Je vais commencer par vous parler de l’héroïne : Jade. Au début, je l’ai trouvé plutôt sympathique, mais ce qui m’a tout de suite dérangée, c’est qu’elle éprouve des sentiments. Elle a des avis bien tranchés, ce qui semble contradictoire avec l’idée principale du livre, selon laquelle les digitaux ne peuvent éprouver de sentiments. En fait, Jade, avant même sa rencontre avec Sacha, est déjà dans une sorte de doute par rapport à son monde. Sacha n’est que l’étincelle qui va la faire disjoncter. J’aurai aimé que cela soit moins facile, que Jade résiste, qu’elle soit plus « digitale ». Mais son personnage suit l’histoire, elle est emportée par elle sans réfléchir, sans se poser. J’ai eu le sentiment qu’elle ne se posait pas de question, qu’elle suivait aveuglément le mouvement, comme si tout ce qui l’entourait n’avait aucune importance. En vérité, Jade m’a semblé bien stupide par moment, une ado amoureuse qui suit bêtement l’homme pour qui elle éprouve des sentiments. En plus, elle se laisse déborder par ses émotions, ce qui peut sembler logique si elle n’en n’avait pas déjà avant de disjoncter. Le gros problème avec Jade, c’est donc qu’elle éprouve trop d’émotions avant même que Sacha soit là.

  • Il a tenu les dix jours, dit-elle. C’est maintenant officiel.

Sa voix est calme, posée; elle garde son sang-froid malgré la situation. Je demande, inquiète :

  • Que va-t-il se passer pour lui?
  • On attend les ordres, répond-elle avec calme.

Elle se tourne vers la file d’attente, l’air très sérieux avec son petit chignon brun, strict. Déva est comme ça : posée, sage, appliquée. Pas de conclusion tirées à la hâte. Je me dis qu’elle a raison. Je dois me calmer; je n’ai pas à me préoccuper de ça pour le moment. Nous avons parfaitement respecté le protocole, nous n’avons rien à nous reprocher.

Ce qui a aussi eu tendance à m’énerver avec Jade, ce sont ces réactions par rapport à ce qui se passe autour d’elle. Je rappelle qu’elle est sensée avoir 20 ans, et moi j’ai eu plus l’impression d’avoir affaire à une adolescente de 16 ans. Elle est très naïve, et obéit à Sacha sans réfléchir. En fait, elle ne se pose aucune question, elle se contente d’avancer, de remettre toute sa vie entre ses mains, sous prétexte qu’elle est amoureuse.

Le personnage de Sacha est assez lisse, il ne m’inspire pas grand chose. Lui aussi à tendance à subir les événements, tout en essayant parfois de proposer des choses, mais on sent que, comme Jade, il est dans une histoire qui le dépasse. Cela m’a un peu gêné, parce que j’ai eu l’impression que Sacha, tout comme Jade, n’a aucune prise sur ce qui se passe. Ils sont dans l’histoire, ballottés par cette dernière. Ils ne prennent pas de risques, il n’y a pas vraiment d’action, ou soudain, quand il y en a, il y a une brusque ellipse qui cache cette action. Et surtout, au moment de la libération de Sacha, on passe dans la romance pour en oublier la dystopie. On vire dans un roman vraiment pour adolescents, où tout ce qui compte, c’est l’amour entre les deux personnages, et ce n’est pas ce que j’attendais dans ma lecture. Je veux bien qu’il y ait une romance, mais pas que cela prenne trop de place sur l’histoire.

En évoquant cette ellipse, j’arrive à ma plus grosse critique de l’histoire, celle qui évoque enfin un peu d’action, et qui finalement n’est pas écrite. En effet, sans vouloir dévoiler trop l’histoire, qui est pourtant prévisible, Jade et Sacha se retrouvent coincés par la police de leur monde dans un lieu clos. Et puis, on n’a pas la suite. Pas que l’auteur ne l’ai pas écrite, c’est juste qu’on change de passage, et que Jade et Sacha sont libres, sauvés. Je ne supporte pas ce genre de manière de faire, parce que je trouve que c’est un subterfuge trop facile. Cela évite de raconter ce qu’il se passe. Je préfère encore que l’auteur s’arrête là, et qu’on ait la suite au prochain épisode, que de faire une telle chose. Dans ma lecture, j’ai vraiment trouvé ce procédé trop facile, et cela a gâché mon plaisir, j’ai eu l’impression de me retrouver dans un mauvais film où tout est soudain caché parce que le scénariste avait la flemme d’écrire le scénario. J’ai vraiment l’impression que j’ai eu, alors que le passage, en soit, peut être plausible, si l’histoire ne continuait pas tout de suite après.

  • Voilà, c’est fini, murmure un homme à mon oreille.

Un hurlement déchire l’air. Le mien. L’homme a raison : ça y est, nous y sommes, tout est fini.

Tout est fini.

Puis quelque chose d’inattendu se produit : la grille de ventilation explose dans un fracas métallique et des dizaines d’hommes se ruent vers nous en hurlant.

Le sol se dérobe sous mes pieds et mes yeux se ferment malgré moi. Juste avant de m’évanouir, j’entends Sacha crier : « Tout est fini ! »

Dans l’ensemble, ces défauts sont dommages, parce que l’histoire est assez intéressante, et bien écrite, que j’ai quand même pris plaisir à lire, mais ses défauts m’ont un peu bloquée dans ma lecture. Je lirais sans doute le tome 2, mais ce livre n’est pas mon coup de coeur, et il est même une déception. Pourtant, il a du potentiel qui, à mon avis, n’est pas assez exploité. J’espère que pour la suite, il y aura une amélioration, car ce livre le mérite.

Et vous, avez-vous lu ce livre? Avez-vous envie de le lire? L’avez-vous aimé? Attendez-vous beaucoup de romance dans les dystopies?

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4 réflexions au sujet de « Digitale »

    1. C’est dommage, parce que tu pourrais aimer. Dans l’ensemble, il reste quand même intéressant à lire, c’est juste que moi je l’ai trouvé trop enfantin, trop marqué adolescent. Du coup, plusieurs détails m’ont un peu énervé, mais je pense que pour d’autres personnes, ça pourrait leur plaire. Par exemple, pour moi, ce roman se rapproche beaucoup de Divergente que j’ai détesté, alors que je sais que beaucoup sont fans 🙂 Je pense qu’il faut laisser sa chance à ce livre, même s’il n’est pas un chef d’oeuvre (attention, je ne dis pas ça pour tous les livres que j’ai détesté ^^) 🙂

      J'aime

  1. Coucou,
    J’avais très envie de lire ce livre mais les critiques très moyennes m’en ont dissuadé et la tienne ne fait que conforter mon idée.
    J’en profite puisque je t’ai taguée pour le Liebster Award Tag sur mon blog, si ça t’intéresse et que tu ne l’as pas encore fait 😉
    Bonne soirée

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    1. Coucou.
      Je sais que ma chronique sur ce roman n’est pas très bonne, et qu’il y en a beaucoup qui sont dans le mêmes styles sur internet, mais je te conseille quand même de lire ce livre, car toi tu pourrais l’aimer. Il a des défauts, mais je pense qu’il peut aussi plaire. C’est juste que pour moi c’était pas ce que j’attendais 🙂
      Pour le Liebster Award Tag, je compte le faire dans les jours qui suivent, dès que j’aurai un peu de temps 😉 Ma rentrée a été plus compliquée que prévue 😛
      Bonne soirée

      J'aime

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