chroniques littéraires

Charlie Bone

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Aujourd’hui, comme j’ai remarqué que cela faisait un moment que je n’avais pas fait de chroniques littéraires, j’ai eu envie de vous parler de l’une des séries que j’ai lu cet été. Cette série est un peu particulière, car incomplète, à mon grand désespoir. Je commence donc cet article en vous parlant du plus gros problème de cette sage, c’est le fait que sur les 8 tomes écrits par l’auteur, nous n’en n’avons chez nous que les 4 premiers. Les 4 derniers n’ont tout simplement pas été traduits en français. Est-ce une volonté de l’éditeur, Gallimard? Je ne sais pas, mais puisque la série a été rééditée en France en 2008, je doute que la fin soit un jour chez nous. Dommage, parce que je ne supporte pas lorsque l’on commence quelque chose et qu’on ne le finit pas. Et surtout parce que je trouve que cette série a beaucoup de potentiel.

Je vais donc limiter cet article aux 4 premiers tomes sortis en France dans la collection Folio jeunesse, édition de poche appartenant au groupe Gallimard : Charlie Bone et le Mystère de minuit; Charlie Bone et la Bille magique; Charlie Bone et le Garçon invisible; Charlie Bone et le Château des miroirs. Le titre de la saga n’est pas Charlie Bone, comme elle l’est le plus souvent appelée chez nous, mais la saga des Enfants du Roi Rouge, qui est le titre qui regroupe l’ensemble des livres au Royaume-Uni, dont la série est originaire.

Comme je le disais, il s’agit de livres anglais, paru en 2002 chez Egmont Book. Le dernier tome Charlie Bone and the Red King, est sorti en 2009. La série est depuis lors complète, même si une préquelle est au programme. L’auteure de cette série est Jenny Nimmo, qui a à son actif plusieurs romans, tous pour enfants.

L’histoire de Charlie se rapproche beaucoup des autres romans pour enfants sortis dans ces années 2000, avec un héro possédant des pouvoirs magiques et devant sauver le monde. Comme dans Harry PotterCharlie va évoluer dans une nouvelle école, école où l’on pratique la magie, et affronter des dangers. Mais contrairement à Harry Potter, tous les tomes ne correspondent pas à une nouvelle année scolaire. Au contraire, il ne se passe parfois que quelques semaines entre chaque tome, le temps des vacances de noël par exemple, ce qui évite de couper trop le récit, mais ce qui impose qu’on lise les tomes presque d’affilés.

Charlie Bone, dix ans, mène une vie presque normale entre sa maman, jeune veuve, et ses deux grand-mères au caractère bien différent. Un jour cependant, l’enfant est victime d’un phénomène qui bouleversera à jamais son existence : la photo, qu’il a faite agrandir pour fabriquer une carte d’anniversaire à l’attention de Benjamin, son meilleur ami, n’est pas la bonne et en plus, Charlie entend les personnages qui s’y trouvent. Pour sa grand-mère paternelle, voici enfin le signe qu’il est des leurs. Le temps est donc venu de l’envoyer dans la prestigieuse école Bloor, une pension sinistre dirigée par une branche maléfique de la famille.

Lorsque le premier tome commence, on découvre avec Charlie son pouvoir, celui d’entendre les gens présents dans une photo. Bien que ce pouvoir puisse sembler fantastique, on apprend que Charlie est terrorisé face à cela, car sa grand-mère, la méchante madame Bone, l’envoie immédiatement dans une drôle d’école, le fameux institut Bloor, où sont envoyés les meilleurs élèves de la ville. Cette école est divisée en trois factions : la musique, l’art et la comédie. Ce n’est donc pas qu’une école de magie, car d’autres élèves se mélangent à ceux qui ont « un don ». Celui de Charlie est d’entendre parler les photographies, et aussi d’entrer dedans, mais ceux des autres élèves ne sont pas mal non plus, avec deux filles aux dons de télékinésie, Tancrède et son pouvoir sur les tempêtes, Billy qui sait parler aux animaux, Lysandre qui peut faire appel à l’esprit de ses ancêtres, Emma et sa capacité à se transformer en n’importe quel oiseau, etc… Et il y a les autres, les amis sans dons, comme Olivia et Fidelio.

Les enfants avec un don sont les descendants du Roi Rouge, un roi qui aurait régné sur une partie de l’Europe et qui, à la mort de sa femme, aurait abandonné son royaume à ses dix enfants, dont cinq se seraient employés à faire le mal autour d’eux, chassant les cinq autres. Chaque enfant présent à l’institut Bloor sont les descendants d’un de ses enfants, ce qui impose une perpétuelle bataille au sein même de l’école entre les forces du bien et du mal, un équilibre sans cesse remis en question si l’un des descendants a des problèmes.

Le premier tome raconte donc l’entrée de Charlie dans cette nouvelle école, sa rencontre avec ses nouveaux amis, et son premier problème dû à son don. Dans la première photographie qu’il observe, il apprend qu’une enfant de son âge à été retirée à sa seule famille. A force de recherche, il apprend que cette enfant se trouve à Bloor, ce qui motive son envie de rentrer à l’institut. Car Charlie a du coeur, et il ne supporte pas l’injustice. Cette fille doit pour lui retrouver sa tante.

Et c’est ce qui va le motiver dans chaque roman. Charlie a le don pour s’attirer des ennuis, mais il est fidèle en amitié, et ne laisse tomber personne. Dans le deuxième tome, c’est son arrière grand-oncle débarqué du passé qu’il va aider, puis dans le troisième un garçon invisible.

Cependant, malgré un scénario qui pourrait être couru d’avance, puisque chaque tome semble se répéter, comme dans Harry Potter, chaque livre est essentiel car il permet d’en apprendre plus sur les enfants du Roi Rouge, sur ce dernier, et sur l’équilibre de l’école. En effet, plus l’histoire avance, et plus les tensions augmentent entre les personnages, et les clans se forment. Charlie se met à dos Manfred Bloor, le fils du directeur, et ses amis, qui correspondent aux enfants des « méchants ». Et parfois, la situation devient sans contrôle pour tout le monde, comme quand Tancrède, ami de Charlie, déclenche des tornades sur toute la ville. Car bien que les habitants de la ville savent que l’école accueille des enfants étranges, ces derniers se doivent d’être discrets, ce qui fait que tous se retrouvent menacés. Il y a aussi la fois où Billy, l’orphelin et élève le plus jeune de l’école, se trouve des parents et se fait enlever, ce qui fait un enfant de moins dans l’équipe du Bien, et pleins d’autres exemples au cours de l’aventure. Hélas, comme je n’ai pour le moment lu que 4 tomes, j’ai du mal à vous parler plus de ces enfants particuliers, où chaque tête compte pour éviter que les forces du mal sèment le chaos.

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Pour ce qui concerne le chaos, nous avons surtout l’exemple du harcèlement scolaire et de la maltraitance. La fillette enlevée dans le premier tome vit chez des parents qui la déteste, et bien qu’elle aille bien, elle souffre psychologiquement. C’est de la maltraitance affective. Pour les autres tomes, nous parlons plus de maltraitance physique, avec le garçon invisible du 3e tome qui est carrément agressé et affamé. Et enfin, Billy, qui signe un pacte pour avoir des parents, qui ne seront pas les meilleurs du monde. Et dans l’école même, les enfants descendants du « mauvais côté » mènent la vie dure aux autres, comme Zoran le loup-garou qui s’amuse à poursuivre tous les élèves dans le but de les croquer, dont Charlie évidemment.

Ce que j’ai beaucoup apprécié dans ce livre, c’est que Charlie n’est jamais présenté comme un héro, comme le sauveur de sa communauté. Comme je le disais plus haut, c’est la notion d’équilibre qui prime, et il n’est jamais fait mention du fait que les forces du mal doivent être détruites. On a plutôt l’idée qu’elles doivent être maîtrisées, mais pas détruites. Il y a une idée de contrôle qui est posée, où Charlie et ses amis ne peuvent rien face à l’existence de ces forces plus maléfiques, qu’ils ne peuvent que les affronter pour les empêcher d’avoir trop de pouvoir. Le don de Charlie n’est pas un don qui lui permet de faire une guerre, il n’y a même pas cette idée d’évoquée dans le récit. Les enfants veulent seulement se protéger les uns les autres, tout en continuant à profiter de leurs dons.

Ce que j’ai aimé aussi, c’est que tous ces personnages ne sont pas infaillibles, les amis de Charlie oscillent par moment entre le bien et le mal, preuve que la frontière est mince et que tout n’est pas blanc ou noir. Le personnage de Billy en est la preuve, on a tous nos envies et on fait tous ce qu’il faut pour améliorer nos vies, même s’il faut parfois faire des choses comme espionner nos amis, surtout à 8 ans. Et les adultes ne sont pas mieux, puisque l’oncle de Charlie et même sa mère ne réagissent à ce qu’il vit qu’au bout d’un moment, il faudra attendre la fin du premier tome pour que l’oncle de Charlie se mette en travers du chemin des forces du mal pour protéger le garçon.

L’idée des dons est super aussi, parce que chaque enfant à le sien propre, ce qui donne le fait qu’il faut avoir certaines personnages avec soi lorsqu’on fait telle activité. Et certains dons sont géniaux, pratiques pour la poursuite de l’aventure.

Personnellement, j’ai donc dévoré les 4 tomes, et j’ai hâte de me procurer tous les livres en anglais. Bon, je vais devoir faire des progrès pour lire dans cette langue, avec laquelle j’ai beaucoup de difficultés, mais ce sera peut-être mieux que certains défauts de traduction notés dans la traduction française. Et cela me permettra d’avoir les noms originaux, puisque certains ont été modifiés alors qu’il n’y avait pas besoin. J’ai horreur lorsque les éditeurs font cela.

Je pense que, pour de jeunes lecteurs, malgré l’aspect un peu dur que peu avoir cette série à cause de certains thèmes évoqués, il vaut mieux commencer par cette série que par Harry Potter, qui est sans doute plus sombre. C’est une bonne première lecture pour des enfants de 8/9 ans qui voudraient se mettre à des livres plus imposants. Le ton est léger, et le héro ne grandit pas puisque tous les livres se suivent. J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ces livres auxquels j’ai adoré l’univers, l’histoire des dons et celle tragique du Roi Rouge, bien présente dans le présent malgré ses siècles passés. Et les chats Bélier, Sagittaire et Lion, qui sont en permanence là pour aider Charlie sans qu’on sache pourquoi, donne un peu de mystère au récit. Cela et le fait que le père de Charlie soit retenu par les Bloor, quelque part, permettent d’entretenir un fil conducteur dans l’histoire, qui doit mener au dénouement, à ces retrouvailles entre le père et le fils. Cela nous donne un roman fantastique avec un part de policier, d’enquête à mener pour que Charlie apprenne la vérité sur son étrange famille et ses pouvoirs. Cette série est donc une super découverte.

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