apprendre à écrire

L’évolution des personnages principaux à la fin d’un cycle

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Aujourd’hui, j’ai décidé de vous écrire enfin un nouvel article sur la manière d’écrire. Cet article va spécialement concerner l’évolution des personnages principaux à la fin d’un cycle, c’est-à-dire que je vais vous parler des réactions des personnages à la fin d’une série, sur la manière dont ils ont évolués à la fin de l’histoire. Alors, pourquoi cet article? Pourquoi ai-je besoin de vous parler de ce sujet? C’est parce que j’ai discuté de cela avec mon petit ami dernièrement, et nous avons établi que certaines fins, que certaines évolutions de personnages, étaient bâclées à la fin d’une série. En effet, nous avons eu l’impression que certains personnages n’avaient pas évolués, qu’il n’y avait pas eu de changements dans leurs vies alors qu’ils avaient affrontés de multiples épreuves. Et cela nous a sembler problématiques. Je vais donc vous exposer ce que j’attends, personnellement, de la fin d’une série, et la manière dont les personnages principaux doivent réagir par rapport à cette fin.

La fin d’une ère

Alors, qu’est-ce que la fin d’une histoire? Comment on décide que cela est la fin de l’histoire? La question se pose, parce qu’établir la fin d’une histoire n’est pas une chose aisée. En tant qu’auteur, on peut avoir envie de faire durer l’histoire, de ne pas mettre un point final à l’existence de nos personnages. Imaginez un peu, en tant qu’auteur, nous vivons avec nos personnages 24h/24 pendant parfois des années. Ils font partie intégrante de nous. Nous les avons vu grandir, un peu comme des enfants. Nous avons imaginé leurs vies, leurs amours, nous les avons rassuré, nous les avons consolé, nous les avons soigné. Nous leur avons fait vivre mille tortures et pourtant nous y sommes profondément attachés. Il y a une part de schizophrénie dans l’écriture: ces personnages sont nous, nous y avons mis toutes nos tripes. Et cependant, nous devons un jour mettre un terme à leurs histoires, les laisser s’en aller. Un peu comme des enfants, ils doivent quitter nos vies. Il faut un jour mettre un point final à l’histoire, et ne plus s’occuper de ces personnages que nous avons façonné, haï, aimé.

Alors que certains auteurs adorent terminer une histoire pour en passer à une nouvelle, avec de nouvelles histoires à raconter, d’autres ont plus de mal. Ils ont des difficultés à laisser partir leurs personnages. Ceci est surtout valable lorsque l’auteur a écrit un cycle, une série de romans avec les mêmes personnages, des séries qui parfois font de nombreux tomes. L’auteur a alors du mal à laisser disparaître ses personnages, et ceci peut donner parfois naissance à un nouveau cycle, une nouvelle série de tome, avec les mêmes personnages, ou le même univers. Ceci donne le sentiment au lecteur que l’histoire n’est pas vraiment finie, qu’il y a encore des choses à dire. Ce qui est alors problématique, c’est qu’on a le sentiment que tout n’est pas dit, que le héros n’a finalement pas avancer dans sa quête, puisqu’il est obliger de repartir à l’aventure. L’évolution n’est donc pas terminée, et peut même sembler inexistante.

C’est sur ce point que je vais insister : une bonne histoire se termine si tout  est dit, si les personnages ont épuisé tous les recours possibles, si la situation est devenue meilleure, si tous les événements ont été résolus. Par exemple, dans les polars/trhiller, l’histoire se termine une fois que les crimes/mystères ont été éclaircis. Dans les romances, l’histoire se termine une fois que les personnages sont tombés dans les bras l’un de l’autre et que plus rien ne vient se mettre en travers de leur amour. Et dans les romans d’aventures, ce dont je vais surtout parler dans cet article, l’histoire est finie quand tous les problèmes/épreuves ont été franchies, quand on a été au bout de ce que l’on pouvait faire, lorsque le méchant de l’histoire est défait.

Et oui, un roman d’aventure est centré sur un problème en particulier, quelque chose qui pousse les personnages a faire ce qu’il vont faire. Il y a souvent dans ces cas-là un méchant bien méchant, un tyran qui tire les ficelles, qui va alors créer celui qui va l’affronter, le personnage principal. Si je m’attarde sur ce type de roman, c’est parce que c’est ce genre de récit qui regroupe tous les points dont je voulais vous parler, celui de l’évolution du personnage et les problèmes auxquels se retrouve confrontés le lecteur.

Le personnage du roman d’aventure au début de l’histoire

Dans ce type de roman, le personnage principal est la plupart du temps un personnage élu, même s’il n’en n’a pas conscience. Il a subi une perte dans son enfance ou au début du récit, ce qui va le pousser à faire certaines choses. C’est un personnage qui a envie de se battre, qui a des idées à défendre, qui veut que le monde change. Bon, ce n’est pas une règle générale, mais il y a toujours dans ce genre de récit un méchant, présenté par l’auteur comme étant profondément mauvais, qui va se mettre sur la route du héro, qui va le constituer comme héro. Ainsi, le héros ne se réveille jamais en se disant qu’il va devenir un héro, il y est poussé par une péripétie, par un événement particulier. Par exemple, Katniss, dans Hunger Games, ne décide pas un jour de descendre dans l’arène, elle y est poussée parce que sa soeur a été choisie et qu’elle décide de prendre sa place. De la même manière, dans Harry Potter, ce dernier ne décide pas de se battre contre Voldemort, il n’ a juste pas le choix.

L’évolution

L’intérêt dans un roman d’aventure, surtout si ce dernier fait plusieurs tomes, ce qui est essentiellement le cas dans ce type de récit, c’est que le personnage principal ne soit plus le même à la fin. Il faut que les épreuves qu’il traverse le change à jamais. Il ne doit plus être le héros un peu naïf qu’il était au début de l’histoire, lorsqu’il part à l’aventure. Comme dans la vraie vie, les personnages doivent faire des choix, ce qui doit modifier leurs perceptions du monde; ils doivent se retrouver confrontés à la mort, à la peur. Sans ces points importants, le récit devient inintéressant, donnant l’impression qu’il ne s’y passe rien. On doit pouvoir trembler pour le héros, pour les personnages qui l’accompagnent dans sa quête. On doit s’attendre à ce qu’il y ait des pertes importantes pour le héros, surtout si nous en sommes au dernier tome.

Le dénouement

C’est là que nous allons juger l’évolution du personnage, nous apercevoir que les événements qui ont eu lieu l’ont transformés à jamais. Le dénouement d’un roman d’aventure est le lieu d’un immense combat entre les forces du personnage principal et les forces du méchant. Ce combat se solde souvent par des pertes tragiques qui vont détruire le personnage principal, qui vont faire partie de sa transformation. A la fin de ce dénouement, le personnage principal ne doit donc pas avoir les mêmes questions, envies qu’au début de l’histoire. Il doit être changé, être incapable de reprendre le cours de sa vie là où il l’a laissé.

Je vais m’arrêter ici sur plusieurs exemples célèbres de ce type d’histoire, pour mieux illustrer ce que j’entends par transformation du héros :

Star Wars, épisodes 4-6

Capture d'écran du nouveau teaser de
Capture d’écran du nouveau teaser de « Star Wars VII : The Force Awakens »

Au début de l’histoire, Luke, qui est le personnage principal, est un jeune homme tout ce qu’il y a de plus normal. Il vit chez son oncle et sa tante, sa vie en tant que fermier semble toute tracée. Puis il recueille deux droïdes et l’Empire vint assassiner ceux qui l’élèvent. Et Luke se retrouve investi d’une mission, sauver une princesse dont il n’a jamais entendu parler, et pourquoi pas le monde entier, tout cela en devenant un Jedi. Au cours de l’histoire, il se fait des amis, il apprend que la princesse est sa soeur jumelle et que son père est son ennemi. En cours de route, il perd sa main et son père meurt devant lui lors du dénouement. Tout son univers s’écroule, le monde qu’il connaissait disparaît avec l’Empire. La fin de l’histoire s’organise dans un mond eà reconstruire. Le Luke du début n’est pas le même que le Luke de la fin. Il a connu la peur, la mort, il est profondément transformé, jusque dans sa chair. Il ne peut donc pas reprendre sa vie là où il l’avait laissé.

Batman, trilogie de Nolan

Puisque j’ai commencé à vous parler de films, je reste sur ma lancée. Dans la trilogie de Batman faite par Christopher Nolan, Batman est donc un enfant normal, jusqu’à la mort de ses parents. C’est ce premier fait qui va établir le personnage qu’il va devenir une fois adulte. Puis, il devient adulte et décide de se battre contre le mal, les brigands, etc. Au cours des trois films, le héro perd de son humanité. Même s’il ne tue personne, il se fait torturer à plusieurs reprises, la femme qu’il aime se fait assassiner, il est obliger d’abandonner son identité secrète, il se retrouve reclus, et Batman, en tant que héros pour la population, meurt dans le dernier film. Bien que le personnage survive, son identité secrète meurt, elle est sacrifiée pour la cause, le bien de tous. Et donc, la vie du personnage, de Bruce Wayne, ne peut pas redevenir normale. Toute sa vie est repensée, reconstruite. Le héros perd non seulement son identité, mais tout ce qui devait le constituer comme ce qu’il était. Il est à redéfinir, comme une page blanche, avec ces cicatrices.

Le Seigneur des Anneaux

Dans ce roman, le personnage principal reste Frodon, puisque c’est à lui qu’est confié la tâche de détruire l’anneau unique, la seule chose qui permet au Seigneur des Ténèbres d’être vivant. Le roman raconte donc le voyage de Frodon, et de ses amis, jusqu’à la Montagne du Destin, endroit où l’anneau doit être détruit. Evidemment, pour faire cela ils sont obligés de traverser le monde, parcourir des centaines de kilomètres en quelques années. En chemin, ils rencontrent des amis et subissent quelques morts. Mais ce qui est important ici, c’est la transformation de Frodon due à son portage de l’anneau. Frodon, personnage rieur, loyal et heureux au début de l’aventure, devient peu à peu torturé et manque même de tuer à un moment son meilleur ami dans un accès de paranoïa. Lui qui était persuadé du bien fondé de sa mission au début de l’aventure, finit par hésiter de jeter l’anneau, et finalement ne le fait pas. Ce dernier lui est finalement volé au cours de la dernière bataille par Gollum, l’ancien porteur, ce qui va marquer Frodon dans son corps, puisqu’il va y perdre son doigts. Et à la fin du récit, une fois que Frodon est sauvé, il comprend qu’il ne peut plus vivre dans son monde, tellement son esprit est changé et détruit. Il n’est plus heureux, et il est contraint d’abandonner ses amis et son pays, son chez lui qu’il adorait, parce qu’il ne peut tout simplement plus y vivre à cause de ce qu’il a vécu. C’est l’exemple parfait du changement du à une aventure.

Hunger Games ! Attention Spoiler!

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Dans Hunger Games, Katniss, une jeune fille vivant dans un monde dévasté et organisé en district, prend la place de sa petite soeur pour les Jeux annuels. De ce fait, elle accepte d’entrer dans l’arène, où parmi tous les enfants qui y sont envoyés, enfants âgés de 12 à 18 ans, seul un survivra. Au terme de mise à mort éprouvant, de parties de chasse où Katniss est à la fois la proie et le chasseur, elle en ressort vivante, tout en défiant, sans le vouloir vraiment, le pouvoir politique en place, celui qui organise les Jeux.

Et cela, tout au long des trois tomes, va la marquer, ce qui c’est passé dans l’arène la première fois, et sa lutte contre le président qui déclenchera bien nombres de mort, surtout dans ses amis, et dans ses proches. La fin d’Hunger Games est aussi sombre que le laissait présumer le premier livre, et si Katniss s’en sort vivante, elle n’en reste pas moins transformée, à la fois dans sa chair et dans son esprit. Elle qui n’était déjà pas très nette au début, sombrera petit à petit dans la folie, et la conclusion de cette trilogie ne sera pas forcément pleine d’espoir. Sans vouloir trop vous en dévoiler, je dirais seulement que la vie de Katniss ne sera plus la même, et qu’elle survivra jusqu’à la fin de sa vie plutôt que de vivre. Même mariée et mère, sa vie est détruite, et elle n’a guère le goût de vivre, elle ne le fait que parce que les autres se sont sacrifiés pour elle, et pour les générations futures, qu’elle est un symbole.

Harry Potter

J’en arrive à présent à là où je voulais vous emmener, au contre ensemble de tout ce que je viens de dire, à celui qui vient mettre en péril tout ce qui a été avancé plus haut. En effet, Harry Potter est le héros qui ne suit pas ces règles, celui pour qui tout ce qui a été dit ne veut rien dire. En effet, Harry est un personnage qui n’évolue pas dans toute la saga. On peut évidement débattre de cela, mais c’est mon ressenti. Evidemment, c’est un personnage qui grandit, puisque la saga se déroule sur 7 ans, mais tout au long, Harry ne change pas de comportement. Il est bien marqué par sa crise d’adolescence, mais c’est tout. Il continue à faire des choix contre-productifs sans retenir de leçons, il garde le même caractère fonceur, non réfléchi. Il perd certes quelques amis en cours de route, mais ce ne sont jamais des amis importants. Ce ne sont à chaque fois que des personnages très secondaires, qui n’apparaissent que de temps en temps, sauf pour le professeur Rogue, mais ça, c’est différent puisque ce n’était pas un proche du héros. Il n’est même pas marqué dans sa chair, il n’a aucune blessure. Il ne meurt pas non plus. En vérité, sa vie continue à la fin du récit comme si de rien n’était, comme si tout ce qu’il avait vécu au cours de la saga ne l’avait pas affecté. Et c’est le gros point noir de cette sage. Harry n’a pas de trace de son combat, on a le sentiment que cela n’a rien changé pour lui, à part qu’il n’a plus besoin de se battre.

Cet article est à présent terminé, j’espère qu’il aura su vous aiguillonner sur la manière dont un personnage évolue et ce qu’il devient à la fin du dernier chapitre. Je ne dis pas qu’il doit forcément être tourmenté, et détruit par ce qu’il a vécu, seulement qu’il doit être changé, et s’il y a guerre et bataille, il doit perdre quelque chose à laquelle il tenait, que ce soit un ami ou une quiétude d’esprit; ou alors il doit gagner une cicatrice importante, une marque de son combat, qui prouve qu’il est bien le héros. Cela ne pourra que rendre plus crédible votre texte, car d’une aventure pareille, on ne peut en sortir idem.

Et vous, comment aimez-vous les fins de sagas? Vous pensez que certains héros devraient mourir à la fin? Qu’ils doivent nécessairement être blessés? Perdre des proches?

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2 réflexions au sujet de « L’évolution des personnages principaux à la fin d’un cycle »

  1. Salut! Je suis tombé sur ton blog par l’intermédiaire d’autres blogs et cet article a attiré mon attention. Car tu soulèves un point fondamental qui nous déçoit souvent, la fin bâclée d’une histoire, cause d’une extension trop importante des intrigues… Effectivement, lorsqu’un personnage arrive au dénouement de l’action, c’est un « nouvel équilibre » ! Et en ce qui concerne les sagas, si un auteur veut faire vibrer son lecteur, il doit mutiler un peu son personnage pour le rendre plus attachant 😉
    Bref, un sujet passionnant. D’autant que je démarre un feuilleton-scénario sur mon blog. Si tu as des critiques à faire sur mes personnages, j’en veux bien une part!
    A bientôt!

    J'aime

    1. Je suis contente que cet article t’ait plu, et même qu’il t’ait fait réfléchir. Et oui, je n’aime pas les fins bâclées ^^ j’ai pas mal réfléchis à ce qui faisait un héro lorsque j’écrivais mon roman. Enfin c’est normal, parce que c’est une histoire que j’ai prévu d’écrire en 7 volumes, donc je m’interrogeais sur la manière dont je voyais mon personnage à la fin. Et du coup ça m’a pas mal fait réfléchir sur les sagas que je lisais, dont Harry Potter, qui m’a laissé sur ma fin :).
      C’est super que tu écrives un feuilleton-scénario sur ton blog, j’irai jeter un coup d’œil 😉
      Merci pour ton commentaire 😀

      Aimé par 1 personne

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