chroniques littéraires·service presse

Plume et l’ombre du dragon

Bonjour les amis. J’espère que vous allez tous bien et que vous avez pu dormir un peu plus que d’habitude grâce au changement d’heure. Ou alors, peut-être que vous êtes comme moi, vous avez un chat qui vous a réveillé à l’heure habituelle car il ne comprend pas le concept d’heure. En tout cas, j’ai pu voir l’aube se lever, même si j’aurais préféré dormir un peu. Dire que c’est le seul jour dans l’année où l’on peut traîner un peu au lit sans culpabiliser.

Au moins, cela me laisse le temps de vous préparer une nouvelle chronique. Aujourd’hui, je reviens en effet vers vous sur le blog afin de vous parler de l’une de mes dernières lectures. Il s’agit d’un petit roman jeunesse intitulé Plume et l’ombre du Dragon. C’est un roman jeunesse de fantasy qui est assez court, et qui est écrit par Agnès Marot. Ce roman est sorti en septembre 2022 aux éditions Scrineo. Je les remercie par ailleurs pour l’envoi de ce roman en service presse via la plateforme NetGalley. Voici son résumé :

Tremble devant Plume, la plus terrible piratesse de la forêt des Merveilles ! J’ai l’air innocente, comme ça, mais, si tu croises mon chemin, tu ferais mieux de surveiller ton ombre : elle pourrait disparaître dans ma besace en un battement d’ailes de fée. Aucune ne me résiste ! Pourtant il y en a une que je n’ai pas encore : celle du dernier dragon. Paraît qu’il est super dangereux, que personne n’ose l’approcher, blablabla… Moi, je compte bien l’attraper !

Ben alors, tu viens ou quoi ? L’aventure, ça n’attend pas !

Dans cette histoire, nous suivons donc l’histoire de Plume, une petite fille dont la maman a disparu depuis plusieurs saisons maintenant. Heureusement, Plume réussi à se débrouiller, et pour survivre, elle peut compter sur les ombres de ses amis. En effet, Plume n’est pas n’importe qui, elle est une piratesse, c’est-à-dire qu’elle a la possibilité de voler les âmes, et ces dernières décident ensuite de rester avec elle. Or, voilà qu’en volant l’ombre d’une licorne, Plume entend parler du dernier dragon. Avec une ombre pareille, Plume pourra peut-être se protéger davantage, ou retrouver sa mère. Il lui faut donc la voler, mais cette aventure ne va pas être de tout repos.

Je vais commencer cette chronique par vous situer le décor de cette aventure. Nous sommes donc dans un monde de fantasy, et l’univers de Plume se résume à la Forêt des Merveilles, là où elle a toujours vécu avec sa mère. Elle ne s’est pas éloignée de cette forêt, même pour collecter des ombres. Elle les prend donc autour d’elle, or, si elle veut celle du dernier dragon, elle est donc obligée de s’éloigner de sa maison, et aller là où sa mère a disparu. L’univers est donc assez simple, avec des créatures que l’on connaît, qui sont finalement celles qu’on retrouve dans les univers merveilleux, avec des licornes, mais aussi des dragons et des phénix. J’ai toutefois aimé l’originalité des hommes-laves, et j’ai aimé comment cette rencontre avec ces petits personnages s’organisait pour Plume. C’est assez comique de la voir affronter ces êtres, et de voir ce qu’ils cherchent à obtenir d’elle, puis les conséquences de ses actes. J’aurais certes aimé que cela soit plus fouillé, mais comme le roman est court, on ne s’attend pas non plus à ce qu’elle s’attarde avec eux. Mais la grande originalité de cette histoire, à mon sens, ce qui lui amène toute sa poésie et qui fait qu’on a envie de découvrir l’univers de Plume, c’est sa faculté à dérober les ombres. Comme elle le fait remarquer, on oublie qu’on a une ombre, et que cette dernière a peut-être envie d’avoir sa vie propre. Plume offre donc la possibilité aux ombres de s’échapper et elle leur donne une identité à part entière. J’ai beaucoup aimé cette vision, et cette idée d’une identité, qui fait que l’ombre est finalement un être à part entière, et ne se résume pas qu’à l’être dont elle est l’ombre. J’ai trouvé cela assez poétique et intéressant à imaginer, d’autant plus que ces ombres peuvent parler, et qu’elles ont beaucoup d’histoires à raconter. On sent alors là la faiblesse de Plume, qui devrait vendre ces ombres pour se nourrir, mais qui préfère, au final, écouter ces ombres. L’idée de morale à la fin est aussi assez intéressante, et permet de remettre de l’ordre dans les idées de Plume, et de découvrir sa propre voie. J’aurais certes aimé me promener davantage avec Plume dans son monde, mais j’ai aimé la manière dont les choses sont présentées et mises en route.

Les reflets de l’ombre se mettent à trembler, comme un frémissement d’angoisse. Je souris pour la rassurer.

– … soit tu viens avec moi et tu me racontes ton histoire.

Pour le marché noir et la chimère rôtie, vaut mieux ne pas lui dire tout de suite. Sinon je suis bonne pour jeûner encore un moment.

Elle n’a pas d’yeux, et pourtant je sais qu’elle me regarde. Elle n’a pas de mains, mais je la sens qui me tâte, m’enveloppe timidement, comme pour s’assurer que je suis bien réelle. Une petit brise se lève, un souffle de liberté.

L’instant est passé : je termine ma roulade pour m’extirper de là et la licorne file au triple galop rejoindre ses congénères, laissant derrière elle un nuage de paillettes et une jolie crotte de caramel abandonnée dans sa frayeur… ainsi qu’une ombre un brin tordue, pas encore sûre d’avoir fait le bon choix, mais toute excitée à l’idée de cette nouvelle aventure.

J’en arrive donc à présent au personnage de Plume elle-même. C’est une petite fille courageuse, avec des idées très précises en tête, qui peut sembler assez butée, têtue, et qui ne se rend pas forcément compte du danger auquel elle s’expose. Elle a vécu tellement de temps toute seule qu’elle ne sait plus vraiment ce qu’elle peut faire ou non, même si elle connaît ses limites. Lorsqu’on lui parle de ce dernier dragon, elle ne voit que la possibilité qui s’offre à elle, et pas le danger auquel elle s’expose. Ceci ne nous empêche pas de nous attacher à elle, car on devine assez vite qu’elle est finalement très seule, et que cela lui pèse sur la conscience. Finalement, on est avec une petite fille qui a perdu sa maman, et qui essaye de s’occuper en développant plusieurs amitiés pour ne plus se retrouver seule, alors que ses amies ne sont que des ombres qui disparaissent avec la lumière. J’ai donc trouvé touchante l’histoire de Plume, qui prend tout son sens lorsqu’elle la raconte, et lorsqu’elle s’aperçoit à quel point elle se sent seule. J’ai aussi apprécié son courage, celui dont elle va faire preuve tout au long de l’histoire, et qui montre qu’elle n’est pas prête à abandonner son rêve, cette fameuse ombre de dragon.

– Je te comprends parce que j’ai un secret : je suis comme toi. Cette solitude que tu ressens, c’est ma compagne de toujours. J’ai beau amasser les ombres, écouter leurs histoires, partir à l’aventure.. rien n’effacera jamais ce qui s’est passé ce jour-là. Rien ne me rendra jamais la mère que tu m’as volée.

Les ténèbres se font plus opaques encore, étouffant presque la lueur du souvenir que je viens de déterrer. Presque.

– Tu sais quoi ? Je te pardonne. Je te pardonne parce que tu as su entrer là où personne, pas même mes ombres, n’avait pu aller auparavant. Je te pardonne parce que, pour la première fois, je me rends compte que je ne suis pas seule. Et je ferais n’importe quoi pour ne plus me sentir abandonnée, exactement comme toi.

Passons à présent aux personnages secondaires. Certes, ils ne sont pas très nombreux, au sens où finalement, celui qu’on suit, c’est celui de Plume, toutefois, les personnages secondaires son tout de même assez importants ici. En effet, tout d’abord, nous avons la maman qui, même si elle n’est pas présente, marque justement le roman de son absence. Plume y fait beaucoup référence, et j’avoue que cela nous marque aussi en tant que lecteur, car on a envie de se dire que cette maman n’est pas très maternelle, et qu’on abandonne pas son enfant de cette manière. La colère et le sentiment d’injustice qu’éprouve Plume retombent donc sur nous en tant que lecteur, et on est un peu rancunier face à cette mère absente. Heureusement, pour contrebalancer tout cela, nous avons tous les amis de Plume. J’ai bien aimé la relation qu’elle entretient avec Piou, qui est presque une relation fraternelle. On sent beaucoup d’amour entre la petite fille et l’ombre de l’oiseau, mais en vérité, cela est valable avec toutes ses ombres, même celle de Bucéphale, le dernier arrivé. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé la manière dont Plume traite ses ombres, avec beaucoup de respect et d’amour. L’ombre de Bucéphale est assez drôle, et déstabilise un peu Plume, ce qui est assez comique à voir. Le dragon est aussi un personnage intéressant à suivre, et son histoire donne envie d’être approfondie.

– Chacune de ces ombres que vous avez dévorées d’une bouchée est unique et exceptionnel. Vous le sauriez, si vous aviez pris le temps de les écouter. Au fond, vous êtes comme tout le monde… Je ne vous blâme pas. Qui s’intéresserait à une drôle de tâche noire dans un univers si coloré ? Qui observerait l’absence quand nos sens sont bombardés d’odeurs, de textures, de sons plus incroyables les uns que les autres ? (…) Mais vous savez quoi ? Moi, Plume, je peux les entendre. Et même si parfois je voudrais bien parler à de vrais gens ; même si je me sens terriblement seule quand la nuit vient et que les ombres s’éteignent ; même si maman a préféré partir à l’aventure que rester avec moi pour m’apprendre tout ça… j’échangerais tous les trésors du monde contre une seule de leurs histoire, foi de piratesse.

En ce qui concerne l’écriture de ce roman, on va au but, c’est pas approfondi, mais c’est un roman court, et pour enfant, ce qui sous-entend donc que l’idée est de raconter l’histoire et de ne pas s’attarder sur les détails. On pose le décor, et on raconte l’aventure de Plume. Toutefois, les descriptions restent immersives, et même si j’aurais aimé plus de détails sur la vie de Plume, sur sa mère, sur ses ombres ou sur le dragon, on a ici l’essentiel, la quête de Plume, ainsi que la description de son don. L’écriture est donc fluide et le roman se lit bien. C’est adapté aux jeunes lecteurs et l’univers est très poétique, avec une plume qui nous émeut sur la fin, avec beaucoup d’émotions transmises.

En résumé, c’st un roman qui se lit bien, c’est une belle découverte et un joli conte. L’univers est assez simple, mais il fonctionne bien et j’ai aimé l’originalité du pouvoir de Plume, celui de prendre les ombres, ce qui permet une certaine réflexion sur l’identité de chacun. Plume est un personnage auquel on s’attache facilement, et j’ai aimé la relation qu’elle entretient avec ses ombres. C’est une héroïne courageuse qui va vivre une aventure intéressante. C’est donc un roman que je vous conseille de découvrir si vous avez envie de vous plonger dans un univers merveilleux.

Et vous ?

Qu’aimez-vous retrouver dans une telle histoire ?

Avez-vous des créatures que vous aimez retrouver dans un récit de fantasy ?

Aimez-vous lorsque les auteurs ne disent que l’essentiel ?

Bon dimanche à tous 😀

2 réflexions au sujet de « Plume et l’ombre du dragon »

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