mes écrits

La Disparition de Kitty Daubert, chapitre 5

Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez tous bien et que votre semaine se déroule comme vous le souhaitez. Pour ma part, j’essaye encore de faire rentrer tous mes projets dans mon planning, mais grâce aux vacances, j’ai davantage de temps pour gérer tout ce que j’ai envie de faire, comme écrire.

D’ailleurs, en parlant d’écriture, je viens de terminer de rédiger le chapitre 6 de La Disparition de Kitty Daubert, et je me suis aperçue, en préparant cet article, que j’avais oublié de vous poster le chapitre 5. Je suis désolée de cette erreur, parce qu’il est prêt depuis un moment, et que j’étais certaine de vous l’avoir posté la semaine dernière. Il faut croire qu’avec tout ce que j’avais en tête la semaine dernière, ce chapitre est passé à côté. Je répare donc cette erreur aujourd’hui, et je vous poste rapidement la suite. Je vous précise aussi que je réfléchis déjà à une possible réécriture de ce roman, et un envoi en maison d’édition, alors si vous avez des remarques à m’adresser, c’est l’occasion, afin que ce texte progresse.

Voici donc ce chapitre 5, qui lance le vrai début de l’histoire :

Chapitre 5 : La disparition surnaturelle de Kitty

« Lorsqu’arriva le lundi matin, je me sentais pleine d’énergie. J’avais gardé mon sourire tout le weekend, et aucune remarque de mes parents n’avait été en mesure de le déloger de mon visage. Je n’en revenais pas, j’avais embrassé Kitty Daubert ! Et pas seulement une fois ! Lorsqu’on était rentrées chez elle, toutes heureuses toutes les deux, sa mère dormait, la maison se trouvait plongée dans le noir, on se tenait la main, et on avait recommencé. Je ne saurais décrire la joie immense qui avait saisi mon cœur, et mon corps, à cet instant-là. J’avais cru quitter mon corps, que mon cœur s’était arrêté de battre, que toute mon énergie disparaissait d’un coup, avant de revenir brusquement habiter mes organes. Je supposais que la mort devait ressembler à cela, les mains moites en moins. Je ne m’étais jamais sentie aussi vivante, et je voulais rester sur mon petit nuage pour toujours. Bien entendu, on avait été obligée de se séparer le lendemain matin, puisque le weekend touchait à sa fin, et parce que ma mère ne voulait pas que je passe tout mon dimanche chez celle qu’ils considéraient encore comme une inconnue. Mes parents se montraient protecteurs, alors qu’ils avaient lamentablement échoué auparavant.

En tout cas, ce fameux lundi, ce jour où ma vie allait basculer, je marchais vers le lycée d’un pas léger, mon casque de musique visé sur mes oreilles, le cœur battant à toute vitesse dans ma poitrine, me demandant si Kitty allait à nouveau m’embrasser, si elle allait se comporter normalement ou officialiser notre relation. Durant les dernières heures où l’on avait été ensemble, cette question ne s’était pas posée. On s’était mutuellement prouvé notre attirance, mais on n’avait pas osé en parler, comme si cela était tabou. Lorsque sa mère nous avait demandé de descendre pour prendre le petit déjeuner, on s’était comporté comme deux amies, sans chercher à se cacher, mais sans chercher à aller plus loin non plus. J’ignorai si cela était la première fois qu’elle embrassait une fois, ou si elle était bi, ou même s’il s’agissait de sa toute première fois. Pour ma part, j’avais déjà été démonstrative avec d’autres filles de mon âge. La chose ne m’était donc pas inconnue, mais je savais comme cela pouvait être effrayant pour les autres. Je supposais d’ailleurs que mes parents étaient au courant de mes penchants, mais ils n’en avaient jamais rien mentionné, comme si le sujet n’existait pas vraiment, comme si tout cela n’était qu’un passage. Ou peut-être qu’ils n’étaient pas certains, ou qu’ils refusaient de voir la vérité en face. Parfois, j’avais envie de leur hurler que j’étais gay, et que je le resterai jusqu’à la fin de ma vie puisque cela faisait partie de mon identité. Puis, je me disais que, de toute manière, tout était toujours passé sous silence avec eux, et qu’ils se moquaient bien de la vérité tant que les apparences étaient sauvées, ce qui demeurait le cas, tant que je n’en parlais pas.

Je marchais tranquillement, sans me presser. J’avais le temps, mais je regardais tout de même tout autour de moi. Ces dernières semaines, Kitty venait m’attendre à la gare, et elle aimait se cacher derrière différents murs afin de me surprendre. Octobre s’était installé depuis un moment, et lorsque je quittais mon train, la nuit étendait son ombre partout, ce qui permettait à tous les espaces plongés dans la pénombre de devenir de parfaites cachettes. Ce jour-là, je me demandais donc où elle allait m’attendre, et j’esquissai un sourire en me disant qu’elle finirait par me surprendre, parce que Kitty était comme ça, elle se dissimulait toujours dans les coins les plus improbables. Pourtant, plus j’avançais vers le lycée, et plus mon cœur cognait dans ma cage thoracique. Je ne la voyais pas. Et, tandis que je m’approchais des portes des portes de notre établissement, je n’apercevais pas ses mèches noires, si sombres qu’on aurait dit des plumes de corbeau. J’adorais glisser mes mains dedans, et celles-ci se refermèrent sur les lanières de mon sac à dos. Un mauvais pressentiment me serra la gorge, presque à m’étouffer. Où se trouvait Kitty ? Lui était-il arrivé quelque chose ?

J’avais bien remarqué, pendant notre weekend, que quelque chose clochait. Par moment, elle paraissait plus pâle que d’habitude, plus fatiguée aussi. Plusieurs fois, une ombre avait parcourue son visage, mais j’avais occulté ces détails après notre baiser, toute entière concentrée sur mon ressenti. Peut-être qu’elle était malade ? Mais elle me l’aurait dit. On s’envoyait encore des textos hier soir, avant de s’endormir. Je ne pouvais plus basculer dans les bras de Morphée sans lire ses mots.

J’attrapai mon téléphone et le regardai. Autour de moi, les élèves parlaient fort, s’apostrophaient ou échangeaient sur les prochaines évaluations, ou les vacances. Certains récupéraient les devoirs que d’autres leurs avaient fait, d’autres se passaient de main en main des cigarettes. Des couples s’embrassaient même. Je les enviais. Pourquoi, tout d’un coup, avais-je le sentiment que cela allait m’être enlevé, que tout bonheur allait déserter ma vie ?

Je serrai davantage mon téléphone entre mes doigts, si fort qu’il pouvait très bien se casser si la pression s’accentuerait encore. Je n’avais reçu aucun nouveau message. Kitty ne m’avait pas contactée. Mes yeux fouillèrent à nouveau le flot d’élèves présent devant les grilles. Elle ne se trouvait définitivement pas là. J’oubliais le vent qui soufflait, et je sentis de la sueur couler le long de mes omoplates. Quelque chose n’allait pas.

Je tentai toutefois de me raisonner. Après tout, elle pouvait très bien être en retard, ou vouloir me faire une surprise. Peut-être même qu’elle m’attendait sur la cour, devant notre casier commun. Elle n’avait peut-être pas pu se rendre à la gare, ou même oublier de recharger son téléphone. Cela lui arrivait de temps en temps, parce qu’elle était tête en l’air, et parce qu’elle n’était pas très douée avec la technologie. Kitty pouvait vivre sans Internet, les réseaux sociaux et tout le reste, et je l’admirais parfois pour cela, même si, aujourd’hui, je la maudissais aussi, et je me retenais de ne pas l’appeler sur le champ.

Je me dirigeais le plus rapidement possible vers la cour. Je bousculais des plus jeunes, mais je m’en moquais. Il fallait que je sache. Je devais impérativement vérifier si Kitty m’attendait là-bas. Ainsi, quand j’attins mon casier, la panique me gagna vraiment. Pour la première fois depuis la rentrée, je me retrouvais seule. Complètement seule. Et déboussolée. Les larmes me virent aux yeux. Je refusais de les laisser couler, mais un goût amer me brulait l’estomac. J’avais le sentiment d’avoir été abandonnée à nouveau, comme quelques mois plus tôt.

La sonnerie finit par retentir, et je m’aperçus que je n’avais pas bougé de ma place depuis que je l’avais gagné, presque dix minutes auparavant. Un garçon de ma classe vint me rejoindre, les sourcils froncés. Je ne me souvenais plus de son nom. Pourtant, j’avais déjà dû travailler avec lui, en groupe, mais j’étais incapable de me souvenir d’autre chose.

— Oli ? demanda le garçon. Ça va ? Tu es toute bizarre ?

Ce fut à mon tour de le dévisager étrangement. Il m’avait apostrophée par mon surnom, et personne ne le faisait jamais. Je refusais que l’on m’appelle comme cela depuis que mon père avait chuté de son piédestal, depuis que ma famille avait volé en éclat. Kitty avait essayé, une fois, et elle n’avait jamais recommencé. Pourquoi ce garçon, que je ne connaissais pas, se permettait ce ton familier, comme si on se fréquentait.

Je le bousculais vivement, le percutant avec mon sac à dos. Je me dépêchais pour rejoindre le reste du groupe, et me fondis dans la masse d’élève attendant le professeur. Kitty n’était toujours pas là, et je n’avais aucune nouvelle d’elle. Dépitée, inquiète, je me décidai pourtant à lui envoyer un message. Tant pis si la cloche avait déjà retenti et qu’on pouvait me coller une sanction pour utiliser maintenant mon téléphone, mais de devais savoir.

« Pourquoi t’es pas là ? T’es malade ? »

Mes doigts coururent à toute vitesse sur mon clavier tactile, et je vérifiai qu’aucun adulte ne se trouvait à proximité. Par contre, le garçon se tenait non loin de moi, et conservait son air suspicieux. Il ne me lâchait pas du regard, même s’il n’osait pas encore s’approcher. Avait-il deviné que je comptais le mordre s’il esquissait un pas de plus ?

Mon téléphone vibra sous mes doigts. Je me hâtai de jeter un coup d’œil à l’écran. Et mon ventre fit un saut périlleux dans mon corps. Je venais de recevoir un message, mais il ne s’agissait pas de la réponse que j’espérais. Il ne provenait pas de Kitty, mais il m’informait que son numéro n’existait pas.

Une nouvelle sueur froide coula dans mon dos. Que se passait-il donc ? Où se trouvait Kitty ? Pourquoi n’arrivais-je pas à la joindre ?

La panique me faisait oublier toutes les règles, je décidai de ne pas en rester là. Je tapai le numéro de mon amie et lançai l’appel. Je n’eus pas besoin d’attendre les sonneries retentirent, tout de suite on m’averti à nouveau que le numéro n’était plus attribué. Ce n’était donc pas une erreur.

— Olivia ! Je peux savoir ce que tu fais ?

Je regardai mon professeur principal. Elle venait d’arriver, et elle me jetait un regard noir. Je déglutis péniblement. Je connaissais la sanction, elle risquait de me prendre mon téléphone et de ne le rendre qu’à la dernière heure, avant que j’aie le droit de rentrer chez moi, et il était hors de question que je me laisse faire.

— J’essayais de joindre Kitty, expliquai-je brièvement devant les autres élèves. Elle n’est pas là ce matin.

Je désignai le groupe pour étoffer mes propos, mais la professeure continua de me regarder sévèrement.

— j’ignore à quel jeu étrange tu joues, Olivia, constata-t-elle, mais nous n’avons aucune Kitty dans cette classe.

Mes yeux s’écarquillèrent, et un poids tomba sur ma poitrine. Les mots restèrent coincés dans ma gorge. Aucune Kitty ? Se moquait-elle de moi ?

— Mais si, répliquai-je une fois que mon souffre réapparut. Je parle d’Anne. Anne Daubert.

— Je connais tous les élèves de ma classe, Olivia, et nous n’avons aucune Anne, ou Kitty, Daubert dans nos rangs.

Les autres élèves commençaient à me regarder étrangement, et à chuchoter dans mon dos. Pourtant, je ne pouvais pas la laisser dire ça. Bien sûr que si, Kitty se trouvait dans notre classe depuis la rentrée. Elle était même assise à côté de moi, et elle avait tenue tête à cette même professeure dès les premières minutes de cette année scolaire ! Pourquoi mentait-elle ?

J’allais répondre à nouveau, les poings serrés, lorsque le garçon se glissa à mes côtés.

— Tu es sûre que tout va bien, Olivia ? me demanda-t-il à nouveau. Madame, je devrais peut-être l’accompagner à l’infirmerie ?

L’enseignante soupira, s’interrogeant certainement sur ce qu’elle devait faire de moi. Brusquement, elle parut aussi perdue que moi, et j’ignorais si cela me rassurait ou non. Puis, elle effectua un geste de la main.

— Comme tu veux, Thibault. Olivia, tu as vraiment besoin d’aller à l’infirmerie ?

Tout tournait autour de moi, alors je hochai la tête pour donner mon assentiment. De toute manière, je me sentais incapable de me rendre en cours, et de faire comme si tout allait bien, alors que Kitty n’était pas là, et que cela paraissait inquiéter personne.

Les autres montèrent en classe, tandis que Thibault m’entraînait vers l’infirmerie. Je me laissai faire. Seul mon cerveau fonctionnait. Qu’avait-il bien pu se passer pour qu’on en arrive là ?

— Olivia ? Qu’est-ce qu’il se passe ?

Le garçon s’était arrêté dans un couloir, et j’en avais fait de même sans m’en rendre compte. Je me forçai à le regarder. Thibault ressemblait à tous ces garçons passe-partout, ceux sur lesquels les filles ne s’arrêtaient pas. On ne pouvait pas dire qu’il était mignon. Ses cheveux, non brossés, pendaient mollement sur son visage trop joufflu à mon goût. Ses yeux globuleux paraissaient démesurés derrière ses lunettes, et il avait encore besoin de grandir un peu. Comme moi, il refusait de suivre la mode, mais cela ne le rendait pas plus sympathique pour autant.

— Depuis quand on se connaît ? m’énervai-je en croisant les bras sur ma poitrine.

Il me regarda, déboussolé, avant de me répondre lentement.

— On dirait que tu as pris un coup sur la tête, mais bon, passons… On se parle depuis la rentrée. Tu t’es assis à côté de moi le premier jour, et depuis, on est toujours ensemble.

— Tu dis n’importe quoi ! criai-je, terrorisée, ne comprenant plus rien. Je suis avec Kitty. C’est à elle que je parle.

— Mais qui est Kitty ?

Cette fois, le sang quitta mon visage, et je manquai de perdre connaissance. Avais-je franchi une frontière invisible qui m’avait propulsée dans une réalité alternative ? Ou était-je devenue folle ? Personne ne se souvenait de Kitty, et elle avait disparu, ne laissant aucune trace derrière elle. »

La suite arrive rapidement.

Comment imaginez-vous la suite de ce récit ?

Que va-t-il arriver à Kitty et à Olivia ?

N’hésitez pas à commenter cette histoire 🙂

Publicité

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s