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Seul un monstre, tome 1

Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez tous bien et que vous avez passé un agréable début de semaine. Pour ma part, il a surtout commencé avec un rendez-vous prévu à l’hôpital pour mon conjoint qui ne s’est pas déroulé comme il l’aurait dû. L’hôpital a, il semblerait, de gros problèmes de gestion, car la plupart de rendez-vous ont été annulés pour cause de vacances, alors que les rendez-vous avaient été pris en septembre, donc tout le monde savait que c’était sur une période de vacances. Mais cela fait partie des désagréments habituels, aucune de ses visites ne s’est bien déroulée comme prévue là-bas.

En tout cas, aujourd’hui je vous retrouve non pas pour vous parler d’hôpital, mais plutôt de magie. En effet, je vous retrouve aujourd’hui sur le blog afin de vous parler de l’une de mes dernières lectures. Si vous avez suivi mon C’est Lundi, que Lisez-vous de cette semaine, vous devez donc déjà connaître le titre du livre que je vas chroniquer aujourd’hui. Il s’agit du premier tome de la série Seul un Monstre. Et oui, je dis bien premier tome, car la maison d’édition et l’autrice ont annoncé qu’il y en avait un second, et la couverture a même été dévoilée. Nous sommes, avec ce roman, dans du fantastique jeunesse, avec un peu de science-fiction puisqu’on parle de voyages dans le temps. Ce premier tome s’intitule simplement Seul un Monstre. Il est écrit par Vanessa Len, et est publié en France aux éditions Lumen, car il s’agit d’un roman traduit. Je remercie d’ailleurs la maison d’édition de m’avoir envoyé ce roman en service presse numérique, via la plateforme NetGalley. Le roman est sorti chez nous en septembre 2022. Voici son résumé :

Pour Joan Chang-Hunt, les vacances s’annoncent idylliques. Elle est bien décidée à savourer tranquillement son séjour dans la famille un peu farfelue de sa mère, à Londres. Elle adore son petit boulot au manoir de Holland House, où elle se rapproche peu à peu d’un autre passionné d’histoire, Nick. Mais rien de tout cela n’est en fait un hasard : quand, une nuit, un terrible drame se produit, l’été de la jeune fille vire au cauchemar.

Les Hunt ne sont pas simplement de grands excentriques, ce sont des créatures dotées de pouvoirs cachés aussi fascinants que terrifiants – l’un des douze clans qui règnent en secret sur la capitale. Le tueur de monstres des contes de son enfance n’est pas qu’un mythe, il existe bel et bien, et ne reculera devant rien pour abattre ceux qu’elle aime. Pire encore : c’est Nick, le garçon auquel elle a commencé à s’attacher. Pour sauver les siens d’une mort certaine, Joan va donc devoir s’allier avec l’héritier d’un clan ennemi, Aaron Oliver. Mais surtout, il va lui falloir accepter sa véritable nature.

Car dans cette histoire, le monstre… c’est elle.

Dans cette histoire, nous suivons Joan, une jeune fille qui vient de tomber amoureuse de son collègue bénévole, avec qui elle travaille dans un manoir pendant les vacances d’été. Or, le jour où elle embrasse enfin Nick, une famille rivale à la sienne, les Oliver, vient les interrompre. Le patriarche de la famille voit alors en Joan quelque chose qui la pousse à la mettre à mort. Qu’à cela ne tienne, Nick lui sauve la vie en décimant tous ses adversaires. Seulement, il doit aussi tuer Joan et sa famille, car elle est de la même nature que les autres, c’est-à-dire un monstre. Joan parvient à prendre la fuite, avec Aaron, un garçon de son âge appartenant au clan Oliver. Pour sauver leur vie, Aaron montre à Joan le don des monstres, celui de sauter dans le temps. Ils remontent tous les deux le passé, mais une idée fixe s’accroche à Joan, elle peut sauver tous ceux qui ont été massacré par Nick, dont sa propre famille.

Je vais commencer par Joan, puisque c’est elle l’héroïne de cette histoire. Je vais même commencer cette chronique en posant l’un des principaux défauts de Joan dans cette histoire, à savoir son manque de curiosité pour sa famille et leurs occupations. Dès le début du récit, on apprend que Joan est un monstre, et que sa grand-mère lui a révélé ce don dès son enfance. Ainsi, normalement, Joan sait ce qu’elle est. Or, elle ne s’est jamais intéressée aux dons de sa famille, à cette histoire de monstre, et n’a fait qu’apprendre quelques tours qui finalement ne lui seront d’aucun secours dans cette aventure. J’entends par là que si elle s’était davantage intéressée à son histoire familiale, elle aurait pu être mieux armée pour cette aventure. De ce fait, Joan apparaît comme une non initiée, même pas une apprentie, mais un nouveau-né qui doit tout apprendre. Elle ne sait pas sauter dans le temps, et surtout, elle ne connaît pas sa propre histoire ou celle des monstres. Pourtant, elle est passionnée par l’histoire, et j’avoue que je trouve cela étrange qu’elle n’ait jamais interrogé sa grand-mère ou ses cousins sur ses origines. Son don spécial ne semble d’ailleurs pas non plus avoir d’origine. Néanmoins, à part le manque de considérations pour sa famille, je dois avouer que le personnage de Joan est très intéressant à suivre, et qu’on s’attache tout de même assez facilement à elle. On est touché par son amour naissant avec Nick, et le fait qu’elle ait manqué leur rendez-vous, puis ensuite qu’elle découvre qu’il s’agit de son pire ennemi. J’ai apprécié la manière dont Joan réagit à tout cela, même si elle continue forcément à être attirée par Nick comme un papillon l’est par la lumière. C’est un personnage assez émouvant, parce qu’elle assiste à la mort de tous ses proches, et parce qu’elle ne peut rien faire pour les aider. Elle va alors montrer toute la ténacité dont elle est capable pour pouvoir sauver sa famille. Cela tourne même à l’obsession, et le danger disparaît dans sa tête, car elle ne pense plus qu’à cela. Elle montre à la fois qu’elle est inconsciente, mais aussi tenace, car elle ne va reculer devant rien pour sauver ses proches. Toutefois, Joan est aussi un personnage empathique, qui aide les autres et qui comprend leur peine. Elle va le montrer avec Aaron, mais aussi avec Tim. J’ai beaucoup aimé cet aspect-là de son caractère. Mais elle perd vite les pédales lorsque Nick est dans les parages. Elle garde aussi un grand sens moral pendant tout le récit, continuant à être révoltée par la manière dont les monstres peuvent voyager dans le temps, et refusant au maximum de sauter afin de protéger des inconnus. Cela montre aussi la dualité qui est à l’œuvre chez elle. Joan n’est qu’à moitié monstre, et sa part humain est assez importante, et va la dominer pendant une grande partie de l’histoire. C’est aussi cela qui rend son personnage si intéressant, car on se demande si elle va finir par craquer et devenir un monstre à part entière.

Seul hic ? La méthode utilisée par les monstres pour voyager dans le temps. Pour quitter cette époque, il leur faudrait absorber l’énergie vitale d’êtres humains.

Ce n’était pas une broutille. La jeune Sino-Britannique refusait de se voiler la face : elle aurait donné n’importe quoi pour gagner ne serait-ce que cinq minutes supplémentaires auprès de sa grand-mère, ou de n’importe quel autre membre de sa famille. Chaque jour comptait. Chaque minute était précieuse.

En était-elle réellement capable ? Pouvait-elle dérober, délibérément, à des innocents des heures et des jours de vie ?

Elle contempla ses mains qui, posées sur ses genoux, tremblaient.

– D’accord, dit-elle.

Une sensation désagréable la prit aussitôt à la gorge. Voyager dans le temps de la sorte était immoral. Oui, il n’y avait pas d’autre mot. Seul un monstre serait capable de commettre un crime pareil.

Je vais à présent vous parler des personnages secondaires. Ils sont finalement assez nombreux. Je vais commencer par celui de Nick, qui est vraiment central car il est l’adversaire principal, le méchant de service. Même une fois que l’on connaît son histoire, j’avoue qu’on a du mal à l’apprécier. Nick représente la face cachée de Joan. Il possède cette même obsession qui va le dévorer, sauf que lorsque Jon veut sauver les siens à n’importe quel prix, Nick lui veut les tuer. Et pour cela, il est aussi prêt à tuer Joan, car elle représente pour lui tout ce qu’il haït, soit les monstres. Nick est un tueur sanguinaire qui ne s’arrêtera que lorsque tous les monstres seront morts. Toutefois, il semble avoir des difficultés à faire du mal à Joan, et c’est alors assez intéressant et plaisant de les voir se confronter tous les deux, car ils se détestent pour des raisons évidentes, Nick ayant tué toute la famille de Joan, et dans le même temps, ils restent indéniablement attirés l’un par l’autre, ce qui fait qu’on se demande lequel va trahir l’autre, lequel va avoir le dessus sur l’autre, quelle obsession va finalement gagner. On découvre donc que Nick est froid et n’a aucune émotion en dehors de ce qui le pousse vers Joan, et qu’elle va devenir sa plus grande faiblesse. Ensuite, j’aimerais m’attarder sur Aaron. C’est vraiment le personnage secondaire que j’ai préféré, et je sus un peu déçue de la fin, car j’aurais aimé qu’on le voit davantage, qu’il représente plus pour Joan. Ainsi, Aaron est l’ennemi héréditaire de Joan. Leurs deux familles se détestent depuis des siècles, et ils s’évitent normalement. Or, là, les deux héritiers se retrouvent obligés de travailler ensemble s’ils veulent survivre. Si Joan ne sait presque rien de cette inimitié, ce n’est pas le cas d’Aaron, et il va se montrer assez dur envers elle, qu’il considère comme une moins que rien de part sa demi-part humaine. De plus, elle ne sait rien, et il doit tout lui apprendre. Toutefois, ils forment un beau duo, et on sent le rapprochement s’opérer doucement entre eux, ce qui est assez plaisant. J’ai aimé l’humour noir d’Aaron, ainsi que ses secrets, et la manière qu’il a de rabaisser Joan tout en la protégeant et en veillant sur elle. Il possède de l’espoir, même s’il dit le contraire, car sinon, il ne serait pas resté en sa compagnie. J’avoue toutefois être restée sur ma faim avec lui, car beaucoup de questions sont encore en suspens concernant sa famille, sa part d’héritage, et sa mère. J’espère qu’on le verra plus dans le prochain tome. Enfin, j’ai bien aimé le personnage de Tim, qui apporte une autre ambiance à ce récit, et qui montre lui aussi une autre facette d’une obsession pour sauver un proche. Il est un allié assez particulier, et c’est agréable de le voir fonctionner avec Joan et Aaron.

– Je suis désolé, dit-il, sans parvenir à la convaincre. Je ne peux pas te laisser me toucher.

Il lui était insupportable de se trouver si près de lui, de contempler ce visage si familier, ces yeux si graves… Elle avait passé tant de temps à l’observer à Holland House… Quelle image pouvaient-ils donc donner, tous les deux, du point de vie des passants qui se succédaient devant la vitrine ? Celle d’un jeune homme tenant les mains de sa petite amie en attendant leurs plats ? Quelques jours plus tôt, une idée pareille l’aurait fait tomber en pâmoison. Désormais, l’un comme l’autre savaient qu’à tout instant, elle serait capable de fondre sur la nuque de celui qui s’était invité à sa table – peu importaient les caméras de surveillance.

Une question, malgré tout, brûlait les lèvres de Joan depuis cette nuit fatidique.

– Savais-tu qu’il s’agissait de ma famille avant de les faire exécuter ?

– Non, répondit Nick, d’une honnêteté sans faille.

Elle se contraignit à poursuivre.

– Si tu l’avais su, tu l’aurais fait quand même ?

– Oui.

La réponse, implacable, procura à Joan une douleur presque physique?

– On était amis, toi et moi, dit-elle. On était…

Sa voix se brisa. Il l’avait embrassée, elle qui n’avait encore jamais reçu le moindre baiser.

– Pourquoi les avoir tués ? Qu’est-ce qui t’y forçait ?

Elle peinait à reconnaître sa propre voix. Le pire, dans toute cette histoire, c’est qu’elle éprouvait toujours cette… cette attraction envers son ancien collègue.

– Je te hais, gronda-t-elle.

Cette fois, Nick hésita, le temps d’un soupir.

– Je sais.

Parlons à présent de l’univers de ce roman. En commençant ce dernier, j’avais totalement oublié le résumé du roman. J’avais oublié qu’on parlait de monstres, même si cela est dans le titre, et de voyages dans le temps. J’avais été été séduite par cette idée, car pendant une partie du livres, je me suis demandée ce qu’on entendait par monstres, et la manière dont l’autrice allait introduire ce que ces derniers faisaient. J’ai donc apprécié le fait que les monstres puissent voyager dans le temps, et tout cela en accomplissant quelque chose de finalement assez simple, en touchant la nuque d’êtres humains, et en leur volant du temps de vie, un temps qui est décompter au moment de leur mort, ce qui raccourcit leur vie de quelques minutes, heures, jours, selon le temps qui est pris. C’est une idée assez intéressante, car on aimerait tous voyager dans le temps, ne serait-ce que pour revoir des proches, ou même assister à certaines époques révolues. Or, ici, on introduit le fait que ce voyage dans le temps se paye en vies humaines, et on pose la question de savoir si on est prêt à payer ce prix. Joan, de toute évidence, ne l’est pas, et Nick tue ceux qui le font. On pose donc une question hautement morale avec cette idée de voyage dans le temps. Or, qui dit voyage dans le temps dit aussi modification de la chronologie, et ici, on nous explique que cette dernière est verrouillée. On ne peut donc pas faire n’importe quoi, comme tuer Hitler ou sauver Jésus, car d’autres événements empêcheront nécessairement cela. La chronologie se répare toute seule, et Joan va en faire les frais. Cela permet donc de résoudre les grands problèmes posés le plus souvent par le voyage dans le temps. Mais il y a aussi un autre phénomène qui rentre en ligne de compte, le pouvoir du fameux roi des monstres. J’avoue, je regrette un peu qu’on ait pas vu celui-ci. Je suis restée un peu sur ma faim en ce qui concerne le roi des monstres et son pouvoir, ainsi que sur la Cour des Monstres et la fameuse femme blonde. Je pense qu’on aura des réponses dans le prochain tome, et heureusement qu’il y a ce tome 2 d’annoncé, car sinon, c’est assez dommage de rester là-dessus. Enfin, l’idée du héros qui tue les monstres et qu’il faut arrêter, que seule Joan peut arrêter, est assez intéressante, quoique assez simple dans sa mise en œuvre, et j’ai hâte de voir les informations qu’on va avoir dessus dans la suite, car là aussi, on ne peut pas s’arrêter sur la fin proposée dans ce tome 1. Le monde proposé est donc très riche, et je ne m’attendais pas à une telle richesse. Cela donne presque envie d’être un monstre et de voyager nous aussi dans d’autres époques.

Les conversations surnageaient difficilement au milieu des cris des enfants et des hurlements stridents d’un match de cricket diffusés depuis… Joan dut y regarder à deux fois : le son provenait d’un appareil argenté aussi gros qu’une boîte à pain.

Le Londres qu’elle connaissait était bien différent, songea-t-elle. peu importait l’endroit où elle posait les yeux, elle n’y rencontrait qu’étrangeté : la coupe des vêtements, les coiffures… Même l’atmosphère dégageait une odeur différente. Elle transportait un mélange écœurant de tabac et de goudron. Les voitures n’émettaient pas le même bruit non plus. Rien qu’en fermant les paupières, elle aurait pu se croire dans une toute autre ville.

En ce qui concerne l’écriture de ce roman, elle est assez fluide, et on est tout de suite immergé dans l’univers proposé par l’autrice. J’ai aimé me promener à Londres, quelque soit l’époque proposée, et suivre Joan dans sa quête d vérité. Le suspens est bien dosé, et on prend plaisir à suivre son enquête, et constater que Nick n’est pas son unique problème. L’idée de la chronologie est assez intéressante, et on suit avec avidité les efforts de Joan pour tenter de la contrer. J’ai aussi apprécié mon voyage dans l’univers du roi des monstres, et de ce que son existence implique. Toutefois, j’avoue que je ne m’attendais pas au massacre au début, et que j’ai été déroutée par cela, parce qu’on retrouve une Joan esseulée, et que rien ne dit que son duo avec Aaron va fonctionner. Certaines révélations sont assez simples et font que je suis restée sur ma faim. J’aurais aimé plus de détails sur Aaron, et que la manière d’arrêter Nick ne soit pas si simple. Néanmoins, l’idée qu’un tome 2 se prépare me rassure, car on va certainement avoir de nouvelles réponses. Le roman est donc bien écrit, et j’ai hâte d’avoir la suite.

En résumé, c’est une histoire que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire. J’ai apprécié le personnage de Joan et son obsession pour sauver sa famille, sa foi envers sa possibilité de les sauver et son envie de ne jamais abandonner, malgré tous les obstacles qui se mettent en travers de sa route. J’ai beaucoup aimé le duo qu’elle forme avec Aaron, et c’est agréable de les voir fonctionner ensemble. Nick reste un personnage que je n’ai pas apprécié, même après les révélations faites sur lui, mais je pense qu’il nous réserve des surprises pour la suite. C’est une histoire bien menée, avec des questions encore en suspens, que j’ai hâte de voir être résolues. Le roman est bien écrit, et l’univers proposé est très riche. C’est donc une lecture que je vous conseille vivement, c’est une belle découverte pour ma part, et je vais attendre le tome avec impatience.

Et vous ?

Aimez-vous avoir toutes les réponses à vous questions dans vos lectures ?

Ou préférez-vous gardez du mystère ?

Aimez-vous lorsque tout n’est pas résolu à la fin ?

Bon mercredi à tous 😀

3 réflexions au sujet de « Seul un monstre, tome 1 »

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