chroniques littéraires

La Nouvelle

Bonjour les amis. J’espère que vous allez tous bien et que vous avez passé un bon weekend de Pâques. Pour ma part, il a surtout été constitué de moments au soleil à lire, ce qui m’a permis de terminer l’une de mes grosses lectures de l’année, un roman qui était en cours depuis plusieurs semaines déjà. Et j’ai aussi avancé dans la correction de mes copies de bac blanc, ce qui me permet d’avoir l’esprit un peu plus léger pour la suite de mes vacances, même si mes copies sont loin d’être toutes terminées.

Mais aujourd’hui, je reviens vers vous sur le blog avec l’une de mes dernières lectures, un roman très court, jeunesse, dont je trouvais important de vous parler à cause de l’échéance de ce weekend. Même si je n’aime pas parler politique ici, j’ai trouvé que ce roman faisait écho à la situation. Ce roman s’intitule La Nouvelle, et il a été écrit par Cassandra O’Donnell, une autrice jeunesse que j’aime beaucoup, notamment pour sa saga Malenfer. Ce roman a été publié en mars 2019 aux éditions Flammarion. Voici son résumé :

Haya et sa famille viennent de Syrie. Ils ont dû fuir la guerre et se sont donc rendus en France, dans un village breton. Haya entre au collège et doit faire face à la méchanceté et au racisme de certains collégiens. Heureusement, son nouvel ami Gabriel la soutient et lui permet de vivre plus sereinement son arrivée dans ce nouveau pays.

Dans cette histoire, nous suivons deux héros, Gabriel et Haya. Cette dernière vient d’arriver de Syrie, où avec sa famille, elle a fui la guerre. Or, son adaptation en France ne se passe pas aussi bien que prévu, et elle va se retrouver confrontée au racisme et à la méchanceté des autres adolescents, mais aussi des adultes. Gabriel va donc tout faire pour l’aider, et devenir son ami.

Je vais commencer par vous parler du propos même de cette histoire. Nous sommes ici dans un roman jeunesse qui a pour but non seulement de nous parler de la guerre, du statut des réfugiés, mais aussi du racisme. En effet, à travers les yeux d’Haya, on découvre un pays autrefois beau, mais à présent meurtri par les bombes et par les combats. On voit alors toute la peur qu’Haya a eu à cette période, et son désir de trouver un endroit où vivre en sécurité, en attendant de rentrer chez elle. C’est d’ailleurs assez fort dans cette histoire, car Haya, malgré son adaptation à la France et par le fait qu’elle maîtrise rapidement la langue, ne veut pas rester dans ce pays. Quoique jeune, elle sait déjà que ce pays ne veut pas d’elle, et elle ne veut pas de problème. On évoque aussi la difficulté pour se nourrir, pour vivre, ou même travailler. Le père d’Haya est médecin, mais il ne peut pas exercer son métier car son diplôme n’est pas reconnu. On évoque donc, avec une certaine douceur, le problème des réfugiés, mis au banc de la société, et jugés ensuite par cette dernière. On ne peut donc qu’avoir de la compassion pour cette famille qui ne cherche qu’à survivre, mais qui se fait rejeter, tout simplement parce qu’elle a osé survivre à la guerre. Ensuite, ce roman évoque aussi le racisme, et la méchanceté des adultes que vont reproduire les enfants sans même s’en rendre compte. Haya n’est pas différente des autres, pourtant, parce qu’elle ne parle pas la même langue ou n’a pas la bonne couleur de peau, les autres ne veulent pas jouer avec elle. Je trouve que, pour le coup, le roman ne s’attarde pas assez sur les ressentis d’Haya, et sur la peine que cela lui provoque. On montre alors la violence de Gabriel face à ces propos. Enfin, je voudrais souligner l’espoir qui sort de ce roman, celui qui pousse justement Gabriel à se battre pour Haya, au nom de leur amitié, et le fait qu’avec un peu d’aide, les réfugiés peuvent aussi vivre comme tout le monde. En tout cas, le fait d’évoquer les réfugiés et leur problèmes pour s’intégrer, notamment à cause des locaux, est assez intéressant. Et c’est bien d’évoquer plusieurs réfugiés, et de montrer que ce n’est jamais une question de choix, mais une question de survie. Le thème est non seulement intéressant, mais surtout d’actualité.

– Vous savez, je sais ce quoi pensent les gens de ce pays, répond Haya d’un air désabusé.

Les différences de cultures, de religions… Grand-mère connaît ça par coeur. Elle sait les problèmes que ça pose. Elle ne jette la pierre ni aux uns ni aux autres. Elle regrette juste, parfois, qu’il n’y ait pas plus de tolérance et de compréhension de part et d’autres.

Grand-mère avance vers elle et lui sourit :

– Je sais que ce n’est pas facile… mais un jour, bientôt, tu réaliseras que les gens d’ici ne sont ni pires ni meilleurs qu’ailleurs et qu’il leur faut juste un peu de temps.

Haya hausse les sourcils, avec l’air de ne pas y croire du tout. Puis elle regarde grand-mère dans les yeux.

– Ils ne veulent pas de nous… ils pensent qu’on est venus ici pour de mauvaises raison, ils croient que nous avons le choix… mais le seul choix qu’on a fait, c’était celui de ne pas mourir…

Le sourire de grand-mère s’élargit, puis elle tend la main vers Haya et lui ébouriffe les cheveux.

– C’était un bon choix.

J’en arrive maintenant au personnage de Gabriel. C’est un personnage que j’ai pris plaisir à suivre, tout simplement parce qu’on comprend dès le début qu‘il ne supporte pas l’injustice, et que même si le fait de devenir ami avec Haya n’est pas son idée première, il est loyal en amitié, et surtout, il va tout faire pour la défendre une fois qu’il aurait compris sa situation. J’ai donc aimé voir son évolution, celle qui lui permet de se remettre en question, mais aussi de remettre les autres e question. Le secret de sa famille est aussi intéressant, et j’ai donc apprécié l’enquête qu’il va mener pour essayer de le comprendre. Le lien qu’il a avec sa grand-mère est plaisant à suivre, on voit qu’il l’aime, et qu’il a aussi besoin de comprendre son passé. Enfin, j‘ai apprécié les disputes qu’il a avec son frère, car cela va faire changer les choses dans leur famille, et les mentalités autour d’eux. Cela va aussi permettre de le rendre vivant, et crédible. Gabriel est un personnage fort dans cette histoire, et j’espère qu’il servira de modèle à d’autres enfants. J’ai aussi beaucoup aimé sa curiosité et son ouverture d’esprit, qui en font un personnage attachant. Et son courage, car Gabriel en possède beaucoup.

Gabriel jette un regard discret à Haya. Théo a raison. Il s’entend bien avec Haya parce qu’elle est intelligente et qu’elle est comme lui : avide d’apprendre, mais pas seulement. Elle a une façon différente de voir le monde et de l’aimer. Une belle façon. Et ça, en dépit de tous les drames qu’elle a vécus.

J’ai à présent envie de vous parler d’Haya. Ce personnage m’a beaucoup émue, parce que, comme je l’ai mis plus haut, on sent toute sa détresse et son envie d’être ailleurs. Ainsi, lorsqu’elle arrive dans le collège de Gabriel, elle est non seulement affectée par les combats auxquels elle a assisté, mais aussi par le long voyage qu’elle a dû faire pour se retrouver en sécurité. J’ai donc eu envie de la serrer dans mes bras, parce que ce qu’elle a vécu, qui est fictif, est une réalité pour beaucoup d’enfants, et qu’on a facilement tendance à l’oublier dans nos maisons avec tout le confort moderne, en paix. J’ai donc trouvé son personnage très émouvant, et réaliste. Ainsi, Haya n’a qu’une envie, c’est de retourner dans son pays et reprendre sa vie, celle qu’on lui a volée. Or, cela est impossible. En plus de tout cela, elle est obligée de faire face au racisme du collège. J’ai alors trouvé qu’elle agissait avec beaucoup de maturité, une maturité qu’elle ne devrait pas avoir à son âge, et qui, d’une certaine manière, va aussi la séparer des autres. On sent donc, par moment, qu’elle n’est plus une enfant, mais elle n’est pas une adulte non plus. Ce qu’elle a vécu l’a transformée et isolée. Heureusement, elle va aussi retrouver une certaine innocence au contact de Gabriel, et j’ai beaucoup aimé le duo qu’ils forment tous les deux, un duo où se mêle l’apprentissage, car Gabriel est avide d’apprendre, et Haya de transmettre. D’ailleurs, elle a aussi envie de s’intégrer, car elle apprend rapidement le français. C’est un personnage tout aussi attachant que celui de Gabriel. J’ai aussi beaucoup aimé son courage, et le fait qu’elle ne se laisse pas marcher sur les pieds.

– T’es fâché ? s’enquiert Gabriel, inquiet.

Haya soupire. Non, elle n’est pas fâchée. Elle n’a simplement pas envie de lui expliquer qu’elle peut se défendre seule. Et que si elle n’a pas répondu aux propos insultants de ces deux garçons, ce n’est pas par peur, par manque de fierté ou de dignité, mais par indifférence. L’indifférence qu’elle ressent pour ces gens. Ces étrangers. (…)

– Avant, il y a une année, avec mon père et ma mère, on faisait des soins aux blessés et on comptait les morts dans les maisons tombées de nos voisins. Alors tu vois, il y a des choses plus graves.

J’en arrive donc enfin à la lecture même de ce roman, et à son écriture. Il se lit très bien, mais je suis une adulte qui lit un livre qui est clairement jeunesse. Je pense toutefois que le vocabulaire est abordable pour un jeune lecteur, et ce que j’ai aimé, c’est qu’on parle de la guerre, des bombes, en disant leur horreur sans le dire vraiment. Il y a tout un travail d’imagination qui est alors mis en place, avec des mots utilisés pour marquer, sans que leurs horreurs soient décrites. Il y a donc une certaine douceur dans les souvenirs d’Haya, et on ne cache pas non plus que son pays était beau autrefois, mais que son retour est compliqué. De ce fait, le personnage de la grand-mère aide beaucoup à comprendre la situation dans laquelle est Haya, mais une vérité assez dure, mais adaptée aux enfants. Et c’est ce que j’ai aimé dans ce roman, car on parle aux enfants de l’horreur de la guerre et ses conséquences, tout en montrant aussi le racisme auquel ces enfants sont confrontés. Je ne vais pas le cacher, j’ai eu le sentiment que l’autrice n’allait pas au bout de son idée car je suis parfois restée sur ma faim, dans certains chapitres, mais dans le même temps, les propos et la leçon donnée sont certainement assez clairs pour des enfants, et il n’y a peut-être pas besoin d’en faire plus. Le roman se lit donc bien, et il est fait pour les plus jeunes, mais aussi pour les adultes pour leur rappeler que les enfants n’ont rien à voir dans des conversations d’adultes, et qu’il faut éviter de leur faire reproduire des schémas d’adultes.

En résumé, c’est une histoire que je vous conseille de lire, même si vous n’êtes plus un enfant. Ce roman parle de tolérance et des conséquences des actions des adultes sur des enfants. Cela permet de remettre beaucoup de choses en perspectives, et je pense aussi que, vu le contexte actuel, ce roman devrait être mis entre toutes les mains pour rappeler les conséquences de la guerre et du racisme. Les personnages sont très bien décrits et crédibles, le vocabulaire est adapté aux plus jeunes lecteurs, et ce livre se met à la portée de tout le monde. C’est une belle histoire d’amitié et une belle leçon de tolérance.

Et vous ?

Lisez-vous des romans jeunesses ?

Aimez-vous lorsqu’ils évoquent des sujets contemporains ?

Ou préférez-vous qu’ils évitent certains sujets ?

Bon mardi à tous 🙂

Une réflexion au sujet de « La Nouvelle »

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