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Erèbe

Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez tous bien et que votre weekend se déroule comme vous le souhaitez. Pour ma part, il passe encore à toute vitesse, et j’aimerais beaucoup que les jours soient plus longs, afin de réussir à faire tout ce que je dois faire, et ce que j’ai envie de faire. J’ai notamment beaucoup d’idées pour de nouveaux romans que j’aimerais beaucoup écrire avant que le monde ne touche à sa fin. Mais bon, je sais qu’il faut faire des choix, et c’est vraiment frustrant. Il paraît que c’est le fonctionnement de la vie.

En parlant de choix et de vie, je reviens vers vous aujourd’hui pour vous parler de l’une de mes dernières lectures de février. En effet, aujourd’hui, je vais vous parler du roman Erèbe, écrit par Rozenn Illiano et publié chez Librinova, donc en autoédition. Je remercie son autrice pour m’avoir envoyé son roman via NetGalley, en service presse numérique. Il s’agit d’un roman fantastique, plutôt pour les adolescents. Il est sorti en novembre 2020. Voici son résumé :

Paris, 1888. Jeune fille de bonne famille, avide de liberté, Lisbeth se sent piégée dans une vie dont elle ne veut pas. Sa mère est morte quand elle était enfant, son père est froid et autoritaire, une étrange malédiction accable sa famille depuis toujours… Alors que l’automne s’installe, des songes enchanteurs troublent son morne quotidien : elle entre dans un monde envahi par l’hiver éternel, un ailleurs où trône un splendide château blanc peuplé d’un unique habitant, Elliot, qui lui en apprend plus sur son pouvoir naissant, celui des rêves. Ainsi, chaque nuit, ils explorent Érèbe et ses merveilles, comme dans un conte de fées. Mais les contes de fées, tout comme les rêves, peuvent vite tourner au cauchemar, et les malédictions rattrapent toujours ceux qui cherchent à les fuir…

Dans cette histoire, nous suivons principalement deux personnages, qui sont Lisbeth et Elliot. Tous les deux adolescents, ils ne vivent pas dans la même ville, Lisbeth est à Paris et Elliot à Londres, mais ils se retrouvent soudain dans les mêmes rêves, ceux qui les mènent à un pays onirique, Erèbe. Alors qu’Elliot connaît la sombre histoire de ce lieu, Lisbeth n’en sait rien, et elle va devoir affronter son destin et la malédiction qui pèse sur sa famille, si elle veut survivre. Quel rôle alors Elliot va-t-il jouer dans sa chute ?

Je vais commencer par vous parler de l’univers en premier, parce que j’ai beaucoup de choses à dire sur ce dernier. On le découvre avec Lisbeth, lorsque cette dernière le découvre. Erèbe, qui donne donc son titre au roman, est un monde onirique, auquel on ne peut accéder que par les rêves. De ce fait, pour y entrer, il faut être un marcheur de rêves, mais pas n’importe lequel. Deux familles seulement peuvent y entrer, celle de Lisbeth et celle d’Elliot. Or, à la suite d’un drame survenu des siècles plus tôt, les deux familles se détestent et cherchent à prendre le contrôle de ce monde. Ce dernier se modèle selon la convenance de ses visiteurs, et tout est possible en lui, comme construire un château, une ville entière, des êtres fantomatiques. Erèbe garde aussi des traces du passé, voir permet d’accéder au futur. C’est d’ailleurs pour cela que les deux familles s’affrontent, pour conserver ce pouvoir, qui n’a pourtant cours que dans le monde onirique. Et c’est là, à mon avis, que le roman pose problème. En effet, j’ai apprécié l’aspect poétique de ce monde, celui qui se trouve dans nos rêves et qu’on n’a pas envie de quitter parce qu’il est magique, parce que tout semble possible en lui, parce qu’il permet d’accéder à nos envies les plus profondes. Et, dans le même temps, ce n’est pas la réalité, et c’est ce que nos protagonistes vont oublier. Ainsi, la conquête d’Erèbe passe par le monde réel, avec ses morts et ses assassinats, tout cela dans le but de conserver le contrôle sur cet univers qui lui n’a aucune répercussion sur le réel. Et, pour ma part, c’est ce qui m’a dérangée. En effet, j’ai eu du mal à trouver cette idée crédible, le fait que deux familles se fassent la guerre pour un monde qui n’existe finalement pas. J’ai trouvé cela tiré par les cheveux. Même si la magie d’Erèbe est fantastique, magnifique, elle ne mérite pas des morts, et cela ne semble choquer personne à part Lisbeth. J‘ai donc trouvé que les personnages manquaient de clairvoyance. De plus, ce monde ne fais, finalement, que nous proposé un nouveau Roméo et Juliette, avec une mise en scène davantage magique, mais qui fait qu’on a deux familles rivales prêtes à s’entretuer, avec deux adolescents opposés qui tombent amoureux. J’ai donc trouvé que cela était déjà vu, et que cette nouvelle version n’apportait pas grand chose. Enfin, ce qui m’a manqué avec Erèbe et le monde proposé, c’est qu’on en sache pas plus, notamment sur la Sorcière Blanche. Je trouve que l’univers, en tant que tel, manque d’aboutissement. J’aurais aimé qu’on en sache plus sur lui, et sur la mission qui pèse sur les deux familles.

« Regardez, là… » chuchote Elliot tout en tendant les bras vers les arbres les plus proches.

Un tout petit chat les scrute, assis sur son séant. Un félin adulte, si blanc qu’il se distingue à peine dans la neige, exactement comme la jeune femme l’avait imaginé : une fourrure blanche, une longue queue touffue, d’interminables moustaches. Lisbeth n’ose pas faire un geste de peur de l’effrayer.

« Qu’il est beau… » souffle-t-elle.

Après les avoir observés avec attention, le chat s’avance vers eux d’une démarche lente jusqu’à parvenir à leur hauteur. Il se laisse faire quand Lisbeth s’agenouille pour lui caresser la tête.

« L’ai-je vraiment créé ? interroge-t-elle. Etes-vous sûr que ce n’est pas vous ? J’ai cru avoir échoué…

– Vous avez entendu Erèbe, non ? Vous avez entendu le battement, sa respiration ?

– Oui.

– C’était bien vous, alors En revanche… »

A ces mots, Lisbeth perçoit autre chose. Un glissement, une sensation proche et différente de la première fois, semblable à un écho. Elle aurait pu ne pas le sentir si Elliot ne lui avait rien dit.

« Là, c’était moi », termine-t-il en souriant.

Sous ses yeux ébahis, Lisbeth voit les iris du chat changer de couleur, passant du gris bleu au vert exacte de son propre regard.

Je vais à présent vous parler d’Elliot, puisque c’est là des personnages centraux de ce récit. Tout d’abord, c’est un personnage qu’on a envie d’aimer, tout simplement parce qu’il est à Erèbe bien avant Lisbeth, qu’il est assez discret, et qu’il va lui apprendre beaucoup de choses sur ce monde. Ainsi, une amitié rapide va naître entre eux. Toutefois, et c’est là où j’ai eu plus de mal avec lui, c’est qu’Elliot est un personnage assez lâche, qui limite les connaissances de Lisbeth en ne lui disant pas l’essentiel, ce qu’elle doit impérativement savoir pour survivre, parce qu’il la tient dans l’ignorance parce qu’il s’attache à elle, sans lui demander son avis, et qu’il refuse d’affronter sa famille. Elliot est un personnage qui vit dans la peur. Il se rebelle, certes, mais finalement, ce n’est qu’une rébellion en carton qu’il mène, et il n’a pas l’étoffe du héros qu’il devrait être, qu’il se pense être par moment. J’ai trouvé que son personnage était finalement assez mou, alors qu’en plus, il est en mesure de connaître l’avenir, mais il ne fait rien pour que ses visions ne se déroulent pas, pour qu’elles n’arrivent pas. Heureusement, sur la fin, il montre tout de même son courage, mais cela prend beaucoup de temps. Au moins, il a une évolution intéressante, qui prend beaucoup de temps, mais tout aurait été plus simple s’il avait parlé plus tôt à Lisbeth. Elliot fait trop traîner les choses. Néanmoins, on finit tout de même par s’attacher à lui, même si j’aurais aimé qu’il soit moins passif dans ce qui arrive, d’autant plus que c’est lui qui a toutes les clés en main pour résoudre les problèmes des deux familles. On comprend son dilemme, mais il devrait ouvrir les yeux plus tôt.

Elliot a honte de faire semblant d’être ce qu’il n’est pas. Il aurait pu se protéger d’une autre manière, devenir le chef d’entreprise que sa mère espérait qu’il soit. Il se disait que les difficultés de sa fausse condition, le froid, le manque d’argent, la fissure de sa fenêtre, lui permettraient d’oublier Erèbe et sa magie, mais force est de croire que c’est impossible.

Souhaite-t-il pour autant reprendre la place qui était la sienne ? Retrouver son vrai nom, suivre la voie choisie par ses parents, accomplir la mission qu’il a reçu avant de naître ?…

On en arrive maintenant au personnage de Lisbeth. Contrairement à Elliot, elle n’est pas lâche, et même si elle n’a pas toutes les cartes en main, elle possède une grande force qui va se révéler au cours du récit. Elle est celle qui va porter l’histoire et qui va chercher à comprendre le fonctionnement d’Erèbe, ainsi que son pourquoi. Elle est alors la seule qui va essayer de comprendre ce monde, sans doute parce qu’elle y arrive dans la plus grande ignorance. Je trouve alors qu’il est assez simple de s’attacher à Lisbeth parce qu’on s’aperçoit bien vite qu’elle est manipulée par tout le monde, aussi bien sa propre famille que par Elliot, alors qu’elle devrait avoir confiance en lui. Et, contrairement à tout le monde, même si Lisbeth est très séduite par la magie que lui propose Erèbe, même si elle va elle aussi, comme tous ceux passés avant elle, développer une dépendance à ce monde où tout est possible, Lisbeth a bien conscience que ce dernier n’est pas la réalité, et qu’il ne vaut pas qu’on meurt pour lui. Elle est donc prête à l’abandonner, alors que tout le monde se bat pour lui. C’est aussi sa grande force, parce qu’elle n’a pas été guidée pendant son enfance, parce qu’on ne lui a pas dicté sa mission, parce qu’elle la découvre toute seule, ce qui fait qu’elle peut elle-même choisir. En ce sens, même si elle est enchaînée dans le monde concret, Lisbeth est beaucoup plus libre qu’Elliot, et c’est ce qui va lui donner de la force. J’ai beaucoup aimé la manière dont elle va tenir tête à tout le monde, la façon dont elle va se libérer et montrer à tous que c’est elle qui avait raison. II est alors facile de s’attacher à elle car elle montre aux autres ce qui est juste, et elle refuse de rentrer dans le moule qu’on a prévu pour elle. Elle va alors plus loin que tout le monde, même si elle est terrifiée. Et elle a un petit côté manipulatrice qui va se révéler dans la dernière partie du roman, un trait de caractère qu’on attendait pas chez elle, qui va surprendre de manière positive, car on voit alors que Lisbeth ne se laisse pas marcher sur les pieds, même si pour cela, elle risque sa vie. Son personnage est donc très intéressante à suivre.

Lisbeth ne changera pas d’avis. Elle se sent prête à tout sacrifier afin de permettre à Elliot de poursuivre son travail en paix, exactement comme Victoria l’a fait pour Ellie Valentine. Elle a peur, oui… mais cette peur n’est rien face à celle qu’elle éprouve à l’idée qu’Elliot souffre à cause de leur prétendue rivalité.

il continue de la fixer sans y croire.

« Tu ne revendras plus à Erèbe, dit-il d’une voix blanche. Tu perdras ton pouvoir, une partie de ton âme…

– J’y suis préparée.

On en arrive à présent à l’écriture de ce roman. Le fait que la narration soit au présent m’a un peu dérangée, tout simplement parce qu’intuitivement, dans ce genre de roman, je trouve que le passé et l’imparfait sont meilleurs, et parce que j’avais tendance à changer le temps de la narration. Pour l’allure poétique du récit, les verbes apportent donc une allure plus brutale et moins fluide que si cela avait été au passé. Toutefois, il s’agit d’un goût personnel. Sinon, dans l’ensemble, le texte est assez fluide. Néanmoins, j’ai trouvé que l’histoire tournait en rond, et qu’on savait comment cela allait tourner bien avant les personnages. Il est alors compliqué d’être surpris, et j’ai trouvé que l’autrice mettait beaucoup de temps à annoncer des évidences. De la même manière, l’histoire tire en longueur, et je me suis un peu ennuyée dans le récit. Peut-être que cela n’était pas le bon moment pour moi pour lire ce roman, ou peut-être que je n’ai pas été assez séduite par sa plume, mais j’ai trouvé le récit trop long, et je n’ai pas été touchée par la magie d’Erèbe, d’autant plus qu’il reste beaucoup trop de questions sans réponse à la fin, et que l’histoire se concentre trop sur la rivalité entre les deux familles et l’histoire d’amour qui naît entre Lisbeth et Elliot, en faisant un Roméo et Juliette qui aurait pu, à mon sens, être mieux développé.

En résumé, je suis un peu mitigée sur ce titre. Le personnage de Lisbeth m’a beaucoup plu. J’ai aimé sa curiosité, son envie de liberté, et sa manière de répondre aux autres, ce qui va faire que même si elle est manipulée par tout le monde, elle est la seule à avoir du bon sens et à s’opposer à cette guerre familiale. Le personnage d’Elliot est alors plus effacé, plus lâche, et moins intéressant, même s’il a, heureusement, une bonne évolution. L’univers qui nous est proposé est sympathique, mais pas assez développé à mon goût. Je suis restée sur ma faim avec ce récit, et je déplore qu’on ne sache pas suffisamment de choses sur Erèbe, qu’on se concentre trop sur la rivalité entre les deux familles, et sur la romance, alors que le récit a de bonnes bases. Je vous le recommande tout de même pour que vous vous fassiez votre avis, mais ce récit n’a pas intégralement fonctionné sur moi, malheureusement.

Et vous ?

Dans un univers fantastique, qu’est-ce que vous aimez retrouver ?

Aimez-vous les récits où les héros sont rivaux ?

Ou les romances où les protagonistes se détestent ?

Bon dimanche à tous 🙂

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4 réflexions au sujet de « Erèbe »

  1. C’est vraiment dommage pour l’univers car ça commençait très bien mais aussi bien pour ca que pour les personnages, de mémoire, j’ai eu le même souci avec un autre de ses titres sauf confusion de ma part ><

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  2. Il me tente toujours beaucoup mais j’avoue avoir un peu plus de réserve dorénavant. Je pensais prendre la version reliée, mais je vais peut-être d’abord tenter l’ebook pour être certaine d’accrocher parce que les histoires qui tournent en rond, ça m’ennuie très vite…

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