chroniques littéraires

L’atelier des Sorciers, tome 2

Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez tous bien et que vous passez un bon weekend, malgré les actualités brûlantes de ces derniers jours. On ne pensait vraiment pas qu’on verrait une nouvelle guerre si proche de nous de notre vivant, même si tous les signaux étaient présents, et que logiquement, cette situation ne pouvait qu’arriver. Il reste toutefois un certain sentiment de sidération qui se maintient, alors que c’était la même chose en 2014. L’homme oublie vite.

En tout cas, je reviens vers vous aujourd’hui pour vous apporter un peu de magie. En effet, je vais aujourd’hui vous livrer, enfin, mon avis sur le tome 2 du manga l’Atelier des Sorciers. La chronique du tome 1 date un peu, de 2019. Vous pouvez la retrouver ici. J’ai, cette année, décidé de reprendre totalement cette série, et d’aller au bout de cette dernière. Je relis donc les premiers tomes. Cette série est écrite et dessinée par Kamome Shirahama. Elle est publiée en France aux éditions Pika et ce tome est sorti en juin 2018. Voici son résumé, et nous sommes bien sur un univers magique :

On naît sorcier, on ne le devient pas. C’est la règle. Pourtant, Kieffrey a pris Coco sous son aile et a fait d’elle sa disciple : d’humaine normale, la voilà devenue apprentie sorcière !

Kieffrey, Coco et ses trois camarades se sont rendus à Carn, petite ville de sorciers, pour acheter des fournitures magiques. Mais soudain, les quatre fillettes tombent dans un piège tendu par un mystérieux sorcier encapuchonné : elles sont coincées dans une dimension parallèle et doivent échapper à un dragon !

Dans ce nouvel épisode, nous retrouvons Coco et ses amies. La jeune fille découvre peu à peu le monde de la magie et les conséquences de son premier sort. Non seulement sa mère a été puni par sa faute, victime de son sortilège, mais Coco pourrait elle aussi tout perdre, jusqu’à sa mémoire et sa possibilité de sauver sa mère. Dans le même temps, la confrérie du capuchon lui tende des pièges, pour voir ses facultés, et Coco va devoir apprendre à se défendre si elle veut survivre.

C’est un plaisir de retrouver Coco dans cette nouvelle histoire et de voir ses avancées. On l’avait laissée, dans le premier épisode, sur sa découverte de la magie et sur sa volonté de s’améliorer le plus possible afin de devenir une sorcière légitime, ce qui lui donnerait le droit de s’approcher de la grande bibliothèque et de trouver le contre-sort pour sauver sa mère. On suit donc avec attention toute sa joie de se voir devenir une sorcière et de tester la limite de ses pouvoirs, de progresser aussi, et son enthousiasme est assez contagieux. C’est d’ailleurs ce qui est plaisant avec Coco, car elle est curieuse de tout, tout devient une excuse pour améliorer ses dons, pour l’émerveiller. Elle éprouve de la joie face à toute nouvelle démonstration de magie, alors même que cette dernière lui a ravi sa mère. Même lorsque la magie se montre dangereuse, Coco reste sous le charme de cette dernière, et cela est assez plaisant car cela démontre que Coco reste une enfant capable de voir la beauté même sous l’horreur, qu’elle conserve son âme d’enfant, et c’est aussi cette faculté qui va la sauver. Elle est capable de voir au-delà du danger, Et cela va devenir fondamental dans les combats qui vont l’opposer à ses adversaires. Mais ce qui est aussi intéressant, avec Coco, c’est qu’elle ne se démoralise pas. Elle reste persévérante, elle continue malgré tout, même en danger, même moquer par les autres, parce qu’elle a une mission, celle de sauver sa mère, mais aussi toutes les autres personnes qui seraient en danger. J’aime beaucoup cette force en elle, cette capacité à occulter ce qui l’entoure pour progresser, encore et encore. C’est aussi ce qui va permettre le respect des autres, et le fait d’atteindre cette légitimité qu’elle recherche.

En ce qui concerne les autres personnages secondaires, j’aime toujours le personnage de Kiffrey, le maître de Coco et de ses amies. En effet, c’est quelqu’un qui prend soin de ses élèves, et qui essaye de leur montrer le bon côté de la magie, mais aussi ses dangers, tout en veillant sur les filles. Il est plein d’empathie pour Coco, même s’il semble poursuivre sa propre quête, celle de traquer les membres de la confrérie du Capuchon, ceux qui sont responsables de la situation de Coco. On se demande alors si on peut lui faire totalement confiance. En tout cas, j’aime beaucoup lorsqu’il prend la défense de cette dernière, ou lorsqu’il prend le temps de lui enseigner ce qui lui manque.

J’ai toutefois envie de vous parler plus en détail d’Agathe. Dès le début de l’histoire, dans le tome 1, on se rend compte qu’Agathe n’aime pas Coco, ou du moins, qu’elle ne comprend pas sa présence, et qu’elle aimerait beaucoup se débarrasser d’elle, justement parce qu’elle ne l’estime pas légitime à se prétendre une sorcière. A ce moment-là, on ne savait pas vraiment ce qui faisait peur à Agathe, si elle éprouvait de la jalousie pour Coco, pour le lien que cette dernière formait déjà avec Kieffrey, si elle se sentait menacée par elle, ou s’il y avait autre chose. Ce tome 2 nous permet, en fait, de mieux comprendre Agathe et ses griefs cotre Coco, ou du moins ses peurs. On découvre ainsi le poids qui pèse sur les épaules d’Agathe, et le fait qu’elle ne supporte pas se faire ralentir par les autres. C’est une meneuse, qui est certaine que son don est le meilleur, et qui travaille énormément pour le prouver à elle-même, et aux autres. De ce fait, je trouve qu’on éprouve plus de sympathie pour Agathe lors de ce nouvel épisode, que lors du tome 1 où elle paraissait juste imbue de sa personne et une vraie peste envers Coco. On les voit d’ailleurs être obligées de travailler ensemble, et j’ai beaucoup aimé le fait qu’Agathe soit obligée de revoir ses positions. Même si elle se méfie toujours de Coco, la guerre n’est au moins pas ouverte entre elles deux, et je pense qu’Agathe a beaucoup à apprendre de Coco. J’ai donc hâte de voir comment leur relation va évoluer, en espérant qu’elle soit positive, et que les deux jeunes filles n’aient pas à s’affronter.

On en arrive à présent au monde en lui-même. Le premier tome nous en montrait les bases, désormais, ce dernier se complexifie. Non seulement nous avons les maîtres, comme Kieffrey, qui protègent et enseignes aux apprentis sorciers, mais nous avons aussi ceux qui surveillent les maîtres et les humains, ainsi que la milice, les sorciers qui sont là pour faire appliquer la loi, et que Coco va devoir affronter. On comprend alors l’équilibre presque instable qui permet au monde de survivre, aux guerres de ne pas exister, et qui plonge une partie de la population dans l’ignorance, est menacé. C’est cela que la confrérie du capuchon essaye de faire s’envoler. Mais, d’un autre côté, on voit aussi la beauté de la magie, et le fait que cette dernières est très pratique pour sauver des vies, et que les sorciers sont tenants d’un immense pouvoir, qui pourrait aussi se retourner contre eux. J’aime donc toujours le monde qui nous est proposé ici, et qu’on voit prendre de l’amplitude, alors que les pièces commencent à se mettre en place et qu’on commence à saisir tout ce qui est en jeu. Cela permet aussi de montrer que Kieffrey joue un jeu dangereux en protégeant Coco car la destruction de cet univers peut aisément passer par elle.

Parlons maintenant de l’histoire et des dessins. J’aime beaucoup les indices qui sont distillés au cours de la lecture, et qui permettent que le monde se complexifie, mais qu’on voit aussi les attitudes des uns et des autres. L’univers est plaisant à découvrir et à voir être mis en place, et il y a du suspens, car on ne sait jamais comment telles ou telles actions va se terminer une fois qu’elle est mise en place. Les chapitres avec le dragon sont vraiment plaisants à suivre. Le dessin, quant à lui, est toujours magnifique, rempli de détails, et c’est une vraie œuvre d’art. J’aime beaucoup le style de l’autrice, qui nous donne donc à découvrir des planches magnifiques, avec un côté gravure qui est vraiment sympathique et agréable pour les yeux. Le fait que l’histoire se termine sur un gros suspens donne envie de lire immédiatement la suite.

En résumé, ce tome est tout aussi plaisant à lire que le tome 1. L’histoire se met peu à peu en place, et c’est agréable de voir le monde se complexifier, de le voir prendre de l’amplitude et de voir les problèmes auxquels Coco se retrouve confrontée en vivant avec les sorciers. On apprend plusieurs éléments dans ce nouvel épisode, qui nous amènent à de nouvelles questions. Le personne de Coco est toujours très attachant, et j’aime bien celui d’Agathe, qui se complexifie lui aussi, et qui tombe un peu le masque et les armes face à la joie de Coco. C’est un bon tome, pour une série qui est vraiment agréable à lire, avec un dessin et un trait très personnel et magnifique. Je vous le conseille donc vivement et et j’ai hâte de lire la suite.

Et vous ?

Aimez-vous les traits complexes dans une BD ou un manga ?

Quel est le type de dessin que vous préférez ?

Aimez-vous lorsque les ouvrages se terminent sur un suspens ?

Bon dimanche à tous 😉

Une réflexion au sujet de « L’atelier des Sorciers, tome 2 »

  1. J’aime aussi beaucoup ce manga, qui me donne toujours l’impression de « souffler » le temps d’une lecture au milieu des pressions du quotidien tant elle a ce côté doux et régressif. Et le traitement apporté aux personnages secondaires, comme tu le soulignes avec Agathe, est super intéressant^^

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