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Halloween Night, tome 1 : Le Manoir

Bonjour les amis. J’espère que vous allez tous bien et que vous passez un excellent weekend. Pour ma part, le mien est occupé par l’avancement de mon roman, donc par le Nano, et où je suis assez fière de moi parce que j’ai enfin dépassé les 30 000 mots écrits, que mon roman avance assez bien, et que j’ai même terminé d’écrire mon dossier pour le concours. Dans le même temps, je dois aussi avancer sur le blog, et vous écrire les chroniques en retard, car j’ai un peu délaissé cela ces derniers temps, je m’en rends bien compte. Enfin, je suis aussi occupée à corriger des copies. Nous approchons de la fin du trimestre, et toutes les notes doivent bientôt être rentrées. J’ai le sentiment que ce dernier est passé bien plus vite que l’année dernière, et j’ai le sentiment de prendre beaucoup de retard avec certaines de mes classes. Heureusement, mes cours sont, quant à eux, prêts, mais j’ai le sentiment de ne pas assez avancer en classe.

En tout cas, aujourd’hui je vous retrouve justement pour vous parler de l’une de mes dernières lectures, qui a été faites en retard. En effet, nous sommes aujourd’hui en train de parler d’un roman d’horreur, et donc, ce roman aurait dû être lu pour Halloween, mais comme j’avais pris du retard dans mes lectures, je l’ai lu cette semaine. D’un certain côté, tant mieux, et vous allez comprendre pourquoi. Ce roman s’intitule donc Halloween Night, il s’agit d’un tome 1, qui s’intitule Le Manoir. Ce roman est écrit par un auteur français, Alexis Aubenque, et il est publié aux éditions Hugo & Cie. Le roman est sortie en octobre 2021. Je remercie d’ailleurs la maison d’édition de me l’avoir envoyé en version numérique via la plateforme NetGalley, c’est donc un service presse. Voici son résumé :

Seattle, USA.
Un manoir hanté loué pour des visiteurs intrépides. La promesse d’une séance de spiritisme, «pour rire».

Six étudiants convaincus de n’avoir peur de rien. Brian, le fils d’une des plus grosses fortunes de Seattle, quarterback de l’équipe de football de l’université.
Kelly, gentille, douce et pleine d’humour.
Luke, le « good guy ».
Mandy, la cheerleader bimbo.
Courtney, la gothique à mèche bleue, piercing dans le nez et sur la langue.
Melvin, le geek de la bande, désespérément vierge.

Une expérience que certains espéraient mystique, d’autres comique, d’autres encore érotique, mais qui va rapidement se révéler beaucoup moins paisible que prévu. Et peut-être même tragique. Car les esprits qu’ils invoquent n’apprécient visiblement pas du tout d’être dérangés…

Cette histoire se passe donc aux Etats-Unis. Nous avons une bande d’étudiants qui, à l’approche d’Halloween, décide de louer un vieux manoir abandonné dans le but non seulement de frissonner, de se faire peur, mais aussi de réunir en un couple deux de leurs amis. Le but est donc que Melvin, qui est vierge, puisse sortir avec Courtney, et que tout le monde passe un bon moment. Or, lorsque la nuit tombe, le manoir semble être différent, et les poupées qui se trouvent dedans ne sont pas étrangères à l’atmosphère lugubre. Tout le monde ne ressortira pas vivant de cette expérience qui devait être amusante, et qui va tourner au cauchemar.

Je vais commencer cette chronique par vous parler de l’atmosphère de cette historie, qui est à mon avis le gros point fort de ce roman. En effet, nous sommes dans un roman d’horreur, avec un gros suspens, et ce dernier fait donc tout le récit. Si l’atmosphère ne suit pas, l’effet retombe donc et on est dans une histoire banale. Ce n’est pas le cas ici, et heureusement. Nous sommes en effet face à une atmosphère qui est très bien maîtrisée, et surtout qui monte peu à peu dans l’horreur. L’idée d’un manoir hanté est assez peu originale, c’est une idée qui a été traitée à de nombreuses reprises, comme celle des poupées habitées, et pourtant, l’auteur parvient ici à renouveler le genre en imposant son style, et en allant peut-être un peu plus loin dans la maison qui voudrait du mal à tout le monde. En effet, ce n’est pas vraiment le cas, et si la maison est effrayante, c’est surtout par le secret qu’elle contient. On passe donc sur l’idée des poupées, qui sont vraiment effrayantes, et on sent tout de suite que ces dernières vont être la source du mal de la maison. Au début, ces poupées sont très mignonnes, mais le secret qu’elles dissimulent ne l’est pas, et c’est assez intéressant de voir comment l’auteur exploite ce secret, et ce jusqu’à la fin du récit, qui n’est pas terminé, puisque nous sommes sur un tome 1. J’ai vraiment aimé le fait que cette maison soit perdue au milieu de nulle part, et que personne ne semble pouvoir aider les étudiants, tout comme le fait qu’ils ne fassent pas attention aux poupées qui s’amusent avec eux, jusqu’à ce que cela soit trop tard. L’auteur parvient à instaurer une vraie atmosphère d’horreur et d’angoisse, et c’est plaisant à suivre. L’ambiance monte vraiment tout doucement, et on est pris au jeu. On angoisse avec les étudiants, et on s’inquiète pour eux, jusqu’à la fin. Je regrette toutefois que l’ambiance monte tout d’un coup très vite, et que la fin soit très rapide, puisque le roman est assez court.

Melvin remonta au deuxième étage du manoir, et n’arrêtait pas de penser à Courtney. Elle était tellement belle. Il avait adoré passer ce moment à ses côtés. Si seulement il était moins timide…

Il entendit alors de petits rires, tels ceux d’enfants espiègles. Il se figea et tendit l’oreille. Mais plus aucun son ne se fit entendre. Il continua d’avancer dans le couloir pour se retrouver devant sa chambre. Il vit un rai de lumière sous la porte. Il était pourtant persuadé d’avoir éteint en sortant. Très impliqué dans la lutte contre le réchauffement climatique, Melvin était un partisan des économies d’énergie et était très attentif à ne pas gaspiller. Il ouvrit la porte et eut un petit sourire en voyant deux poupée sur son lit d’enfant.

Très drôle, s’en amusa-t-il.

Encore une mauvaise blague de Brian? Mais Melvin n’avait jamais eu peur des poupées, d’autant moins que celles-ci étaient particulièrement mignonnes, un très joli couple. Elles semblaient se tenir la main. Des poupées amoureuses.

De façon tout à fait irréfléchie, Melvin en fut presque jaloux. Il attrapa la poupée garçon par une jambe et la mit sur le ventre loin de sa « compagne ».

Soudain, la lumière vacilla puis s’éteignit d’un coup, et dans l’instant suivant un éclair zébra le ciel, éclairant l’intérieur de la chambre.

Melvin aperçut la poupée fille. Le rictus démoniaque au coin de ses lèvres peintes, elle le fixait d’un regard chargé de haine. Puis ce fut de nouveau l’obscurité. Un frisson glacé lui remonta le long de l’échine, et il sentit son cœur s’emballer.

Parlons maintenant des personnages principaux. J’avoue que je ne me suis attachée à aucun d’entre eux, même si je dois avouer qu’on voit davantage Kelly, Courtney et Melvin, qui sont les plus sympas de la bande, et c’est pour moins la faiblesse de cette histoire. En effet, bien que nous ayons six personnages tous différents, je trouve qu’ils ne sont pas assez mis en valeur, qu’ils ne sont pas assez exploités, au sens où on n’a pas vraiment accès à leurs pensées, au sens où l’histoire va très vite, et on ne se concentre que sur le moment présent. J’aurais aimé qu’on en sache davantage sur eux, comment ils s’étaient rencontrés, etc., afin justement que se mette en place un rapport entre eux et nous, qu’on puisse justement se lier à eux, se retrouver en eux. Or, ici ce n’est pas le cas, et je trouve que c’est dommage, parce que cela desserve l’atmosphère du récit. Si l’on parvient à s’attacher aux personnages, on a peur pour eux, on veut que celui qu’on préfère ne meurt pas, etc. Or, ici, même si l’angoisse fonctionne, je m’en moquais un peu de qui allait survivre ou non, puisque je ne me suis retrouvée dans aucun d’entre eux. Et le gros problème pour moi, en plus, c’est que j’ai trouvé que les personnages étaient caricaturaux. En effet, nous avons donc la bimbo avec son copain sportif, le geek qui ne sait pas draguer, la gothique qui n’a peur de rien, et le couple lambda, avec la fille qui flippe en permanence. En fait, si les personnages ne sont pas attachants, c’est aussi à cause de cela, parce qu’ils sont stéréotypés à mort, et que cela ne donne pas envie de les aider. J’aurais souhaiter qu’il y ait davantage de nuance dans les personnages, et là, comme ils n’ont pas de nuance, ils sont trop prévisibles, et on sait finalement qui va survivre ou non à cause des actions qu’ils font ou de leurs paroles. Et comme ils sont prévisibles, on se moque un peu d’eux, et ils sont même agaçants.

Melvin préféra ne pas regarder. Cela lui rappelait sa mère. Elle lui badigeonnait les plaies qu’il se faisait aux genoux, quand il était petit.

– Ca va piquer ?

– Un petit peu, mais tu es un homme ou quoi ?

Attaque perfide. Mais il était bien incapable de se défendre.

– Allez, laisse-toi faire.

Courtney le trouvait touchant, mais à l’évidence, il manquait de force de caractère. Non, aussi gentil qu’il soit, ce n’était pas son prince charmant.

Les geeks sont vraiment des geeks, réalisa-t-elle, dépitée, en se disant que le weekend allait être très long, surtout avec deux couples qui filaient le parfait amour devant ses yeux.

De la même manière, j’ai trouvé que les personnages secondaires n’étaient pas exploités eux non plus. C’est notamment le cas pour l’ancien propriétaire du manoir, qui est certes évoqué, et donc on a le journal, mais dont finalement on ne sait rien. On nous parle, au cours du récit, de son épouse, de l’amour qui le reliait à elle, et du fait qu’elle aurait été brûlée pour sorcellerie, mais on n’en sait pas plus. J’aurais souhaité qu’on puisse le voir, qu’on puisse utiliser son personnage dans le manoir. De la même manière, on nous parle d’un esprit, mais on ne sait pas de qui il s’agit, s’il est gentil ou non, alors qu’il semble jouer un double jeu. Cela aurait été intéressant de davantage s’en servir. Enfin, les poupées sont une bonne idée, et elles sont angoissantes, mais pourquoi agissent-elles comme ça ? Et qui sont-elles ? Même si on a une part de réponse dans le roman, j’aurais aimé qu’on ait d’autres traces de la vie des poupées avant de voir les poupées, ou autour des personnages principaux. Je pense que ce qui arrive avec les poupées n’est pas assez utilisé. Et, dans un dernier temps, j’ai trouvé que l’idée de la secte était elle aussi sous-exploitée, et qu’on aurait dû en entendre parler, avec des traces, bien avant, histoire que cela ne tombe pas comme un cheveux sur la soupe.

– C’est quand même une drôle d’idée de construire un manoir si loin de tout, fit remarquer Melvin rn contournant la fontaine.

– A l’époque, il n’était pas si loin. Il y avait un petit village, entouré par les champs, expliqua Courtney.

Comme ses camarades, elle s’était renseignée sur ce lieu mythique de l’Etat de Washington. Feu le docteur Wagner, un immigré allemand, avait fait construire le manoir avec la fortune familiale. Il y avait connu une fin tragique. Il s’était suicidé après la mort de sa femme, qui avait fini sur un bûcher. Brûlée pour sorcellerie. Du moins, telle était la version officielle. Certains racontaient qu’il ne s’était pas suicidé et qu’il avait lui-même tué sa femme. D’autres, que c’étaient les villageois qui les avaient fait brûler tous les deux… Bref, une sale histoire, qui avait forgé la réputation du manoir.

En ce qui concerne le roman, en vérité, il se lit très bien, et comme je l’ai mis plus haut, nous sommes pris au jeu du récit. On est tenu par l’angoisse, on veut savoir comment l’histoire va se terminer, et il y a un vrai suspens qui se met en place. J’ai eu du mal à lâcher le roman, on est vraiment plongé dans l’atmosphère du manoir et dans l’angoisse qui règne dans ce dernier. néanmoins, pour moi, il y a trop de questions sans réponse, et les personnes ne sont pas aboutis. C’est ce que je reproche à l’auteur. Même si l’idée est bonne, et que le roman se lit bien, on reste sur notre faim, parce que le roman est trop court, et parce qu’il ne se concentre que sur le moment présent, sur ce que vivent les personnages à l’instant T, et non pas ce qu’ils ont pu vivre avant. Je déplore aussi les scène de sexe qui sont trop nombreuses à mon goût. Même si elles ne sont pas détaillées, on a le sentiment que les personnages ne pensent qu’à coucher ensemble, alors même que cela n’est pas vraiment exploité dans l’histoire. Cela aurait pu davantage passé, être moins gênant, si cette activité de couple permettait aux poupées de choisir le couple qu’elle assassine. Mais en fait, on a le sentiment que cela n’a pas de lien avec l’histoire. De la même manière, je regrette que la secte tombe comme un cheveu sur la soupe, et qu’elle ne soit pas utilisée bien avant.

En résumé, j’ai apprécié l’atmosphère de ce roman, et j’ai trouvé que l’horreur était bien construite dedans. C’est un bon roman d’horreur. Néanmoins, le récit a plusieurs défaut qui font que ce roman reste une lecture agréable, sans aller plus loin. Il a plusieurs choses que je regrette dedans, comme les personnages principaux beaucoup trop caricaturaux, ce qui fait qu’on ne s’attache pas à eux, ou le fait que certains éléments ne soient pas amenés plus tôt dans le récit, davantage détaillés, ce qui fait qu’on reste sur notre faim, et qu’on a encore beaucoup de question à la fin du roman. C’est une lecture que je conseille pour une première lecture de roman d’horreur, mais on peut allez plus loin dans cette dernière en s’attachant aux personnages principaux et en développant davantage le récit. Le roman est toutefois bien écrit et se lit très bien, mais il est trop court.

Et vous ?

Qu’est-ce qui, pour vous, est essentiel dan un roman d’horreur ?

Qu’est-ce qui va faire, pour vous, qu’on roman d’horreur fonctionne ?

Qu’attendez-vous dans ce type de récit ?

Bon dimanche à tous 🙂

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Une réflexion au sujet de « Halloween Night, tome 1 : Le Manoir »

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