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Le Dernier Acte

Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez tous bien et que vous avez pu profiter pleinement de ce dernier weekend de vacances scolaires. Pour ma part, j’ai essayé le plus possible de me détendre et de me reposer, en lisant et en avançant un peu dans mon manuscrit en cours. Avec la semaine qui s’annonce, je sais en effet que j’aurais moins le temps pour ces activités qui me font du bien, même si j’ai tout de même prévu de garder du temps, le soir, pour lire et écrire un peu. Et je dois aussi m’occuper du blog, où j’essaye toujours de prendre un peu d’avance.

D’ailleurs, je vous retrouve aujourd’hui sur le blog afin de vous parler de l’une de mes dernières lectures. Il s’agit d’un roman policier autoédité, que j’ai eu la chance de recevoir en service presse, en version numérique, au cours de l’été. Ce roman s’intitule Le Dernier Acte, et il est écrit par Cédric Castagné et il est sorti en juin 2021, en version numérique et papier. Je remercie beaucoup l’auteur pour l’envoi de ce roman, et je précise que les commentaires dessus sont dans l’ensemble très bons. Voici son résumé.

Léo ne goûtera pas l’insouciance de la jeunesse. Son monde s’effondre à la mort de sa mère. Des adieux déchirants et une vie à reconstruire… à sept ans, à peine.

Vingt ans plus tard, Bacem Marouani et David Pinetta enquêtent sur de mystérieux meurtres perpétrés en région parisienne. Des meurtres aux mises en scène sordides, dont l’auteur demeure insaisissable. Engagés dans une traque sans merci, les deux enquêteurs devront dépasser la rancœur qui les oppose, au risque de plonger en enfer.

Après deux ans de chômage, Manon pensait pouvoir rebondir avec ce nouveau job. Un gagne-pain indispensable à sa famille. Mais la réalité s’impose à elle comme une fatalité implacable. Charles Delmont, ce chef autoritaire à l’attitude ambivalente, la terrorise chaque jour un peu plus.

Un garçon livré à lui-même, deux enquêteurs lancés dans une course contre la montre, une femme condamnée à survivre… et cet ennemi invisible qui tue et signe chacun de ses meurtres de tags énigmatiques. Pour livrer sa vérité. Cette vérité qui éclatera bientôt au grand jour, lorsqu’il en aura fini.
Lorsqu’il aura accompli… son Dernier Acte.

Dans cet roman, nous suivons plusieurs personnages. Tout d’abord, il y a Léo, qui enfant, a perdu sa mère et a été obligé de partir vivre chez son père, avec son frère. Ensuite, nous avons Bacem, qui est flic, et qui est obligé de reprendre le travail après un arrêt maladie long, et qui semble souffrir de dépression. et enfin, nous avons Manon, une jeune mère qui doit essayer de survivre face à son patron qui est un prédateur. Bacem traque un terrible tueur qui s’en prend aux femmes et qui les démembre, qui les torture. la question est de savoir pourquoi Manon et Léo sont liés à cette histoire.

Alors, je vais justement vous parler des personnages principaux, qui sont donc au nombre de trois. Je dois avouer que je ne me suis attachée à aucun d’entre eux, ce qui est assez rare. En effet, aucun des trois n’a su me toucher, m’attendrir, ou même me plaire. Certes, Manon a un développement intéressant, comme je vais vous le dire plus bas, mais je n’ai tout de même pas réussi à m’attacher à elle, parce que je l’ai trouvée justement trop soumise, pas assez forte, pas assez battante pendant une partie du roman, et cela m’a un peu dérangée, au sens où je n’ai pas réussi à me laisser convaincre par son envie de vivre, qui n’est pas alors assez présente. Manon est en effet trop effacée, face à son patron, et cela ne m’a pas donné envie de l’aider, au sens où j’attendais un vrai sursaut de sa part, qui vient trop tard. Je n’ai donc pas réussi à m’identifier à elle, je l’ai trouvée trop molle. De la même manière, je n’ai pas réussi à m’attacher à Bacem, qui laisse trop les événements arrivés, et qui n’est pas assez dynamique. Certes, cela se comprend par son histoire personnelle, qu’on découvre au cours du récit, mais j’ai trouvé qu’il n’avait pas la force de se battre, et qu’à cause de cela, il faisait des erreurs grossières. Cela se voit d’ailleurs avec son coéquipier, qu’il traite vraiment comme de la merde, ou avec sa propre famille, qu’il évite. Le drame qu’il a vécu devrait pourtant nous le rendre attachant, mais cela n’a vraiment pas fonctionné avec moi, car j’ai eu le sentiment qu’il fuyait vraiment la situation, alors que ce n’est pas cela qu’il faut faire. Certes, cela peut sembler aisé de dire cela, mais le fait qu’il soit dans cet état ne m’a pas convaincue, surtout vue ce qu’on dit de lui avant, sur son grand statut de policier et de fin limier. Il se fait avoir beaucoup trop facilement, et cela ma dérangée sur tout le roman, car il ne se reprend pas. Enfin, en ce qui concerne Léo, j’ai été touchée par lui étant enfant, mais pas parce sa version adulte, et qui a les mêmes défauts, finalement, que Manon. Il est beaucoup trop soumis à son frère, et je n’ai donc pas réussi à m’attacher à lui, d’autant plus qu’on sent dès le début sa fourberie, et que cela aurait mérité d’être plus nuancée.

Six mois de déprime, et le voilà transformé. Il s’en veut de s’être laissé aller, de ne pas avoir trouvé la force de surmonter sa peine? Léger surpoids, cheveux blancs en pagaille, envie de rien. Bacem aimerait revenir en arrière, mais on ne refait pas le passé…

Pris d’un vertige, ils ‘adosse et se laisse glisser au sol? Le temps de reprendre son souffle, d’évacuer temporairement ce terrible souvenir de sa mémoire. Il ferme les yeux et se masse les tempes, lorsque des bruits de pas résonnent soudain dans l’escalier.

– Bacem, tu fous quoi ?

– On voit rien, ici ! Pourquoi il y a pas de lumière dans la maison ?

– Un câble a été sectionné, le tueur probablement. on a installé un groupe électrogène et un projecteur au fond, dans l’atelier. t’es sûr que ça va ?

– J’ai rien bouffé ce matin. Faut juste que je prenne un truc !

– T’as besoin d’aide ?

– C’est bon, je te dis !

Ce qui finalement intéressant, avec ce roman, c’est tout le passage avec Manon et la survie qu’elle est obligée de mener. J’avoue que j’ai trouvé cela intéressant car cela montre à quel point être une femme célibataire, divorcée, avec des enfants, et surtout sans emploi, peut mettre les femmes en danger et être la proie de terribles individus. Je dirais que c’est d’ailleurs assez effrayant, car on voit bien à quel pont Manon est perdues, et à quel point elle a besoin de son travail pour s’en sortir, et que pour cela, elle est prête à accepter n’importe quoi, même l’attitude déplorable de son patron, de son supérieur, qui joue avec elle et avec sa soumission, et qui agit comme un véritable prédateur. Je pense que c’est finalement cette partie-là qui m’a séduite, parce que cela a une vraie valeur de dénonciation de notre système, qui fait que le travail a une très haute valeur, et que sans, on est à la portée de n’importe qui. De la même manière, j’ai tout de même trouvé intéressant toute la question psychiatrie qui est évoquée dans le roman, avec le personnage d’Aaron, mais je trouve néanmoins qu’elle n’est pas poussée assez, au sens où finalement, elle n’arrive qu’à la fin, et elle ne pose pas de véritables questions éthiques ou morales, c’est seulement traité de la part des policiers, dans le cadre de l’enquête, et cela aurait été bien, voire très intéressant, d’avoir davantage une mise en question des traitements, du rôle de l’hôpital, etc., pour montrer justement l’impact que tout cela peut avoir sur une jeune homme, et sur les conséquences que ces séjours peuvent avoir, et c’est la même chose pour le placement en famille ou en foyer, qui est aussi évoqué. Je pense que l’aspect psychologique du tueur n’est pas assez poussé, et que cela aurait pu être étoffé, plus abouti. Enfin, la question de la vengeance est aussi intéressante, car elle montre jusqu’où une envie de se venger d’un autre peut aller, et les choix qu’on peut faire afin d’assouvir ce qui ressemble bien à une obsession. On le voit d’ailleurs aussi bien avec le tueur qu’avec Bacem, et c’est ce qui m’a plu dans la fin, car même les héros peuvent se demander jusqu’où ils peuvent aller pour obtenir réparation et justice, et où jusqu’où peut aller finalement la morale.

Delmont, lui, se sent puissant face à cette femme terrorisée, devenue esclave servile au fil des semaines, sans même en avoir conscience. Il voit en elle la proie idéale. la femme prête à tout pour s’en sortir, pour aider la famille, quitte à souiller son honneur.

Il joue sa partition à la perfection, sachant mieux que quiconque semer le trouble dans les esprits. il feint l’indifférence lorsque le besoin de s’mauser devient trop fort, mais sait également faire preuve de compassion quant la situation l’exige.

– Mais… ?

– Je suis prêt à t’engager définitivement si tu acceptes ma proposition.

– Ta proposition ?

– Tu as déjà oublié ? je veux faire partie de ta famille. Organise une soirée avec tes garçons, et tes soucis disparaîtront ! Finie l’incertitude.

– Tu… tu es marié, tu as des enfants, soupire Manon. Je suis juste ta secrétaire.

Parlons maintenant de l’enquête en elle-même. Il y a de très bonnes idées dans cette histoire, et j’ai aimé le fait que tout le monde soit manipulé, l’idée qu’on soit face à un tueur assez particulier, qui joue avec les inspecteurs, qui se moque de ses victimes, et qui est prêt à tuer à tout prix. L’idée de l’aspect psychologique, avec un tueur certainement malade, est assez intéressante, et l’auteur joue beaucoup avec cela, si bien d’ailleurs qu’il finit par vendre la mèche, puisque c’est assez facile de deviner qui est le responsable de tous ces crimes, même dès le début. Et c’est sans doute ce qui m’a dérangée, car j’ai trouvé dommage le fait qu’on sache presque tout de suite qui est le tueur. Certes, il y a une grande révélation en cours de route, mais j’ai trouvé que cette dernière était aussi devinable à des kilomètres, et c’est ce qui fait que je n’ai pas été convaincue par cette enquête. De la même manière, j’ai été très agacée par le fait qu’elle soit menée de manière complètement mauvaise par nos deux inspecteurs. En effet, à force de lire des romans policiers, ou de voir des séries, on apprend qu’en même des choses, et avec cette enquête, j’ai eu le sentiment de me retrouver avec deux débutants qui en plus se moquent des règles les plus élémentaires, et qui ‘en font qu’à leur tête. Certes, cela est aussi dû à la personnalité de Bacem, et le fait qu’il soit d’une autre école, mais tout de même, j’ai trouvé vraiment cela dommage, voire nuisible à l’enquête en elle-même, la manière dont elle est faite par les deux coéquipiers. Ainsi, certaines choses ne devaient pas être accomplies de cette manière, et c’est aussi pour cela qu’ils échouent à de nombreuses reprises d’appréhender le tueur, et qu’ils se font manipuler dans tous les sens. Je pense néanmoins qu’on peut expliquer tout cela, et que l’auteur avait une bonne raison d’écrire l’enquête de cette manière, car elle permet d’arriver au grand final, ce qui n’aurait pas été le cas si elle avait été menée avec sérieux, mais c’est aussi cela qui a fait que je ne me suis pas du tout attachée au personnage de Bacem, et qu’il m’a même énervée, parce que j’ai vraiment trouvé qu’il était mauvais en tant que policier. J’ai donc eu le sentiment d’un véritable gâchie en fermant le livre, non pas pour le livre en lui-même ou pour son histoire, mais pour l’enquête en elle-même, pour la manière dont elle est menée. En ce qui concerne l’histoire, il y a de bonnes idées, mais je reste sur le fait que ce n’est peut-être pas assez abouti pour moi, au sens où trop de choses sont devinables pendant le roman, et que la grande révélation n’en est finalement pas une.

Durant toute la séance, Bacem n’a pas dit un mot au sujet de la lettre anonyme trouvée la veille sur son portail. il ne sait d’ailleurs pas vraiment ce qui le retient. peut-être le fait qu’elle lui soit adressée personnellement… Pourtant, il sait qu’elle pourrait constituer une pièce à conviction. plus tard, peut-être. il doit y réfléchir.

En ce qui concerne l’écriture de ce roman, je dois avouer qu’elle est assez fluide, et que le roman se lit bien. Il est bien écrit et les chapitres s’enchaînent facilement. J’ai toutefois été un peu décontenancée qu’on change de personnages tous les chapitres, et surtout par le fait qu’on ne voit pas, pendant une partie du roman, le rôle de Léo, même si on le devine, et surtout cela de Manon, dans cette historie. Certes, le personnage de Manon apporte beaucoup, comme je l’ai mis plus haut, mais pendant une partie du roman, on se demande vraiment ce qu’elle fait là, et pourquoi elle est dans cette histoire. Cela coupe, de ce fait, le roman, et on est moins sur l’enquête menée par Bacem et son coéquipier. Je pense que les passages avec Manon auraient pu être moins nombreux, ou alors qu’il auraient fallu intensifier la partie enquête, afin justement qu’on ne perde pas de vue cette dernière. Or, c’est ce qui s’est passé pour moi, et j’avoue que j’en oubliais presque, parfois, qu’on était dans un roman policier, avec des crimes atroces menés par le tueur. C’est pour moi l’un des défauts de cette histoire, avec le fait qu’on devine trop facilement ce qui arrive aux personnages, que tout soit trop facile à anticiper. Mais la plume est bien menée, et le roman se lit bien, ce qui en fait une lecture qui reste agréable.

En résumé, j’ai trouvé qu’il y a avait du potentiel dans ce roman, mais qu’il n’était pas assez abouti. Il m’a manqué des petits détails, comme une plus forte présence psychologique chez le tueur, qui est beaucoup trop facilement identifiable, un vrai jeu du chat et de la souris, et surtout des personnages attachants. Je suis restée sur ma faim, et je dois avouer que la fin ne m’a d’ailleurs pas convaincue. Cependant, il y a de bonnes idées dans cette histoire, et j’ai aimé la réflexion sur la survie de Manon, sur le fait qu’en tant que mère célibataire, elle ne pouvait qu’accepter de se faire marcher dessus afin de trouver un nouveau travail, la question du patron prédateur, et toute la question sur la vengeance qui met du temps avant de s’opérer, et qui finit par s’abattre. La lecture se fait très bien, le roman est bien écrit. C’est d’ailleurs pour toutes ces qualités que je vous en conseille la lecture, même si la mienne reste finalement mitigée à cause de tout ce que j’ai dis plus haut.

Et vous ?

De quoi avez-vous absolument besoin afin de trouver une lecture plaisante ?

Si vous ne vous attachez pas aux personnages, est-ce préjudiciable ?

Ou au contraire, cela ne vous dérange-t-il pas ?

Bon dimanche à tous 🙂

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