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Le tourment des rois livre 1

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Bonjour les amis. J’espère que vous vous portez tous bien, et que vous aussi vous avez un peu de soleil chez vous. Enfin, soleil est un bien grand mot, j’espère juste qu’il ne pleut pas trop. Ici le ciel est gris depuis plusieurs jours, ce qui est assez démoralisant. Mais au moins, c’est un temps qui donne envie de rester au chaud, dans sa couette, avec un thé et un bon livre. J’ai d’ailleurs le roman parfait pour cela. Et puisque nous sommes jeudi, et que le jeudi je vous retrouve sur le blog pour le rendez-vous du #JeudiAutoEdition, ce roman est parfait pour passer la journée. Il s’agit en effet d’un roman autoédité, d’une histoire de fantasy écrite par Gaëtan Noël que j’ai reçu fin 2017 afin d’en faire une chronique. Je l’en remercie, surtout que j’ai reçu la version brochée, qui est très belle. Je suis donc heureuse de pouvoir enfin vous parler de cette histoire sortie l’an dernier, dont voici le résumé :

« Aujourd’hui, alors que mon royaume se prépare à chuter devant la Sainte Armée, alors que tout ce que j’ai construit s’apprête à être détruit… j’écris mes derniers mots en tant que roi, en que monstre damné.
Il est temps de tout révéler.

En ce premier livre de mes mémoires, voici rassemblés mes plus ténébreux souvenirs de prince héritier. Héritier? Malheureusement, il ne fut pas si simple de monter sur le trône qui m’était destiné. Mon histoire vous apprendra à quel point se battre pour une idée peut tout vous enlever : trône, votre avenir… jusqu’à votre propre vie.

Oui… Rien ne fut épargné à ceux qui marchèrent à mes côtés. Reniant notre humanité pour mieux la sauver, nous avons tout abandonné pour l’idée qui nous animait.

Et le sang qui coule dans mes veines, ce sang maudit dont vous n’imaginez ni l’existence ni le sens… c’est avec effroi que vous découvrirez à quel point il a édifié le monde dans lequel vous vivez.

Alors, vous qui osez lire… saurez-vous marcher à mes côtés, une ultime fois ? Saurez-vous embrasser… le tourment des rois ?

Dans ce roman, nous suivons les pensées d’Hydan, le dernier roi du royaume d’Hydolia. Nous sommes donc dans un autre monde. Au moment où l’histoire commence, Hydan est seulement le prince héritier de ce royaume qui lui reviendra lorsque son père mourra. D’ailleurs, le jeune prince attend ce moment avec impatience, car il est en perpétuel désaccord avec son père. Depuis la disparition de la reine et de sa petite fille, la sœur d’Hydan, le roi est encore plus sanguinaire qu’autrefois, et il règne sur son royaume d’une main de fer, méprisant le peuple et la vie même des alliés de son royaume. Hydolia est un pays qui fait du commerce avec toutes les provinces alentours, leur apportant sécurité et des armes. Ce royaume possède la meilleure armée du monde et le roi n’hésite pas à l’utiliser dès qu’il le juge nécessaire. C’est sans doute pour cela que la menace de l’ombre des rois survient à Hydolia. L’ombre des rois est un assassin qui tue les rois qu’elle juge mauvais. Mais Hydan a d’autres chose à gérer avec de s’occuper de cette menace, car voilà que le roi, son père, veut mener une expédition punitive sur l’une des cités voisines, afin de leur rappeler sa puissance. Hydan fera tout pour empêcher ce massacre, quitte à enfin prendre la place qui lui revient de droit.

Alors, il n’est pas simple de résumé ce roman en quelques lignes. Non seulement ce dernier est assez volumineux, il comporte plus de 500 pages, mais en plus, l’histoire est très dense, il s’y passe beaucoup de choses. Nous suivons Hydan sur plusieurs semaines, semaines où il rencontre par exemple Khaalina, cette mystérieuse jeune femme dont il va s’éprendre, mais il va aussi être confronté à l’ombre des rois, à son père, à lui-même, aux révélations sur sa mère, et pleins d’autres choses. En fait, le roman donne l’impression de ne pas avoir de pause, que nous sommes toujours dans l’action. Et lorsqu’il y a des pauses, car il y en a bien, c’est à ce moment-là qu’Hydan revient sur ses actions, qu’il s’interroge sur ce qu’il fait, sur ce qu’il est. Ce sont alors des moments d’introspection qui suivent les moments d’action, de bataille. Nous avons alors, en tant que lecteur, l’impression de ne pas souffler, même pendant ces moments de pause. Non que cela soit dérangent, mais je pense qu’il est compliqué de le lire d’une traite, car l’histoire est vraiment dense et haletante. Mais je reviendrais là-dessus.

En ce qui concerne le monde dans lequel se trouve Hydolia, je l’ai trouvé super intéressant. On ne voit pas tout, car l’histoire se concentre surtout sur les provinces environnantes, mais on devine que l’auteur a développé un véritable univers qu’il maîtrise très bien. Je me demande si, dans la suite de l’histoire, nous irons plus loin qu’Hydolia. En tout cas, ce que je peux dire, c’est que l’auteur a non seulement soigné ses descriptions de son univers, que ce soit le royaume d’Hydan ou les cités qu’il va visiter, mais aussi tout ce qui l’entoure, comme les légendes. J’ai vraiment apprécié cet aspect-ci, car en plus, dans ces légendes, on trouve un fond de vérité qui va être nécessaire à Hydan. Cet aspect fantastique dans l’histoire m’a beaucoup plu, ainsi que la manière dont il est amené. J’ai trouvé cela très original. On se pose alors pas mal de questions sur la famille d’Hydan, et ce qu’il est.

  • Une ville au cœur même d’une montagne ? s’étonna Khalina. C’est un étrange projet… Quelles étaient les motivations de votre mère ?
  • Je n’ai malheureusement jamais eu l’occasion d’en parler directement avec elle. Heliott m’a cependant expliqué que la Reine désirait pouvoir se retirer périodiquement pour fuir le soleil.
  • Pour fuir le soleil ?
  • Oui, ma mère était atteinte d’une maladie qu’elle appelait le mal des Sangs-de-Lune. Peut-être la connaissez-vous sous un autre nom ? Le seul symptôme est une intolérance à la lumière du soleil : la peau réagit très mal et semble se consumer. Si le rayonnement est direct, c’est d’autant plus violent. La Reine ne pouvait s’exposer à la lumière du jour que dans quelques cas : au début de l’aube, à la fin du crépuscule et dans les pièces du château qui n’étaient pas trop lumineuses. Dans ces circonstances, on comprend mieux pourquoi elle désirait construire un tel endroit…. Akarina, ma petite sœur, a déclaré la même maladie à sept ans. Quand à moi et mon frère, Kaderian, il semblerait que nous ayons été épargnés…

Le personnage d’Hydan est sympathique. Certes, par moment, on a envie de lui mettre des baffes, pour le réveiller, pour qu’il choisisse enfin de faire quelque chose, pour qu’il fasse ou ne fasse pas certaines choses. En fait, Hydan est vrai gentil, il hésite à faire le mal, alors que parfois ce dernier serait nécessaire. Dans le même temps, il se montre très gentil, alors que cela lui est préjudiciable. Il met sa vie en danger pour d’autres, ce qui est mauvais pour lui. Seulement, par moment, on voudrait qu’il se mouille un peu plus, ou alors qu’il n’agisse pas. On a le sentiment, par moment, qu’il fait exprès de faire ce qu’il ne doit pas faire, et inversement. Ceci le mène vers de gros problèmes, qui ne le concernent pas que lui, mais aussi tout son peuple. Et pourtant, tout ce qu’il fait est nécessaire afin qu’il devienne ce roi dont il rêve, pour qu’il passe enfin du rêve à la réalité. Tout ce qui lui arrive est là pour faire immerger d’Hydan ce qu’il doit être, son véritable être. C’est un héros qui a une vraie évolution tout au long de l’histoire, qui se révèle à lui-même. Il passe du  jeune homme rêveur à un guerrier, à un futur roi. C’est un héros qu’on apprend à aimer tout au long de l’histoire. J’ai notamment apprécié toutes les révélations sur sa famille. Sa relation avec son frère est intéressante, car ils sont complètement opposés, qu’il y a pas mal de jalousie du point de vue de Kaederian, ce qui implique des choix de la part d’Hydan, et celle avec sa sœur disparue est touchante, car on se demande ce qu’il éprouve pour elle, si c’est de l’amour, de la tristesse, ou même de l’incompréhension.

  • Tu ferais bien d’apprendre à te tenir ! m’opposai-je sèchement. Ce sont les demoiselles de compagnie d’une reine, de ta tante qui plus est. Tu ne peux pas leur sauter dessus juste parce que tu ne sais pas gérer tes pulsions. Avec tout le sang que tu as versé ces jours-ci, tu devrais être contenté un moment non ?
  • Oh… Désolé de ne pas avoir ta grandeur d’âme, répondit-il, méprisant. On n’a pas tous la chance d’être héritiers et de pouvoir s’amuser à jouer les rois.

Ainsi donc, une fois encore, mon jeune frère Kaderian fit tinter l’argument amer de l’héritage. Pour être honnête, j’ai toujours été gêné vis-à-vis de lui à ce sujet. A la mort de notre père, j’allais tout obtenir : la couronne, le royaume, l’armée, le pouvoir, la richesse, mon nom dans la légende. Et lui, par cruauté de la tradition, ne manquerait de rien, mais serait obligé de rester dans mon ombre, comme roi de secours. Bien des frères s’en serait contentés, car être frère du Roi est une position on ne peut plus confortable – la royauté sans les responsabilités – mais Kaderian n’était pas de ceux-là : rester dans l’ombre lui était insupportable et, en secret, il en souffrait. J’en étais désolé, mais d’un autre côté, c’était mieux ainsi : il était le portrait craché de notre père, Horden. Il suivait ses traces et s’en assurait toutes les faveurs. ce n’était pas l’héritier, mais Kederian restait la perle du Roi.

Les autres personnages aussi sont intéressantes. J’ai bien aimé celui du maître d’armes, Hodanir, qu’on imagine bien bourru mais loyal, un fidèle compagnon, ainsi que celui d’Akarina, la sœur d’Hydan, qui n’est certes pas très présente dans l’histoire, mais qui je pense le sera plus par la suite. J’avoue que j’attendais son retour, afin d’apporter plus de tragique à l’histoire. Je pense que le fait de la revoir sera génial, car cela va profondément bouleverser Hydan. Quand au personnage de Khaalina, après le personnage d’Hydan, c’est mon personnage préféré. J’ai adoré son indépendance, sa liberté, et j’ai rapidement deviné qui elle était. C’est un personnage volontaire, qui n’hésite pas à prendre des risques. J’aurais cependant peut-être aimé qu’elle soit plus présente, mais le roman est déjà bien assez gros comme cela. La petite Pandore aussi m’a beaucoup touchée, ainsi que la manière dont la traite Hydan, avec beaucoup d’humanité. J’ai apprécié le jeu de mot avec son prénom, qu’on trouve à un moment de l’histoire.

Elle haussa les épaules et me défia tendrement, mais fermement, de son regard illuminé. Je le soutins quelques secondes, mais la demoiselle n’aurait perdu cette douce bataille pour rien au monde. J’enchainai :

  • Que faites-vous ici, Khaalina ? Comment avez-vous fait pour entrer ? La prison est interdite au public et je doute que le geôlier…
  • Oh ! le geôlier n’a opposé que peu de résistance… m’interrompit-elle non sans un air de petite fille fière d’une énorme bêtise.
  • Que peu de résistance ? répétai-je, abasourdie. Que vouliez-vous dire ? Vous ne l’avez quand même pas assommé ? Ou joué de votre séduction pour le désarmer ?
  • Hmm…. Je me demande quelle version vous préféreriez….
  • Probablement aucune.

(…) Même au fond de l’abîme, à la lumière de Khaalina l’obscurité n’avait plus rien d’effrayant. C’était une étrange impression… Comment décrire ce sentiment ? C’était comme si le poids de mes fautes et de mes pensées ne pesait plus. Comme si… quoi qu’il puisse m’arriver, et aussi profondes que puissent être les abysses de ma destinée, tant que je serais en mesure d’apercevoir ce sourire, mon cœur en demeurait éternellement contenté. Tout au long de ma vie, bien des gens m’ont accusé; m’ont condamné même, d’avoir tellement sacrifié à l’idée d’Evolution ; mais ils ne se doutaient pas un seul instant de tout ce que j’aurais sacrifié pour la femme qui se tenait à mes côtés….

Le roman se lit dans l’ensemble assez bien, même si, comme je le disais plus haut, l’histoire est très dense. Ce qui m’a un peu dérangé, c’est que les chapitres sont très longs. Il n’y en a pas beaucoup, et il nous faut donc arrêter notre lecture, si on n’a pas beaucoup d’heures devant nous pour lire, en plein milieu d’un chapitre. De même, alors que l’histoire es très intéressante, palpitante et que j’ai eu du mal à le lâcher, j’ai dû faire une pause dans ma lecture. J’ai été incapable de le lire d’une traite, car le rythme était trop haletant pour moi. Je le redis, on a que très peu de pause dans l’histoire, et cela m’a demander de lire autre chose en même temps, afin de pouvoir prendre le temps dans un autre roman. C’est un roman qui demande en effet quelques efforts, que ce soit dans la lecture des phases d’action ou dans celles d’introspections. Hydan s’interroge beaucoup sur lui-même. C’est assez intéressant, mais ça demande de se mettre à sa place, de s’interroger aussi sur la vie et le sens qu’elle a. C’est assez compliqué à expliquer, mais le transfert du lecteur au personnage, à mon avis, ne se fait pas naturellement. Certes, on peut se mettre à la place d’Hydan, mais dans ces moments-là, il faut rester concentré sur ce qu’il pense, ne pas être perturbé. De plus, c’est une lecture exigeante car le vocabulaire, la manière d’écrire de l’auteur, est soutenue. Elle correspond au personnage d’Hydan, qui est un noble, mais elle perturbera peut-être certains lecteurs. Le texte est beau, mais il n’est pour moi pas assez fluide. Toutefois, le roman se lit bien dès qu’on est suffisamment immergé dedans. On a même alors beaucoup de mal à le lâcher tellement l’histoire nous emporte avec elle.

Pour moi, ce roman est une très belle découverte. Ce n’est pas un coup de coeur à cause des raisons évoquées plus haut, du fait que je n’ai pas pu le lire d’une traite, mais cela reste une très bonne lecture et je suis contente de l’avoir lue. J’ai d’ailleurs hâte que sorte la suite. Si vous aimez la fantasy, le fantastique, ce roman est fait pour vous. Il faut certes s’accrocher dans sa lecture, mais celle-ci en vaut la peine. L’histoire et la manière dont elle est traitée est originale. On passe un très bon moment sur Hydolia, et j’ai hâte de savoir ce qu’il va se passer par la suite, si on va revoir Akarina, et d’autres personnages, ainsi que ce qu’il va arriver à Hydan. C’est un roman que je vous conseille de lire, ne serait-ce que pour la beauté du récit. C’est une histoire que je prendrais beaucoup de plaisir à relire un jour.

Et vous ?

Qu’attendez-vous dans un roman de fantasy ?

Qu’attendez-vous du style de l’auteur ?

Bon jeudi à tous 🙂

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6 réflexions au sujet de « Le tourment des rois livre 1 »

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