chroniques littéraires

Blue Lake, tome 1 : Les Hextraordinaires

Bonjour les amis. J’espère que vous allez tous bien et que vous avez passé un bon début de weekend. Pour ma part, il m’a surtout servi à me reposer, et à appréhender les deux prochaines semaines. je n’arrive pas encore à réaliser que je suis en vacances. La première période de l’année est vraiment passée à toute vitesse, et j’avais encore plein de choses à faire en classe, avec mes élèves. C’est bien la première fois que je regrette que les vacances arrivent si vite. Mais je vais pouvoir sereinement préparer la prochaine période, et m’occuper du blog. J’ai pas mal de retard dans mes chroniques, et les semaines qui vont suivre vont donc pouvoir me permettre de combler ce retard, et de préparer aussi la suite, car je vais être très occupée en novembre, avec le NanoWrimo. J’ai d’ailleurs déjà mon projet.

Mais avant de de tout cela, je reviens vers vous aujourd’hui pour vous parler enfin de l’une de mes dernières lectures. Elle m’a bien occupée la semaine dernière, et je suis donc contente de pouvoir enfin la partager avec vous. Cette lecture est le premier tome de la série Blue Lake, dont j’ignore combien il y aura de tome. Ce premier tome s’intitule les Hextraordinaires, et nous plonge dans un futur rempli de magie. Nous sommes donc dans du fantastique. Cette série est écrite par Amandine Peter et est publiée aux éditions Explora, dont j’apprécie vraiment les différentes sorties. Je remercie d’ailleurs la maison d’édition de m’avoir envoyé ce roman en service presse via la plateforme NetGalley. Le roman est sorti en juillet 2022. Voici son résumé :

Ces snobs de Hexmeisters… non seulement, ils se vantent d’être nés avec leurs précieux pouvoirs, mais en plus, ils laissent une quantité pas possible de déchets magiques derrière eux. Et je vous laisse deviner qui s’amuse à nettoyer tout ça…

Moi, c’est Blue. Mon boulot ? Agente d’entretien à la station de recyclage de la magie le jour. Dealeuse de déchets magiques la nuit.

Seulement, voilà, le jour où je tombe sur un échantillon bizarre en débouchant une canalisation, tout part de travers… Je me colle aux fesses la mafia locale, et juste au moment où je pense avoir atteint le fond, je tombe sur un Hexmeister aussi dangereux qu’arrogant. Et canon, en passant.

Je dois absolument savoir ce que contient ce foutu échantillon avant d’y laisser ma peau. La dernière personne dont je veux attirer l’attention ? Ma Hex de soeur, cette vendue qui m’a lâchement abandonnée il y a six ans…

Dans cette histoire, nous suivons Blue, une jeune femme qui n’a pas sans langue dans sa poche. Elle travaille à la station de recyclage des déchets magiques, car dans son univers, la magie a tout remplacé, mais la magie laisse des déchets à nettoyer. Blue fait partie de la caste pauvre de la population, mais rêve de déménager en centre-ville avec sa mère. Or, voilà qu’elle découvre à la station un déchet particulier. Tout le monde sait qu’il existe, et Blue va se retrouver pourchasser par les Hexmeisters, les sorciers, mais aussi par la mafia, et par un Hexmeister un peu particulier, Wayne, qui semble vouloir l’aider. C’est du moins ce que pense Blue, avant de découvrir que ce déchet étrange se trouve au centre d’une affaire politique qui pourrait bouleverser l’équilibre du monde.

Je vais commencer par vous parler du personnage de Blue. C’est une jeune femme banale, sans pouvoir, sans grande capacité. Elle ne fait que survivre, et pour cela, elle sort un peu du cadre, elle outrepasse les lois, parce que son monde fonctionne de cette manière, et parce que cela lui permet d’aider sa mère, une droguée à la magie. On prend donc rapidement Blue en pitié, parce qu’on peut aisément se reconnaître dans sa situation, et parce qu’on sent que la vie ne l’a pas épargnée. Blue travaille dur, et elle essaye de ne pas se faire remarquer. Elle souffre aussi, même si elle n’en a pas conscience, de sa condition, qui lui est sans cesse rappeler par l’absence de sa sœur, qui les a abandonné, sa mère et elle, lorsqu’elle a maîtrisé ses dons de Hexmeisters. Blue en veut donc à la terre entière, et je trouve donc que c’est pour cela qu’on s’attache à elle, car elle a de la peine, mais elle va aussi avoir la possibilité de changer tout cela. Elle est remplie de colère, mais elle déborde aussi d’une forte envie d’en découdre, de se rebeller. J’ai apprécié cela chez elle, car Blue va au bout de ses idées, et elle ne recule pas devant le danger. J’ai aimé son fort caractère, sa répartie, et même si ses choix ne sont pas toujours très futés, elle se montre obstinée et ne recule devant rien. Blue va ici se retrouver confrontée à la mafia, avec qui elle fricote pourtant depuis des années, son ami d’enfance, qui travaille dans la police et à qui elle ne peut rien dire, sa sœur, si parfaite, à qui elle ne semble pas arriver à la cheville, mais aussi à Wayne, qui l’attire, mais sur qui elle ignore tout. Tout au long de l’histoire, Blue doit faire des choix importants, mais elle reste fidèle à elle-même et à ses principes, et c’est quelque chose que j’ai vraiment aimé. C’est une héroïne que j’ai pris plaisir à suivre, et que j’ai trouvé finalement très motivante et inspirante. Certes, elle a un langage très vulgaire, mais lorsqu’on dépasse ça, on ne peut que se prendre d’affection pour elle.

La première fois que j’ai reçu son chèque, je l’ai réduit en morceaux et remis dans une enveloppe que j’ai renvoyée à l’expéditeur en dessinant un gros majeur dressé sur le devant. Probablement des têtes de mort avec.

Six ans plus tard, j’ai toujours aussi envie de déchirer ses courriers. Mais depuis, ils arrivent systématiquement à l’adresse de ma mère, et même si je voudrais le détruire, je ne peux pas me permettre de gaspiller cet argent. Jamais je ne l’avouerai, mais sans lui, le rêve d’une vie meilleurepour maman et moi ne serait qu’une lointaine utopie.

Et si ça veut dire que je dois accepter la charité de ma sœur, Madame Bellamie River, porteuse de la marque des Hexmeisters et figure de proue contre la lutte contre le trafic de hexmull, alors je n’ai d’autre choix que de ravaler ma fierté et de continuer à déboucher des canalisations.

J’en arrive à présent aux personnages secondaires. Je vais bien entendu vous parler de Wayne. Cet Hexmeister est assez particulier, car dès le début, on comprend qu’il ne travaille pas avec les autres, et qu’il est là dans son propre intérêt. De ce fait, c’est au début assez compliqué de savoir quel jeu il joue, car il ne déballe pas ses cartes, et il garde une certaine aura de mystère pendant une partie de l’histoire. De ce fait, il est assez compliqué de lui faire confiance, d’autant plus qu’on apprend qu’il connaît déjà Blue, et qu’il est lui aussi en lien avec la mafia. Le fait qu’il dise travailler pour la sœur de Blue n’aide pas. Mais on découvre peu à peu un personnage assez intéressant, et j’ai pris plaisir à le voir se confronter à Blue, qui lui en fait voir de toutes les couleurs. C’est assez comique de les voir travailler ensemble, car Blue ne le ménage pas, et parce que Wayne ne lui dit pas tout. Et, dans le même temps, il accepte de travailler avec elle, et il reconnaît ce qu’elle peut apporter dans son enquête. C’est un binôme qui fonctionne finalement assez bien, qui s’envoie des piques en permanence, mais qui forme un beau duo, qui va évidemment se rapprocher. Là encore, c’est intéressant de les voir faire, car on devine qu’ils combattent tous les deux, pour des raisons différentes, leur attirance. J’avais, par contre, deviner la véritable identité de Wayne avant la fin, mais cela reste un joli secret. L’autre personnage que j’ai aimé voir affronter Blue, c’est Jovan. Je pense qu’il va prendre une nouvelle place dans le tome 2, mais j’ai aimé la manière dont il couve Blue alors qu’il est son patron, et les piques, nombreuses, qu’ils s’envoient eux aussi. C’est intéressant de voir comment Blue va s’apercevoir de la vérité, et comment elle va aussi changer en conséquence. Enfin, sa sœur est un personnage très ambigu, sur lequel on se demande si on peut avoir confiance. On sent vraiment la femme politique dans son rôle, et il est compliqué de s’attacher à elle, vu le fossé qu’il existe entre Blue et elle. En vérité, ce qui est plaisant dans cette histoire, c’est le fait que des liens vont se créer entre les personnages, des liens non présents au début, et qu’on ne s’attend pas forcément à voir, qui vont faire qu’on va s’attacher à certains personnages, tandis que les liens présent au début vont se défaire, car l’entourage de Blue est assez particulier et dangereux pour elle. J’ai vraiment apprécié la manière dont tous ces liens vont se créer, et vont pousser Blue à penser aux autres, et se battre pour eux.

Pourtant, d’autres liens se sont créés. Des liens que je ne compte pas oublier. Je pousse sur mes mains pour me redresser, chasse la terre humide de mes paumes et de mon legging, puis vacille. Mes jambes me paraissent remplies d’insectes, mais je me force à me retourner sur mon planeur. Je recouvre mes mains avec mes manches et essuie mon visage, puis m’éclaircis la gorge pour me donner du courage.

Le vent siffle à mes oreilles. Je n’ai plus qu’un seul objectif : m’assurer qu’Onira, Jovan et Rafnor sont en sécurité.

En ce qui concerne l’univers de ce roman, je l’ai trouvé vraiment original. Dès le début, on nous explique que la magie a un coût, un coût environnemental. En effet, pratiquer la magie demande de transformer la matière, et cette matière laisse donc des éléments derrière elle, des déchets qu’il faut recycler. C’est assez intéressant, car on a une image, dans notre imaginaire, assez romantique de la magie, qui est belle et qui ne laisse aucune trace. Or, ici, c’est un peu le contraire, car la magie devient sale, elle est un déchet, et il faut s’en débarrasser une fois qu’elle a été consommée. Et c’est là où l’idée devient aussi intéressante, car ces déchets peuvent être réutilisés. C’est pour cela que Blue les vole, afin de les dealer. Et cette idée permet d’en mettre en place une autre, c’est que dans ce monde où la magie existe, elle a tout remplacé, les médecins, l’électricité, etc… De ce fait, tout le monde dépend de la magie, mais comme les Hexmeisters sont envoyés dans le centre-ville, les bas quartiers comme les Containers, où vivent Blue et sa mère, n’ont pas accès à certains services essentiels. Et les déchets magiques deviennent le seul moyen de se soigner, ou autre. Cela montre alors comment les hommes peuvent détourer ce qui à la base est un don, la magie, en une monnaie inaccessible pour une partie de la population, et comment les privilèges peuvent se mettre en place, alors que la magie est offerte au hasard. J’ai bien aimé aussi la question du racisme qui est posée ici, avec l’idée que certaines races sont inférieures, comme les centaures, et que rien n’est fait pour les inclure au reste de la population. Enfin, l’idée du mystère de la magie elle-même est assez intéressante, car on se demande d’où elle vient, comment elle fonctionne, et toutes ces questions vont finalement se retrouver au centre de ce récit, avec de fortes répercussions politiques. J’ai aimé ce mystère, et ce qu’il implique.

En Nouvelle Germanie, les gens s’imaginent rarement la montagne de déchets qui s’amasse dans le sillage de la magie.

Ils ont tendance à ne voir que le bon côté des choses, les Hexmeisters et leurs pouvoirs, la marque providentielle en forme le libellule sur leurs poignets, leurs mouvements de mains théâtraux. La lumière, la jolie couleur verte. Et surtout, le résultat. La rage de dents guérie. Le train remis sur ses rails. La pluie sur un champ trop sec. Le petit millimètre de travers sur le nez d’une célébrité trop vaniteuse.

Ils s’imaginent rarement que toute cette énergie laisse derrière elle une traînée monumentale de merde. Merde qui circule jour après jour dans les canalisations labyrinthiques de Novapolis. Merde qui cause parfois des bouchons de la taille d’une maison. Merde que les Hexmeisters ne nettoient jamais derrière eux.

En ce qui concerne l’écriture de ce roman, je l’ai trouvé assez fluide. On est rapidement immergé dans l’histoire, avec la découverte de Blue sur le fameux déchet, et les différentes courses poursuites qui vont en résulter. Je ne suis certes pas fan du langage de Blue au début, qui est assez grossier, mais j’avoue avoir été séduite par le fait qu’on soit dans sa tête, avec une narration à la première personne. Cela permet vraiment de se mettre à sa place et de sentir tous les sentiments qui l’agitent, que ce soit la peur, l’attirance pour Wayne, ou sa colère envers sa sœur. Cela permet aussi de mieux comprendre ses choix, d’autant plus que certains paraissent improbables, mais sont en vérité logique lorsqu’on suit le cheminement de Blue. L’univers est bien posé, bien visible, et on est bien immergé dans ce monde. Le suspens est aussi bien dosé, avec des rebondissements pour certains prévisibles, pour d’autres, assez inattendus, ce qui fait qu’on retrouve notre compte en tant que lecteurs, avec de jolies surprises.

En résumé, je ne peux que vous conseiller la lecture de ce roman. Il est bien écrit et immersif, avec de belles idées originales sur la magie. On s’attache rapidement à Blue, qui est une héroïne qu’on prend plaisir à suivre, assez haute en couleur, mais aussi déterminée et avec une belle répartie. J’ai apprécié le duo qu’elle forme avec Wayne, et ce dernier est un personnage assez intéressant. L’enquête est vraiment intéressante et bien menée, avec un aspect politique plaisant. L’écriture est fluide et le suspens bien dosé. J’ai hâte de lire la suite, car c’est vraiment un très bon tome 1.

Et vous ?

Aimez-vous les héroïnes haute en couleurs ?

Qu’avez-vous besoin pour vous attacher à une héroïne ?

Quels sont les défauts qui pourraient vous rebuter ?

Bon dimanche à tous 😀

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4 réflexions au sujet de « Blue Lake, tome 1 : Les Hextraordinaires »

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