chroniques littéraires

Mathieu Hidalf, tome 5 : La dernière épreuve de Mathieu Hidalf

Bonjour les amis. J’espère que vous allez tous bien et que vous passez un agréable weekend. Ici, les vacances suivent leur cours, et on se prépare à la dernière semaine de juillet. C’est fou à quel point le temps passe vite, car la moitié des vacances scolaires est déjà presque passée. Heureusement, il nous reste encore du temps pour profiter de ces dernières, et pour voir les amis et la famille. C’est d’ailleurs ce qui a été fait hier, en voyant des amis non vus depuis un moment.

Justement, aujourd’hui je vous retrouve pour vous parler d’amitié et d’épreuves. En effet, il est enfin temps que je vous livre mon avis sur le dernier tome de la série Mathieu Hidalf. Celui-ci a été lu en juin, et il fait partie de mes chroniques en retard. Vous pouvez retrouver sur le blog mes avis sur les tomes précédents. Cette série est un vrai coup de cœur, et je suis un peu triste qu’elle soit terminée. Les romans ont tous été écrits par Christophe Mauri, et publiés aux éditions Gallimard. Le dernier tome est sorti en septembre 2014. Je rappelle que c’est une série jeunesse fantastique, et voici son résumé :

L’heure est grave pour Mathieu Hidalf. Une moitié de l’école est tombée aux mains des frères Estaffes qui le traquent sans relâche. S’ils parviennent à s’emparer de son arbre doré, c’en est fini pour toujours de l’Élite. Désormais, Mathieu et ses amis n’ont plus le choix : ils doivent unir leurs forces pour enfin démasquer le traître, accomplir l’épreuve des Ailes de Feu et affronter la plus terrible bataille de l’histoire du royaume…

Dans ce dernier tome, on retrouve tous les personnages importants menacés par les frères Estaffes. En effet, Mathieu et ses amis Jurençon, Pierre et Roméo sont de retour à l’école, mais cette période va s’avérer compliquée, car la menace qui pèse sur eux est de plus en plus présente. D’ailleurs, l’école se met elle-même en état de siège en faisant apparaître le labyrinthe des bannis. Mais les cours continuent, et les épreuves aussi. Mathieu doit trouver les Ailes de Feu, mais cela peut le mener à sa perte. Et si tout le monde n’en réchappait pas cette fois ? De plus, Mathieu doit aussi surveiller ses sœurs, car en plus de Juliette d’Arain, Juliette d’Or est elle aussi de retour à l’école. Et pour ne rien arranger, le traître est toujours à démasquer, ainsi que l’enfant hélios. Et le chat de Mathieu et Roméo semble avoir un rôle à jouer avant la fin de l’histoire.

Comme d’habitude, je vais commencer cette chronique par vous parler de notre héros, qui est donc Mathieu. C’est un vrai plaisir de le retrouver, parce qu’on a eu le temps de s’attacher à lui, en cinq romans, et parce que c’est un personnage qu’on apprécie beaucoup, avec de grandes qualités. Au fil des romans, il s’est préparé à ce qui va arriver, même s’il n’en a pas vraiment conscience. Ainsi, il a gagné en maturité et en intelligence, il a beaucoup appris sur lui-même et sur les autres. Il s’est montré courageux, voire même altruiste, en plusieurs occasions, et cela va encore se vérifier dans ce nouvel épisode. Mathieu a désormais l’habitude de se sacrifier pour les autres, et cette grandeur d’âme, cette générosité qui s’est construite au fil des tomes va être à son apogée ici. En effet, Mathieu va se retrouver face aux limites de sa générosité, face à ses propres choix, et si cela lui paraissait facile dans les tomes précédents, ici, les questions vont être plus pressentes, tout comme sa remise en question, et il est possible qu’il dévoile davantage ses failles. C’est d’ailleurs assez intéressant, car Mathieu redevient un enfant, ce qu’on avait pu oublier aux cours des tomes précédents, car avec son courage, il obtenait ce qu’il souhaitait, et ne se mettait pas vraiment en danger. Or, cela n’est plus le cas ici, et la mort rode davantage au bout du chemin. Mathieu nous rappelle donc qu’il n’a rien d’un héros, et que c’est encore un petit garçon. C’est bien de le rappeler, car il porte un poids immense sur ses épaules. D’ailleurs, il ne profite pas de ce dernier, et c’est aussi plaisant de le voir garder le secret, alors qu’il pourrait facilement s’en venter, et c’est sans doute ce qu’il aurait fait dans les premiers tomes. Toutefois, j’ai aimé la manière dont il agit avec les autres, et la manière dont il montre qu’il comprend tout de même assez rapidement la situation, par rapport aux autres. Ainsi, il va découvrir, enfin, qui est le traître et qui est l’enfant hélios, et il va agir en conséquences. De la même manière, j’ai aussi beaucoup aimé la façon qu’il a de veiller sur ses deux sœurs, sur la plus jeune et la plus vieille, et on sent alors tout l’attachement qu’il a pour elles. Il ferait d’ailleurs la même chose avec son chat, et on sent donc à quel point la vie des autres est importante pour lui. C’est assez plaisant de le voir chercher Ailes de Feu, et de se confronter au passé de sa famille.

Marie-Marie prit la main de Mathieu. Ce combat d’arbres n’aurait rien à voir avec ceux dont il avait l’habitude. Pierre, de l’autre côté, lui prit la main à son tour.

Mathieu sentait ses amis trembler. Son cœur battait à tout rompre. Il recula soudain.

– Je n’y arriverai pas, dit-il.

– Qu’est-ce ce que tu racontes ? répondit Pierre.

Mathieu vit l’effroi se peindre sur le visage de Marie-Marie. Il aurait voulu avancer devant elle. Il lui tourna pourtant le dos, passa devant la grand-mère édentée et s’élança dans une allée voisine.

Passons à présent aux personnages secondaires. Je ne change pas beaucoup mes préférences dans ce nouveau tome, car j’aime toujours suivre deux membres du groupe, qui sont donc Roméo et Jurençon. J’adore Roméo car il est toujours à côté de la plaque, il ne réfléchit pas assez, et il ne comprend pas toujours tout. Mais il garde le sourire, et il propose des solutions loufoques. Il parvient toujours à s’en sortir, et il ressemble donc beaucoup à Mathieu, avec l’intelligence en moins. Mais on s’attache à lui, car il est drôle, et il montre aussi qu’on peut faire de grandes choses avec un train de retard. Il maintient toujours la concurrence avec Mathieu, mais c’est aussi un ami sur qui on peut compter. J’aime la relation qu’il a avec les autres, et l’évolution qu’il a sur toute la saga. Quand à Jurençon, il montre une nouvelle fois tout l’étendue de son talent et sa capacité à être un ami fidèle, mais aussi un adversaire redoutable. Pierre est davantage en retarit, et c’est vraiment celui avec qui j’ai eu le plus de mal dans le groupe, car il joue l’adulte, il est la voix de la raison, et si cette dernière est essentielle, elle fait aussi qu’on s’attache moins à lui, car il est un peu le rabat-joie de service, mais aussi le grand frère qui veille sur les plus jeunes. Ensuite, j’ai apprécié la présence des filles, que ce soit celle de Marie-Marie ou celle de Juliette d’Airain, qui nous montre elle aussi toute l’étendue de ses capacités et de sa ténacité dans ce roman. C’est assez plaisant de suivre Juliette dans son épreuve, et de voir qu’elle met à profit les enseignements de son frère, mais aussi qu’elle comprend comme lui beaucoup de choses. On voit aussi toute l’ingéniosité qu’elle est capable de mettre en œuvre pour réussir, et ne pas rester dans l’ombre de Mathieu. La mère de Mathieu est elle aussi très présente, et c’est assez intéressant de voir ce qu’elle sait, alors qu’on pensait qu’elle était dans l’ombre de son mari jusqu’ici, une épouse effacée, et elle montre qu’elle en sait bien plus qu’on pense. Enfin, rapidement, Louis Serra a aussi une évolution intéressante, quoique prévisible, mais que j’ai aimé découvrir, et qui fait qu’on s’attache davantage à lui.

– Tu as décidé d’alphabétiser toutes les nymphettes de l’école ? demanda enfin Mathieu, pour détendre l’atmosphère.

– Je prépare mon épreuve, expliqua sa petite sœur avec le plus grand sérieux. Je ne voulais pas vous causer d’inquiétude.

– Tu prépares ton épreuve ? répéta Juliette d’Or, dubitative.

– Oui. Je ne pourrai jamais ranger la bibliothèque toute seule. Avant d’être attaquée, j’avais déjà commencé à enseigner l’alphabet aux nymphettes. Dès qu’elles le connaîtront sur le bout des doigts, elles m’aideront à ranger les étagères ! Elles sont presque trois mille… En une journée, tout sera fait.

Juliette d’Or pourra un soupir, partagée entre une certaine admiration et un reste de colère.

Allons, ne restons pas ici, dit-elle. Et à l’avenir, préviens-moi si tu veux apprendre l’alphabet aux nymphettes.

– Oh ! elle le connaissent presque entièrement, à présent : annonça fièrement la fillette. Tu n’as qu’à les écouter.

En ce qui concerne la magie, dans ce nouveau tome, elle est bien présente. Ce que j’ai nettement apprécié, c’est que tous les éléments distillés dans tous les autres tomes, notamment ceux du tome 1, sont ici expliqués et prennent tout leur sens. En effet, j’avais trouvé que la magie n’était pas vraiment mise en évidence, en dehors de l’école, dans le tout premier tome, mais c’est qu’en vérité, plusieurs éléments sont bien présents, mais sans que l’on s’en rende compte. Ce n’est que dans ce dernier tome qu’on comprend comment le Serment a été rédigé, le rôle de Louis Serra, de l’école, et celui des Estaffes. J’ai apprécié ces révélations, et cela donne envie de lire le premier tome d’un autre œil, pour dénicher tous ces indices dispersés auparavant. Certes, certaines révélations sont hautement devinables, et prévisibles, depuis quelques tomes, mais d’autres le sont moins, et j’aime aussi beaucoup le mystère autour de la création de l’école, qui prend elle aussi tout son sens ici. L’idée du labyrinthe des bannis est assez intéressante et plaisante à voir être mise en œuvre. On sent aussi ici à quel point la magie peut être redoutable, mais aussi combattue avec une certaine force. J’aime beaucoup la vision de la magie vue ici, à la fois protectrice mais aussi dangereuse, tout en gardant un certain humour dans sa mise en place, et aussi une certaine originalité. C’est d’ailleurs ce qui m’a beaucoup plu dans toute cette saga, c’est l’originalité de la magie mise en place, tout en faisant référence aux nombreux contes et légendes de nos sociétés. L’amitié est alors très importante, car elle est ce qui va permettre de transcender les autres forces, de se battre, de se défendre, et de gagner. La solidarité est très importante dans ce roman, car elle montre qu’on ne peut pas toujours réussir tout seul, et qu’on a besoin des autres. C’est d’ailleurs toute la leçon reçue par Mathieu au cours des cinq tomes. L’autre leçon, c’est aussi qu’il faut parfois grandir, mais conserver son âme d’enfant, et si on a commencé l’histoire avec une fratrie unie, on voit aussi dans ce nouveau tome jusqu’où les familles peuvent aller pour se protéger les uns les autres, mais aussi que, parfois, les pactes tenus durant l’enfance ne peuvent pas survivre aux épreuves de la vie, et que les enfants grandissent.

– Si je comprends bien, les Elitiens sont en train de tailler des buissons pour faire un labyrinthe et ils espèrent que cela nous sauvera des Estaffes, résuma Roméo en se levant pour approcher des fenêtres de la galerie. Mais je peux vous le dire : un labyrinthe ne se construit pas en une journée. Je le sais car, pour mes huit ans, mon père en a fait tailler un dans le parc de notre château de vacances. Pfff… De la rigolade ! Il a fallu un mois aux jardiner pour le concevoir, et, en trente minutes à peine, j’avais trouvé la sortie. Si vous voulez mon avis, l’école est en faillite… Tout cela manque cruellement d’envergure. Nous devons affronter les frères Estaffes, les Hélios les plus virulents de l’histoire du royaume, et qu’est-ce que nous sert la direction ? Un laby…

En atteignant la fenêtre la plus proche, Roméo se tut comme si la comtesse Dacourt venait de lui infliger un soufflet et se contenta de lever son bras valide en direction de la forêt. Mathieu, Pierre, Jurençon et quelques curieux arrivés entre-temps se précipitèrent jusqu’à lui.

A l’horizon, la forêt des Elitiens disparaissaient peu à peu, submergée par les allées d’un stupéfiant labyrinthe. Il semblait avoir poussé là en quelques minutes. Les haies étaient si hautes qu’elles touchaient presque le rebord des fenêtres, pourtant situées au quatrième étage de l’école. Certaines allées étaient si étroites qu’un Elitien n’aurait pu s’y engager que de biais. Seuls les arbres les plus grands atteignaient encore la lumière du jour. Au loin, et à perte de vue, des haies continuaient à jaillir du sol, défigurant la forêt. Mathieu constata que les cristaux des lustres, au-dessus d’eux, vibraient légèrement.

– Tu as raison, Roméo, dit-il en retournant à sa place. Tout cela manque cruellement d’envergure. A mon avis, il te faudra au moins un quart d’heure pour sortir de ce labyrinthe…

Roméo resta bouche bée.

En ce qui concerne l’écriture, on retrouve ici l’écriture des autres tomes, légère et pleine d’humour. Malgré la tension qui monte, on va vers le combat final, on garde des personnages enfantins, qui font des blagues, qui se tirent dans les pattes, qui s’amusent et qui s’aiment. Cela permet donc de conserver une certaine légèreté et ne pas insuffler une ambiance trois noire au récit, malgré le fait qu’on sente tout à fait que l’ambiance gagne en noirceur, et en menace. Comme je l’ai mis plus haut, tous les éléments distillés dans les autres tomes se mettent en place ici, et j’ai vraiment apprécié cette idée de me retrouver devant un puzzle complété enfin. Certes, certains éléments sont devinables et prévisibles depuis un moment, mais on a tout de même de belles surprises. Le roman se lit très bien, et on n’a pas envie de le lâcher. D’un autre côté, c’est la dernière aventure de Mathieu, et on est assez triste de le quitter. Néanmoins, pour ma part, je trouve que a série se termine sur une très belle lecture, et que ce tome est conduit d’une main de maître. C’est la fin parfaite pour Mathieu.

En résumé, j’ai vraiment beaucoup aimé cette fin de saga. Ce roman se lit tout seul, et on essaye justement de freiner notre rythme de lecture pour rester encore plus avec Mathieu. Le combat final est bien mené, bien construit et décrit, et on a toute la tension dont on a besoin pour craindre pour nos personnages, tout en gardant une légèreté parfaite pour l’âge des personnages et les lecteurs. Le roman se lit bien, et on conserve notre attachement aux personnages, dont Mathieu. Tous les éléments mis en place dans les tomes précédents prennent leur sens ici, et on voit que la saga a été bien construite. J’ai apprécié l’évolution de Mathieu et des autres personnages. La saga se termine en beauté, et je ne peux que vous en conseiller sa lecture. Je regrette de ne pas l’avoir découverte plus tôt, et qu’elle n’ait pas eu le succès qu’elle méritait d’avoir. C’est une très belle saga à découvrir. Je la relirai avec plaisir.

Et vous ?

Quelles sont vos séries jeunesses coup de cœur ?

Quelles sont les sagas de votre enfance ?

Celles que vous aimez relire ?

Bon dimanche à tous 🙂

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