chroniques littéraires

9, Noa

Bonjour les amis. J’espère que vous allez tous bien et que vous profitez de vitre weekend. ici, je peux vous dire qu’il faut chaud et que je regrette de ne pas vivre plus près de la mer. Je sais que je ne suis qu’à une heure en voiture de cette dernière, mais j’aimerais vraiment vivre au bord de la mer, même si je sais qu’avec la montée des eaux, c’est un rêve un peu absurde. Après, si je m’écoutais, je retournerais vivre en Bretagne, mon chez-moi, mais mon compagnon ne veut pas, et avec la montée des prix dans la région, cela semble en plus inaccessible.

En parlant de choses inaccessibles, je reviens justement vers vous aujourd’hui avec un roman hautement politique, qui se veut aussi une grande critique de notre monde actuel, que ce soit nos modes de vie, de consommation, que nos modes de fonctionnement politique. Ce roman, c’est la suite de la série 9. Je mets série car je ne suis pas certaine qu’il s’agisse d’une trilogie, contrairement à ce que certains ont l’air de penser. Cette série est écrite par Marc Lévy, et il s’agit du troisième tome, intitulé Noa, donc je vais vous parler aujourd’hui. Comme pour les autres titres de cette série, dont vous pouvez retrouver mes chroniques du tome un et du tome deux ici et ici, ce troisième tome est paru aux éditions Robert Laffont, et il est sorti en mai 2022. Voici on résumé :

9 hackers combattent un dictateur.

Des vies sont en danger.

Une reporter d’investigation va s’infiltrer en terrain ennemi.

Le temps est compté.

Le Groupe 9, plus uni que jamais, repart e mission.

L’avenir de tout un peuple est en jeu.

De Londres à Kyïv, de Vilnius à Rome, un roman d’aventures et d’espionnage au suspens trépidant, une histoire qui interpelle et invite à réfléchir sur le monde qui nous entoure.

Dans ce nouveau titre, nous retrouvons donc nos hackeurs préférés, et même s’ils célèbrent leur victoire sur les fauves, et surtout sur les laboratoires pharmaceutiques qui sont responsables de la morts de plusieurs personnes, dont l’un des proches de nos héros, l’heure n’est pas encore à la vraie fête. Dans la ligne de mire du groupe, le dictateur de la Biélorussie, qu’ils comptent bien faire tomber. Il s’agit d’une revanche, et d’un nouveau coup à jouer pour faire trembler les fauves.

Bien que ce nouveau tome s’intitule Noa, je peux vous dire que le personnage central dans cette histoire, ce n’est pas Noa, mais son amie Janice, dont j’avais déjà évoqué le rôle dans ma chronique du tome un. Ainsi, j’avais beaucoup aimé le personnage de Janice dans le premier tome, et c’est donc un certain plaisir de la retrouver ici en tête d’affiche. Je vous préviens tout de suite, c’est vraiment avec elle que le roman va tourner, car on ne voit quasiment que elle dans toute l’histoire. C’est ainsi elle qui va se retrouver sur le terrain et qui va faire en sorte que le groupe s’est donnée soit accomplie et menée à bien. J’ai apprécié de voir Janice retourner sur le terrain et se retrouver en danger. Elle montre ainsi qu’elle est courageuse, mais aussi qu’elle a une haute idée de la justice, et qu’elle ne laissera personne décider de son sort à sa place. En fait, Janice se retrouve à faire des choix assez compliqués, auxquels elle pourrait renoncer, mais elle est ici habitée par l’envie de faire justice, mais aussi de se venger, et de venger tous les journalistes, comme elle, qui se retrouvent menacés dans certains pays. De ce fait, on retrouve chez elle ce caractère froid que j’avais déjà souligné dans le premier tome, mais qui va être combiné ici avec une certaine impulsivité, comme si elle se moquait désormais des conséquences de ses actes. J’ai aimé sa confiance en elle et en la cause, cette confiance qui va donc la porter pendant tout le récit, et qui va faire qu’elle va continuer coûte que coûte, même si elle se retrouve en danger. En fait, elle ne doute quasiment jamais, et c’est assez impressionnant. Elle est très réactive, et on voit alors comment elle réfléchit et comment elle fais en sorte de mener sa mission. Le fait qu’elle soit menacée par les fauves avant même cette mission est aussi intéressant, car on peut voir ses limites, et ce qui lui donne envie de se battre, cette rage qui la pousse en avant, sans que ce soit une colère meurtrière ou suicidaire. Au contraire, j’ai trouvé que Janice savait parfaitement dans quoi elle se lançait, sans vouloir mourir ou se mettre en danger volontairement. Ses intentions sont donc assez nobles, et c’est ce qui fait qu’on s’attache à elle, car on a envie de l’aider à non seulement survivre, mais aussi à avoir gain de cause, pour elle et pour tous ceux qu’elle défend.

– Tu es devenue folle ? lança Cordélia.

– Tu as une meilleure idée ?

– Il n’y a pas pire idée que la tienne, tu n’as pas le droit de faire ça ! s’emporta Diego.

– A ma place, tu agirais de la même façon. Quand nous nous reverrons, je vous raconterai ce que j’ai vécu aujourd’hui, je sais que vous vous moquerez de moi, mais je vous jure que tout est désormais évident. Et si l’on devait ne pas se revoir de sitôt, alors vous pourrez attester que j’étais folle et moi, je ne pourrai plus prétendre le contraire. Quoi qu’il arrive, j’affirmerai que j’ai agi seule, vous avez ma parole.

– Ce n’est pas la question, intervint Mateo. Laisse-nous un peu de temps ; on va tout faire pour trouver une autre solution.

– Du temps ? Mais nous n’en avons plus. Et puis, après avoir détourné un avion de ligne, je ne pense pas que Loutchine s’aventure à tuer une journaliste étrangère.

Parlons maintenant des autres personnages du groupe. J’ai trouvé qu’ils étaient assez mis de côté, comparé aux deux tomes précédents où l’on voyait tout le groupe. Par exemple, Maya est à peine mentionnée, et on la voit seulement à la fin, avec Diego, alors qu’elle était le personnage central dans le tome précédent. C’est la même chose avec les jumeaux, ou même Diego ou Ekaterina. Néanmoins, ce fut un plaisir de retrouver Matéo, qui reste un peu plus développé que les autres membres, tout simplement parce que, comme Janice, il va lui aussi être obligé de prendre une décision radicale, qui va changer toute sa vie. C’est aussi là qu’on voit que le groupe est vraiment motivé à aller jusqu’au bout de la mission qu’il s’est assigné, et que Matéo s’est beaucoup impliqué dans cette mission. Elle fait, en effet, remonter des souvenirs en lui, et il ne compte pas renoncer devant certaines difficultés. De ce fait, on apprécie qu’il prenne tous ces risques et qu’il s’implique de cette manière, même si on peut aussi se dire qu’il ferait mieux de laisser tomber, puisque la situation en Biélorussie ne le concerne pas personnellement. Mais ce qu’on aime avec le groupe des 9, c’est leur générosité et leur envie de changer le monde en défendant les faibles, et Matéo incarne donc bien cette valeur. De plus, en acceptant son choix, il permet aux autres de rester protégés, ce qui est tout aussi louable. Ensuite, j’aimerais parler de Cordélia. J’avais un peu de mal avec elle dans le premier tome, mais elle s’était assagie dans le second, grâce à Vital. Ici, on s’aperçoit que du groupe, c’est celle qui a le plus de doutes, non pas sur la mission en cours, mais sur son avenir. J’ai donc apprécié qu’elle évoque ses peurs, ses problèmes envers la morale, et ses envies de tout arrêter, de vivre une vie plus normale, parce que c’est la seule qui le fait, la seule qui se demande jusqu’au peut encore les mener leur combat avant qu’ils ne soient tous arrêtés. C’est alors assez intéressant de se poser cette question de la fin de l’action, et de réfléchir aux possibilités qui peuvent s’offrir à nos héros, ce qui rejoint, en fait, les conséquences de l’acte de Noa, mais aussi de Matéo. D’ailleurs, j’en arrive rapidement à Noa, qui n’apparaît qu’à la fin. C’est intéressant de la voir en action, mais surtout de comprendre comment elle en est arrivée là, mais aussi ce qu’elle va faire ensuite, car elle, elle n’est pas prête d’arrêter la lutte, et le groupe vit grâce à elle.

Elle lui fit part de sa conversation avec Mateo et Diego reconnut à son tour que leur ami n’avait pas tort. Si les hommes de Loutchine ripostaient à leur cyberattaque, ils s’en prendraient d’abord à l’Ukraine. Le donjon se retrouverait coupé du monde et le Groupe perdrait son QG. Mais il partageait les mêmes inquiétudes que Cordélia quant au sort de Mateo.

– J’espère qu’il est bien assuré, il n’aura pas d’autres choix que de détruire toutes ses installations, ajouta-t-elle.

– Mais ses installations sont aussi son outil de travail.

– J’imagine qu’il sait ce qu’il fait.

– Non, tu n’imagines rien du tout. Mateo n’a pas été épargné dans son enfance, son père est mort brûlé dans sa maison incendiée par les troupes d’un dictateur. C’est Ekaterina qui me l’a confié. J’ai peur que cette opération soit pour lui une vengeance.

– Et alors, ce serait grave ?

– La vengeance rend aveugle, tu connais le dicton.

A présent, je vais vous parler du thème de ce roman. Comme vous l’avez compris, on est ici plongé dans une révolution, qui va se mettre en place grâce au groupe des 9. Non pas que ces derniers en arrivent à faire de la politique, mais ici, nous avons encore un lien avec les fauves, qui en plus d’avoir manipulé le Brexit en Angleterre, ce qui était le sujet du tome 2, ils ont placé en Biélorussie un dictateur à leur botte, une sorte de complice pour réussir à manipuler les foules, un entraînement à l’échelle d’un pays de ce qu’ls veulent faire dans le monde. Le but de l’auteur ici est alors de nous montrer à nouveau comment il est facile de se faire manipuler par les fauves, qui sont prêts à truquer des élections et à effrayer les populations pour avoir gain de cause. On ne parle plus que d’entreprises, mais bien d’Etats prêts à tout. Je trouve qu’on y voit surtout une représentation de ce que nous sommes en train de vivre à l’heure d’aujourd’hui avec la Russie et l’Ukraine, et j’ai donc trouvé que le roman avait un retentissement différent que les autres tomes, tout simplement parce que nous sommes plongés dans un grand sujet, et que le Brexit ou que les élections aux Etats-Unis nous paraissaient totalement différentes, plus éloignés, plus abstraits, que la guerre qui est mentionnée ici. De ce fait, l’auteur nous plonge dans de la vraie fiction, au sens où nous sommes plongés dans une révolution qui n’existe pas encore, dans un soulèvement de la part du peuple biélorusses qui n’existent pas. Les deux premiers tomes parlaient de l’actualité récente, mais tout de même passée, alors que là, nous sommes dans une extrapolation du futur. Mais c’est tout de même intéressant d’imaginer comment une telle révolution pourrait être menée, et cela vaut pour la Biélorussie, mais aussi toutes les autres dictatures dans le monde qu’on oublie. Mais il y a un autre thème assez fort dans ce récit, et qui fait que c’est d’ailleurs Janice qui prend le rôle principal de cette histoire. En effet, l’idée ici est aussi de parler de la liberté de la presse et de la liberté d’informations, et de montrer comment les grands groupes se moquent de cette liberté et sont prêts à faire pression sur les journalistes, même de d’autres pays, afin que la vérité reste cachée. Nous avons droit ici aux conséquences des révélations faites dans le tome 2, et Janice va payer un prix fort. Mais nous avons aussi la démonstration qu’il existe, et qu’il doit exister, des organes de presses forts, prêts à tout révéler. Néanmoins, nous avons aussi, en parallèle, la critique du système, et le fait que c’est extrêmement facile pour certaines personnes de discréditer le travail des journalistes, et de détruire leur travail. Ce sont donc des thèmes forts exposés ici, et j’ai apprécié de les voir être mis en œuvre.

– Les révolutions démocratiques sont contagieuses. Les oppresseurs ont tiré des enseignements de l’année 1989, lorsque les dictatures communistes tombèrent comme un château de cartes. Plus récemment, les printemps arabes ou les manifestations anticorruption de 2014 en Ukraine qui ont abouti au renversement de gouvernements ont renforcé leurs craintes. Si les Ukrainiens pouvaient se débarrasser de leur dictateur corrompu, pourquoi d’autres peuples voisins ne voudraient-ils pas en faire autant ? Un mot d’ordre est né chez les tyrans. Si vous pouvez éradiquer les protestations dans un pays, vous pouvez aussi les empêcher de commencer ailleurs. Alors les autocrates s’entraident, financièrement, parfois militairement, sous le couvert de milice qu’ils envoient prêter main-forte à leurs amis menacés. Les tyrans partagent une façon commune de voir le monde, ils croient que leur survie personnelle est plus importante que le bien-être de leur peuple. Ils sont terrifiés à l’idée qu’un changement de régime les conduise en prison ou en exil. C’est pourquoi ils s’allient, coopèrent, échangent des informations sur leurs modèles de répression. Leurs outils de propagande et de déstabilisation des opposants se sont enrichis de moyens de communication inédits jusque-là. Manipulations sur les réseaux sociaux, infiltrations dans les mouvements de résistance en vue de les écraser au plus vite. Arrestations massives, emprisonnements, tortures, viols, meurtres et rapts font régner la terreur et étouffent la dissidence. Leurs actions ne se limitent plus à cela. Ils cherchent par tous les moyens à étendre leur mode de gouvernance, à déstabiliser les démocraties voisines, en interférant dans leurs élections. Ce fut le cas en Angleterre, mais aussi en Allemagne, en Italie, et avant cela en Pologne, en Hongrie. Les campagnes politiques des partis européens d’extrême droite sont largement financées par des capitaux privés étrangers, masqués derrière des sociétés hébergées dans des paradis fiscaux. Qu’attendez-vous pour confisquer ces fortunes bâties sur la corruption et qu’ils placent dans vos banques, pour confisquer leurs villas somptueuses sur vos rivieras, leurs voitures de luxe qui dorment dans les parkings de vos capitales, leurs hôtels particuliers et appartements achetés en affamant leur peuple ? Cela vaut pour les oligarchies qui les soutiennent. Je comprends que le commerce que vous faites avec elles profite à vos entreprises, mais, ce faisant, vous contribuez au cycle de la terreur, enrichissant ceux qui martyrisent leur population.

J’en arrive à présent à l’écriture de ce roman, et ce que je vais dire va faire écho à ce qui est écrit plus haut. En effet, nous restons dans un récit assez glaçant sur la manière dont fonctionne notre monde, et sur la manière dont tout le monde est manipulé en permanence sur les réseaux sociaux, Twitter en prenant ici pour son grade. C’est d’ailleurs ce que j’aime avec ce roman, c‘est qu’il nous rappelle les danger de la technologie et à quel point ces outils sont devenus non seulement des pubs à grande échelle, mais aussi une manière de propager à vitesse grand V de fausses informations, et certaines provenant aussi bien des entreprises que des Etats, ce qui permet justement ces crises envers l’information, ce qui fait qu’on ne sait plus vers quelle source se tourner, et où se trouve la vérité. Le roman se lit bien, l’écriture est vraiment fluide, et plu la fin approche, et plus le suspens est grand, parce que la tension monte, et parce qu’on ignore si le coup d’Etat va prendre ou non, si la Biélorusse va se libérer ou non de son dictateur, et qu’elles vont être les conséquences pour nos héros. Comme s’est mis dans le résumé, on est ici sur un roman qui mêle non seulement l’aventure, mais aussi l’espionnage, et certains risquent d’en faire les frais. On a donc bien ici un renouveau de la trilogie, un roman différent, au ton encore plus grave, que les deux premiers, et je trouve que cela fonctionne bien. Certaines révélations concernant le groupe sont aussi faites, et on ne sait pas, à la fin du roman, ce qui va advenir de ce dernier, même si, pour ma part, je pense qu’un autre tome est prévu. C’est donc une fin ouverte qui nous est proposée, qui laisse donc la place à l’imagination, mais aussi à l’actualité, et c’est assez plaisant, parce que tout est possible ici. Et j’ai apprécié le parti-pris de modifier le nom de la ville de Kyïv avec l’écriture à l’ukrainienne.

En résumé, j’ai plutôt aimé la lecture de ce nouvel épisode. J’ai apprécié de retrouver Janice, et de la voir évoluer dans la Biélorussie, de la voir prendre des décisions et de suivre sa mission. Elle montre tout son courage et sa détermination pour la cause, qui n’est pas la sienne mais celle des biélorusses. J’ai aussi apprécié que Noa donne des informations sur le groupe, et voir Matéo pendre lui aussi des décisions radicales, et voir Cordélia se retrouver face à ses doutes. Le roman se lit bien et c’est intéressant de se retrouver en plein dans une révolution d’une telle ampleur, de suivre sa préparation, avec un grand suspens et une grande tension. J’ai aussi aimé la réflexion sur le rôle des journalistes dans le monde. Je vous conseille donc la lecture de ce nouveau tome.

Et vous ?

Quels sont les thèmes que vous aimez retrouver dans un roman ?

Cela vous dérange-t-il lorsqu’il y a beaucoup de personnages principaux ?

Qu’est-ce qui peut vous faire vous attacher à un personnage en particulier ?

Bon dimanche à tous 😀

Une réflexion au sujet de « 9, Noa »

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