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De rouages et de sang, tome 1 : Les disparus d’Arkantras

Bonjour les amis. J’espère que vous allez tous bien et que vous n’avez pas pris trop dur avec la chaleur de ces derniers jours. Pour ma part, ce que je déteste avec ce temps, c’est le fait que l’air ne baisse pas la nuit, et qu’on dort vraiment mal. Heureusement que ce temps ne dure pas, même si, si on suit les prévisions de ces prochaines années, on devrait s’habituer à une telle canicule, car cela va devenir de plus e plus récurrent. Mais quand je vois les images de la Loire presque à sec à certains endroits, cela m’effraye vraiment.

Mais ne nous attardons pas sur ce futur qui n’est pas encore, et parlons plutôt du présent, pour le moment. Aujourd’hui, je reviens vers vous sur le blog pour vous parler enfin de l’une de mes lectures du mois d’avril. Il ne vaut mieux tard que jamais. En effet, aujourd’hui j’ai décidé de vous emmener dans un autre monde, un monde de science-fiction avec le roman steampunk De Rouages et de Sang, dont le premier tome s’intitule Les Disparus d’Arkantras. Ce titre est écrit par A. D. Martel, une autrice belge. J’avais d’ailleurs lu ce roman dans le cadre du Challenge de l’Imaginaire Francophone de cette année. Le roman est sorti en mars 2022 aux éditions Scrineo. Je remercie d’ailleurs ces derniers de m’avoir envoyé ce titre en service presse via la plateforme NetGalley, en version numérique. Voici son résumé :

Plongez dans les bas-fonds d’Arkantras, où le danger se cache à chaque coin de rue…

Depuis quelque temps, une menace plane sur les bas quartiers d’Arkantras… Le bruit court qu’une créature avide de chair humaine enlèverait les enfants à la nuit tombée pour les dévorer. Que diable, Rowena, jeune orpheline passionnée de mécanique, se moque bien de ces histoires à dormir debout ! Jusqu’au jour où son ami, Œil-de-Pirate, disparaît lui aussi dans d’étranges circonstances… Résolus à le retrouver, Rowena et son fidèle chat à la patte mécanique, Monsieur Gratouille, s’enfoncent dans les profondeurs d’Arkantras.

De son côté, Eugène Bassompière, un journaliste issu de la bonne société, se voit chargé d’enquêter sur ces disparitions. Sur les traces du monstre, les destins d’Eugène et Rowena vont s’entremêler.
Que se passe-t-il réellement dans la ville ? Et si la vérité s’avérait pire que tout ce qu’ils pouvaient imaginer ?

Dans ce roman, nous suivons principalement deux personnages, qui sont Rowena et Eugène. La première est une adolescente des rues, très débrouillarde, qui est capable de démonter toutes les machines de la ville d’Arkantras. Elle vit dans les bas-fonds avec son chat et évite de se mélanger avec les autres. Seulement, des disparitions inquiétantes font monter la pression dans le quartier, et lorsque l’une de ses amis disparaît à son tour, Rowena se met en quête de la vérité. Eugène, quant à lui, est un fils de bonne famille. Elevé près du pouvoir, il a tout envoyé promener lors de la sortie de son premier article dénonçant la corruption du gouvernement. Blacklisté, Eugène cherche un nouveau scoop, et ce qui se passe dans les bas quartiers pourraient peut-être l’intéresser.

Je vais commencer cette chronique par vous parler du personnage de Rowena. En effet, c’est avec elle qui nous débutons le roman, et c’est un personnage que j’ai aimé suivre. En effet, on apprend peu à peu que Rowena ne peut compter que sur elle-même, et qu’elle est finalement assez seule. Elle est orpheline, et a déjà dû survivre à plusieurs galères et aventures pour devenir ce qu’elle est, une mécanicienne hors paire, mais qui doit se cacher car elle n’a pas de domicile. De ce fait, Rowena utilise ses talents pour voler. De toute manière, dans les bas-fonds, il est difficile de faire autrement. On s’attache donc rapidement à Rowena, qui ne fait que survivre. Heureusement, elle peut compter sur l’aide de Monsieur Gratouille, son chat, et j’ai beaucoup aimé la relation que les deux êtres entretiennent, une relation faite d’amitié, mais qui est aussi fraternelle. On sent que les deux personnages assurent leurs arrières, et font tout pour se protéger. Le fait que Rowena ne se soit pas débarrasser du chat, qui est tout de même une bouche de plus à nourrir dans son quotidien déjà compliqué montre son grand cœur et sa gentillesse, son empathie, qu’on retrouvera d’ailleurs au cours du roman. Rowena est attirée par les exclus comme elle, et elle est toujours prête à aider les autres, même si cela peut lui attirer des ennuis. Alors qu’elle est au début sceptique sur l’idée d’un monstre dans les bas-fonds, elle va tout faire pour retrouver son ami enlevé, et montrer que certaines choses doivent être révélées. J’ai vraiment apprécié de suivre son personnage, et de la voir s’ouvrir aux autres pendant cette aventures, notamment à Eugène, alors qu’elle se méfie de lui. C’est un personnage qu’on a envie de suivre, à qui on s’attache facilement parce que c’est facile de se demander ce qu’on ferrait à sa place, et j’ai vraiment apprécié son envie d’aider les autres, le fait qu’elle ne s’arrête pas à ce qu’elle voit, mais qu’elle va au-delà de ses peurs et de ce que ses yeux lui montrent. C’est un personnage qui peut servir de modèle dans la vie de tous les jours, qui est inspirant, et qui montre une grande force de caractère.

Monsieur Gratouille continuait de se gratter l’épaule avec énergie. Elle le prit au creux de ses bras et enfouit son visage dans son pelage. L’adolescente s’interrogeait : que ressentait-on lorsque était aimé par quelqu’un, d’un amour si fort que cette personne serait prête à agresser un policier pour vous ? Le chat émit un petit miaulement. Rowena imagina ce que serait sa vie sans lui. Son cœur se serra. Les larmes commencèrent à couler sur les poils de son compagnon, mais il ne broncha pas, comme si lui aussi partageait ses craintes.

Parlons à présent d’Eugène. Je dirais qu’il est lui aussi un personnage sympathique, mais au cours du roman, on va davantage apprendre à le connaître, et se rendre compte qu’il a un lourd passé, et qu’il a beaucoup de mal à se débarrasser de ses préjugés. En effet, Eugène est né dans la belle société, d’un père au pouvoir politique assuré, et il craint les bas-fonds, il refuse même de s’y rendre. Lorsqu’il y est obligé, pour son enquête, il va découvrir un autre monde, mais il a parfois un air condescendant, fier, qui peut être agaçant. Néanmoins, lorsqu’on apprend à le connaître, on comprend pourquoi il agit de cette manière, mais il est moins attachant immédiatement que ne l’est Rowena, parce qu’il faut creuser davantage son personnage pour s’attacher à lui. Toutefois, j’ai apprécié son évolution, et le fait qu’il se met à vouloir lui aussi la vérité à n’importe quel prix. Par contre, il m’a souvent fait lever les yeux au ciel, parce qu’il est un très mauvais enquêteur, et parce qu’il ne fait pas du tout attention à ses arrières. Parfois, il prend de très mauvaises décisions, et nous on devine qu’elles sont mauvaises, mais pas lui. Eugène est un peu idéaliste et naïf, ce qui risque de lui poser quelques problèmes. Mais cela peut être amusant de le voir tomber aussi facilement dans certains pièges.

– T’es-tu seulement aventuré plus loin que ta chambre maintenant que tu vis de l’autre côté ?

Le jeune journaliste secoua la tête, penaud. Basile avait raison, il devait changer sa manière de penser. Eugène avait grandi dans l’opulence, sans jamais manquer de rien, si ce n’est d’amour depuis la disparition de sa mère. Son père, bien que distant et froid, avait alors pourvu à tous ses besoins et n’avait cessé de faire peser un poids immense sur ses épaules. Peut-être était-ce ce qui l’avait finalement poussé à écrire ce maudit article ? Le petit garçon gâté avait tenté d’attirer l’attention autrement.. Et il avait tout gâché.

Toute son éducation le tournait pourtant vers un poste politique important. Cette éducation qui lui avait appris à se méfier des gens de basse confitions – auxquels il appartenait désormais, que cela lui plaise ou non. Oui, il devait absolument se ressaisir, trouver du courage afin d’écrire des articles intéressants. Malgré tout, il redoutait de se retrouver dans une impasse, le chemin barré par une bande de malfrats qui voudraient sa peau. A moins que ses craintes, elles aussi, ne reposent sur de simples préjugés ?

– Parce que tu connais le quartier industriel, toi ? rétorqua-t-il, essayant de reprendre le dessus dans la conversation.

Un sourire espiègle accueillit sa réponse et le visage d’Eugène se décomposa? Jamais il n’aurait imaginé son ami fréquenter la population sordide des bas quartiers.

Parlons enfin de l’univers de ce roman. Nous sommes dans un univers steampunk, qui rappelle le dix-neuvième siècle en Europe, avec beaucoup d’inventions, des ballons pour voyager, des robots mécaniques, mais aussi beaucoup de richesse d’un côté et beaucoup de pauvreté de l’autre. Comme je le mettais en parlant de Rowena, les bas-fonds ne vivent pas, ils survivent, et pour cela, ils doivent voler. Tout est contrôlé, et les deux mondes ne se rencontrent qu’à peine. Or, une menace pèse sur les bas-fonds avec le monstre, et certains sont bien obligés de s’y confronter. On sent donc immédiatement la différence d’univers entre Rowena et Eugène, entre les bas-fonds et les beaux quartiers. J’ai aussi apprécié l’idée du monstre, et ce que ce dernier implique. Nous sommes dans un monde mécanique, où les outils sont courants, mais où il semble malvenu de changer des organes par des pièces mécaniques. Mais peut-être que cela n’est pas aussi absurde que cela ? Bien entendu, pour comprendre ce qu’est le monstre et d’où il vient, il va falloir mener l’enquête, et c’est aussi ce que j’ai apprécié dans ce roman. Outre le fait qu’on est face à un monstre terrifiant qui laisse des cadavres derrière lui, nous devons comprendre ce qu’il est, et pour cela, il faut enquêter, le suivre. Mais encore faut-il croire à son existence, et comme pour celles des disparus, cela ne va pas être chose aisée pour nos héros, car tant qu’on n’y est pas confronté personnellement, comment y croire ? Comment ne pas penser qu’on est manipulé par les autres ? C’est aussi pour cela que ce roman est politique, car les disparitions semblent être effacées, oubliées, alors qu’en fait, elle sont essentielle. La ville doit alors livrer ses secrets, et c’est alors intéressant de voir comment l’univers fonctionne et est bâti pour permettre à ce secret de perdurer, ou non. Il y a alors un aspect politique assez fort ici qui est agréable.

De la fumée s’échappa une nouvelle fois du cagibi, beaucoup plus proche du matou tigré. Soudain, deux pupilles verticales et fendues brillèrent. La jeune fille se figea par réflexe. Cependant, le regard monstrueux ne se posa par sur elle. Non, il se posa sur Monsieur Gratouille avec un air… plus qu’intéressé.

Lentement, les deux yeux fluorescents se rapprochèrent du chat qui remuait gaiement la queue, les lunettes d’aviateur toujours fixées sur son jouet. Le cœur de Rowena fit alors un bond périlleux dans sa poitrine.

Sans réfléchir, elle attrapa la première chose à sa portée, soit une sorte de vieux porte-parapluie tout rouillé, et le lança sur la créature. Un grognement mécontente s’éleva des ténèbres et elle empoigna Gratt, qui miaula de surprise.

Un cri d’outre-tombe fit trembler les murs, et Rowena, qui avait atteint le palier, prit ses jambes à son cou. Elle déboula dans la rue et courut à en perdre haleine.

En ce qui concerne l’écriture, elle est fluide et les chapitres s’enchaînent bien. Comme je l’ai mis dans le paragraphe précédent, on a non seulement un vrai mystère à résoudre dans ce roman, mais aussi beaucoup de tension avec le monstre, de sang, qui pourrait presque nous faire basculer dans un roman d’horreur jeunesse. J’ai bien aimé cet aspect-là, car on ne sait pas vraiment à quoi s’attendre avec le monstre, et même si certains détails de l’histoire sont prévisibles et devinables avant, tous ne le sont pas, et c’est agréable d’être surpris. On l’est d’ailleurs avec les personnages, qui évoluent d’une manière sympathiques. La plume de l’autrice est donc plaisante et le roman se lit bien, on veut savoir la fin et comment toute cette histoire va se terminer, et on craint pour la vie de nos héros à plusieurs reprises. On alterne entre des passages très sérieux, d’autres plus drôles, et d’autres pleins d’action ou émouvants. C’est bien dosé et bien construit, ce qui fait qu’on a du mal à lâcher ce roman.

En résumé, j’ai pris plaisir à lire cette histoire et à suivre l’enquête menée par Eugène d’un côté et Rowena de l’autre pour comprendre comment des disparitions pouvaient exister dans les bas-fonds et comment un monstre pouvait aussi s’y déplacer. Les deux personnages sont alors intéressants à suivre, même si j’ai préféré celui de Rowena, plus attachant. Mais Eugène a une belle évolution. Le monde est intéressant à découvrir et j’ai hâte de savoir ce qui va nous être réservé dans le tome 2. La plume est agréable et fluide. Le roman se lit bien. Je vous en conseille donc sa lecture, c’est un bon roman de steampunk.

Et vous ?

Lisez-vous du steampunk ?

Qu’aimez-vous dans ce genre de récits ?

Qu’est-ce qui peut vous émouvoir dans un roman ?

Bon dimanche à tous 🙂

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