chroniques littéraires

Mathieu Hidalf, tome 3 : Mathieu Hidalf et Le sortilège des ronces

Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez tous bien et que vous passez un bon weekend. Ici, le weekend prolongé de l’Ascension fait vraiment du bien, avant de reprendre pour la dernière semaine de cours de l’année scolaire. Ce weekend me permet de recharger mes batteries, bien à plats depuis janvier, et surtout, de profiter enfin du temps qui m’est donné pour faire autre chose que les cours. J’ai en effet terminé de rédiger mon dernier cours de l’année, il est envoyé aux élèves pour qu’ils le préparent pour cette semaine, et je peux donc me consacrer à autre chose, comme les épisodes de la série Kenobi. Je me demande d’ailleurs si je ne vous ferais pas une chronique de cette série, à sa fin.

En tout cas, aujourd’hui, je reviens sur le blog pour vous parler d’une série que j’ai découvert cette année. En effet, vous avez pu le voir avec le titre, je viens vous donner mon avis sur le troisième tome de la série Mathieu Hidalf, dont vous pouvez déjà retrouver les premiers tomes sur le blog. C’est une série pendant que j’ai lue pendant le weekend des élections, et qui m’a marquée. Cette série est écrite par Christophe Mauri et est publié aux éditions Gallimard. Le tome 3, intitulé Mathieu Hidalf et le sortilège des ronces, est sortie en juillet 2014. Voici son résumé :

Rien ne va plus pour Mathieu Hidalf. Son père a décidé de le marier de force à sa pire ennemie, Marie-Marie du Château Boisé ! Mathieu n’hésite pas : il se réfugie dans l’école de l’Élite avant la rentrée officielle des élèves. Mais il n’y est pas seul. Un mystérieux Élitien noir rôde dans l’école, qui se trouve bientôt coupée du reste du monde par un puissant sortilège de Ronces. Et si Mathieu Hidalf avait trouvé un adversaire à sa mesure?

Dans ce nouvel épisode, nous retrouvons donc Mathieu qui pensait avoir la paix pendant ses vacances, loin de l’école de l’Elite et de ses dangers, loin des frères Estaffes qui menacent toujours le royaume. Or, son père en a décidé autrement. Il a réussi à piéger Mathieu et à lui faire promettre d’épouser Marie-Marie, une fille. Ce n’est pas n’importe qui, elle a déjà humilié Mathieu lorsqu’il était plus jeune. Mathieu réussir alors à se sauver à l’école, et voilà qu’un mystérieux sortilège est lancé, un sortilège qui doit protégé l’école contre l’extérieur. Désormais, plus personne ne rentre ou ne sort. Mais si le danger venait de l’intérieur ?

Dans ce nouvel épisode, nous retrouvons donc Mathieu, notre héros qui ressemble de plus en plus à un héros, et moins à l’antihéros qu’il était au tout début de la saga. En effet, il se révèle de plus en plus, et ses choix deviennent aussi plus matures, plus graves. Mathieu ne se contente plus de jouer, il se retrouve à prendre des décisions qui auront de graves conséquences ensuite. Il prend donc peu à peu conscience du rôle qui pèse sur lui, alors même qu’il pensait s’être correctement acquitté de la tâche qui était la sienne, celle de sauver la vie du roi. Or, il semblerait que tout ne soit pas terminé. J’ai beaucoup aimé cette gravité qui semble alors peser sur les épaules de Mathieu, parce qu’il s’est retrouvé, un peu malgré lui, mais surtout grâce à ses capacités phénoménales, mêlé à quelque chose qui le dépasse, et qui risque de provoquer de lourds dégâts autour de lui. C’est alors qu’il est obligé de prendre d’importantes décisions. Mathieu devient de moins en moins égoïste, et surtout, il prend les responsabilités qui sont les siennes. On sent qu’il est en train de basculer et de dire au revoir à son enfance, celle des bêtises. Toutefois, cette gravité ne l’empêche pas de prévoir toujours des coups tordus, comme va le démontrer son envie de se détacher de son mariage avec Marie-Marie, ou ses joutes verbales avec sa sœur ou avec Roméo. De ce fait, Mathieu réussit tout de même à garder une certaine joie de vivre et un esprit acéré. J’ai vraiment apprécié son évolution et je trouve qu’il est un personnage vraiment sympathique et inspirant, bien plus que lors du premier tome. On s’attache facilement à son personnage, et la fin nous bouleverse.

Mathieu n’ajouta pas un mot. Il referma son album. Que devait-il faire ? Alerter les autres Elitiens ? Le croiraient-ils seulement ? Courir au bureau de la comtesse Dacourt ? Elle était certainement la seule personne en mesure de prendre la décision qui s’imposait. Mais s’il révélait tout à la comtesse, cette dernière apprendrait par la même occasion qu’il était en contact avec Louis Serra… Et si par malheur elle ne lui accordait pas sa confiance, le secret serait éventré. (Le traître) redoublerait de vigilance.

Mathieu fut traversé d’un long frisson. Il était seul, enfermé dans une école glaciale, avec un homme qui avait mené une attaque meurtrière dans la clairière des Apprentis. Il ne pouvait avertir qu’une seule personne : le capitaine des Elitiens. Et, pour y parvenir, il devait à tout prix rompre le sortilège des Ronces. Il leva désespérément les yeux vers le plafond de la bibliothèque, dans l’espoir qu’une nymphette plongerait soudain dans sa direction pour lui ordonner de signer le registre. Il avait pourtant placé le chandelier comme Louis Serra le lui avait ordonné.

J’en arrive à présent aux personnages secondaires. Comme pour le deuxième tome, on retrouve la même petite bande, avec Roméo, Jurençon et Pierre, ainsi que Louis Serra, Tristan et Juliette d’Or. Ce sont vraiment ces personnes-là qui sont au centre de l’histoire et qui aident Mathieu le plus possible. J’avoue que j’aime beaucoup le duo que forment Tristan et Juliette d’Or, et ce duo est vraiment amusant à suivre, parce qu’ils défient tous les codes et qu’ils se moquent des conséquences de leurs actes. Ils permettent d’apporter un peu de légèreté dans cette histoire, comme ils l’avaient déjà faits dans le tome précédent. Ensuite, c’est toujours un peu compliqué de savoir à quel jeu joue Louis Serra, car on se demande s’il ne manipule pas Mathieu, si ce dernier n’est pas une simple pièce sur l’échiquier qui le voit affronter les frères Estaffes. On se demande alors jusqu’où est prêt à aller Louis Serra pour protéger l’école de ces dangereux individus, et s’il est prêt à sacrifier Mathieu pour cette cause. D’ailleurs, on a aussi un autre personnage qui donne ici le sentiment de jouer un autre jeu, c’est celui de Pierre. J’ai eu beaucoup de mal à le cerner dans ce nouveau titre, et il peut aisément jouer le rôle de traître. Enfin, j’aimerais parler de Roméo. Si Jurençon m’avait bien amusée dans le tome précédent, je dirais que dans celui-ci, Roméo joue vraiment le rôle du trouble-fête, et qu’il essaye de dépasser Mathieu dans le nombre de bêtises. La rivalité, teintée d’amitié, qui existe entre les deux enfants est assez amusante à voir, car on sent qu’ils s’adorent, mais ils ne peuvent pas s’empêcher de se défier, de se jouer de mauvais tours, pas toujours conscients, et Mathieu se sent un peu menacé depuis qu’il sait que Roméo est dingue de Juliette d’Or. En tout cas, le petit groupe reste soudé, et c’est bien de voir que Mathieu n’affronte pas ses ennemis seul, mais qu’il peut compter sur ses proches pour l’aider. J’aime vraiment que l’amitié soit mise au centre de l’histoire de cette manière.

A vingt heures précises, Roméo Pompous, enfermé dans la tour Disparue et transi de froid, observait sa montre comme si sa vie en dépendait, ce qui était précisément le cas.

– Mathieu Hidalf va me sortir de là ! s’exclama-t-il gaiement en se blottissant sous sa couverture.

Mais, lorsqu’il fut vingt heures trente, le malheureux comprit que, événement indépendant de sa volonté ou non, Mathieu Hidalf ne tiendrait pas sa parole.

J’en arrive à présent à l’univers de cette histoire. Nous avions déjà découvert l’histoire de l’école dans le tome précédent, avec une partie de ses secrets, dont la fameuse tour des Elitiens, cachés, et la foudre fantôme, la célèbre biche qui protège l’école et qui est reliée à l’arbre des Elitiens. L’univers se complexifie encore ici, puisque nous avons accès à d’autres manières de protéger l’école, dont le fameux sortilège des ronces. J’ai trouvé que ce dernier était assez original et bien mis en place. Il apporte justement cette gravité qui marque tout le récit. Ce sortilège empêche quiconque d’entrer ou de sortir de l’école, et coupler à la surveillance des nymphettes, ce sortilège devient un piège redoutable pour tout le monde, aussi bien pour Mathieu que pour ses ennemis. L’aspect magique de l’histoire est encore plus accentuée ici, notamment avec la présence des cœurs noirs et avec le sortilège qui pousse tout le monde à la suspicion. J’ai beaucoup aimé le fait qu’un traître se cache derrière le sortilège, et qu’il manipule tout le monde. On se retrouve ici avec une enquête à mener, un mystère à élucider, et cela avant que quelqu’un ne perde la vie. L’idée de l’importance de la foudre fantôme est encore plus belle que dans le tome précédent, et j’ai vraiment aimé ce symbole. Enfin, j’ai apprécié la revisite des contes de notre enfance qui nous est proposée depuis le début de la saga, mais qui ici apparaît avec le sortilège lancé par Marie-Marie contre Mathieu. Marie-Marie devient d’ailleurs un adversaire à surveiller.

– La procédure du fil d’or ! s’étrangla Jurençon.

Un nouveau frisson parcourut Mathieu. Généralement, les nymphettes ressemblaient à des charmantes créatures, légèrement orgueilleuses et prêtes à vous adorer au moindre mot affectueux ou flatteur. Celles-ci étaient pâles, silencieuses, et ne vous donnaient nullement envie de vous adresser à elles.

– Les nymphettes forment un fil d’un point à l’autre de l’école, expliqua Jurençon. C’est le célèbre fil d’or ! Elles surveillent quelque chose… Si l’une d’elles surprend un incident, un intrus, une attaque… elle clignote. Aussitôt, ses voisines clignotent également, et ainsi de suite, jusqu’à ce que l’ensemble du fil s’illumine et prévienne les Elitiens… Il faut alors moins d’une minute pour que toute l’école soit avertie !

Mathieu imagina cette corde de lumière s’embraser dans les ténèbres. Est-ce que les nymphettes surveillaient quelque chose ou quelqu’un ? Et si c’était le cas… quoi… ou qui ?

– Il suffit de suivre le fil d’or dans les deux sens, dit Jurençon, comme s’il avait lu dans ses pensées, pour savoir ce qu’il protège…

Parlons enfin de l’écriture de ce nouveau tome. Je l’ai trouvée, encore une fois, assez mature pour un livre jeunesse, ce que j’apprécie beaucoup parce que cela permet à tout le monde de s’y retrouver, et parce que cela permet aussi de démontrer la maturité de Mathieu et sa grande intelligence. La lecture se fait facilement, le style est toujours assez fluide et les chapitres s’enchaînent bien. J’ai apprécié l’énigme qui nous est posée par la présence du traître, et le fait que l’on soupçonne tout le monde, sans parvenir à trouver la solution. L’idée apporter un petit côté policier dans ce roman est assez intéressant, et on apprécie de voir Mathieu se méfier de tout le monde, sauf de la bonne personne. Il y a aussi beaucoup de sentiments dans ce roman, et je ne m’attendais vraiment pas à une fin comme celle-ci. Le roman est vraiment bien écrit et il se lit d’une traite.

En résumé, j’ai vraiment pris beaucoup de plaisir à lire ce troisième tome. J’adore toujours autant le personnage de Mathieu, et je suis vraiment contente de l’évolution qui est mise en place avec lui, avec le fait qu’il garde son insouciance d’enfant, tout en le faisant de plus en plus grandir. La gravité des actes qui l’entoure ne lui font pas perdre son don des bêtises et des contrats, et cela est assez plaisant, même si on sent qu’il évolue aussi beaucoup, qu’il grandit. Le fait de le voir agir non plus seul mais avec les autres est aussi plaisant à voir. J’aime beaucoup sa petite bande, et le personnage de Roméo m’a bien amusée. On cherche avec eux qui peut être le traître. La magie a l’œuvre dans le roman est aussi plus dure, plus menaçante. On sent que l’univers se complexifie, et que tout ce qui nous est donné sera nécessaire pour le dernier tome. La pression se resserre sur nos héros. C’est un tome très agréable à lire, avec une originalité qui est apportée par la peur du traître, mais aussi les sentiments qui sont davantage exploités, comme l’amour ou la tristesse. C’est un très bon troisième tome, que je vous conseille.

Et vous ?

Aimez-vous lorsque les suites de séries se complexifient ?

Qu’attendez-vous dans les suites ?

Aimez-vous lorsqu’on a une saga, et pas simplement une trilogie ?

Bon samedi à tous 🙂

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