chroniques littéraires

Mathieu Hidalf : tome 1 : Le premier défi de Mathieu Hidalf

Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez tous bien et que votre semaine s’est déroulée comme vous le souhaitez. Pour ma part, elle a surtout été marquée par la reprise du chemin du lycée pour entamer la dernière période de l’année. Cette dernière va arriver vite, puisque nous ne sommes plus qu’à quelques semaines du bac maintenant, et qu’il ne nous reste plus que deux mois avant juin.

Justement, en parlant de temps qui passe rapidement, j’ai l’impression que septembre n’est pas si loin, et Noël non plus, je reviens vers vous aujourd’hui afin de vous parler d’un roman jeunesse fantastique où le héros a le sentiment inverse, que le temps ne passe pas assez vite. En effet, aujourd’hui je vais vous parler de l’une de mes dernières lectures, qui est le premier tome de la saga Mathieu Hidalf. Ce premier tome s’intitule Le premier défi de Mathieu Hidalf. Il est écrit par Christophe Mauri, qui m’avait dédicacé mon exemplaire de ce roman lors d’une rencontre il y a quelques années, et le roman est sorti aux éditions Gallimard en 2011. Voici son résumé :

À tout juste dix ans, Mathieu Hidalf est une légende. Sa spécialité ? Gâcher l’anniversaire du roi par une bêtise effroyable. Même s’il doit pour cela compromettre son rêve le plus cher : entrer à la célèbre école de l’Élite. Mais cette année, la fête risque de tourner au drame : les redoutables frères Estaffes ont rompu un serment magique et menacent de tuer le roi. C’en est trop pour Mathieu Hidalf : il ne laissera personne saboter à sa place le royal anniversaire!

Dans cette histoire, nous suivons donc un enfant, Mathieu Hidalf, qui va fêter son anniversaire. Comme tous les ans depuis sa naissance, ce dernier tombe le même jour que l’anniversaire du roi. Depuis ses trois ans, Mathieu s’amuse donc à perturber l’anniversaire du roi afin qu’on ne se souvienne que de lui. La dernière fois remonte à l’année de ses huit ans, où il a fait une bêtise tellement monumentale que son propre père a décidé de l’enfermer dans sa chambre pendant deux ans. Mais cette année, Mathieu peut revenir au château, commettre un nouveau forfait, plus gigantesque encore. Cela est sans compter sur le Serment rouge, un serment protégeant tout le royaume, qui vient d’être rompu, et qui met tout le monde à cran. Mathieu compte bien rester au centre des pensées de tout le monde, et pour cela, il va devoir mener l’enquête pour comprendre ce qu’est ce fameux serment.

Je vais commencer cette chronique par vous présenter son héros, Mathieu. Comme il est mis dans le résumé, nous sommes face à un enfant assez jeune, qui va fêter ses dix ans. Toutefois, cela ne l’empêche pas de faire preuve d’une certaine maturité, surtout lorsqu’il s’agit de faire des bêtises. En effet, Mathieu se définit lui-même comme un génie du mal, un enfant donc le but est non seulement de pourrir la vie de ses parents, surtout son père, et celle du roi, parce que celui-ci est né le même jour que lui et attire donc tout l’attention. Mathieu est donc un enfant assez jaloux, et comme il se considère comme le plus malin, intelligent et sournois, il n’aime pas qu’on lui vole la vedette. Et il aime faire tourner en bourrique son père, avec qui il est souvent en conflit. Mathieu est donc assez vaniteux et prétentieux. Cela pourrait le desservir, et j’avoue que, pendant une partie du roman, on est tenté de lever les yeux au ciel chaque fois qu’il se considère comme étant un être supérieur. Et, dans le même temps, il n’est qu’un enfant, et son père l’a aussi élevé de cette manière, parce qu’il est sous-consul, ce qui est une place importante. De ce fait, je trouve que Mathieu reste un personnage très attachant malgré ses défauts, et qu’on ne s’ennuie pas avec lui, et qu’il a bien un certain génie. J’ai beaucoup aimé le voir affronter son père et me demander quel serait sa bêtise, et surtout, s’il parviendrait à la mettre en route. On ne le voit pas la préparer, mais on est intégré à sa farce. J’ai aussi apprécié sa maîtrise des contrats, celle qui fait qu’il est assez mature. On sent donc l’expert, entraîné à utiliser les failles du système afin de gagner presque à tous les coups. C’est donc un personnage sympathique et un héros attachant, qu’on prend plaisir à suivre.

– Moi, je ne sais pas ce qui s’est passé.

– Merci beaucoup pour cet éclair de génie, Mathieu, riposta M. Hidalf.

– Mais je parie qu’hier soir, vers vingt-trois heures, le Serment rouge a été rompu, et que, par conséquent, les affreux frères Estaffes ont promis-juré si je mens je passe un an dans ma chambre d’assassiner tout le monde, et surtout Louis Serra qui n’a peur de rien et qui est le plus beau des Elitiens, vu qu’il est tout de même le capitaine. C’est pourquoi nous allons tous nous faire massacrer, égorger, dévorer, voire pire, conclut Mathieu d’un ton indifférent.

M. Hidalf laissa pendre sa mâchoire, tandis que Mme Hidalf lâchait son bol de thé bouillant sans manifester le moindre signe de douleur. Les tris sœurs Juliette, mi-étonnées, mi-terrifiées, échangèrent un long regard.

– Enfin, c’est juste ce que je pense, précisa Mathieu, mais au fond, moi, je n’en sais rien. Je ne suis qu’un enfant avec beaucoup d’imagination.

J’en arrive à présent aux personnages secondaires. J’avoue que j’ai trouvé qu’ils n’étaient que peu exploités ici, mais c’est parce que nous sommes sur un tome introductif, qui permet de poser les bases du récit et de ce qui va suivre dans les prochains tomes. Nous sommes donc pleinement concentrés sur Mathieu. Toutefois, j’ai beaucoup aimé la relation que ce dernier entretient avec Maître Magimel, qui représente un peu la figure du mentor de Mathieu. Ainsi, le vieil homme aide l’enfant à organiser ses bêtises et à faire enrager son père, qui est tout de même son patron. On sent alors beaucoup de respect de la part de Mathieu pour le plus âgé, un respect qui est réciproque de la part de Mathieu. On sent qu’il peut compter sur le mage. Ensuite, la relation qu’entretient Mathieu avec son père est assez particulière, car on dirait qu’ils se détestent, sans pouvoir toutefois se passer l’un de l’autre. C’est assez étrange à voir, car ils n’arrêtent pas de s’envoyer des piques, et Mathieu fait tout pour gêner son père et pour le mettre dans l’embarras, et dans le même temps, il a aussi envie de le protéger. Il veut lui nuire sans lui nuire complètement, et son père est dans cette même dynamique. Ils représentent tous les deux l’amour vache, ce qui désespèrent leurs proches. Enfin, j’ai eu un petit coup de cœur pour Juliette d’Airain, la dernière sœur de Mathieu, qui est toute aussi intelligente que lui, quoique plus jeune, et j’ai aimé le lien qui les unit tous les deux, ainsi que les différents pactes mis en place au fil des ans dans la fratrie pour tous se protéger. On sent donc que c’est une famille spéciale, mais finalement assez unie dans l’adversité.

Les quatre enfants Hidalf avaient développé un talent incomparable pour la bêtise organisée au cours de leur prime jeunesse. Ils avaient même rédigé un traité de la bêtise, avec des dizaines de serments et une législation qui les liait tous les uns aux autres. Le serment le plus consacré était celui connu sous le nom de Papa en nage, qui désignait toutes les bêtises nécessitant une précaution particulière vis-à-vis de M. Hidalf.

J’en arrive à présent à l’univers même de cette histoire. Nous apprenons alors que Mathieu évolue dans un univers fantastique, peuplé de magie, et que les contrats sont souvent la base de tout. Or, tandis que Mathieu prépare sa plus grande farce, le plus grand contrat, celui qui protège le royaume d’une famille de malfrat, est rompu. Mathieu, qui n’apprend jamais rien, va donc essayer de comprendre ce qu’est ce serment, et cela va l’amener dans l’école où il rêve d’entrer, celle de l’Elite. Dès son arrivée, fracassante, Mathieu va se retrouver propulsé héros d’une histoire qui le dépasse. C’est assez intéressant, car Mathieu ne trouve pas ce statut suite à une prophétie ou autre, il se retrouve propulsé à ce statut parce qu’il a fait une bêtise et par ses propres capacités. Qui d’autre que lui pourrait donc jouer ce rôle de héros, qu’il ne veut d’ailleurs pas vraiment, mais dont il rêve pourtant ? C’est alors assez intéressant, parce qu’à cause de tout cela, de ses bêtises et de son intelligence, Mathieu voit son avenir se constituer sans qu’il ne puisse réellement échapper à ce dernier. En effet, ce qui se passe dans ce premier tome va conditionner les suivants. J’ai donc apprécié la magie développée par l’histoire, ainsi que la manière dont l’école est décrite, à la fois mystérieuse mais dangereuse, voire mortelle. Le monde n’est ii qu’esquissé, mais il est prometteur. Et j’ai aimé le lien que Mathieu entretient avec la magie, un lien à la fois de respect, envers les nymphettes, mais aussi plein d’irrespect et de moquerie, envers les contrats par exemple. C’est alors une manière d’utiliser la magie contre elle-même, et c’est plaisant.

C’est ainsi que, le jour de ses huit ans, Mathieu Hidalf était parvenu à outrepasser les bornes de la bêtise. Il avait convaincu les nymphettes du soleil, de pauvres lucioles qui éclairaient le royaume de nuit, d’entreprendre la première grève de leur histoire. Pendant sept mois, le château du roi avait été plongé dans une obscurité totale. Quant à Mathieu Hidalf (qui avait investi dans une entreprise de bougies trois semaines plus tôt), il s’était secrètement constitué une petite fortune.

J’en arrive à présent à l’écriture de ce roman. Elle est légère, peu enfantine, puisque l’auteur, même s’il s’adresse à des enfants, garde tout de même un style qui peut être soutenu, ce qui est appréciable de mon point de vue car on prend en compte tous les lecteurs, on ne les infantilise pas, et surtout, il y a beaucoup d’humour dans ce roman. On prend donc plaisir à voire Mathieu défier tout le monde, que ce soit son père ou le roi, tout cela dans un langage qui finalement n’est pas celui d’un enfant de dix ans, ce qui montre sa maturité, et le fait qu’il joue avec les adultes à armes égales. Mathieu utilise le langage contre les adultes, tout en prouvant aussi qu’il reste un enfant. Le roman se lit bien, le suspens et la découverte du monde sont bien dosées. On a envie de savoir la suite, tout en gardant en tête qu’il s’agit vraiment d’un tome introductif.

En résumé, c’est une jolie découverte, que je redécouvre ce mois-ci. Le personnage de Mathieu est plaisant à suivre, on s’amuse avec lui à jouer avec les adultes, à les tourner en dérision, et à découvrir le monde dans lequel il vit. On tremble aussi avec lui lorsqu’il se trouve en danger. Les personnages secondaires sont pour le moment assez anecdotiques, mais ils sont tous mis en place pour la suite. C’est un roman qui se lit bien et qui plante le décor pour la suite de la série. Je vous le conseille, c’est bien écrit, on rit beaucoup, et il est parfaitement adapté aux plus jeunes.

Et vous ?

Aimez-vous lorsque les romans s’adaptent à leurs lecteurs ?

Lorsque les romans jeunesses sont écrits de manière plus soutenue ?

Ou au contraire, préférez-vous lorsque les romans jeunesses sont vraiment à destination des plus jeunes ?

Bon samedi à tous 🙂

2 réflexions au sujet de « Mathieu Hidalf : tome 1 : Le premier défi de Mathieu Hidalf »

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