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Et que quelqu’un vous tende la main

Bonjour les amis. J’espère que vous allez bien et que votre semaine s’est bien terminée, et que votre weekend commence comme vous le souhaitez. Pour ma part, avec mon compagnon covidé, on continue à faire très attention pour que je n’attrape pas le virus, ce qui remet en question notre mode de vie pour encore quelques jours. Heureusement, ses symptômes sont assez légers. De toute manière, il y a toujours bien plus grave que le fait de faire tout à part, de mettre un masque en présence de l’autre, etc.

En effet, aujourd’hui, je vais vous parler de choses bien plus graves dans la vie, qui peuvent nous arriver ou nous impacter avec force. Ainsi, j’ai décidé aujourd’hui de vous parler sur le blog de l’une de mes dernières lectures, un roman contemporain, qui bien qu’il soit une ode à la vie, parle aussi des drames qui surviennent autour de nous. Ce roman, c’est le dernier né de Carène Ponte, qui s’intitule Et que quelqu’un vous tende la main. Et je regrette de ne pas l’avoir acheté et fait dédicacer à Montaigu. J’ai en effet reçu ce roman en service presse par les éditions Fleuve, en version numérique, et je les en remercie. Mais il y a de grandes chances que je finisse par acquérir la version papier, qui est sorti en avril 2022. Voici le résumé de cette histoire :

Le Jardin des Cybèles est une maison de repos qui accueille des personnes abîmées par la vie. Cet été-là, elle ouvre ses portes à deux nouvelles pensionnaires : Valérie et Anna.

Quelques jours après leur arrivée, elles font la connaissance de Charline, la propriétaire d’un petit salon de thé voisin. Ce lieu chaleureux devient un véritable refuge pour les deux femmes, qui adorent s’y retrouver pour déguster des gâteaux tout en bavardant.

Mais une nouvelle dramatique va chambouler l’existence de Charline et perturber ce fragile équilibre. Valérie et Anna décident alors de mettre leur propre souffrance de côté pour épauler leur amie dans cette terrible épreuve. Toutes trois embarquent pour une virée au bord de la mer. Le temps de ce séjour improvisé, elles comptent bien réapprendre à profiter de la vie?!

Dans cette histoire, nous suivons trois femmes bien différentes. Tout d’abord, il y a Valérie, une femme d’âge mûr qui n’a pas eu de modèle maternel, et qui ne sait pas comment dire à ses filles qu’elle les aime. Ensuite, nous avons Anna, une très jeune femme, qui a perdu son bébé. Enfin, nous avons Charline, laissée par son fiancé qui est parti avec sa meilleure amie. Toutes les trois se retrouve dans un salon de thé, celui dont Charline est propriétaire. Anna et Valérie sont pensionnaires à la maison de repos Le Jardin des Cybèles, et une amitié forte va naître entre les trois femmes, une amitié qui va les pousser à guérir toutes les trois.

Je vais commencer cette chronique par vous parler du thème général de ce roman. En effet, comme vous avez pu le lire plus haut, nous sommes sur un roman contemporain qui évoque les drames de la vie. Ainsi, nos héroïnes vont passer par plusieurs épreuves qui vont les marquer, qui vont les toucher. On pourrait presque parler d’histoires dramatiques, dans leur cas. Heureusement, la vie reprend aussi ses droits, et ne vous attendez donc pas à un roman où elles se morfondent, mais au contraire à une histoire pleine de vie, de joie, de rire, malgré les épreuves, malgré le désespoir, les pleurs, la peur et les douleurs. C’est d’ailleurs ce que j’ai beaucoup aimé dans ce récit. Nous sommes face à des sujets très graves, comme la maladie ou le deuil d’un enfant, et dans le même temps, l’autrice parvient à nous démontrer que l’espoir existe encore, à condition de réussir à se relever, et à y croire. C’est d’ailleurs ce qui m’a beaucoup plus dans cette histoire, car malgré les épreuves endurées par les trois héroïnes, on nous montre que l’espoir n’est jamais loin, et que les rires peuvent succéder au chagrin. J’ai donc trouvé cette leçon assez forte et plaisante à voir être mise en œuvre. Mais le thème central de ce roman reste la maternité, et le rapport qu’on entretient avec cette dernière. Ainsi, Valérie est marquée par l’absence de sa mère et son incapacité à aimer ses filles, Anna a perdu la sienne, et Charline ne sait pas quoi en penser. J’ai apprécié ce thème, car il est moderne tout en étant intemporel, et il montre bien que la société évolue, mais que les sentiments sont toujours présents, et au cœur de cette grande question. Nos trois héroïnes vont donc réfléchir sur ce qui constitue une bonne mère, et sur les modèles familiaux qui sont à leur portée.

– Tu n’es pas plus monstrueuse qu’Anna qui désire un autre enfant, lui dis-je en la rejoignant.

– Ca n’a rien à voir.

– Je ne suis pas d’accord. Tout ça, c’est une histoire de désir que l’on ne contrôle pas. Celui de vouloir être mère ou non. Ce n’est pas parce qu’on est une femme qu’on veut forcément avoir des enfants. Certaines n’ont absolument aucune envie de devenir mère, elles n’en ressentent ni le besoin ni le désir. C’est le cas de Catherine, tiens, la psy du Jardin des Cybèles. Et je ne crois pas que ce soit un monstre, elle non plus !

– Une chose est sûre, je n’ai jamais regretté d’avoir eu mes filles. Jamais. Je les ai aimées à la seconde où la sage-femme les a posées sur moi. Mais l’amour ne suffit pas.

– Tu as essayé de leur dire tout ça ? De leur expliquer, de leur parler de ton enfance ? Quand on n’a pas la bonne recette, ce n’est pas facile de réussir un plat.

J’en arrive maintenant aux personnages. J’ai tout d’abord envie de vous parler d’Anna. Certes, on ne commence pas l’histoire avec elle, pourtant, elle est sans doute celle qui m’a le plus marquée, parce que son histoire est vraiment tragique et marquante. On ressent beaucoup de peine pour elle, et elle paraît totalement brisée. On dirait une brindille détruite par le vent. J’avoue que j’ai eu beaucoup d’empathie pour elle, et l’envie de la serrer dans mes bras. Elle est celle pour qui j’ai ressenti le plus d’émotion et l’envie de la protéger. Je pense qu’il est facile de se retrouver en elle, car ce qu’elle a vécu peut arriver à tout le monde, et que cela nous permet de nous interroger sur nos angoisses de mère. Il est facile de se mettre à sa place, de se demander ce qu’on aurait fait à sa place. C’est un personne à qui on s’attache aisément, et c’est ce que j’ai aimé avec elle. J’ai vraiment pris plaisir à la voir sortir de sa coquille grâce à Valérie et à Charline, et à la voir surmonter peu à peu son deuil. C’est un personnage très vivant qu’on prend donc plaisir à suivre. Et j’ai aimé la relation qui se met en place entre elle et Valérie, une relation qui est presque celle d’une mère avec sa fille.

Mon bébé est mort. C’est ce que je m’oblige à répondre à chaque fois que l’on me pose une question. Comment tu te sens aujourd’hui, Anna ? Mon bébé est mort. Est-ce que tu as besoin de quelque chose, Anna ? Mon bébé est mort. Si l’on peut faire quoique ce soit pour toi, Anna… Mon bébé est mort.

Je me dis qu’à force de les répéter, ces mots finiront peut-être un jour par ne plus me déchirer le coeur.

J’en arrive à présent aux deux autres héroïnes. J’ai vraiment pris plaisir à les découvrir, et je me suis facilement attachée aussi à Valérie, qui est donc une mère totalement dépassée, qui n’a reçu que peu d’amour de la part de sa mère, et qui ne sait donc pas comment le transmettre. J’ai bien aimé la réflexion que son personnage met en place, celle d’un amour maternel qui ne serait pas inné, mais qui dépendrait de l’éducation et de la manière dont on aurait été élevée. Cela ne veut pas dire que Valérie n’aime pas ses filles, c’est simplement qu’elle ne sait pas comment l’exprimer, comment le leur montrer. Et c’est à cause de cela qu’elle est totalement dépassée. Son personnage nous montre aussi les dérives du travail et les conséquences d’un burn-out. Et pourtant, elle reste plein d’humour et surtout, avec Anna, elle va montrer qu’elle peut aimer et le montrer à partir du moment où elle ne ressent pas de pression. C’est donc intéressante de la suivre, tout comme j’ai aimé voir apparaître sa relation avec Charline, et le lien qui va se forger entre les deux, un lien de complicité, mais aussi de confiance. Charline est aussi un personnage que j’ai apprécié, qui a beaucoup d’humour et d’autodérision, mais qui est, à mon sens, plus en retrait que les deux autres. Ainsi, c’est Valérie, en véritable maman, qui va veiller sur les deux plus jeunes, et tout organiser pour qu’elles aillent mieux, ce qui va l’aider, elle, à aller mieux. Le personnage de la psychologue est aussi très sympa, et donne envie d’être soigné par elle.

– Charline n’a pas l’air en forme, tu ne trouves pas ? me demande Valérie, à peine assise sur l’une des chaises en résine qui entourent la table de jardin. Elle n’a pas une très bonne mine.

– Oui, je me suis dit la même chose.

– On aurait dû la convaincre d’aller au restaurant. Là, je suis sûre qu’elle a passé des heures à cuisiner alors qu’elle aurait pu faire la grasse matinée.

– Aller au restaurant ? Tu plaisantes, j’espère ! rétorque Charline en émergeant de son salon, les bras chargés d’un plateau garni de thé glacé, de scones et de bien d’autres petites choses.

– Quand on tire trop sur la corde…

– Elle casse, je sais. Si ça peut te rassurer, j’ai pris rendez-vous avec mon médecin pour qu’elle me prescrive une cure de vitamines. Je vais avaler de petites gélules pendant un mois, et tout rentrera dans l’ordre.

Parlons enfin de l’écriture de ce roman. Elle est très fluide, et le roman se lit tout seul. On rit, on pleure, et finalement, on ressent très bien les émotions des personnages. Cette histoire nous fait passer par toute une palette d’émotion, et comme Charline, on a envie d’étouffer Josselin, mais aussi de prendre la fille d’Anna dans nos bras, ou de serrer celles de Valérie contre nous. Le roman se lit bien, et j’ai été contente qu’on puisse passer d’une des héroïnes à une autre. On prend beaucoup à lire ce roman, et il peut être lu en une journée tellement on ne veut pas le lâcher.

En résumé, c’est un coup de cœur pour ma part. J’ai adoré suivre les trois héroïnes et les voir surmonter, chacune à leur tour, les difficultés de la vie. Je me suis attachée aux trois personnages principaux, avec un petit coup de cœur pour celui d’Anna, qui me marquera, et celui de Valérie, qui m’a fait me poser des questions. C’est une histoire pleine d’optimisme et de rire, de tristesse aussi, mais qui montre que la vie est toujours belle, et que les épreuves peuvent être surmontées. Ce sont de belles leçons de vie qu’on a ici. Le roman se lit bien, et il est plein d’humour. Je ne peux que vous en conseiller la lecture. J’ai beaucoup aimé cette histoire d’amitié, qui montre qu’on devrait toujours pouvoir compter sur quelqu’un pour nous faire rire.

Et vous ?

Avez-vous des thèmes que vous n’aimez pas être abordés dans les romans ?

Est-ce que cela vous dérange d’avoir des histoires compliquées ?

Est-ce que vous aimez avoir plusieurs personnages principaux ?

Bon samedi à tous 😀

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