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Lycanthropia, tome 1 : L’éclaireuse

Bonjour les amis. J’espère que vous allez tous bien et que vous avez passé une agréable semaine. Il faut dire qu’avec le temps qu’on a, il est plus facile d’avoir le sourire. D’ailleurs, mes élèves sont assez joyeux eux aussi, et ils sentent que la fin de l’année se rapproche à grands pas. Pour ma part, je cours surtout après le temps, et je pense à tout ce que je dois faire ce weekend, afin d’être prête pour la semaine prochaine, où je vais enfin me rendre à mon premier salon du livre depuis le début de l’épidémie. Cela va me faire drôle de retourner en salon, le dernier datant de 2018 pour ma part.

Mais aujourd’hui, je reviens vers vous pour vous parler de l’une de mes dernières lectures. En effet, la semaine dernière, j’ai terminé ma première lecture dans le cadre du Printemps de l’Imaginaire Fantastique. Il s’agit du roman Lycanthropia, qui est le premier tome d’une saga. Le tome 2 devrait d’ailleurs bientôt sortir. Ce roman est donc un roman de fantasy, qui se passe dans un autre monde. Ce roman est écrit par Yann Bonnard et il est sorti aux éditions Alter Real en février 2021. Je remercie d’ailleurs ces derniers de m’avoir permis de le lire en service presse, puisque je suis partenaire de leur maison d’édition. Voici le résumé de ce roman :

Quand on est piégé depuis soixante ans sur une planète peuplée de loups-garous, on ne devrait pas avoir envie de quitter la forteresse qui nous protège. Mais Eluna est une jeune fille pleine d’espoir et de courage. Elle veut rejoindre l’équipe des ravitailleurs à l’extérieur de sa cité et caresse l’espoir fou de trouver un moyen de rentrer sur Terre.

Une fois dehors, Eluna déchante : pour une raison inconnue, elle semble attirer toutes les créatures surnaturelles qui rôdent dans les parages. Perdue et en grand danger, elle en vient à s’interroger sur sa propre nature. Qui est-elle vraiment ? Et qui pourrait l’aider ? Il y a bien Nathan, ce garçon qui paraît tout savoir de ce monde… Mais sur Lycanthropia, il ne faut se fier à personne une fois la nuit tombée.

Et si Eluna possédait finalement toutes les réponses, cachées en elle depuis le début ?

Dans ce récit, nous suivons une jeune fille, Eluna. Cette dernière vit sur une planète étrange, où toutes les nuits, des loups-garous tentent de s’en prendre aux humains qui vivent sur leurs territoires. Eluna vit protégée au sein d’un fort. Elle a été bercée par les récits de ses ancêtres, qui racontent que les premiers humains sont sortis d’un arbre, ce qui leur a fait quitter la Terre. Elle espère donc pouvoir devenir ravitailleuse, et quitter le fort afin d’explorer son monde et trouver un moyen de ramener tout le monde sur Terre. Or, le monde est plus compliqué qu’elle ne le croit, et elle va se retrouver mêler à une course au pouvoir politique à laquelle elle ne s’attendait pas. Et, pour ne rien arranger, quelque chose semble la guider, quelque chose qui ferait d’elle une humaine bien spécifique.

Je vais commencer cette chronique par vous parler du personnage d’Eluna. Dès le début, on comprend que c’est une jeune fille qui est différente des autres. En effet, elle s’interroge beaucoup, notamment sur les créatures que sont les loups-garous. Son père ayant été transformé en l’une de ces créatures, elle va avoir tendance à considérer la lycanthropie comme une maladie, et non pas comme une malédiction. Or, cela va avoir tendance à l’isoler des autres, pour qui ces monstres sont à tuer. De la même manière, Eluna est très critique envers son monde. Ainsi, elle ne supporte plus de vivre derrière des murs protecteurs, et elle n’attend qu’une chose, celle de se sauver. On comprend donc rapidement qu’elle est un esprit libre, qui n’attend que de pouvoir s’envoler. Ce que j’ai aimé, avec elle, c’est justement cette envie de comprendre, de ne pas suivre ce qu’on lui dit, et de continuer à s’interroger quoiqu’il arrive. Toutefois, une fois dehors, elle a tendance à suivre les ordres, et c’est aussi là qu’on voit qu’elle est finalement très jeune, parce qu’elle n’a qu’une quinzaine d’années, et qu’elle n’ose finalement pas couper les ponts avec ce qui a bercer son enfance, avec la cité. Elle a, à plusieurs reprises, la possibilité de se détourner, de construire son destin, mais elle ne saisit pas ces chances. J’avoue que cela a tendance à m’agacer, parce que, finalement, Eluna fait ce qu’on lui dit, même si elle sait que ce n’est pas bien. D’un autre côté, c’est aussi cela qui lui permet de survivre. Heureusement, elle apprend, au cours du récit, à s’émanciper, et son évolution reste intéressante à suivre pendant la lecture. Elle apprend ainsi qui elle est, et son rôle sur cette planète. J’ai donc trouvé qu’on s’attachait facilement à elle, et que son personnage avait aussi bien des qualités que des défauts, ce qui la rend intéressante. Son côté optimiste et utopique est peut-être trop prononcé, mais on verra comment elle évoluera dans la suite du récit. En tout cas, j’ai apprécié de la suivre, et de la voir se battre. Elle est naïve, mais à beaucoup de ressource et de force en elle afin de contrebalancer le fait qu’elle n’est pas un garçon et qu’elle ne sait pas se battre. Son côté féministe est aussi agréable. Elle se bat pour elle, mais aussi pour les autres, ce qui la rend généreuse.

– Mon père dit que les épreuves sont réservées aux têtes brûlées. Il y a toujours plusieurs blessés à la fin, à quoi bon prendre un tel risque ? On n’est pas si mal derrière ces murs.

Là, j’ai envie de le gifler. Entendre une telle bêtise est insupportable. Nous vivons dans une véritable prison, comment ne peut-il pas s’en rendre compte ? Du réveil au coucher, notre journée est si organisée qu’il n’y a aucune place pour le temps libre. Le matin, nous sommes obligés d’aller en cours tandis que l’après-midi, nous aidons nos parents dans leurs activités. Puis il faut vite manger, se laver et se cloître dans sa chambre avant que le couvre-feu ne soit sonné. Je me sens bridée dans mon quotidien comme au sein de la cité d’ailleurs. La muraille me donne l’impression d’un étau dont je voudrais me libérer à tout prix. Je voudrais sortir, sentir un air différent de celui des ruelles et marche sur un sol qui ne soit pas fait de pavés. Je ne comprends pas qu’Eliott puisse se complaire dans cette vie. Pourtant, je ne réponds rien. Il pense comme on lui a appris, c’est tout.

J’en arrive maintenant aux autres personnages secondaires. J’avoue qu’ils sont plutôt nombreux, et qu’au cours du récit, on ne sait jamais si on peut compter sur eux ou non. Tous les personnages, qui sont surtout des personnages masculins, semblent avoir quelque chose à cacher, et semblent être prêts à trahir, voire tuer, quiconque se mettra en travers de leur chemin. Ainsi, on ne sait pas vraiment à qui faire confiance, et qui va devenir un allié, ou au contraire, un ennemi. Toutefois, je vais vous parler rapidement de Nathan, qui arrive comme une fleur dans le récit, et qui est toujours là au bon moment pour sauver Eluna qui se retrouve dans des situations assez complexe. Avec Nathan, on ne sait pas vraiment sur quel pied danser. Tout d’abord, il est un personnage extérieur au monde d’Eluna, et ensuite, on sent dès le début qu’il ne lui dit pas tout. Eluna tombe rapidement sous son charme, et même si elle garde une certaine forme de lucidité, il est vrai que Nathan paraît la manipuler à sa guise. Il est donc compliqué de lui faire totalement confiance, et on s’attend rapidement à ce qu’il la trahisse, ou ne la mette en danger. Toutefois, le lien qui se met en place entre eux est assez intéressant à voir, car on voit Eluna se battre contre ses propres sentiments pour essayer de rester concentrée sur sa mission. Ensuite, je vais rapidement vous parler de Denerian, qui est vraiment le personnage qu’on a envie de détester, ainsi que son fils, Trevoy. Denerian est le chef d’Eluna, et celui à qui elle doit rendre des comptes. Cependant, dans l’ombre, il tire des ficelles que la jeune fille essaye de dénouer, et il brigue le poste de maire de la cité, si bien qu’il est en train de faire plusieurs entreprises politiques dans le but de se faire élire. C’est un personnage assez détestable, misogyne, qui va tout faire pour se débarrasser d’Eluna, quitte à demander à son propre fils de la tuer. C’est un personnage duquel on doit se méfier, et qui montre son vrai visage au cours du récit, un visage assez effrayant, avec des idées bien arrêtées. Les autres personnages, quant à eux, essayent d’aider Eluna, mais peuvent aussi se montrer surprenants.

– Tous ces blessés ne te suffisent pas ? Tu veux des morts, c’est cela ? reprend-il. Je ne lui donne pas deux jours une fois dehors. Ce n’est pas un hasard si aucune fille n’a réussi à rejoindre nos rangs en soixante ans. Je te répète depuis trop longtemps qu’il faut interdire les inscriptions aux adolescentes en mal d’aventure, le monde extérieur est bien trop dangereux. Le ravitaillement est une affaire d’hommes, voilà mon avis.

En disant cela, on dirait qu’il sourit de toutes ses dents. Le genre de sourire qui affiche des incisives prêtes à mordre. Durant quelques secondes, les deux hommes se toisent dans un silence glacial et personne n’ose intervenir. Ils paraissent se parler avec les yeux. Si je pouvais entendre leurs pensées, je suis certaine que celles de Denerian diraient « Tu ne recules devant rien ? » et que celles du maire répondraient « Entre ces murs, c’est moi qui décide. » (…)

– Tu paieras ton incompétence aux prochaines élections, tu peux en être sûr.

J’en arrive maintenant au monde en tant que tel. Nous sommes ici sur une autre planète que la nôtre, et pourtant, nous avons de nombreuses références à cette dernière. En effet, les humains qui vivent sur Lycanthropia viennent tous de la Terre. Ils s’y sont retrouvés par hasard après avoir traversé le tronc d’un arbre. C’est aussi le cas pour tout ce qui concerne la flore et la faune, qui viennent de Terre. Toutefois, la grande différence avec la Terre, c’est que Lycanthropia est envahie par des loups-garous, qui se divisent en trois catégories sanguinaires selon la lune sous laquelle ils se transforme. En effet, trois lunes différentes brillent dans le ciel. L’arbre par lequel tout le monde est venu est un arbre dangereux, qui provoque d’horribles douleurs lorsqu’on s’en rapproche. Du moins, pour les personnes normales. On va rapidement se rendre compte qu’Eluna n’est une personne normale, et que la magie existe, contrairement à ce que tout le monde pense. J’ai bien aimé l’univers qui nous est proposé. Ainsi, on sent parfaitement tout le danger qui menace tout le monde, sans exception, et la certaine fatalité qui existe chez certaines personnes, la seule solution à leur danger étant donc de regagner la Terre. Et on a alors ceux qui veulent se battre, et prendre le contrôle de Lycanthropia. Le fait que les loups-garous, des êtres normaux ayant été transformés en bêtes sanguinaires, pousse tout le monde à se méfier de tout le monde. Et comme ils sont immortels, le danger de voir disparaître l’humanité est très proche. J’ai d’ailleurs trouvé assez originale l’explication des griffus, et ce qu’implique le jeu avec les lunes, et entre les lunes. Ils mettent beaucoup d’angoisse dans le récit, et ils sont vraiment effrayants, alors qu’ils étaient des êtres humains à la base. C’est alors intéressant de voir les solutions qui se mettent en place pour lutter contre ce fléau, et les problèmes politiques qui se mettent eux aussi en place. On est presque avec une dystopie dans ce récit, et c’est ce que j’ai aimé. De la même manière, comme on ne peut faire confiance à personne. Peut-on faire confiance aux loups, ou à ce qu’on entend d’une autre manière ? Le monde Lycanthropia est assez menaçant, mais aussi traître, et j’ai aimé la fin du récit, où l’on voit que tout le monde se fait manipuler. J‘avoue toutefois que j’ai encore besoin de réponses à mes questions, et que j’ai le sentiment que le monde est bien plus vaste que ce qui nous a été proposé dans ce premier tome, qui m’a laissée un peu sur ma faim sur l’univers proposé.

Je suis suspendue au-dessus d’une masse grouillante de griffus qui s’agitent dans tous les sens. Ils sont au moins cinq, tous des venineux. Je les regarde courir entre les îlots de sable du marais et je comprends pourquoi les autres sont restés silencieux. Non pas parce que c’est effrayant, mais parce que c’est fascinant. Cette espèce n’a rien de comparable avec les lugubres. Ils ne sont pas recouverts de poils, mais d’une sorte de carapace constituée de plusieurs plaques argentées. On dirait qu’ils portent une armure qui épouserait les contours bestiaux de leur corps à la perfection. La lumière de la lune s’y reflète d’une façon indescriptible, créant de magnifiques reflets sur l’eau.

Mais cette observation ne dure pas. Très vite, ils s’approchent de la cage et se mettent à humer l’air. Puis ils se positionnent en cercle un par un et dévoilent une partie de leur anatomie, là encore, bien particulière. Leur queue. Elle est formée de la même cuirasse protectrice, parcourue d’écailles et se termine par un dard à la pointe bien visible. C’est cela leur atout majeur, à ne pas en douter. Comme s’ils voulaient me répondre, ils se cabrent en avant et projettent des spores dans ma direction. Du venin.

En ce qui concerne l’écriture de ce roman, je dirais qu’elle est dans l’ensemble fluide, même si par moment, j’ai eu le sentiment que l’action ne bougeait pas beaucoup, et qu’on tournait un peu en rond. Cependant, il faut attendre que toutes les pièces du puzzle se mettent en place pour bien comprendre toute l’histoire. Le monde est dans l’ensemble plutôt bien construit, et j’ai apprécié la tension qui est palpable pendant le récit, ainsi que les remarques faites par Eluna. L’idée des épreuves pour devenir Ravitailleurs, ainsi que le féministe posé, est alors assez intéressantes. Le fait qu’on soit dans un univers de fantasy nous permet aussi de nous interroger sur notre propre monde et son fonctionnement, et j’ai beaucoup aimé l’une des réflexions de Denerian sur ce qui peut attendre tout le monde sur Terre, alors qu’ils sont sur Lycanthropia. Les chapitres s’enchaînent alors assez bien, et l’on prend plaisir à découvrir cette histoire.

En résumé, j’ai été convaincue par ce récit, et j’ai pris plaisir à suivre l’histoire d’Eluna. L’univers est assez intéressant à découvrir, même si je pense qu’il n’est pas encore assez étoffé, mais on verra avec la suite. Eluna est une bonne héroïne, dont l’évolution est plaisante à lire. On s’attache à elle. Les autres personnages sont plus menaçants, et on ne leur fait pas facilement confiance, et c’est assez agréable, parce que tout le monde peut finalement trahir Eluna. Le roman se lit bien. C’est une histoire plaisante, que je vous conseille, et j’ai hâte de lire la suite. C’est une découverte sympathique.

Et vous ?

Qu’est-ce qui vous fait vous attacher à un personnage ?

Ou au contraire, qu’est-ce qui vous fait détester un personnage ?

Qu’aimez-vous retrouver dans un monde de fantasy ?

Bon samedi à tous 🙂

5 réflexions au sujet de « Lycanthropia, tome 1 : L’éclaireuse »

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