chroniques littéraires·service presse

Les monstres de Rookhaven

Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez tous bien et que vous avez passé une excellente semaine. Pour ma part, elle est toujours marquée par la course permanente que je dois faire entre mes deux lycées, et par le stress occasionné par cette dernière. C’est vraiment un vrai confort de vivre à côté de son travail et de ne pas dépendre des transports en commun, surtout lorsque ces derniers n’arrivent pas à l’heure et qu’on est obligé de les attendre sans avoir aucune information. J’avoue que cette situation est vite épuisante, et qu’elle est aussi pesante. Heureusement, on approche des vacances scolaires, et la fin de l’année se fait elle aussi déjà sentir. Les derniers conseils de classe ont eu lieu cette semaine, on est officiellement dans le troisième trimestre, et le nombre semaines avant les épreuves se raccourcit.

Aujourd’hui, je vous retrouve toutefois sur le blog afin de vous parler de magie. En effet, la semaine dernière, j’ai terminé le roman jeunesse et adolescent Les Monstres de Rookhaven, que j’avais reçu en service presse de la part des éditions Lumen. Je remercie d’ailleurs vivement ces derniers pour m’avoir envoyer en numérique ce roman. Ce dernier a été écrit par Padraig Kenny et toutes les illustrations sont faites par Edward Bettison. Le roman est sorti en janvier 2022 et il s’agit bien d’un ouvrage fantastique. Voici son résumé :

Mirabelle habite un mystérieux manoir en pleine forêt avec une famille un peu particulière. Il y a par exemple son oncle Bertram, capable de se transformer en féroce grizzly, ou sa tante Eliza, dont le corps entier est composé de centaines d’araignées… Autrefois chassés par les hommes (qu’ils avaient, il faut dire, une fâcheuse tendance à dévorer), ces monstres ont conclu un Pacte avec le village le plus proche : en échange d’un approvisionnement régulier en vivres, ils ont juré d’épargner leurs voisins.

Jusqu’au jour où deux orphelins, Jem et Tom, réussissent à franchir la barrière magique qui isole le manoir du reste du pays. Or si cet Enchantement permet à Mirabelle et à sa famille de rester cachés aux yeux de tous, c’est qu’une créature bien pire qu’eux encore les menace. Tandis que la jeune fille se lie d’amitié avec les deux enfants et s’ouvre peu à peu au monde extérieur, le danger se rapproche inexorablement…

Dans cette histoire, nous suivons plusieurs personnages, dont principalement deux héroïnes, qui sont Mirabelle et Jem. La première vit dans le manoir depuis plusieurs siècles, elle est sortie de l’éther comme tous les autres membres de sa famille, et même si elle ne possède aucun don surnaturel, elle ne subit ni la faim ni la soif, et ne vieillit pas. Jem, quant à elle, est orpheline. La guerre lui a pris ses parents, et elle se retrouve obligée de survivre avec son frère Tom. Lorsque le frère et la sœur découvrent le manoir de Mirabelle et ses habitants, ils ne s’attendaient pas à être autant effrayés, et surtout à être autant transformés, ni même à participer à une guerre ancestrale qui les dépasse.

Je vais commencer cette chronique par vous parler du personnage de Mirabelle. En effet, je dirais que c’est elle la véritable héroïne de cette histoire, car tout le récit tourne finalement autour d’elle et du secret qui existe autour de sa naissance. C’est aussi elle qui débute le récit, et qui va jouer un rôle clé dans tous les événements qui ont survenir dans la vie des autres. Mirabelle est une jeune adolescente qui ne connaît rien au monde, mais qui aime profondément les siens et qui ferait tout pour les défendre. Ainsi, dès le début de l’histoire, elle montre qu’elle peut se montrer curieuse envers l’extérieur, mais aussi qu’elle prend soin des autres, et qu’elle veille au bien-être de tout le monde. J’ai beaucoup aimé cet aspect de sa personnalité, notamment le lien qu’elle développe avec Goret, qui est jugé comme le membre le plus dangereux de leur famille. On voit donc toute la générosité dont la jeune adolescente fait preuve, et cette générosité va se retrouver lorsqu’elle va faire la connaissance de Jem. En effet, Mirabelle va s’attacher à l’humaine, et elle va démontrer que tout le monde peut avoi besoin d’elle, même si ces personnes ne font pas parties de sa famille. Elle va alors défier tous les membres de sa famille pour défendre Jem, et pour rappeler les règles à tous. Là encore, j’ai beaucoup aimé la manière dont elle va agir, la défense qu’elle va mettre en place pour protéger le frère et la sœur, et surtout le lien d’amitié qu’elle va développer avec Jem. D’ailleurs, c’est grâce à cela qu’on va aussi s’attacher à elle. Le personnage de Mirabelle est vraiment plaisant à suivre, et on assiste, avec plaisir, à sa métamorphose. En effet, grâce à la présence de Jem et de Tom, elle va se révéler, et surtout, affronter sa propre histoire. J’ai apprécié la force qui émane alors d’elle à ce moment-là, ainsi que la rébellion qu’elle va mener contre ceux qui lui ont menti, et qui va la pousser à obtenir des réponses à ses questions, par tous les moments possibles. Elle se montre alors sous un jour dangereux, qui va lui plutôt bien. Elle est un vrai personnage féminin qui se révèle au cours du récit, une figure forte qui va affronter les décisions prises pour elle, contre elle-même.

– Et puis, je lui ai tout raconté sur la Famille.

Enoch poussa un soupir exaspéré.

– J’ai pas mal de pain sur la planche avec l’Enchantement et…

– Ce n’est pas parce qu’ls ne viennent pas du village qu’il faut leur tourner le dos. On n’a pas le droit de laisser de côté ceux qui ont besoin de notre aide. Et personne – pas même eux ! – ne devrait avoir à supporter les crasses de Daisy.

Elle s’interrompit car son oncle l’observait avec une insistance déconcertante.

Parlons maintenant du personnage de Jem. J’ai aussi beaucoup aimé ce dernier, et je me suis facilement attachée à Jem. En effet, la jeune fille est orpheline, et elle a tout perdu avec la guerre qui s’est déclarée en Grande-Bretagne. On n’en sait pas plus, si ce n’est que ses parents sont décédés et que son frère veille maintenant sur elle, que c’est lui qui s’occupe d’elle, et qu’il vole pour assurer leur survie. C’est d’ailleurs assez intéressant de suivre leur duo au début, car on sent que les forces de Tom arrivent à leurs limites, et que Jem se pose de plus en plus de questions sur leur rythme de vie, et qu’elle rêve d’avoir à nouveau une famille. C’est d’ailleurs à cause de ce désir qu’elle va facilement faire confiance à Mirabelle, puis s’habituer à la présence de tous ces êtres étranges dans le manoir. C’est aussi ce qui m’a fait m’attacher à Jem. En effet, elle se doute bien que le manoir et ses habitants ne sont pas normaux, et que la magie est à l’œuvre à l’intérieur, mais cela ne la déconcerte pas plus que cela, ne l’effraye pas. En fait, elle s’en incommode très vite, comme si cela était normal et ne lui posait aucun problème. De ce fait, elle va naturellement se joindre à la famille, et défendre elle aussi cette dernière lorsqu’elle sera attaquée. Ce qui est intéressant, avec Jem, c’est qu’elle accepte tout, même les choses les plus étranges, et qu’elle est ensuite en mesure de se servir de celles-ci. Elle est très ingénieuse, et elle va démontrer toutes ses compétences dans la fin du roman. J’ai aussi beaucoup aimé le lien qui se met en place entre elle et Mirabelle, un lien presque fraternel, alors même qu’elles ne se connaissent pas.

– C’est une affaire de famille. Il vaudrait peut-être mieux que tu ailles attendre dehors.

La jeune orpheline savait reconnaître un ordre quand elle en entendait un. Pourtant, elle ne pouvait décemment pas tourner les talons au moment même où Mirabelle avait besoin de soutien. Malgré l’issue troublante de l’incident, Jem avait apprécié la manière dont son hôtesse tenu tête aux jumelles. Prise d’une envie irrépressible de dire quelque chose, l’adolescente plongea ses yeux dans ceux de l’homme en noir.

– Elle essayait seulement de nous défendre, Freddie et moi.

Enoch eut l’air un peu surpris, voire offensé par la témérité dont elle faisait preuve en s’adressant à lui. Quant à Eliza, elle parut impressionnée par l’intervention de Jem.

– C’est tout ce qu’elle faisait, poursuivit-elle en faisant de son mieux pour soutenir le regard de son interlocuteur, ce qui lui valut un sourire reconnaissant de la part de Mirabelle.

J’en arrive à présent au cœur même de l’histoire. Assez rapidement, on comprend qu’un pacte règne entre les habitants du manoir et les gens de l’extérieur, un pacte qui les empêche de s’agresser les uns les autres. Pourtant, comme tout pacte, il suffit d’une petite étincelle pour que tout vole en éclat. Ici, malheureusement, on pourrait presque faire un écho avec ce qu’on vit dans le monde à l’heure d’aujourd’hui. Et j’ai trouvé cela assez glaçant, car on a d’un côté des innocents, et de l’autre côté d’autres innocents qui, bien manipulés, deviennent des agresseurs. On sent alors toute la fragilité de l’âme humaine et aussi toute la jalousie et la rancune qui peuvent exister dans cette espèce. On peut aussi y voir le rejet de l’autre, de celui qui est différent, qui peut alors mener à des désastre. J’ai vraiment été marquée par ces hommes qui perdent tout sens commun et logique parce qu’on leur montre que les monstres sont dangereux, et alors même qu’ils les côtoient tous les jours, deviennent soudainement des ennemis à abattre. Cela peut alors rappeler aussi la chasse aux sorcières ou d’autres moments de l’histoire humaine. Et, ce que j’ai trouvé agréable dans le récit, même si ce n’est pas très original, c’est qu’on a des monstres véritablement dangereux, qui sont adeptes de la chaire humaine, mais que le véritable danger, ce ne sont finalement pas eux, mais les hommes. C’est assez sympa comme leçon de morale, et aussi agréable de voir comment ces monstres évoluent les uns avec les autres, et ce qui va aussi définir un monstre. La famille devient alors très importante, et j’ai apprécié que ce thème soit au centre de l’histoire, parce que les liens qui les unissent sont finalement plus importants que les liens du sang. Les autres personnages secondaires sont alors très intéressants, et je me suis attachée à celui de Freddie, mais aussi à celui de Goret et à celui d’Enoch. On a vraiment envie de les aider et de les défendre tous.

Impuissant, Freddie avait regardé la foule envahir la rue. Tous ses amis et voisins rassemblés ! A présent, ces visages ne lui semblaient plus familiers. Les Carswell, en grande conversation avec les Smith, parlaient à vois basse, avec animation. M. Pheeps circulait parmi les groupes, approuvant tel ou tel propos et distribuant des tapes amicales dans le dos. Il s’était même approché d’Alfie Parkin pour lui murmurer quelque chose à l’oreille, à tel point que l’angoisse sourde qu’éprouvait Freddie redoubla quand il vit les traits du jeune homme s’assombrir et ses doigts agripper sa canne de toutes leurs forces. Le fils du boucher agita la main afin d’attirer l’attention du soldat, mais les yeux d’Alfie se firent vitreux, fixant l’obscurité d’un air absent.

L’espace d’un moment, Freddie s’accrocha à l’espoir que les villageois parviendraient à se libérer d’eux-mêmes de l’emprise insidieuse du dévoreur d’âmes, mais son optimisme se vit rapidement douché : un d’eux s’empara d’une matraque de fortune, un autre brandit un fusil. il repéra bientôt une autre arme à feu, puis une autre encore…

En ce qui concerne la lecture du roman, il se lit vraiment très bien. J’ai bien aimé la plume de l’auteur, qui est très fluide et qui nous immerge très bien dans l’action, mais aussi dans les sentiments de chacun des personnages. L’émotion est bien présente, surtout lorsque le danger devient plus menaçant. On s’attache facilement à tous les membres de la famille, et les thèmes abordés sont intéressants. J’ai aimé la variété de monstres qui nous est proposée, ainsi que le mystère qui les entoure, avec le fait qu’on ne sache pas très bien ce qu’ils font sur terre, ni même d’où ils viennent. On a alors des monstres terrifiants, et d’autres tout mignon. On est plongé dans la rébellion de Mirabelle, et cela sans aucun problème. Les chapitres s’enchaînent tous seuls, et ce n’est pas grave si on change de personnage souvent, car cela permet justement de varier les points de vue. J’ai aimé aussi le personnage de Freddie, qui apporte beaucoup au récit. Par contre, je regrette les dessins dans la version numérique, qui ne passent pas toujours très bien sur l’écran.

En résumé, c’est un très bon roman que je vous conseille. Même en tant qu’adulte, les thèmes abordés restent d’actualité, et le roman ne fait pas trop enfantin, si bien qu’on peut s’attacher aux personnages à n’importe quel âge. La plume est fluide, le roman se lit bien, l’idée est intéressante. J’ai beaucoup aimé les personnages de Mirabelle et de Jem, ainsi que le lien qui se forme entre elle. Le personnage du méchant est aussi très intéressant, et j’ai trouvé cela glaçant comment il manipule les autres, jusqu’au drame. C’est un bon roman jeunesse, qui est à découvrir. Une suite semble au programme, j’ai hâte de la lire.

Et vous ?

Qu’aimez-vous retrouver dans les romans jeunesses ?

Quels sont les thèmes qui vous plaisent dans ces histoires ?

Qu’est-ce qui vous fait vous attacher à un personnage ?

Bon samedi à tous 😀

5 réflexions au sujet de « Les monstres de Rookhaven »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s