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La bibliothèque de Minuit

Bonjour les amis. J’espère que vous allez tous bien et que vous passez un excellent weekend. Pour ma part, je me prépare à reprendre le chemin du lycée, dès lundi. Et oui, les vacances sont à présents terminées, et il faut enchaîner avec la suite de l’année scolaire, la quatrième période commençant demain, avec le début du troisième trimestre.

Mais avant de parler de tout cela, je reviens vers vous afin de vous livrer mon avis sur l’une de mes dernières lectures. Il s’agit de l’un des romans que j’ai lu dans le cadre du Weekend à 1 000 de la semaine dernière. ce roman est La Bibliothèque de Minuit, qui est un roman contemporain avec une pointe de fantastique. C’est d’ailleurs pour cela que je vais le classer dans le Challenge de l’Imaginaire, même si on est pas vraiment dans un roman fantastique comme certains pourraient le penser. Tout cela sera plus clair avec le résumé et la chronique. En attendant ceux-ci, ce roman a été écrit par Matt Haig et est sorti en France aux éditions Mazarine. Je remercie d’ailleurs vivement la maison d’édition pour m’avoir envoyé ce titre en service presse, en numérique, via le site NetGalley. Il est sorti en janvier 2022. Voici son résumé :

À trente-cinq ans, Nora Seeds a l’impression d’avoir tout raté. Lorsqu’elle se retrouve un soir dans la mystérieuse Bibliothèque de Minuit, c’est sa dernière chance de reprendre en main son destin. Si elle avait fait d’autres choix, que se serait-il passé ?

Avec l’aide d’une amie bibliophile, elle n’a qu’à prendre des livres dans les rayonnages, tourner les pages et corriger ses erreurs pour inventer la vie parfaite. Pourtant, les choses ne se déroulent pas comme elle l’imaginait.

Avant que minuit sonne, pourra-t-elle répondre à l’énigme la plus importante : qu’est-ce qu’une vie heureuse ?

Dans cette histoire, nous suivons donc Nora, une jeune trentenaire dont la vie part en lambeaux. Elle a quitté son fiancé avant le mariage, ses parents sont décédés, son frère ne lu parle plus, elle vient de perdre son travail et son chat vient lui aussi de mourir. Désespérée, Nora décide de se donner la mort. Or, au lieu de disparaître, elle se retrouve projetée dans la Bibliothèque de Minuit, une bibliothèque un peu particulière, où se trouve toutes les vies possibles que Nora aurait pu vivre si elle avait fait tel ou tel choix. Nora se laisse alors tenter par la bibliothécaire du lieu, et elle essaye quelques vies. Or, cela devient rapidement addictif, et Nora va se perdre dans toutes ces vies, avant de comprendre l’essentiel.

Je vais commencer par vous parler de Nora. Dès le début du récit, on comprend que c’est une jeune femme déprimée, voire dépressive, et que cela remonte à loin dans son enfance. En effet, Nora a eut des parents durs avec elle, notamment avec son père, qui voulait faire d’elle une nageuse olympique. Nora devait donc se soumettre aux désirs de ses parents, or, ils ne correspondaient pas totalement aux siens. C’est la même chose ensuite avec tous les rêves qu’elle a pu avoir, et qui vont donc se retrouver dans les vies qu’elle va essayer. En vérité, Nora ne se voit qu’à travers les yeux des autres. Je me suis donc facilement retrouvée dans son personnage, parce que je l’ai non seulement trouvé crédible, mais je crois qu’en plus, c’est le gros problème que beaucoup de gens expérimentent pendant l’enfance ou l’adolescence, cette volonté de correspondre à ce que les autres attendent de nous. Nora, elle, ne s’est pas encore délivrée de cette pression, et c’est cela qui va la pousser à se suicider. J’ai donc eu de l’affection pour elle. J’ai aussi apprécié ses rêves, qui sont justes une manière pour elle de trouver le bonheur, en remettant certains choix qu’elle a pu faire par le passé, et qui vont la pousser à avoir de plus en plus de regrets et donc à essayer de plus en plus de vies. J’ai alors apprécié l’évolution qui va se faire en elle, petit à petit, à mesure qu’elle prend conscience de ce qu’elle aurait dû faire depuis le début, à mesure qu’elle s’aperçoit que ce n’est pas la mort qu’elle veut, mais juste le bonheur. J’ai été séduite par son personnage et j’ai apprécié de la suivre pendant toute cette aventure.

Trois heures avant de décider de mourir, son être tout entier était malade de regrets, comme si son désespoir émotionnel était localisé dans sa poitrine et jusque dans ses membres. Comme s’il avait colonisé toutes les parties d’elle-même.

Ca lui rappelait que le monde se portait mieux sans elle. Vous vous approchez d’un trou noir et l’attraction gravitationnelle vous attire dans sa sinistre et noire réalité.

Cette pensée lui faisait l’effet d’une crampe de l’esprit qui refusait de passer, quelque chose de trop inconfortable pour être supportable, et en même temps trop puissant pour être évitable.

Nora parcourut son réseau social. Pas de messages, pas de commentaires, aucun nouvel abonné, pas de demandes d’amis. Elle était de l’antimatière, avec une dose d’apitoiement sur elle-même.

En ce qui concerne les personnages secondaires, ils sont assez nombreux, mais ils ne restent finalement pas beaucoup, puisqu’ils ne font que traverser la vie de Nora, qui va voir alors plusieurs versions d’eux au court des vies qu’elle va essayer. Je pense notamment à son ancien fiancé, qui se montre vraiment horrible lorsqu’elle voit ce qui se serait passé s’ils s’étaient mariés, ou à ses autres maris, ceux qu’elle aurait pu avoir en acceptant tel ou tel rendez-vous, qui ne lui correspondent peut-être pas, pour telle ou telle raison. On voit aussi différentes versions de son frère, de ses parents, ou de sa meilleure amie, et cela démontre l’impact qu’on peut avoir sur les autres si on agit de telle ou telle manière, même si on ne s’en rend pas forcément compte. J’ai bien aimé, d’ailleurs, qu’on ait ces visions totalement différentes. Cela permet bien de montrer qu’on est tous en lien avec les autres. Mais le personnage qu’on voit le plus, et que j’ai aimé découvrir, c’est le personnage de la bibliothécaire, madame Elm, qui montre vraiment la gentillesse que peuvent avoir les adultes envers les enfants, et à quel point cela marque ces derniers. Nora a réellement rencontré madame Elm dans sa jeunesse, et ce n’est donc pas pour rien que ce soit elle qui se retrouve projetée dans ce rôle de bibliothécaire. J’ai alors beaucoup aimé la relation qu’elles entretiennent toutes les deux, pleine de respect, mais aussi d’amitié et d’amour. On sent ainsi que Nora compte beaucoup pour madame Elm, et inversement, et elles sont presque dans une relation mère-fille. D’ailleurs, j’ai beaucoup aimé les conseils que donnent madame Elm à Nora, qui sont plein de sagesse, et qui l’aident petit à petit à avancer. Elle agit alors comme le ferait un ange-gardien. On voudrait alors avoir nous aussi une madame Elm dans notre vie.

– Alors, tu vois ? Parfois les regrets ne sont pas basés sur des faits. Parfois, les regrets ne sont que…

Mme Elm chercha le terme appropriée et le trouva :

– Que des conneries.

J’en arrive à présent à l’histoire en elle-même. Certes, cela n’est pas vraiment un récit original, au sens où ce n’est pas la première fois qu’on parle de pouvoir remonter le temps, ou du moins donner une leçon au personnage principal en lui faisant retourner sur certains de ses choix. C’est ici ce que doit faire Nora, elle doit revenir sur ses regrets et les choix qu’elle a pu faire au cours de sa vie, pour voir ce que cela aurait changé à cette dernière. Ainsi, elle peut se retrouver projetée dans une vie où elle n’aurait pas abandonner la compétition de natation, et où elle aurait gagné la médaille olympique. Néanmoins, même si j’ai trouvé que l’idée de base n’était pas si originale que cela, car déjà vue, j’ai aimé son traitement et l’invention des dériveurs. Le roman nous montre alors l’impact des regrets sur nos vies, et sur le fait qu’on peut aisément se faire détruire par eux, qu’on n’avance alors plus, et qu’on peut passer à côté du bonheur alors qu’on a déjà tout pour y arriver. Ce que j’ai alors aimé, c’est toute l’image du bonheur qu’on a grâce à ce roman, avec ce qui va faire ou non ce dernier. Nora songe à la réussite, au fait d’avoir de l’argent, une bonne situation, des enfants, mais sa vision du bonheur va évoluer au fur et à mesure qu’elle découvre toutes les possibilités qui s’offrent à elle. Elle a alors tellement de choix que cela en devient presque infernal. L’idée de passer par les livres est aussi plaisant, même si c’est seulement une variation que produit l’esprit de Nora. En tout cas, j’ai beaucoup aimé la morale de cette histoire, et ce qu’elle nous apporte. Il y a alors beaucoup d’espoir dans ce roman.

– Je pense que ma situation est différente. Je pense que ma mort est plus imminente. Si je ne trouve pas une vie à vivre d’ici peu, je crois que je partirai pour de bon.

Elle expliqua le problème qu’elle avait eu la dernière fois, lors de son transfert de retour.

– Oh. Eh bien, ils se pourrait que ce soit moche. Mais il se pourrait que non. Vous comprenez bien qu’il y a une infinités de possibilités, là ? Je veux dire, le multivers, ce n’est pas quelques univers ou d’une poignée d’univers dont il est question. Ni même de beaucoup. Ce n’est pas d’un million, d’un milliard ou d’un trillion d’univers dont il s’agit. Mais d’une infinité d’univers. Même avec vous dedans. Vous pourriez être vous dans n’importe quelle version du monde, si peu probable que soit ce monde. La seule limite est l’imagination. On peut être très créatif avec les regrets que l’on veut effacer. Une fois, j’ai effacé le regret de ne pas voir fait ce que j’imaginais quand j’étais adolescent : devenir ingénieur en aéronautique et astronaute, et c’est comme ça que, dans une vie, je suis devenu astronaute. Je ne suis pas allé dans l’espace. Mais je suis devenu, pendant un bref instant, quelqu’un qui y était allée. La chose qu’il faut que vous gardiez en mémoire, c’est que c’est une chance, une chance rare, de pouvoir effacer toutes les erreurs qu’on a commises, et de vivre toutes les vies qu’on veut. N’importe quelle vie. Faire de grands rêves… On peut être tout ce qu’on veut. Parce que, dans une vie, on l’est.

Parlons maintenant de l’écriture du roman en tant que telle. Elle est très fluide. Les chapitres sont courts et s’enchaînent très bien. On sent bien tout le désespoir de Nora, sa détresse, et ce qui la pousse au suicide. Certes, j’avoue que parfois, elle m’a agacée, surtout lorsqu’elle a tendance à se rebeller, à appeler la mort de tous ses vœux alors qu’elle a une chance incroyable et qu’elle ne s’en rend pas compte, mais je pense que cela est aussi nécessaire à la narration, pour montrer sa dépression, et le fait qu’elle est enfermée dedans, qu’elle ne peut pas se soigner comme cela, et cela fait aussi partie de la morale du récit. J’ai en tout cas aimé passer d’une vie à une autre, et voir les conseils donner par madame Elm, les petits changements qui provoquent finalement de gros bouleversements. J’ai aussi trouvé que ce roman apportait beaucoup d’émotion, et j’avoue avoir été triste pour Nora à de nombreuses reprises.

En résumé, c’est un roman que j’ai beaucoup aimé. La narration est fluide, le roman se lit très bien, et on a du mal à le lâcher. On sent bien toutes les émotions de Nora, et c’est aussi ce qui la rend attachante et nous fait nous retrouver en elle. J’ai beaucoup aimé suivre son évolution et la voir reprendre goût à la vie, et se poser enfin les bonnes questions. J’ai aussi apprécié le personnage de madame Elm et tous les conseils qu’elle va donner à Nora, toutes ces leçons de vie pleines de sagesse qui vont permettre à Nora d’avancer. C’est un roman émouvant, qui nous fait réfléchir. Même si l’histoire n’est pas originale, le traitement est bien construit, bien mené, et on ne s’ennuie pas pendant cette lecture. Je vous la conseille donc.

Et vous ?

Qu’est-ce qui vous plaît dans un personnage principal ?

Qu’aimez-vous retrouver chez ce dernier ?

Quels sont les critères qui vont vous faire vous attacher à lui ?

Bon dimanche à tous 🙂

6 réflexions au sujet de « La bibliothèque de Minuit »

    1. Ah mince, c’est dommage… Mais je comprends, car d’un certain côté, on a aussi l’impression que le roman n’avance pas, qu’il y a un côté redondant dedans, et que la fin est assez facile. Personnellement, cela ne m’a pas dérangée, mais je pense que c’est quelque chose qui peut agacer les autres lecteurs.

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