chroniques littéraires

Le Cri

Bonjour les amis. J’espère que vous allez tous bien et que votre weekend se déroule comme vous le souhaitez. Pour ma part, le mien a subit quelques chamboulements, tout ce que j’avais prévu de faire entre vendredi et samedi est tombé à l’eau, tout simplement parce que mon compagnon a vu ses propres activités changer. Mais ce n’est pas grave, même si je n’ai pas fais ce que je voulais, j’ai tout de même pu avancer dans d’autres projets, comme notamment m’occuper du blog ou avancer dans mes lectures. Néanmoins, je vois les jours qui passent à une vitesse folle, et le fait qu’on se rapproche de plus en plus de février, et je commence à me dire que j’ai encore beaucoup trop de choses à faire.

En tout cas, aujourd’hui je reviens vers vous pour une nouvelle chronique. Cette fois, on va parler d’un roman terminé la semaine dernière, que j’ai lu en format papier. Je vous le dis tout de suite, ce roman m’a appris des choses, dont des anecdotes que j’ai découvertes et que j’ai pu replacer en cours. Ce roman, c’est le roman policier Le Cri, qui nous plonge dans l’univers de la psychiatrie et de la psychologie. Il est écrit par Nicolas Beuglet et est publié aux éditions XO. Le roman est sorti en septembre 2026, c’est le premier tome sur la trilogie Sarah Geringën, son personnage principal. Voici le résumé du roman :

Hôpital psychiatrique de Gaustad, Oslo. À l’aube d’une nuit glaciale, le corps d’un patient est retrouvé étranglé dans sa cellule, la bouche ouverte dans un hurlement muet. Dépêchée sur place, la troublante inspectrice Sarah Geringën le sent aussitôt : cette affaire ne ressemble à aucune autre…

Et les énigmes se succèdent : pourquoi la victime a-t-elle une cicatrice formant le nombre 488 sur le front ? Que signifient ces dessins indéchiffrables sur le mur de sa cellule ? Pourquoi le personnel de l’hôpital semble si peu à l’aise avec l’identité de cet homme interné à Gaustad depuis plus de trente ans ?

Pour Sarah, c’est le début d’une enquête terrifiante qui la mène de Londres à l’île de l’Ascension, des mines du Minnesota aux hauteurs du vieux Nice.

Soumise à un compte à rebours implacable, Sarah va lier son destin à celui d’un journaliste d’investigation français, Christopher, et découvrir, en exhumant des dossiers de la CIA, une vérité vertigineuse sur l’une des questions qui hante chacun d’entre nous : la vie après la mort…

Et la réponse, enfouie dans des laboratoires ultrasecrets, pourrait bien affoler plus encore que la question !

Dans cette histoire, nous suivons une héroïne norvégienne, Sarah. Ancien membre de l’armée et des forces spéciales, elle s’est reconvertie dans la police, et elle doit, alors qu’elle vient de se faire larguer par son mari, enquêter sur un drôle de drame. Dans un hôpital psychiatrique, un homme sans nom est mort de peur. Son enquête va alors la mener en France, à la rencontre d’un journaliste, Christopher. Or, ce dernier se retrouve malgré lui impliqué dans son enquête, et un terrible compte-à-rebours s’enclenche alors, un compte-à-rebours qui va les mener aux quatre coins du monde, sur la piste d’un ancien secret de la CIA.

Je vais commencer cette chronique, non pas en vous parlant des deux personnages principaux, mais en vous parlant de l’ambiance de ce roman, et ce qu’il nous fait découvrir. En effet, nous partons ici d’un drame assez simple, un homme qui vient de mourir d’une curieuse manière, avant de nous orienter vers les anciens secrets de la CIA. C’est alors ce qui va faire, à mon avis, la force de ce roman. En effet, nous ne sommes pas face à une mort classique, ni peut-être même face à un assassinat, or ce drame va avoir des répercussions assez fortes, ce qui va mener non seulement l’hôpital lui-même à sa perte, mais d’autres facteurs aussi. C’est alors intéressant de voir que d’un simple fait, beaucoup d’autres, de plus en plus gros, vont tomber, un peu comme un jeu de domino, et que plus l’histoire avance, plus des pions se mettent en place et sont sacrifiés, et plus l’histoire concerne de monde, voir toute la planète. Comme j’avais oublié le résumé lorsque j’ai commencé à lire ce roman, je n’avais pas d’attentes particulières, et j’ai donc pris beaucoup de plaisir à voir toutes les implications qui arrivent avec ce drame. De la même manière, ce roman nous plonge dans les heures sombres de la Guerre Froide, et dans les recherches qui ont été menées dans cette période. J’ai ainsi pu apprendre des choses sur les événements de cette période, mais aussi sur ce qu’avaient fait les américains, notamment les membres de la CIA, afin de développer la recherche, notamment celle sur l’inconscient, puisque c’est ici le sujet du livre. Cela glace alors un peu le sang de savoir que tout le monde était au courant et que tous les états ont laissé faire, parce que c’était la guerre, et parce qu’il faut aussi faire avancer la recherche. Je trouve que ce roman nous permet aussi de critiquer la science et les conséquences de cette dernière, ou du moins la volonté de vouloir absolument obtenir une vérité sur un sujet, quelque soient les sacrifices à faire. Et comme le précise l’auteur à la fin du roman, tout cela est loin d’être de la science-fiction, puisque tout a été déclassifié, et qu’il suffit de faire quelques recherches pour tomber sur les rapports de l’époque. Pour le coup, même s’il introduit une certaine forme de science-fiction sur la toute fin du roman, l’auteur nous livre ici un polar qui est basé sur des faits historiques et vérifiables.

– Tout ce que je viens de lire est cohérent avec les documents que l’on a trouvés, mais aussi avec les bouquins sur la guerre froide de mon frère.

Sarah laissa Christopher poursuivre sans le presser.

– Bon, je vous lis texto ce que je viens de dénicher sur le site du New York Times. C’est un peu scolaire, mais ça à au moins le mérite d’être clair. Le projet Mk-Ultra est la diminution de l’expression Mind Kontrol. Ce programme secret a justement été révélé au grand public par un article du New York Times en 1974 puis par une commission d’enquête du Sénat américain en 1977. Bref, il est tristement officiel et avéré que pendant près de vingt ans, de 1950 à 1970, la CIA a conduit des expériences sur des sujets non consentants dans le but de contrôler l’esprit humain. Cela se faisait à base d’injections de drogue, notamment du LSD, mais aussi de stimulations électriques, sensorielles et psychiques sur des patients d’hôpitaux psychiatriques sans famille, de prostituées ou de prisonniers de guerre. Le but avoué, ou en tout cas premier, était de réussir à faire parler les espions russes et si possible de parvenir à les retourner contre leur propre camp. La commission sénatoriale chargée d’enquêter sur ce projet a mis au jour vingt mille documents relatifs à ces expériences et révélé qu’il avait bénéficié d’un budget de vingt-cinq millions de dollars en dehors de…

J’en arrive donc maintenant au personnage de Sarah. C’est un personnage qui peut sembler froid au premier abord, mais qui est en vérité bien plus complexe qu’il n’y paraît. Je me suis attachée à elle lorsque j’ai compris pourquoi elle agissait de telle ou telle manière, même si, dès le début de l’histoire, on ne peut que ressentir de l’empathie pour elle puisqu’elle vient de se faire littéralement jetée par son mari, tout simplement parce qu’elle rêve de tomber enceinte, et que cela a détruit son couple. On a donc de la peine pour elle, et on comprend donc que son travail est la seule chose qui la maintient encore debout. Mais plus l’histoire avance, et plus on découvre son passé et ce qui la tourmente. En effet, Sarah est encore tourmentée parce qu’elle a pu vivre dans son passé, et cela va avoir des conséquences dans sa vie actuelle. On a donc de l’empathie pour elle, voire de la pitié, car elle ne parvient pas à se débarrasser de ses cauchemars. Je trouve que cela rend son personnage plus vivant, voire aussi plus professionnel, car elle connaît l’âme humaine et sait ce qui peut motiver certaines personnes à faire ce qu’elles font. J’ai aussi trouvé qu’elle était très empathique, et qu’elle savait trouver les bons mots pour aider Christopher lorsqu’il en avait besoin, voire même à le bousculer lorsque cela était nécessaire. Dans leur duo, c’est elle qui prend les rênes, et c’est assez intéressant de la voir être obligée de fonctionner en équipe, et de devoir faire confiance, tout en diriger cette enquête. Sarah est donc un personnage que j’ai appris à aimer, et que j’aimerais bien lire d’autres aventures.

– Tu es fatiguée, Sarah. Tu sais qu’une fois reposée, tu verras les choses autrement.

– Ne dis plus jamais ça ! Ne me répète plus leurs phrases !

– Quelles phrases ?

– Tu sais très bien. Je préfère crever que de retourner en hôpital psychiatrique ! Et si je reviens à Osla même pour seulement quelques jours et que tu me colles une équipe, je sais que je m’écroule et… que je retourne là-bas. Sauf que cette fois, je ne le supporterai pas.

Sarah s’était accroupie dans le couloir de l’hôtel, la main écrasée sur le front, recroquevillée sur elle-même.

Parlons maintenant du personnage de Christopher. Dès le début, on comprend que cet ancien reporter de guerre s’est rangé, et qu’il n’est pas habitué à mener une enquête de l’envergure dans laquelle Sarah l’entraîne malgré elle. En effet, dès le début, Christopher se retrouve dépassé, et il ne peut pas sauver la personne qui lui est la plus chère, c’est-à-dire Simon, son neveu, devenu son fils par la force des choses. Christopher ne sait pas se battre, et il devient un poids dans cette histoire. Toutefois, et c’est ce que j’ai aimé chez lui, il n’abandonne pas, et il sait qu’il doit aller jusqu’au bout de cette enquête s’il veut sauver Simon. Il est alors poussé par l’amour et le sens du devoir, ce qui va le mener à faire quelques choix qui vont grandement impacter Sarah. J’ai aimé les voir fonctionner tous les deux, ainsi que les voir se rapprocher. Liés ans cette enquête, ils vont devoir apprendre à se connaître et à s’apprécier s’ils veulent avoir une chance de survivre. L’évolution de Christopher est alors intéressante, car au début, il se plaint beaucoup, ce qui est normal car il est sous le choc de grosses révélations, qui vont s’amplifier avec l’enquête, mais en plus, il va devoir côtoyer la mort en face, et se découvrir une force qu’il ne soupçonnait pas. Il va devoir faire des choix intéressants, ce qui montre aussi que, quelque soient nos principes, ils peuvent être remis en question lorsque nos proches dépendent de nous. J’ai aussi aimé voir Christopher dans ce rôle de père qu’il apprend tout juste à maîtriser, mais qui fait qu’il a dû changer intégralement sa vie pour le mener à bien. C’est touchant de le voir évoluer avec Simon.

– Vraiment, je suis désolé, Simon. Je te promets que je fais de mon mieux, mais… mais ça ne se reproduira plus. La prochaine fois, t’auras honte devant tes amis tellement je serais en avance.

Simon ne répondit pas, posa son coude sur le rebord de la fenêtre et appuya son menton dans la paume de sa main.

– Bon sinon, t’as passé une bonne journée ?

– Ca va.

– T’as fait quoi aujourd’hui ? Tu remarqueras que je ne te dis pas t’as fait quoi de beau, donc même si c’est moche tu peux me le dire.

Christopher tourna la tête e perçut un bref tremblement des zygomatiques de Simon. Mais le petit garçon avait sa fierté et ne céda pas au sourire.

J’en arrive à présent à l’écriture de ce roman. Il y a beaucoup d’action et de rebondissements, et même si j’ai aimé cela, je dois avouer qu’à un moment donné, on aimerait bien davantage se poser, un peu comme les personnages, parce que ce roman nous pousse dans nos limites, et qu’on se sent à bout de forces. C’est assez plaisant, et en même temps, j’ai trouvé le rythme du livre très intense. Pour une fois, je dirais que c’est un roman qu’on ne peut pas lire d’un seul bloc, et que des pauses sont nécessaires afin de reprendre son souffle, d’autant plus qu’il nous amène à des révélations de plus en plus nombreuses auxquelles nous devons nous préparer. J’ai d’ailleurs apprécié en savoir plus sur le projet MK-Ultra et les idées de la CIA, ainsi que les influences de Carl Gustave Jung dans cette histoire. Je regrette, peut-être, que cela nous amène ensuite vers quelque chose d’autre, qui à mon avis n’est pas expliqué assez. De la même manière, je regrette qu’on ait finalement pas suffisamment d’éléments sur le premier meurtre, le point de départ de cette histoire, ce qui m’a donné un sentiment d’inachevé. Mais le roman est bien écrit, on apprend beaucoup de choses, et on voyage en même temps que nos personnages. J’ai apprécié ainsi qu’on ait le droit de découvrir leurs doutes et leurs espoirs.

En résumé, j’ai beaucoup aimé lire ce roman et me plonger dans ce récit. Ce dernier va très vite et il se passe beaucoup de choses, le rythme est intense, mais on apprend aussi beaucoup de choses sur les expériences de la CIA et sur l’histoire de la Guerre Froide. Les deux personnages principaux sont attachants, même si Christopher peut agacer par moment, même si on comprend aussi pourquoi il est dans cet état. Les révélations finales sont intéressantes, même si j’aurais aimé qu’elles soient davantage étoffées et plus abouties. Le roman se lit bien, et je compte bien découvrir la suite des aventures de Sarah. C’est donc un premier tome que je vous conseille, avec une histoire bien menée et bien documentée.

Et vous ?

Qu’aimez-vous retrouver dans un polar ?

Désirez-vous que tous les éléments soient résolus à la fin ?

Ou, à l’inverse, qu’il reste du mystère qui plane ?

Bon dimanche à tous 😀

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