chroniques littéraires

Après

Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez tous bien et que vous avez passé une agréable semaine. Pour ma part, vous vous en êtes sans doute rendus compte, puisque je n’ai pas posté un seul article cette semaine, si on ne prend pas en compte le C’est Lundi, que Lisez-vous ? ma semaine a été un peu chargée. J’ai été un peu dépassée, avec le nano et les mots à écrire tous les jours, plus les appréciations à faire, les dernières copies à corriger, les dernières notes à mettre, et lire aussi un peu. Tout cela fait que je ne me suis pas vraiment occupée du blog cette semaine, et je le regrette. J’essaye donc de rattraper mon retard dans mes chroniques.

Justement, aujourd’hui, j’ai envie de parler avec vous de l’une de mes dernières lectures, qui est un roman que vous avez peut-être beaucoup vu sur les réseaux sociaux ces dernières semaines. En effet, comme beaucoup de personnes, je vais aujourd’hui vous parler du roman Après, qui est en fait le dernier roman de Stephen King. J’ai en effet eu de la chance, j’ai pu l’avoir à ma médiathèque le lendemain de sa sortie, ce qui fait que j’ai pu le lire assez vite. Et comme j’aime beaucoup Stephen King, je ne pouvais pas passer à côté de cette nouvelle histoire. Ce roman s’intitule donc Après, et il est sorti en France aux éditions Albin Michel. Il est d’ailleurs sorti en début de mois, donc en novembre. Il est classé en roman policier ou un roman d’horreur, mais ne vous inquiétez pas, ce roman n’est finalement, à mon sens, ni dans l’une ni dans l’autre de ces deux catégories, mais plutôt dans du fantastique. Voici son résumé :

Grandir, c’est parfois affronter les démons qui vous hantent.

Jamie n’est pas un enfant comme les autres : il a le pouvoir de parler avec les morts. Mais si ce don extraordinaire n’a pas de prix, il peut lui coûter cher. C’est ce que Jamie va découvrir lorsqu’une inspectrice de la police de New York lui demande son aide pour traquer un tueur qui menace de frapper… depuis sa tombe.

Dans cette histoire, nous suivons Jamie, qui est au début du récit un petit garçon, mais qui grandi pour devenir un adolescent dans la fin du roman. Jamie a un don particulier, dont il se rend rapidement compte, il peut voir les morts. Ou du moins, il peut les voir et les entendre tout de suite après leur décès, avant que ces derniers finissent par disparaître. Ce don ne dérange pas Jamie, jusqu’à ce que sa mère le révèle à sa petite-amie, et que cette dernière ne s’en serve pour arrêter un terroriste. Jamie pensait que tous les morts disparaissaient, mais ce dernier s’accroche, et Jamie pourrait en perdre le sommeil, ou la vie, poursuivit par un tueur qui semble attendre quelque chose de sa part.

Je vais commencer par vous parler de l’ambiance de ce récit. Si je vous ai dit, au début de cette chronique, que pour ma part je ne pense pas que ce roman soit à classer dans les romans policiers ou les romans d’horreur, c’est que je trouve que malgré l’enquête qu’on peut avoir de la part de Jamie, on n’est pas vraiment sur un policier comme on peut l’entendre d’habitude. En effet, on ne peut pas parler de meurtre comme on a l’habitude d’en avoir, ni même d’enquête policières comme on peut en avoir dan d’autres romans. Et on n’est pas non plus dans un roman d’horreur, même si l’auteur nous parle d’une histoire d’épouvante, tout simplement parce que le roman ne fait pas peur, qu’il n’y a pas l’angoisse qu’on a normalement dans ce type de récit. J’ai même trouvé, pour le coup, que le roman était très gentillet, qu’on ne sursautait pas, qu’on n’était pas dans les codes qu’on a normalement dans un roman de Stephen King. J’avoue que, pour cela, j’ai été un peu déçue, parce que je m’attendais à un roman d’horreur, à un roman qui fait peur, et ce n’est clairement pas le cas ici. C’est vraiment une histoire sympathique, qui m’a fait un peu penser à l’un des romans de Marc Lévy, avec les fantômes. Néanmoins, malgré le fait que ce récit ne fait pas peur, l’auteur parvient à créer une vraie ambiance à son histoire, et à remettre de l’originalité dans les histoires de fantômes. En effet, il pose plusieurs codes précis, des codes que Jamie apprend peu à peu à connaître, puisqu’il semble être le seul à posséder un tel don. Ainsi, les fantômes ne peuvent pas mentir. Ils sont obligés de dire la vérité dès qu’on leur pose une question, ce qui est bien pratique pour Jamie, et surtout pour ceux qui utilisent son don. Ensuite, ils ne restent pas, ils finissent par s’effacer, ce qui compliquent les choses et pose le fait qu’il faut aller droit au but et qu’on ne peut pas perdre de temps. C’est une course contre la montre pour obtenir la vérité, et c’est assez intéressant parce que cela entraîne une tension pour les autres, les vivants, alors que pour les morts, ils sont déjà morts, et détachés du monde réel dans lequel ils vivaient. J’ai beaucoup aimé cet aspect-là, car on ne pose pas la fameuse lumière, mais un détachement qui concerne tout le monde, qui entraîne un décalage entre les morts et les vivants, et cette tension palpable pour les vivants. Enfin, les fantômes peuvent être possédés. On ne sait pas par quoi, mais l’idée de la lumière-morte qui veut se débarrasser de Jamie, tout en se retrouvant liée à lui, est super intéressante. J’avoue avoir été frustrée de ne pas en savoir plus sur cette dernière, et j’espère donc qu’on aura un tome 2, parce que l’auteur nous laisse sur un gros suspens, avec beaucoup d’interrogations sur cette chose que va devoir combattre Jamie, et qui peut le tuer ou lui arracher son âme. C’est ce qui fait, selon moi, la grande force de ce récit.

Pour le dîner, on a acheté des pizzas chez Domina. Maman a bu un verre de vin, et moi, j’ai eu droit à un Kool Aid, parce que j’avais été sage pendant les obsèques. Alors qu’on attaquait notre dernière part, elle m’a demandé si Mrs Burkette était présente là-bas.

– Ouais. Elle était assise sur les marches… tu sais, là où le pasteur et les autres gens sont montés pour parler.

– Ca s’appelle la chaire. (Elle a pris sa dernière portion de pizza et l’a regardée un instant avant de la reposer.) Et tu voyais au travers ?

– Comme les fantômes dans les films ?

– Si tu veux – on peut dire ça comme ça.

– Alors, non. Elle était normale, sauf qu’elle portait encore sa chemise de nuit. J’ai été surpris de la voir – elle est morte depuis trois jours, en général ils durent moins longtemps.

– Ils disparaissent, c’est ça ?

(…) – Qu’est-ce qu’elle faisait, Jamie ?

– Rien du tout, elle était juste assise là. Elle a regardé le cercueil une fois ou deux, mais c’était surtout lui qu’elle regardait.

– Mr Burkett. Marty ?

– Oui, lui. A un moment, elle a dit quelque chose, mais j’ai rien entendu. Quand ils sont morts, leur voix s’affaiblit très vite, comme quand on baisse la radio dans la voiture. Au bout d’un moment, on ne les entend plus du tout.

– Et ensuite, ils disparaissent.

– Oui.(…) Ils disparaissent.

Venons-en maintenant à Jamie. J’ai beaucoup aimé son personnage. L’auteur parvient à nous le rendre, dès le début, sympathique. C’est un personnage auquel on s’attache très vite, parce que c’est un tout jeune garçon, il a cinq ans lorsqu’on commence le récit, et l’on comprend rapidement qu’il veut aider les autres, vivants ou morts, et qu’il est là justement pour apporter des réponses à certains, ou à apaiser des peines. C’est un garçon touchant, qui a un pied entre deux mondes, et qui connaît, pour le coup, la dureté de la mort, et ses horreurs. Comme on le voit grandir, on a envie d’être avec lui, de l’aider et de le protéger. Il est comme nous les garçons de son âge, mais il vit des choses pas forcément drôles, et sa vie n’est pas toujours simple, même sans fantômes. Cependant, là où l’histoire prend un vrai tournent selon moi, c’est lorsqu’il se retrouve confronté à la lumière-morte. On découvre alors un garçon qui grandit, et qui se retrouve obligé d’affronter les horreurs du monde des adultes, alors qu’il s’en serait bien passé, qui est obligé de grandir trop vite, et qui doit aussi apprendre à se montrer courageux. C’est vraiment intéressant de le voir prendre courage, de le voir prendre des forces, parce qu’il n’a pas le choix. Il est aussi obligé de prendre des décisions assez dures, comme mentir à sa mère, ou trouver quelqu’un à qui se confier. On sent, pendant une partie du récit, que Jamie se sent seul avec son don, car il n’a personne à qui en parler, puisqu’il ne veut pas inquiéter sa mère. la relation qui se met alors en place avec son voisin est intéressante et touchante, parce qu’il devient comme un père pour lui, et qu’il essaye de combler la solitude de Jamie. C’est donc un personnage que j’ai apprécié suivre, qu’on voit évoluer dans le bon sens, et qui garde tout de même une certaine fraîcheur, une certaine générosité envers les autres malgré tout ce qu’il doit subir étant enfant et adolescent, et qui n’est pas du tout aigre envers le monde dans lequel il évolue. C’est un garçon qui écoute les conseils, et qui agit comme il doit le faire. Il garde cette innocence tout du long qui le rend attachant, alors même qu’il raconte son aventure d’un point de vue de jeune adulte.

A un moment, j’ai été tenté d’en parler à Ms Peterson, la psychologue du collège, mais elle allait en déduire que j’avais des hallucinations, ou que e souffrais d’une dépression nerveuse. Et elle s’empresserait d’en informer ma mère. En désespoir de cause, j’ai même envisagé de me tourner vers Liz. Et après ? Elle allait dégainer son arme et ouvrir le feu sur Therriault ? On serait bien avancé, vu qu’il était déjà mort. Et de toute façon, j’avais coupé les ponts avec elle – du moins je le croyais. Désormais, j’étais vraiment tout seul, et je n’en menais pas large.

Parlons maintenant des personnages principaux. La mère de Jamie est finalement, à mon avis, assez mise de côté, mais cela n’est pas grave, car elle peut se montrer assez stressante et froide, comme cela a pu être le cas à un moment du récit. Cependant, on sent aussi qu’elle aime son fils et qu’elle ferait n’importe quoi pour lui, et qu’elle essaye de le protéger, à sa manière. Elle fait juste de mauvais choix, comme faire entrer Liz dans leurs vies. Je ne peux pas dire que j’ai détesté le personnage de Liz dès le début, parce qu’elle aime Jamie aussi, à sa manière, mais si on voit la bonne évolution du garçon pendant le roman, on voit aussi son évolution à elle, qui est une déchéance. Même si elle aime Jamie, elle est prête à tout pour garder son travail dans la police, quitte à le faire affronter le fantôme d’un terroriste. Elle n’a aucune valeur, si ce ne sont seules du pouvoir et de l’argent, et c’est cela qui va la pousser à commettre une grande erreur, qui va entraîner Jamie dans une spirale infernale avec la lumière-morte. Plus on voit le personnage de Liz, plus on voit qu’elle perd le contrôle de sa vie, et que tout ce qui compte pour elle, c’est de sauver sa peau, même si pour cela elle doit entraîner les autres dans une mort certaine. Au début, on la trouve donc sympathique, mais on va finir par la haïr. C’est bien fait, parce que c’est intéressant de montrer comment des personnages lambda peuvent aussi chuter, et que les méchants ne sont pas méchants de nature, mais qu’ils le deviennent. C’est elle qui fait entrer le loup, le monstre, dans la bergerie, et cela rend son personnage réellement antipathique.

Parlons enfin de la lumière-morte, donc de Therriault le terroriste. Comme je l’ai mis plus haut, j’ai été assez frustrée de ne pas en savoir plus sur cette dernière, sur l’identité qui se cache derrière la lumière-morte, ni même la manière dont elle s’est attachée à Therriault. Cependant, son idée est super originale, et on sent là encore un grand potentiel, et le fait qu’on a finalement le monstre qu’on attendait dans ce roman. Dans le même temps, on s’aperçoit aussi que ce monstre, qui semble être démoniaque, n’a pas vraiment les capacités à faire de mal, ce qui le rend assez paradoxale, car on pourrait avoir peur de lu, c’est notamment le cas de Jamie, mais que dans le même temps, il y a un soucis avec son incarnation, et que cela peut jouer en faveur du garçon. La personnalité même de Therriaut peut alors jouer, car nous sommes face à un homme qui pose des bombes avec un grand plaisir, et qui n’a pas prévu de s’arrêter. On sent tout la menace qu’il y a dans son personnage, ce qui fait que, en effet, on est comme Liz et on veut l’arrêter, mais pas pour les mêmes raisons. Ce qui me plait, là encore, avec son personnage, c’est qu’on ne sait pas pourquoi il est comme cela, mais on voit une évolution entre sa première apparition et sa dernière, et on voit que Therriault chute de plus en plus, alors même que la lumière-morte gagne de la puissance. C’est aussi ce qui accentue la frustration, car l’horreur pourrait parfaitement arriver pour Jamie, mais qu’elle n’arrive finalement pas.

Alors que mon regard plongeait dans les profondeurs de Therriault, j’ai réalisé qu’il s’agissait bien d’un fantôme. Comme tous les autres morts, je suppose, sauf que je les percevais sous une forme matérielle. Plus il perdait consistance, plus la lumière noire – la lumière-morte – brillait intensément. J’ignore ce que c’était réellement, je savais seulement que je tenais cette chose et, comme le dit un proverbe chinois : Celui qui attrape un tigre par la queue n’a pas intérêt à le le lâcher.

(…) La chose résistait. Les pulsations de cette lumière toxique me donnaient la nausée, mais j’ai réussi à tenir bon.

– Si. Je te hanterai tant que je le voudrai, chaque fois que je l’aurai décidé. Et si tu refuses, je m’accrocherai à toi jusqu’à ce que tu meures.

– Je ne peux pas mourir ! Mais toi, si !

Une vérité incontestable, et malgré ça, je ne m’étais jamais senti aussi puissant. D’autant plus que Therriault ce cessait de s’affaiblir, et que c’était lui, la porte d’entrée de cette chose dans notre monde.

J’en arrive enfin à l’écriture de ce roman. Même si, je le remets, j’ai été un peu frustrée qu’on ne bascule pas dans une histoire d’horreur, et que j’ai trouvé le rythme du récit assez long, je dois aussi avouer que j’ai été happée par ce dernier. J’ai eu beaucoup de mal à lâcher le roman, et j’ai vraiment été séduite par le récit et la plume de l’auteur, par l’innocence du narrateur, Jamie, et par les notes d’humour qu’on trouve dans le récit. Toutefois, je dois avouer, même si le roman est très immersif, qu’il est non seulement trop court, et que j’ai eu le sentiment de me retrouver face à une introduction. Pour moi, ce roman, qui est très agréable à lire, ne décolle pas vraiment, et je suis restée sur ma faim. J’ai adoré ma lecture, mais j’ai l’impression qu’on est face à un début d’histoire, et qu’on n’est pas arrivé à ce que l’auteur voulait vraiment raconté, comme si on s’arrêtait au fait que toutes les pièces sont mises en place avant le grand développement, la grande partie où l’on verrait Jamie affronter la lumière-morte. Je pense donc qu’on aura une suite, notamment à cause des derniers mots de l’auteur, et j’ai hâte qu’on en sache plus, qu’on ait un jour cette suite. Néanmoins, l’histoire est vraiment plaisante à lire et à suivre.

En résumé, j’ai beaucoup aimé le personnage de Jamie. Il est attachant et on prend plaisir à le suivre et à le voir grandir. Les personnages principaux sont dans l’ensemble bien développés, et on s’amuse à voir Liz tomber, à la détester. L’ambiance de ce récit est intéressant et originale, j’ai apprécié la manière dont l’auteur revisite le thème des fantômes. Cependant, le récit est trop court et on reste un peu sur notre faim. Beaucoup d’éléments ne sont pas, ou pas assez développés, et on peut penser qu’il y aura une suite à cette histoire, que ce premier tome n’est qu’une introduction à un grand roman. Je vous en conseille la lecture parce que la plume de l’auteur est vraiment bien dosée, et que c’est une bonne manière de découvrir Stephen King, dans un roman qui ne fait pas peur. C’est un bon roman, plaisant à lire.

Et vous ?

Aimez-vous les romans d’horreur ?

Les histoires de fantômes ?

Cela vous dérange-t-il lorsque vous trouvez que l’histoire est trop courte ?

Qu’attendez-vous d’un roman d’horreur ?

Bon samedi à tous 😀

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2 réflexions au sujet de « Après »

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