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Perfect, tome 1 : Bienvenue à Perfect City

Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez tous bien et que vous vous passez une agréable semaine. Pour ma part, cette première semaine de vacances est en train de me démontrer que je ne suis pas loin d’une immense fatigue. J’ai beaucoup de mal à faire es choses, et je n’ai qu’une envie, celle de lire et de me traîner dans mon appartement. En plus, je me sens assez seule, noyée sous une multitude de problèmes que je n’avais pas anticipé, et aussi sous une sacrée masse de travail, qui fait que je n’ai même pas une journée à moi. J’ai prévu trop de choses pendant ces vacances, et je suis même en train de me dire que je ne suis pas en état de me rendre aux Utopiales ce weekend. Cela me déprime un peu.

Mais, pour garder le moral et ne pas sombrer, je vais vous parler aujourd’hui de l’une de mes dernières lectures, un roman jeunesse avec de la science-fiction qui donne le sourire. En effet, aujourd’hui, je vais vous parler du roman Perfect, dont le tome 1 s’intitule Bienvenue à Perfect City. Ce roman a été écrit par Helena Duggan et est sorti en France en septembre 2021. Il est paru alors aux éditions Fleurus, que je remercie pour l’envoi de ce titre en version numérique, en tant que service presse via la plateforme NetGalley. Voici le résumé de ce titre :

Qui voudrait vivre dans une ville où tout le monde porte des lunettes pour ne pas devenir aveugle ?

Personne, n’est-ce pas ?

C’est pourtant ce que ses parents ont imposé à Violet : un déménagement à Perfect City, la ville où tout est parfait… sauf la vue de ses habitants !

Mais, très vite, Violet se rend compte que les soucis ophtalmologiques ne sont pas les seuls problèmes à Perfect City, et que la vie n’y est pas aussi parfaite que l’on voudrait bien le faire croire…

Entre les bruits dans la nuit, le comportement de plus en plus étrange de sa mère et la soudaine disparition de son père, la vie de Violet est loin d’être rose !

Avec l’aide de Kid, un garçon de son âge qui se transforme en allié providentiel, Violet est bien déterminée à percer l’horrible secret de Perfect City…

Dans cette histoire, nous suivons donc principalement Violet, qui est une jeune fille, une adolescente, qui vient d’arriver dans une toute nouvelle ville, avec ses parents. Tout de suite, la ville ne lui dit rien qui vaille, et elle a bien raison. En une seule nuit, sa vue s’est tellement détériorée qu’elle est obligée de porter des lunettes, et sa mère se transforme peu à peu en une parfaite femme au foyer, alors qu’elle était féministe avant d’arriver à Perfect City. Comme si cela ne suffisait pas, son père disparaît, et Violet déteste sa nouvelle école, où on la considère comme une paria. Heureusement, Kid apparaît, et le jeune garçon va lui montrer l’envers du décor de la ville, tout cela dans le but de sauver cette dernière, ainsi que le père de Violet.

Je vais commencer cette chronique en vous parlant du personnage de Violet. Au début, je l’avoue, j’ai eu un peu de mal avec elle, tout simplement parce qu’elle faisait très enfant dans ses réactions. En effet, comme il est répété à plusieurs reprises, Violet est une fille avec beaucoup d’imagination, qui se monte donc des histoires effrayantes toutes seules, et qui s’effraie justement avec celles-ci. De ce fait, Violet pense voir des monstres partout, et on ne peut pas dire que le courage soit sa qualité première. Elle a plutôt tendance à se jeter dans les bras de ses parents pour être rassurée. Toutefois, au fur et à mesure de l’histoire, alors qu’elle comprend qu’elle ne peut plus compter que sur elle-même, parce que ses parents sont aux abonnés absents, on découvre une autre facette d’elle-même, qui est assez intéressante. Violet se montre en effet beaucoup plus courageuse qu’au début, et elle dépasse vraiment ses peurs, n’hésitant pas non plus à prendre les devants afin de protéger ceux à qui elle tient. C’est une évolution très agréable, car elle montre alors qu’avec la bonne motivation, on peut déplacer des montagnes, et qu’il est possible de ne plus se cacher derrière les autres, et qu’on peut tout faire si on le veut vraiment. J’ai aimé cette partie de sa personnalité qui se dévoile totalement, et qui va même surprendre Violet, mais qui va lui démontrer qu’elle peut arrêter de se comporter comme une enfant gâtée, et qu’elle a eut beaucoup de chances jusqu’à présent d’avoir été protégée comme elle l’était. Violet devient donc une vraie héroïne capable de se battre pour ce qu’elle croit être juste. Elle met aussi de côté son égoïsme afin de protéger les autres, et c’est assez plaisant, parce que Violet, étant jusqu’ici fille unique, n’avait pas pour habitude de s’occuper des autres, et elle était assez tournée vers elle-même. Or, son aventure à Perfect City lui fait comprendre qu’elle ne peut pas continuer comme cela, qu’elle a aussi besoin des autres, mais pour que les autres l’aident, il faut aussi les aider, et que parfois, ses propres besoins vont devoir passer après ceux des autres. Violet va alors le comprendre à ses dépens, mais c’est intéressant de la voir réfléchir là-dessus. Néanmoins, elle peut aussi se comporter comme une vraie peste, et elle nous le montre dans certaines de ses interactions avec Kid, où elle va être assez méchante, notamment à propos de son statut d’orphelin, et j’ai trouvé que cela nuisait un peu à son personnage, même si cela continue à le rendre crédible et que c’est de son âge. En effet, à ces moments-là, on a envie de la rabrouer, parce qu’elle va justement beaucoup trop loin dans la méchanceté, et même si Kid ne dit rien, cela ne peut que le blesser.

– J’ai peur, bredouilla un petit garçon en prenant la main de Violet.

Cette dernière lui adressa un sourire bienveillant et serra sa paume dans la sienne, comme le faisait sa mère lorsqu’elle-même était effrayée. Dorénavant, c’était à elle de se comporter en adulte. Pourtant, elle n’avait aucune envie de grandir, elle n’était pas prête. La peur au ventre, elle sentit sa respiration s’accélérer. La présence rassurante de ses parents lui manquaient.

Parlons maintenant des autres personnages secondaires. Je vais commencer par vous parler de Kid, qui est donc le personnage principal après celui de Violet. J’ai aimé son personnage, parce qu’il n’ pas froid aux yeux, et surtout parce qu’il est généreux. S’il se lance dans cette aventure, c’est tout d’abord pour sauver les siens, pour les protéger des frères Archer. Mais lorsqu’il s’avère que Violet a besoin d’aide, il n’hésite pas à la protéger elle aussi. Néanmoins, bien qu’il connaisse toute la ville par cœur et qu’il n’a de cesse de désobéir aux règles, il n’est pas si courageux que cela, comme il va le démontrer au cours du récit. En effet, âgé du même nombre de printemps que Violet, il n’a pas spécialement envie de se lancer dans une guerre qui semble le dépasser. Il veut qu’on l’aide sans que cela ne mette en danger tout le monde. Il va donc rechigner à aider Violet lorsque cette dernière va démontrer que seule une révolution peut aider tout le monde. Kid veut bien se battre, lorsque cela ne concerne que lui. Comme il n’a vécu que dans Perfect City, il ne connaît pas d’autre modèle, et ce qu’il a sous les yeux lui semble donc naturel, or, Violet va lui prouver le contraire. Tous les deux forment alors un duo assez plaisant à suivre, même s’ils vont se lancer des horreurs à la figure lorsqu’ils ne seront pas sur la même longueur d’onde. Kid est toutefois davantage dans la retenue là-dessus, et heureusement. C’est sans doute pour cela que j’ai préféré son personnage, d’autant plus que je l’ai trouvé touchant avec son histoire personnelle. On sent qu’il a vécu des choses difficiles, et on a envie de l’aider et de le protéger à notre tour.

– Mais on doit aider mon père à s’échapper ! l’implora la jeune fille.

– Réfléchis, Violet, grogna Kid. Si on se précipite sans réfléchir, on va se faire prendre. N’oublie pas qu’il y a une maison remplie de Guetteurs juste à côté. ce serait plus prudent de se cacher quelque part le temps que je me repose un peu et qu’on mette au point un plan…

– Pas question ! On n’a pas une minute à perdre ! Qui sait ce qu’ils sont en train de lui faire en ce moment même ?

Pas si fort ! Edward pourrait t’entendre…

– En fait, tu ne veux pas que je retrouve mon père, reprit la jeune fille, acerbe. Tu es jaloux, parce que moi, j’ai des parents. Tout ce que tu souhaites, c’est que je devienne orpheline et que je vive au No Man’s Land, comme toi !

Kid la dévisagea, sidéré.

Pour ce qui est des autres personnages, j’avoue que les frères Archer sont assez effrayants, et qu’on devine donc rapidement qu’ils sont derrière tous les problèmes de Perfect City. Il n’y a pas vraiment de suspens en ce qui les concerne, et on voit dès le début le double jeu qu’ils mènent. Néanmoins, on ne s’attend pas à ce que ce jeu devienne aussi dangereux pour Violet et Kid, voire ensuite pour tous les autres habitants de Perfect City. Les deux frères sont dangereux, et complètement fous, au sens où ils ont des idées vraiment démoniaques, tout cela dans le but de rendre leur ville la plus idyllique possible, selon leur point de vue. Mais ce qui est assez effrayant, ce sont donc tous les moyens qu’ils mettent en œuvre pour parvenir à cet idéal. Néanmoins, en parlant des frères, j’aimerais aussi rapidement parler de William, qui a un aspect touchant par rapport à son histoire personnelle, qui est facilement devinable, mais surtout, qui permet d’avoir un adulte référent lors de la chute de la ville. En effet, on s’attend à ce que Violet et Kid mènent seulement tous les deux la révolte de la ville, or, cela ne va pas être le cas. J’avoue que j’ai trouvé que William prenait beaucoup de place dans le rôle de chef, toutefois, c’est tout de même mieux qu’il soit là, car cela aurait manqué de crédibilité si les enfants avaient été seuls à mener leur révolution. Son personnage permet donc de faire entrer à nouveau les adultes dans la course, afin justement de protéger les enfants des autres adultes.

Venons-en maintenant à l’univers en tant que tel. Nous sommes ici, finalement, dans une dystopie assez classique, au sens où nous avons deux héros qui vont se battre pour sauver tout le monde, des personnages qui ne savent rien de la réalité parce qu’ils la fuient, parce qu’ils vivent dans un monde idyllique, un monde que refusent aussi bien Violet que Kid. Néanmoins, l’originalité de cette histoire vient justement de son traitement, au sens où ici, tout passe par les yeux, par la vue, qui se retrouve modifiée grâce à une technologie novatrice, qui va donc permettre de jouer sur le cerveau, tout cela dans le but de faire disparaître tout ce qui peut être nuisible à Perfect City, c’est-à-dire l’imagination. J’ai beaucoup aimé la manière dont on conçoit l’imagination dans cette histoire, par le fait que c’est l’imagination qui permet de transgresser les règles, qui permet justement de ne pas être un robot, qui permet à l’homme d’être un homme et non pas une machine, de réfléchir par lui-même. C’est assez intéressant car cela présuppose que sans imagination, les hommes sont hautement manipulables, qu’ils sont des jouets dont on peut faire tout ce qu’on veut. Et il y a alors l’idée que nous avons, selon les personnes, une réserve d’imagination plus ou moins grande, ou sans limite comme dans le cas de Violet ou de William, et que c’est cela qui permet justement les avancées technologiques. J’ai donc trouvé l’idée de base assez intéressante, que ce soit sur l’idée de la vue qui peut se transformer et qu’on peut influencer à notre guise, ou alors le fait que l’imagination a un tel pouvoir sur l’homme, alors qu’en général, on la relègue aux choses qui empêchent l’homme de faire preuve de raison.

– Toi aussi, on t’a traité de fou, Sam. A une époque, personne n’aurait pu t’empêcher de réaliser tes rêves. C’est justement pour cette raison que tu as atterri ici, au No Man’s Land ! Tu étais un rêveur, comme nous tous ! Pourquoi nous nous interdirions de rêver à nouveau, tous ensemble ?

– J’ai grandi, William, et tu devrais en faire autant. Accepte ton sort, tourne la page ! Tout ce qu’il te reste, c’est ta vie ici. Ne la laisse pas filer pour ces idioties.

Certains, parmi la foule, lui emboîtèrent le pas et sortirent en silence.

(…) – Ecoutez-moi, vous autres ! s’écria William, à l’adresse de ceux qui s’éclipsaient un à un par la porte. C’est notre différence qui nous a menés ici, au No Man’s Land ! Qu’avez-vous fait de votre imagination ? De votre ardeur ? Vous vous comportez tous comme des Perfectionnistes ! Or, nous avons une responsabilité envers nos famille restées à Perfect City. C’est à nous, les parias, de les réveiller, de les ramener dans le droit chemin. Si nous renonçons avant même d’avoir essayé, alors nous ne sommes pas plus libres qu’eux ! La différence, c’est que nous n’avons aucune excuse pour justifier notre ignorance !

En ce qui concerne l’écriture de ce roman, je l’ai trouvée fluide, même si j’avoue que, sur la fin, j’ai trouvé un peu qu’il traînait en longueur, mais c’est parce que l’histoire commence au début sur plusieurs jours, avant que, au cours de la moitié du roman, même pas, on ne s’attarde que sur un seul jour, ce qui donne l’impression que l’action s’étire en longueur, et qu’on n’en voit finalement pas le bout. Néanmoins, je dois avouer que le roman est dans l’ensemble bien rythmé, et qu’on a un bon dosage entre l’humour, qui est présent dans ce roman, puis l’action, et enfin les révélations. On enchaîne donc l’histoire entre ces trois points, et c’est plutôt bien fait, parce que cela permet de ne pas s’ennuyer dans le roman. On a aussi de belles descriptions de la ville, ce qui permet de bien la visualiser. Toutefois, j’ai trouvé que Violet, même si elle mûrit beaucoup au cours de l’histoire, devient plus vieille qu’elle doit en avoir l’air dans la fin du roman, comme si elle avait pris dix ans d’un coup. Je pense que cela est dû aussi à ce qu’elle a vécu et vu, et que son âge va redevenir normal dans les prochains tomes, mais il y a tout de même un certain décalage qui apparaît entre le début et la fin du roman. Cependant, c’est la seule critique que je peux faire sur l’écriture même de ce roman.

En résumé, c’est un roman dont j’ai apprécié l’histoire, qui se lit très bien, avec une histoire qui peut paraître simple, mais qui se révèle bien plus complexe au fur et à mesure de la lecture. J’ai apprécié la réflexion qui est faite à la fois sur la vue et sur l’imagination, sur la quête de perfection des frères Archer, qui va être remise en question par Kid et Violet. On a aussi tout un question sur ce qui nous pousse à nous battre, à nous révolter, et c’est vraiment intéressant. L’histoire est bien dosée. J’ai préféré le personnage de Kid à celui de Violet, mais les deux enfants sont plaisants à suivre, avec chacun leur caractère propre. C’est un bon premier tome et j’ai hâte de lire la suite. Je vous en conseille donc la lecture.

Et vous ?

Quels sont les défauts que vous n’aimez pas voir chez les personnages principaux ?

Quelles sont les qualités primordiales pour un héros, selon vous ?

Et quelques sont vos dystopies préférées ?

Bon vendredi à tous 🙂

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Une réflexion au sujet de « Perfect, tome 1 : Bienvenue à Perfect City »

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