chroniques littéraires

The Dig

Bonjour tout le monde. J’espère que vous avez tous passé une bonne fin de semaine. Maintenant, je peux enfin le dire, je suis enfin en vacances, et cela fait du bien. Certes, j’ai beaucoup de copies qui m’attendent, dont celles de l’épreuve blanche de philosophie que mes élèves ont passée mardi matin, mais ce n’est pas grave, j’ai au moins quinze jours où je vais pouvoir lire, écrire et m’occuper du blog sans avoir à me lever le matin. Même si j’ai beaucoup de travail, je pense donc avoir le temps aussi de m’occuper autrement, et surtout de me faire plaisir. D’ailleurs, cela a commence hier, car je suis partie à Saint Brieuc voir des amis.

Mais aujourd’hui, je reviens aussi le blog afin de vous parler de l’une de mes dernières lectures. En effet, j’essaye d’avancer dans ces dernières, notamment dans celles des services presses, où depuis la rentrée j’ai pas mal de retard. Ainsi, aujourd’hui, je vais vous parler du roman The Dig, que j’ai reçu en service presse de la part des éditions HLAB, qui est une maison d’édition reliée à Hachette, et qui ne propose que des titres numériques. Pour ceux qui connaissent le titre de ce roman, il a en effet été adapté en film sur la plateforme Netflix. N’ayant pas cette plateforme, je ne peux pas comparer avec le film, je ne vais donc vous parler que du roman. Ce dernier est sorti en France en août 2021. Il est écrit par John Preston et il est basé sur une histoire vraie. C’est un roman historique, dont voici le résumé :

Au cours du long été chaud de 1939, la Grande-Bretagne se prépare à la guerre. Mais dans une ferme au bord d’une rivière dans le Suffolk, se manifeste une agitation d’un autre genre : Mme Pretty, une fermière veuve, a l’intuition que les monticules étranges sur sa terre contiennent un trésor enfoui. Alors que les fouilles se déroulent dans un contexte d’anxiété nationale croissante, il devient clair qu’il ne s’agit pas d’une découverte ordinaire…

Dans cette histoire, nous suivons une affaire qui s’est réellement passée, c’est-à-dire des fouilles qui ont vraiment eues lieu dans le Suffolk. Ainsi, l’histoire commence avec Basil Brown, un apprenti archéologue. Nous sommes en 1939, et Edith Pretty, propriétaire d’un très grand terrain dans cette région de l’Angleterre, veut faire fouiller les tumulus qui se trouvent sur ce dernier, avant que la guerre n’éclate. Nous sommes en été, la menace des Allemands est de plus en plus proche, et Edith est certaine que son terrain cache au moins quelque chose. Basil va commencer les fouilles, et alors qu’il reste persuadé de ne rien trouver, que tout a déjà été pillé par le passé, il fait une grande découverte.

Avant de commencer par parler avec vous des personnages qui constituent cette histoire, qui sont donc des personnages ayant existés, j’ai envie de vous parler de l’époque et de la manière dont cette dernière est retransmise dans le récit. Tout d’abord, on sent bien, dès le début, que la guerre est proche, même si certains refusent encore d’y croire. Nous sommes alors en été, il fait chaud, il fait beau, et ce qui se passe en Europe, de l’autre côté de la mer, semble très loin pour toutes ces personnes que l’on va croiser, jusqu’à ce que les Allemands soient bien plus menaçants, évidemment. L’auteur, alors, parvient à nous faire comprendre la situation sans que cette dernière soit trop présente. Il donne un aspect très lointain à cette guerre dont les personnages se moquent, jusqu’à ce qu’elle se rapproche et pèse sur les fouilles et le moral de tout le monde. C’est assez intéressant, car cela permet justement de se souvenir de la manière dont l’on vécu certains pays, qui est différent de ce qu’on a pu voir en France, et que certaines régions, ici nous sommes sur la côté, ont aussi des souvenirs différents, par exemple qui ne sont pas les mêmes que les Londoniens. Moi qui ne suis pas fan des romans sur cette période, j’ai trouvé qu’ici, elle passait bien, justement parce que la guerre est une toile de fond, un paysage, qui reste assez vague et floue parce que ce n’est pas non plus un roman sur la guerre en elle-même.

J’en arrive alors au point important que je voulais signaler. En effet, nous sommes certes en 1939, à l’aube de l’entrée dans la guerre des Anglais, mais surtout, nous sommes sur une histoire qui raconte l’une des plus grandes découvertes archéologiques faite sur le sol Anglais à cette période. Au début, j’ai eu beaucoup de mal à comprendre ce que les personnages cherchaient, car je n’ai pas vraiment compris les descriptions qui étaient faites, non seulement celles des tumulus, mais aussi celles des découvertes. Néanmoins, je reviendrais sur ce point en évoquant le style de l’auteur. Ce qui est important ici, c’est qu’au fur et à mesure que les trous sont faits et que les tumulus sont fouillés, on découvre quelque chose qui n’aurait pas dû se trouver là, et que personne ne s’attendait à voir justement ici. Et c’est cela qui m’a plu, car on voit alors les idées pré-concues que pouvaient avoir les scientifiques, archéologues, et notamment historiens, sur une époque donnée, ici le Moyen-Age, et voir justement que tout cela va voler en éclat avec la découverte qui est faite. J’ai grandement apprécié cela, le fait qu’on soit dans un paradigme qui impose que tout soit changé, car la conception qu’on avait d’une époque n’était pas du tout la bonne, et que cela change tout, à la fois la manière dont on comprenait le passé, mais aussi celle qui comprend le présent. On comprend alors aussi que cette découverte va impacter plusieurs personnes dans le monde, et changer notre rapport à l’histoire mondiale, au passé, et que ce n’est pas forcément la bonne période pour le faire, ce qui fait que le site peut être menacé par la présence de la guerre qui arrive. On voit aussi que certains ne sont pas prêts pour cette découverte, pour tout remettre en question, et on comprend aussi que la science, comme l’histoire, avance avec les idées de son époque, et que pour certains, le site aurait mieux fait de ne jamais être découverte pour ne pas à avoir ce changement de paradigme, de pensées. C’est vraiment plaisant à découvrir, parce que je ne pensais pas du tout qu’on pensait de cette manière à cette époque, qui n’est pourtant pas si lointaine.

– Mais ce n’est pas seulement la valeur monétaire qui importe, repris-je. Ce qui est encore plus extraordinaire, c’est que ces objets viennent d’un temps où tout le monde pensait que les gens étaient devenus très primitifs. Du haut Moyen-Age. Tout le monde pensait que c’était une époque obscurantisme. Que les gens étaient entrés dans des siècles sombres. tu connais les Romains, Robert ?

– Ils avaient des centurions. Et des légionnaires.

– Exactement? Eh bien, quand les Romains ont quitté la Bretagne aux alentours de l’an 400, on a pensé que plutôt que d’évoluer et devenir intelligents, les gens avaient fait un retour en arrière. Qu’ils étaient presque redevenus des hommes préhistoriques. Mais ce qu’on a découvert prouve que ce n’était pas le cas. Qu’ils étaient capables de confectionner des bijoux tels que ceux qu’on a trouvés, ils devaient être bien plus intelligents que tout le monde ne l’aurait rêvé. Donc c’est très enthousiasmant. L’une des choses les plus enthousiasmantes qui pouvait arriver, en fait.

– Et c’est à nous ?

– Comment ça ?

– Est-ce que le trésor, il appartient à maman et à moi ?

Ce roman permet aussi de décrire les méthodes archéologiques qui étaient utilisées à l’époque. Nous sommes alors bien dans un roman historique, qui nous décrit avec le plus de détails possibles la méthode utilisée pour fouiller les tumulus, ou pour mettre à jour les trésors que ces derniers recèlent, ou non. C’est assez intéressant, car cela peut alors être comparé aux méthodes actuelles, qui sont basées davantage sur la technologique que sur l’instinct de celui qui cherche, ou sur les preuves qu’on peut avoir de la présence de quelque chose avec des objets rudimentaires. Et c’est justement cela qui fait aussi le suspens du roman, parce qu’avec une toute petite équipe et des moyens très limités, Basil parvient à faire une immense découverte. Et on voit alors tout l’orgueil des hommes se mettre en place, avec ceux qui vont revendiquer cette découverte pour leur propre compte, qui à oublier ceux qui la font vraiment. J’avoue avoir été en colère pour Basil au moment où le British Museum envoie sa propre équipe et décide de le mettre à l’écart du projet. On est vraiment déçu pour lui, pour le fait que son travail ne soit pas vraiment reconnu, même si c’est le cas plus tard, et qu’on comprend aussi que l’angoisse de la guerre force tout le monde à aller plus vite. Néanmoins, les rivalités entre les musées et les différentes personnalités de ce roman font que les egos sont très mis en valeur, et qu’on sent que la découverte peut ramener beaucoup à certaines ou certaines personnes, et pas forcément les bonnes. C’est alors intéressant de voir qui va ramener la couverture à lui. Et, dans le même temps, le roman traite aussi de ce qui arrive après, notamment pour les trésors découverts, et surtout à qui ils appartiennent. C’est alors intéressant de comparer avec les lois françaises, et de voir le fonctionnement britannique.

– Avez-vous réfléchi à celui que vous voudriez que j’attaque en premier, madame Pretty ? demanda Mr Brown.

– En effet.

J’indiquai le plus gros des monticules, celui qu’il avait escaladé l’autre jour.

Mr Brown me dévisagea avant de secouer légèrement la tête.

– Je ne vous le recommanderais pas, personnellement.

– Ah non ?

– Non.

– Pourquoi ?

– Parce qu’il est irrégulier sur le dessus, avec un creux au milieu. En général, c’est le signe qu’il y a eu un cambriolage. Au dix-huitième siècle, les pilleurs plongeaient des bâtons dans les monticules. On appelle ça les flûtes des voleurs. Ils espéraient tomber au milieu. Les plus petits conviendraient peut-être mieux. Ce serait plus rapide. Et moins cher.

(…) – Il y a quelque chose là-dedans, dit-il en redescendant. Impossible de savoir quoi, évidemment. Mais il y a bien quelque chose.

Venons-en enfin aux personnages. C’est un peu particulier de parler d’eux, parce que ce sont des personnes qui ont vraiment existé, et que parler d’eux comme je le fait d’habitude, c’est un peu juger leurs actes et leurs manière de penser. Néanmoins, je peux dire que je me suis plus facilement attachée au personnage de Basil qu’à celui d’Edith Pretty, tout simplement parce que cette dernière, même si elle est la propriétaire du lieu des fouilles, et qu’elle raconte aussi la manière dont ces dernières se sont passées, est finalement très en retrait de ce qui se passe sur son domaine. En effet, elle laisse toute la gestion à Basil, et ensuite au British Museum. On comprend rapidement qu’elle est dépassée par tout ce qui arrive, et surtout, qu’elle est malade. Elle vit aussi beaucoup dans le passé, ne parvenant pas à faire le deuil de son époux. C’est aussi une mère qui traite durement son fils Robert, qui ne parvient pas à l’aimer comme il le faudrait, à son désespoir aussi. Je trouve que son histoire aurait pu être intéressante et qu’elle aurait méritée d’être davantage traitée en toile de fond, afin justement qu’on puisse s’attacher plus à elle. Basil, quant à lui, est plus présent, même si beaucoup de zone d’ombres restent, comme l’étrange rapport qu’il a avec sa femme May, qui semble elle aussi malade. Mais on sent toutefois l’engouement de Basil pour son travail, et la passion qui l’anime pour ce dernier, et le fait qu’il refuse de quitter les fouilles, qu’il veut absolument continuer à travailler sur ces dernières. Il a une passion qui va animer tout le roman et qui va lui donner la vie. J’ai aussi aimé le personnage de l’archéologue, Peggy Piggott, qui est une femme qui doit s’imposer dans un milieu d’hommes. Néanmoins, comme pour Edith, son histoire n’est pas assez développée et il y reste plein d’éléments qu’on voudrait savoir sur elle. Finalement, le vrai personnage central de ce roman, c’est le site des fouilles, et on sent alors toute l’importance des lieux dans l’histoire.

La voiture de Mrs Pretty était garée devant la porte de derrière. Elle avait dû rentrer pendant que j’étais à Woodbridge.

Aux monticules, tout était comme nous l’avions laissé, ce qui était un soulagement. J’allumai ma pipe et descendis l’échelle. Une fois en bas, je la déposais par terre. Pourquoi ? Comme s’il y avait beaucoup de chances que quelqu’un arrive… Malgré tout, je voulais m’assurer d’être tranquille.

Quand je déroulai les bâches, le carré de terre se détachait aussi nettement qu’avant. Je m’agenouillai et entrepris de gratter et de brosser. Je n’eus pas à attendre longtemps. A soixante centimètres de là où j’avais trouvé la pièce, je trouvai une bande verdâtre qui ressemblait à des vestiges de cuivre d’une autre bande. Plus ternes que la première, même une fois brossée, mais de la même taille approximative. Des anneaux de bronze, pensai-je. Les anneaux de bronze d’un tonneau, voilà ce que ça devait être.

La lumière commençait à s’amenuiser. Quand je consultai ma montre, il était déjà vingt et une heure passées. Je n’en croyais pas mes yeux. Je calculai combien de temps je perdrais à retourner chercher une lampe, puis décidai de m’en passer.

La transpiration ruisselait sur mon visage et gouttai par terre. Je ne saurais dire quelle heure il était lorsque je trouvait la pièce de bois.

En ce qui concerne l’écriture de ce roman, j’avoue, malheureusement, m’y être ennuyée par moment, notamment avant que la découverte ne soit faite. Je ne voyais pas où voulait en venir l’auteur. De plus, j’ai été totalement imperméable aux descriptions faites, que ce soient celles des tumulus ou celle de la découverte. Je n’ai vraiment pas réussi à visualiser comme il le fallait ce que voyaient les différents personnages. Je pense que c’est dû à la fatigue, très présente lors de ma lecture, néanmoins, j’ai été assez frustrée de ne pas parvenir à accrocher suffisamment à cette histoire, de ne pas m’attacher aux personnages, et surtout de ne pas comprendre comment la découverte avait pu être faite, et surtout comment elle était placée. Heureusement, il reste tout de même un certain suspens dans ce roman, et c’est cela qui m’a poussé à terminer cette lecture, que je ne regrette finalement pas, parce qu’on y apprend des choses. Mais j’ai trouvé le début de la lecture monotone.

En résumé, c’est un roman intéressant, qui nous plonge dans une époque pas si lointaine que cela, avec une guerre en préparation, et surtout des idées historiques qu’il va falloir remettre en question. On sent alors à quel point cette découverte va tout changer, et on sent aussi le suspens qui est mis en place pour savoir à quoi correspond cette découverte, et ce que tout cela va impliquer. Le personnage de Basil est intéressant et sympathique à suivre, et surtout très passionné par son travail. Les personnages féminins, comme Edith ou Peggy, sont par contre trop mis en retrait, ce qui fait qu’on aimerait en savoir plus sur elles. Le roman est bien écrit, même si je l’ai trouvé un peu monotone, surtout au début, et que je n’ai pas réussi à visualiser les descriptions. C’est une bonne histoire, qui nous permet de réfléchir sur l’archéologie et notre rapport au passé. Je vous en conseille la lecture.

Et vous ?

Cela vous arrive-t-il de ne pas visualiser des descriptions ?

Aimez-vous lorsque les romans comportent beaucoup de descriptions ?

Ou, au contraire, préférez-vous rester dans un univers peut décrit ?

Bon dimanche à tous 🙂

2 réflexions au sujet de « The Dig »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s