chroniques littéraires

Les enchanteresses, tome 1 : le grimoire volé

Bonjour tout le monde. j’espère que vous allez tous bien et que vous passé un agréable weekend. Ici, le soleil est de la partie, et cela fait beaucoup de bien au moral, et permet de recharger les batteries avant la dernière semaine avant les vacances scolaires. C’est le moment de se reposer afin de ne pas s’écrouler de fatigue durant cette dernière semaine de cours.

Aujourd’hui, je vous retrouve sur le blog afin de vous parler de magie. Je vais en effet ce matin vous présenter l’une de mes toutes dernières lectures, que j’ai justement terminée cette semaine, et qui est parfaite pour le mois de l’Imaginaire, dans lequel nous nous trouvons, et qui nous permet justement de nous préparer au grand événement des vacances de la Toussaint, qui est donc Halloween. Ce roman s’intitule Le Grimoire volé, et il s’agit du premier tome d’une nouvelle série appelée les Enchanteresses. Ce roman a été écrit par Sophie Gliocas et il est publié aux éditions Hachette, que je remercie pour l’envoi de ce service presse via la plateforme NetGalley. Il est sorti en septembre 2021 et voici son résumé :

Imaginez pouvoir vous protéger de vos harceleurs. Imaginez pouvoir vous venger d’eux, sans avoir à bouger le petit doigt. Séduisant, n’est-ce pas ? C’est ce que pensaient Bleuenn, Flora et Lizig… du moins, jusqu’à ce que ça aille trop loin.

En trouvant un grimoire dans la forêt de Brocéliande, ces trois filles que tout oppose n’auraient jamais pensé que ses incantations marcheraient vraiment. Et puis, leur vie a basculé et elles sont devenues des Enchanteresses…

Dans ce roman, nous suivons une jeune adolescente, Bleuenn, qui est obligée de quitter Paris pour venir s’installer en Bretagne, quelques semaines avant de faire sa rentrée en seconde. Cette dernière ne se passe d’ailleurs pas très bien, et Bleuenn est tout de suite cataloguée dans les filles non populaires. Heureusement, elle parvient à se faire une amie, Flora, que tout le monde met à l’écart à cause de sa couleur de peau et du fait qu’elle soit bonne élève. Et le duo s’agrandit avec Lizig, harcelée au lycée depuis qu’elle a envoyé des nudes à un garçon de terminale. Avant les vacances de la Toussaint, les filles découvrent un vieux grimoire dans la forêt de Brocéliande, un livre rempli d’incantation. Dedans, se trouve un moyen pour elle de se venger de ceux qui les blessent, et elles vont s’en donner à cœur joie, sans comprendre que le karma va aussi se jouer d’elle.

Commençons cette chronique par évoquer le personnage principal, qui est donc celui de Bleuenn. Je dois avouer que son personnage m’a beaucoup déçu, parce que je ne me suis pas du tout identifiée à elle, ni même n’ait réussi à m’attacher à elle. Je trouve en fait que son personnage est assez cliché, et il y a une tendance chez elle qui m’a profondément agacée, c’est celle de ne surtout pas assumer ses pensées ou ses actions. En fait, elle est lâche, et cela est vraiment dommage. Elle fait partie de celles qui, parmi les trois, a le plus de volonté et de caractère, mais tout cela est beaucoup trop fluctuant pour lui donner une vraie consistance. Ainsi, Bleuenn passe d’une idée à une autre en un paragraphe, elle ne s’affirme pas, et lorsqu’elle décide quelque chose, elle ne vas finalement pas au bout, sauf si ses amies finissent par être d’accord avec elle. En plus, elle ne fait que de se plaindre, et cela m’a dérangée, comme si toute sa vie n’était qu’une succession d’horreur. Certes, elle a le caractère d’une adolescente, et je me doute bien que dans sa situation, rien n’est simple, et que les adolescents sont toujours lunatiques, mais j’ai trouvé que son personnage l’était dans l’excès. De la même manière, elle est toujours en colère, mais elle est aussi dans la provocation, et elle ne doit alors pas s’étonner si les autres la provoquent à leur tour. En fait, elle joue notamment le jeu d’Antoine et de Lucas en répondant à leurs provocations. Elle veut absolument se faire accepter, mais dans le même temps, elle méprise les autres, elle est méchante avec sa sœur, et elle est dure aussi avec Flora et Lizig. Son personnage est vraiment paradoxal et c’est ce qui m’a dérangée avec elle, d’autant plus qu’on ne peut pas dire qu’elle soit généreuse ou amicale. Les scènes de dispute avec sa sœur m’ont dérangée là encore, tellement Bleuenn est mauvaise avec sa cadette. C’est dommage, parce que je pense qu’on aura pu beaucoup mieux faire avec son personnage. Mais peut-être que des adolescents se retrouveront en elle. Pour ma part, j’ai trouvé que son personnage n’était pas abouti, et cela m’a frustrée, parce que j’avais envie de m’attacher à elle, car elle a tout de même une lourde histoire familiale, mais qui arrive trop tard aussi dans l’explication, et qui ne suffit pas à la rendre agréable.

Bleuenn manqua d’en lâcher la poêle.

– Retire tout de suite ce que tu viens de dire, murmura-t-elle entre ses dents.

Pendant un moment, Louane la regarda avec une expression étrange, où appréhension et défi étaient mêlés. puis elle se recroquevilla sur elle-même.

– OK, t’es pas une conne, marmonna-t-elle. Mais…

– TU SAIS BIEN QUE JE NE PARLE PAS DE CA !

Louane fit un bond en arrière. Bleuenn venait de hurler si fort que le village voisin en avait sûrement capté quelques décibels. Louane s’était repliée dans un coin de la pièce tandis que Bleuenn, la poitrine haletante, tenait toujours la poêle d’une main?

– Quoi, qu’est-ce que j’ai dit ? demanda Louane. J’ai juste parlé de Ma…

CLING;

L’ampoule de la cuisine explosa en mille morceaux, telle une multitude de flocons aux pointes acérées.

Parlons maintenant des personnages secondaires. Le soucis avec eux, c’est qu’ils comportent le même degré de cliché que l’on peut retrouver chez Bleuenn. Ainsi, chacun des personnages va représenter un des clichés en particulier que l’on peut retrouver dans un roman de ce genre. Ainsi, Flora est la jeune fille de couleur, geek et très bonne élève, bonne poire aussi, qui n’intéresse personne, sauf au moment des contrôles, et que tout le monde exploite, mais à qui elle n’ose rien dire pour ne pas décevoir ou pour ne pas en prendre plein la figure. Antoine est le fils du maire, et donc forcément arrogant, avec une fille à chaque bras. Lucas est le terminale qui harcèle les secondes, et Malo est le gentil garçon qui ne dit rien, et dont Bleuenn va tomber amoureuse. En fait, le problème avec ce genre de clichés que l’on retrouve aussi bien sur l’héroïne que ses amis, c’est le fait que tout est prévisible. On peut aisément deviner ce qui va arriver à chacun car ils sont vraiment stéréotypés. C’est dommage, parce que cela ne les rend pas vivants, crédibles, et sympathiques. On ne s’attache pas à eux. Alors, je mets Lizig un peu de côté, car même si son personnage est cliché aussi, j’avoue que j’ai davantage de tendresse pour elle, car elle est celle qui souffre le plus. Lizig est celle qui se fait harceler parce qu’elle a fait une bêtise, celle d’envoyer des photos d’elle à Lucas, qui les a transmises à tout le lycée. Certes, je pense que son personnage aurait pu être mieux traité, et qu’on aurait pu éviter certains effets de manches visibles à cent lieux, mais son personnage a au moins un intérêt, celui de poser le harcèlement scolaire et l’idée de vengeance qui va dominer tout le récit. Et sa détresse m’a donné envie de l’aider, je me suis donc davantage attachée à elle et à son histoire dans tous les personnages de ce récit.

Debout au milieu du vestiaire, Lizig pivotait lentement sur elle-même telle une poupée désarticulée. Bleuenn eut besoin de quelques secondes pour réaliser ce qui la fascinait tant : les photos accrochées au mur. Des photos de Lizig nue, dans des postures lascives, qui navaient sans doute jamais été destinées à être affichées ainsi. Il ne pouvait s’agir que des fameuses photos dont tout le monde parlait depuis les vacances d’été.

Bleuenn traversa le vestiaire et commença à détacher les photos sur le murs le plus proche. Puis elle s’approcha de Lizig et posa une main sur son épaule. Cette dernière sursauta, comme si on venait de la brûler.

– Tu as une idée de qui a pu afficher ces photos ? demanda Bleuenn?

Lizig fit « non » de la tête. Flora, qui venait de s’arracher à la foule, entra à son tour dans le vestiaire.

Venons-en à présent à l’histoire en elle-même. Bien entendu, nous sommes en Bretagne, sur les terres de Brocéliande, qui sont pleines de magie. Je suis la première à situer une histoire de magie là-bas, mais j’ai aussi conscience que c’est du vue et du revue, et qu’on peut parfaitement situer un tel récit ailleurs que dans la forêt, qui n’est d’ailleurs plus vraiment une forêt selon les endroits, ou même placer e récit ailleurs qu’en Bretagne. C’est encore un peu cliché, tout comme le fait de tomber sur un vieux grimoire perdu depuis des siècles. Cela fonctionne, on est d’accord là-dessus, mais c’est du vu et du revu. L’idée de la vengeance est toutefois originale, car les trois filles vont être à l’origine de leurs propres problèmes. J’ai trouvé cela sympa, même si, en effet, cela peut poser quelques problèmes moraux de parler de vengeance à des adolescents et de souligner cela comme une réponse possible à des événements traumatisants. Et, dans le même temps, c’est normal, vue la gravité des faits, que cela soit exposé. Par contre, ce que je déplore un peu, c’est que l’idée du retour de karma, le fait que la vengeance se retourne contre les trois adolescents, qui doit donc faire la morale de ce récit, n’est pas assez mise en évidence. L’autrice aurait dû insister dessus afin de bien montrer que la vengeance n’est pas une solution satisfaisante. Sinon, nous sommes dans une histoire de sorcières assez classiques, avec des adolescentes qui découvrent leurs pouvoirs et qui s’en amusent. Le récit tourne alors vraiment autour de cette idée de vengeance et le fait que la magie noire peut permettre ce genre de choses, avec des conséquences plus ou moins dramatiques.

Mais Flora poursuivit, d’une voix toujours aussi inquiète :

– Vous avez écouté la vendeuse ? Les potions de vengeance doivent être maniées avec prudence.

– Et alors ? dit Lizig.

– Et alors, je me demande si c’est une bonne idée. Vous imaginez s’il arrive quelque chose de grave ?

– On va juste lui flanquer la frousse, il s’en remettra ! Ce n’est pas lui qu’on humilie depuis des mois, lui rappela Lizig.

– Oui mais…

– On est loin d’être des Sabrina Spellman, renchérit Bleuenn. Entre rendre la monnaie de sa pièce à Lucas et déclencher une apocalypse, il nous reste de la marge.

Flora n’avait toujours pas l’air très convaincue et Lizig lui administra une bourrade rassurante.

– Six semaines à ignorer Lucas, ça devrait être plutôt facile, non ?

Entre ses doigts, son grenat brillait de mille feux.

– Et, si on nous emmerde, on n’aura qu’à montrer notre merveilleux caillou de protection, ironisa-t-elle.

En ce qui concerne la lecture du roman, j‘avoue avoir trouvé que ce dernier mettait beaucoup de temps à se mettre en place. Nous avons tout d’abord toute la partie avec l’arrivée de Bleuenn, puis sa rencontre avec Flora, et celle ensuite avec Lizig, pour que le récit se mette enfin en place. Des éléments dramatiques auraient mérité d’être placé bien avant. De la même manière, la tension qui se met à exister dans le roman n’apparaît qu’assez tard dans l’histoire, vers la fin de cette dernière, lorsque les filles prennent conscience de ce qu’elles ont provoqué. Et la résolution de tout cela est alors trop rapide. En vérité, je trouve que ce roman s’attarde beaucoup trop sur la vie des adolescents en général, donc sur les fêtes qui ont lieu, les couples qui se forment ou non. Même la partie harcèlement est finalement traitée de manière superficielle, sans aucune profondeur. Je sais que c’est un premier tome, et que cela sera sans doute mieux fait dans la suite, mais je me suis ennuyée à certains moments. Mais je n’oublie pas que ce roman est écrit pour des adolescents, qui se retrouveront sans doute dans cette histoire. Toutefois, tout l’agressivité qui existe dans ce texte, que ce soit celle des garçons envers le groupe de Bleuenn, ou même Bleuenn avec sa famille, donne envie de combattre cette agressivité, et à tendance à nous mettre aussi à cran. Un peu de nuance aurait été appréciable. Et c’est la même chose avec le suspens, qui n’est pas du tout au rendez-vous.

En résumé, j’ai tout de même apprécié ma lecture, au sens où c’est un roman qui se lit bien, qui est fluide, mais qui est sans saveur aussi car beaucoup trop cliché, avec des personnages pas assez travaillés, trop stéréotypés. L’histoire en elle-même est prévisible et l’on peut s’y ennuyer, il manque de suspens et de la tension. La partie harcèlement scolaire est superficielle, et c’est ce qu’on retrouve chez les personnages. Toutefois, je dois reconnaître que l’ensemble fonctionne à partir du moment où l’on a accepté à la fois les clichés et le fait que l’histoire serait prévisible. On peut tout de même passer un bon moment avec ce titre. Je le conseille donc au plus jeunes, tout en sachant que le roman ne fait pas peur, et qu’il n’a rien d’original sur la magie.

Et vous ?

Cela vous dérange-t-il de retrouver certains clichés dans vos lectures ?

Parvenez-vous à passer outre ?

Ou, au contraire, cela vous gâche-t-elle votre lecture ?

Quels sont les clichés qui passent, et ceux qui ne passent pas ?

Bon dimanche à tous 😀

3 réflexions au sujet de « Les enchanteresses, tome 1 : le grimoire volé »

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