chroniques littéraires

La Louve Cathare, tome 2

Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez tous bien et que vous parvenez à profiter des rares rayons du soleil qui s’offrent à nous. Pour ma part, je continue mes vacances en préparant la rentrée, hier je me suis faite vaccinée, ce qui pourra peut-être m’éviter tous les tests PCR à faire dès qu’une classe ferme. J’ai aussi réussi à aller à la mer, et cela m’a fait un bien fou. Je pense de plus en plus à m’en rapprocher, dès que j’aurais mon concours.

Mais en attendant, vue qu’aujourd’hui nous fêtons un haut symbole de notre république, je reviens vers vous sur le blog afin de vous livrer un avis sur un roman historique. Néanmoins, je ne vous parle de la même époque de la fête d’aujourd’hui, même si cela reste une époque importante. En effet, aujourd’hui, je vous emmène dans le sud de la France, sur la route des cathares et de la traque faite par Blanche de Castille, grâce au tome 2 de La Louve Cathare, écrit par Mireille Calmel. Vous pouvez retrouver la chronique du tome 1 ici. Le roman est sortie en février 2021 aux éditions XO. Voici son résumé :

1229. Abbaye de Montmartre.
Deux ans que Griffonelle, ma belle effrontée, se morfond dans son couvent. Loin du jeune roi qui l’aime passionnément, mais aussi de la fabuleuse mine d’or, en pays cathare, dont elle détient le secret.

Alors que le roi, décidé à s’emparer de l’incroyable trésor, s’apprête à lancer l’ultime assaut contre la forteresse de Cabaret, Griffonelle s’échappe de sa geôle et parvient à rejoindre la montagne noire.

Mais elle n’est pas seule à guetter sa vengeance…

Dans ce nouveau tome, nous retrouvons Griffonelle, notre héroïne. Cette dernière, suite au meurtre de son ami Triboulet et de la traque qu’exerce sur elle ceux qui cherchent le trésor de la mine des cathares, a été placée dans un couvent. Blanche de Castille, reine de France, pense que c’est un moyen de l’empêcher de se rapprocher de son fils Louis. Quant à Louis, il ne voit que la sécurité qui est promise à Griffonelle. Quant à elle, elle ne voit que la prison. Or, alors qu’elle récupère par hasard une relique, elle voit là l’occasion de reprendre son destin en main. En volant le pucelage du roi de France et son cheval, elle parvient à se sauver, direction les cathares. Elle compte bien se venger de celle qui lui a tout pris, Na Loba, mais des secrets sont encore à découvrir. Et la guerre gronde aux portes de la montagne noire.

Dans ma chronique du premier tome, j’avais souligné l’importance de la joie de vivre et de l’insouciance de Griffonelle. C’était alors ce qui l’a rendait attachante. Pleine de vie, la jeune fille n’avait alors de cesse de se moquer des autres et d’elle-même. Or, dans ce second tome, elle est plus mûre, plus sûre d’elle, et surtout très en colère. Je pense que cela provoque alors un grand contraste entre la jeune fille qu’elle était et celle qu’elle est devenue, signe qu’elle a évolué, qu’elle a grandi. Il est vrai qu’on ne s’attend pas vraiment à cela lorsqu’on commence le roman, parce qu’on s’attend à la retrouver comme elle était dans le premier tome, tout en sachant que cela n’est pas vraiment possible vue les événements qu’elle a été obligée d’affronter. De ce fait, la nouvelle attitude de Griffonelle peut paraître déstabilisante, mais j’ai trouvé au contraire qu’elle lui correspondait bien, et que cela permet réellement de montrer son évolution, sa métamorphose en papillon, parce que la haine qui la pousse dans ce deuxième tome est ce qui va lui permettre d’ouvrir ses ailes, et d’enfin aller vers le futur, son futur, et de dire adieu à son passé, à celui des autres. Mais pour qu’elle devienne la femme qu’elle doit être, qu’elle est au fond d’elle, elle doit passer par la haine et la colère, et celle-ci concerne tout le monde, y compris Louis. La haine et l’amour se mélangent alors, parce qu’elle lui en veut de l’avoir abandonnée dans un couvent, de n’avoir rien fait pour sauver ses proches, mais elle continue d’être attirée par lui. Ce que j’ai aussi aimé, dans ce tome, outre le fait que les sentiments de Griffonelle sont intéressants et assez profonds, c’est qu’elle se révèle aussi comme un nouvel espoir, celui d’arrêter la guerre, celui de faire entendre au roi de France, à Louis, d’arrêter de faire du mal au peuple cathare. Elle est la voix de la raison, d’une certaine manière, celle qui peut arrêter les combats, ce que ne peut pas faire Na Loba. Cela est d’autant plus marquant lorsqu’elle fait face à cette dernière, ou à ses anciens ennemis. J’ai donc vraiment aimé ce que l’autrice fait de son héroïne ici, qui se révèle être un personnage très fort, une vraie figure de courage et de raison. L’évolution de Griffonelle est vraiment bien pensée, et elle continue tout au long du livre.

Elle se revit trois ans en arrière, sur l’île de la Cité, entrant dans l’établissement des bains de Marguerite Potier avec Triboulet, décidés l’un comme l’autre à se laver du sang du maraud que le nain avait occis dans les combles de Notre-Dame.

Elle passa une main rageuse sur ses joues, sentit remonter sa haine derrière le chagrin. Il était toujours là. Refusant de céder.

Puissant. Quoiqu’elle fasse.

Elle entra dans l’eau froide, s’allongea sur le dos, s’enfonça jusqu’à faire disparaître son visage sous la surface. Jusqu’à manquer de souffle et ressortir enfin, plus déterminée encore qu’avant même de poser un pied en Occitanie.

Qui que tu sois, le Masque, tu ne m’empêcheras pas de faire justice. Tu ne me raviras pas ma vengeance. tout comme le comte de Montford, Na Loba et Altéric devront payer pour ce qu’ils m’ont pris.

Parlons maintenant des personnages secondaires. L’évolution de Louis est elle aussi marquante, même si j’avoue que j’ai eu le sentiment qu’il était davantage en retrait, par rapport au rôle qu’il jouait dans le premier tome. Ainsi, j’ai eu l’impression qu’on le voyait beaucoup moins, et cela m’a manqué, parce que j’aurais aimé qu’il soit davantage présent. Mais le texte, tel qu’il est écrit, permet aussi de montrer que, bien que roi, Louis ne fait pas ce qu’il veut, et qu’il est finalement assez souvent tenu à l’écart de la réalité des choses, voir qu’on ne lui dit pas tout. Et c’est ce que j’ai aimé dans ce roman, au sens où Louis est certes effacé, mais il provoque des problèmes de loyauté. Il est le roi, mais finalement, c’est sa mère qui gouverne. Et pour certains personnages, la question de savoir à qui va en premier la loyauté n’est peut-être pas si évidente que cela, et cela permet aussi à Louis de s’affirmer. En fait, le roman montre un jeune roi qui cherche à prendre ses marques et sa place, alors que sa mère dirige tout, et essaye aussi de l’éloigner de la femme qu’il aime. Louis n’a pas oublié Griffonelle, et il cherche avant tout à la protéger. Seulement, il va devoir se rendre compte que l’enfermer n’est pas la bonne solution, et qu’elle est libre, contrairement à lui. Cette prise de conscience est assez intéressante.

En ce qui concerne les autres personnages secondaires, j’ai trouvé cela agréable d’enfin en savoir plus sur Na Loba. Elle est celle dont l’ombre plane pendant le premier tome, mais qu’on ne croise pas vraiment. Dans ce deuxième tome, son personnage est beaucoup plus important, et c’est intéressant de voir ce qui la motive, pourquoi elle agit comme cela, et pourquoi elle ait autant Griffonelle, quitte à se mettre elle-même en danger pour essayer de la tuer. C’est assez intéressant car cela permet de mêler sa légende avec l’histoire, et aussi de montrer un autre personnage féminin fort dans cette histoire. Na Loba est celle qui contrôle les cathares, qui leur donne de l’espoir, mais qui les empêche aussi de mettre fin à la guerre, car c’est une guerrière. En voyant son personnage, on découvre donc ceux qui s’oppose à elle, qui estime qu’il est temps de signer un traité, une trêve, et que les cathares doivent pouvoir continuer à vivre sans se cacher, sans devoir tuer pour se protéger. Et il y a aussi le secret de la mine, celui que protège farouchement Na Loba, et qui peut servir pour la paix. Mais elle n’est pas la seule à s’imposer dans ce récit. En effet, on découvre une nouvelle facette de Blanche de Castille qui m’a assez déplu. Ainsi, alors que Na Loba protège son peuple et se bat pour lui, Blanche de Castille œuvre pour ses propres intérêts, ceux qu’elle estime être pour son fils. Elle est aussi aveuglée par la colère, et elle se montre horrible. J’ai détesté son personnage, la manière dont elle juge Griffonelle, son envie de raser tout le sud pour retrouver la mine, pour tuer tous les cathares, et envie qu’elle dissimule sous couvert de la nation et de l’Eglise. Blanche veut protéger son fils, mais en vérité, ce qu’elle veut, c’est le contrôler, et elle ne voit pas Louis comme un roi, mais comme son pantin. C’est une relation de contrôle qu’elle a avec son fils, et cela met le pays au bord du gouffre.

– Qu’attendez-vous de moi ?

Elle souleva le rabat de son escarcelle et en retira un pli scellé qu’elle lui tendit.

– Il est à l’intention d’Amaury de Montford. Peu de temps après que Louis a conduit Griffonelle au couvent, il m’a demandé de la lui livrer. Je l’aurais pu, m’étant assurée qu’elle était incapable, d’une manière ou d’une autre, de conduire à la mine d’or des Cabaret. Mais j’étais alors tenue par mon engagement. Ne l’étant plus…

Jean sentit un frisson lui parcourir l’échine? Son animosité envers le comte était intacte, même si elle était déraisonnée : Amaury de Montford avait été de ceux qui avaient soutenu la reine durant la fronde. Pour autant, l’homme restait cruel, cupide et sans scrupule. Si Griffonelle tombait entre les mains de celui qui avait froidement assassiné sa mère, nul ne la reverrait.

Blanche dut percevoir sa réserve, d’autant plus légitime qu’elle l’obligeait à composer avec sa loyauté envers le roi. Car elle plongea son regard dans le sien, un regard empreint d’autant d’autorité que de confiance.

– Bien évidemment, j’attends de vous le serment que Louis ne saura jamais ce qu’il est advenu de sa bien-aimée.

Ce que j’ai aussi beaucoup aimé avec ce roman, avec ce tome 2, c’est qu’avec le personnage de Na Loba et cette histoire de mine, avec le secret de Griffonelle et l’apprentissage de Louis dans son rôle de roi, on continue de découvrir une nouvelle facette de notre histoire, et ce qu’on vécu les cathares pendant cette période. Dans le tome 1, cela paraissait encore lointain, parce qu’on était à Paris, et non pas sur leur territoire. Mais cette fois, l‘histoire nous emmène sur les terres cathares, face à la bataille de Cabaret, et face à la détresse de ses habitants. Cela permet justement de donner une consistance à la figure de Na Loba, parce qu’elle est celle qui incarne non seulement l’espoir, mais aussi la rébellion face au roi de France, face à son armée, et qui doit permettre la survie de son peuple. Elle est non seulement une légende, mais aussi la sorcière du coin. On comprend alors mieux son rôle, et celui qu’elle a sur cette terre. J’ai beaucoup aimé suivre la bataille, et découvre la montagne noire, la cité de Cabaret, et la manière dont celle-ci a été construite, le rôle des éléments, dont la nature, pour la préserver et la rendre imprenable. C’est vraiment intéressant de suivre a bataille, et de voir comment la nature a son rôle à jouer dans cette dernière, comment les cathares maîtrisent leur environnement afin de se défendre. Cela contribue à la réputation de Na Loba, et à celle des cathares. Le lieu donne alors vraiment envie d’être visiter, pour toute l’histoire qu’il renferme.

– Nous avons encore quelques jours devant nous, le temps qu’ils s’installent correctement pour nous faire croire qu’ils viennent grossir le siège. Plus si la pluie provoque une crue.

Deux cours d’eau encadraient Lastours. Deux serpents paisibles. paisibles et fins en cette époque de l’année.

Il tressaillit.

– Avec un niveau si bas ?

Elle s’écarta, désignant une nuée au-dessus des crètes environnantes, à peine perceptibles dans l’azur.

– Tu n’as pas vécu ici assez longtemps pour connaître tous les secrets de la Montagne Noire, mais crois-moi, une tempête approche et elle sera violente. S’ils montent leurs tentes près des autres, elles seront emportés avec eux quand la rivière débordera.

Il opina, soulagé.

Il ne l’avait jamais vue se tromper. Elle possédait un instinct plus puissant que les autres. Un instinct accru par une anticipations des réactions de chacun, ami ou ennemi. Si l’on s’ahurissait encore devant ses victoires ou ses échappées, lui savait désormais qu’elles étaient le fruit de cette intuition, de cette anticipation qu’elle prêtait aux êtres et aux choses.

Pour les approcher, les aider, les soulager.

Ou les tuer.

En ce qui concerne l’écriture de ce roman, j’avais eu du mal à me plonger dans le tome 1, mais ce ne fut pas du tout le cas dans cette suite. Je l’ai d’ailleurs dévorée. En effet, il existe beaucoup de tension dans ce tome , qu’il n’y avait pas tout à fait dans le tome précédent. Ainsi, on sent ici l’urgence qui motive tous les personnages, et cette urgence est marquée par l’approche de la bataille, de la prise de Cabaret. Parce que Griffonelle s’évade, parce que Toulouse est à terre, Blanche de Castille se précipite, ce qui entraîne dans son sillage la précipitation de tout le monde, dont Louis, qui veut sauver Griffonelle. La tension est vraiment intéressante, car elle se prolonge pendant tout le récit, et elle nous pousse en avant. On a aussi des révélations très importantes qui sont faites, et même si l’on devine certaines, elles sont bien dosées et nous permettre de reprendre notre souffle, ou de craindre davantage pour la vie de nos personnages. Le roman est toujours bien écrit, et va au but. Il se lit très bien, avec plaisir.

En résumé, je ne peux que vous conseiller ce tome 2. Le premier nous permettait de découvrir les personnages et le moment historique, ce tome 2 permet d’avancer dans le récit avec une certaine urgence, de nous mener avec passion vers la résolution de l’histoire et l’un des moments de la grande Histoire. On découvre avec plaisir les terres cathares et la bataille qui s’est jouée, tout comme on découvre comment Louis se fait manipuler par sa mère, puis prend son envol. On retrouve avec plaisir une Griffonelle motivée par la vengeance, qui grandi au cours du récit, pour devenir une femme accomplie. Le roman se lit très bien, et c’est toujours agréable de découvrir l’histoire de cette manière.

Et vous ?

Aimez-vous lire des romans historiques ?

Qu’aimez-vous retrouver dans ces récits ?

Ou au contraire, que n’aimez-vous pas y retrouver ?

Bon 14 juillet à tous 😉

Une réflexion au sujet de « La Louve Cathare, tome 2 »

  1. J’aime beaucoup les romans historiques et j’ai d’ailleurs tenté ma chance avec Richard Coeur de Lion de l’auteure mais j’ai trouvé son style un peu trop alambiqué et parfois assez brouillon par conséquent.
    J’ai d’autres romans dans ma PAL pour lui laisser une seconde chance.

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