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Un peu plus d’amour que d’ordinaire

Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez tous bien et que vous êtes en forme pour le long weekend qui s’annonce. Pour ma part, j’ai la chance de l’avoir commencé plus tôt que prévu, c’est-à-dire dès hier midi. En effet, mes classes ont été envoyées plus tôt en weekend elles aussi, dès le bac banc terminé. Le soucis, c’est que maintenant j’ai tout un tas de copies qui m’attendent, environ 130, à corriger avant la fin mai, donc en quinze jours. En fait, je vais passer mon weekend à faire cela. Mais je le savais. Cela ne m’empêche pas d’avoir la tête qui tourne dès que je pense à tout ce que je dois faire durant ces quelques petits jours qui forment le pont de l’Ascension. J’espère avoir tout de même le temps de me reposer.

Mais pensons à des choses bien plus agréables qu’un tas de copie de philosophie en cycle terminal. Aujourd’hui, je vous retrouve sur le blog afin de vous parler d’une de mes dernières lectures. Je sais qu’en effet, certains d’entre vous attendent mon avis sur ce titre. Je vais donc vous présenter aujourd’hui le dernier roman d’Emily Blaine, qui s’intitule Un peu plus d’amour que d’ordinaire. Ce titre est sorti aux éditions Harlequin en tout début du mois de mai. Je les remercie d’ailleurs beaucoup pour l’envoi de ce roman en service presse via la plateforme NetGalley. Il s’agit, bien évidemment, d’une romance contemporaine. Voici son résumé :

Il n’est jamais trop tard pour se créer des souvenirs

Valentine a toujours vécu dans l’ombre de son père, sportif de haut niveau. Pour limiter les séparations douloureuses au fil des déménagements, elle a décidé de rester à l’écart des autres. Aujourd’hui, son père a besoin d’elle : atteint de la maladie d’Alzheimer, il nécessite une surveillance constante. Elle, qui a toujours fait en sorte de se débrouiller toute seule, n’a dès lors d’autre choix que de trouver quelqu’un pour l’aider.

Depuis qu’il a annoncé sa retraite alors qu’il est au sommet de sa carrière de rugbyman en Australie, Luke a besoin de faire le point sur sa vie. Ce job d’aide à domicile pour le sportif qu’il a longtemps vénéré tombe à pic, et il regorge d’idées pour stimuler la mémoire glissante de cet homme malmené par la maladie. Mais, lorsqu’il rencontre Valentine, Luke a envie de relever un nouveau défi : faire vivre à la jeune femme solitaire l’adolescence qu’elle n’a jamais eue.

Dans ce récit, nous suivons donc deux personnages principaux, qui sont donc Valentine et Luke. Valentine est professeur de dessin dans un collège du sud de la France. Elle vit avec son père, qui souffre de la maladie d’Alzheimer. Autrefois, il état un grand jouer de rugby, mais tout cela est derrière lui. Valentine est seule, elle vit à l’écart des autres. Luke, lui, est bien entouré. Alors qu’il vient de prendre sa retraite de joueur de rugby, il décide de s’installer quelques semaines chez son cousin, dans le but de découvrir quoi faire de sa vie. C’est là qu’il tome sur Valentine, et qu’il voit un défi à sa portée. Il va tout faire pour devenir l’ami de cette femme qui reste à distance des autres. Et s’il peut la faire rire, la faire tomber amoureuse de lui, c’est encore mieux.

Je vais commencer cette chronique par vous parler de Valentine. Ainsi, comme dit dans le résumé, c’est une jeune femme plutôt solitaire. On apprend rapidement dans le récit qu’elle préfère mettre les autres de côté plutôt que de souffrir. Durant son enfance, elle voyageait beaucoup, au gré des déplacements et des changements de club de son père, si bien qu’elle était très souvent arrangée au lieu où elle vivait. Ne pas avoir d’attaches, d’amis, à donc été plus simple pour elle afin de gérer ces départs. Et une fois adulte, elle ne parvient pas à se lier au autres. Elle ne parvient pas à se confier, ni même à demander de l’aide. Valentine considère donc qu’avoir des amis est superflu, qu’elle ne peut compter que sur elle-même, ou sur son père. Et que personne ne peut mieux la comprendre qu’elle-même, qu’elle sera forcément abandonnée par les autres. Or, son père est malade. La présence de Luke va alors l’aider à comprendre qu’elle doit maintenant voler de ses propres ailes, qu’elle ne doit pas culpabiliser et ne vivre qu’à travers les autres. Il va lui redonner la part d’enfance et d’adolescence qui lui manque, ce qui va lui permettre de s’alléger, de prendre son indépendance. C’est en fait cela qui m’a touchée avec Valentine, le fait qu’elle n’ose pas vivre, qu’elle continue à exister dans l’ombre de son père, de sa famille, et non pas pour elle-même. C’est d’ailleurs cela qui l’empêche aussi de s’ouvrir aux autres. Valentine a un lien très fort avec ses parents, avec son père, et elle essaye de tout gérer toute seule, seulement, cela n’est plus possible. Elle doit vivre sa propre vie. On aime donc l’image qu’elle renvoi, celle d’une fille qui fait tout pour son père, mais on est aussi touché par sa détresse et sa solitude. Cette dernière devient peu à peu, au cours du récit, un poids pour elle. Elle n’est plus bénéfique, elle l’a gêne plus qu’autre chose. J’ai donc apprécié la métamorphose qui se met en place chez elle, le fait qu’elle s’ouvre peu à peu à Luke et à ses amis, mais aussi le fait qu’elle comprenne qu’elle ne peut pas faire plus pour son père. C’est alors un moment assez triste, car elle doit accepter la maladie, chose qu’elle n’avait pas vraiment faite jusque-là, et qui demande aussi de ne pas culpabiliser. On ne voit pas Valentine seulement grandir, mais on la voit mûrir, et se détacher de son passé, celui dans lequel elle était enfermée.

Jusqu’ici, j’avais consciencieusement fait e sorte de ne garder quasiment aucun souvenir de mon adolescence. L’exercice s’était avéré assez facile à réaliser : quand vous ne vous attachez à personne, vous n’avez aucune prise sur le passé. Vous l’oubliez. Vous ne vous souvenez pas de soirées endiablées, de fous rires incontrôlables ou de travaux scolaires en groupe. Je m’arrangeais toujours pour étudier seule.

Je me rappelais nos déménagements, ma passion dévorante pour le dessin, les activités farfelues avec ma mère, les matchs de mon père. Tous mes souvenirs s’articulaient autour de ma famille. Parce qu’elle constituait le seule pilier immuable de ma vie, je ne ressentais pas le besoin de me rappeler autre chose.

Parlons maintenant du second personnage principal de ce récit qui est Luke. Contrairement à Valentine, qui reste un personnage plutôt sombre, à mon avis, Luke est très lumineux. Il incarne la joie de vivre, et cela se retrouve dans toutes ses interactions avec les autres. Il est drôle, et il sait en jouer. L’humour est sa manière de s’exprimer, ce qui fait qu’il amène beaucoup d’humour, de joie de vivre, de rire, dans le récit. Il est l’ami que tout le monde rêve d’avoir, celui sur qui coulent les soucis, celui qui ne prend rien au sérieux, pour qui la vie est un terrain de jeu. Seulement, il n’apparaît pas, au début, comme quelqu’un de sérieux. En fait, on sent qu’il est resté un grand enfant, et qu’il refuse de grandir. Pour le moment, il n’en avait pas besoin, il continuait à vivre une vie de grand adolescent, rythmée par ses matchs. Or, il a pris une grande décision, celle de ne plus rester joueur de rugby. Il a pris sa retraite. Et cela le pousse à réfléchir à son avenir, à ce qu’il veut faire. Et même s’il repousse cette réflexion pendant toute une partie du récit, il va tout de même devoir se décider. C’est d’ailleurs ce que j’ai aimé avec lui, le fait qu’il soit obligé de devenir vraiment sérieux quelques instant, afin de savoir ce qu’il veut raiment. Lui aussi est obligé de mûrir, et il va devoir le faire assez vite s’il veut conquérir Valentine. Il n’est en effet là que pour une durée déterminée. Par contre, ce que j’ai aussi aimé avec Luke, outre son caractère solaire et sa réflexion sur son avenir, c’est la manière dont il s’occupe de Valentine, mais aussi de son père. En effet, Luke va prendre très rapidement le père de la jeune femme sous son aile, et c’est intéressant de le voir évoluer de cette manière, avec les autres, hors de son groupe d’amis. Luke est un personnage agréable à suivre, et qui sait se montrer touchant aussi. C’est un personnage qu’on est triste de quitter.

Avec elle, j’étais Luke. Pas le fou furieux de l’adolescent, pas la tête brûlée qui jouait au rugby. Juste moi, celui qui ne savait pas vraiment ce qu’il allait faire des cinquante prochaines années et qui tentait de le masquer avec son humour douteux.

– Je suis en retraite depuis quelques jours, dis-je, à bout de souffle. J’ai tout le temps du monde, je suis en bonne santé, j’ai des amis, de l’argent de côté, et pourtant je n’ai jamais eu autant la trouille de ma vie.

– On s’y habitue, murmura-t-elle.

Venons-en maintenant à l’univers proposé par l’autrice. J’ai pris beaucoup de plaisir à suivre la petite bande d’amis de Luke. C’est aussi pour cela qu’on s’attache à ce personnage, parce qu’il est bien entouré, et parce qu’il favorise l’amitié et la confiance des autres. C’est agréable de se retrouver projeté dans ce groupe d’amis soudés, qui se connaissent depuis des années, mais qui sont tout à fait aptes à accepter de nouvelles personnes, comme Valentine, ou même son père. Je ne suis pas une fan de rugby, c’est même un sport que je ne connais pas vraiment, mis à part ce qu’on peut en dire. Je n’ai ainsi regardé aucun match de ma vie. Néanmoins, cela n’est pas gênant de ne pas connaître ce sport et d’être ainsi projeter dans ce monde si important aux yeux de Luke ou de Valentine. Cela donnerait même presque envie d’en savoir plus, même si ce n’est pas mon sport de prédilection. J’ai ainsi apprécié l’esprit d’équipe, de communion, que l’on ressent dès que le rugby est évoqué. Les joueurs font vraiment partie de la même famille, il y a un vrai esprit d’équipe, de respect et de soutien entre eux. On peut le voir entre Luke et le père de Valentine. J’ai aussi beaucoup aimé l’univers de Valentine, plus centré sur la peinture. Elle a un vrai style, qui est, à mon avis, bien représenté dans le récit. J’ai aimé la manière qu’elle a de peindre, qui se fait essentiellement sur les murs. Cela est lien à son histoire personnelle et c’est une bonne idée, originale, de le présenter de cette manière. J’ai apprécié alors le fait que cela va aussi lui permettre de s’ouvrir aux autres, et de dévoiler ses ailes et de couper les entraves de son passé. Enfin, venons-en à ce qui, pour moi, rend l’histoire assez triste. C’est la maladie d’Alzheimer qu’a le père de Valentine, maladie qui le rend irritable et qui lui fait perdre parfois la raison. C’est assez touchant de voir comment Valentine réagit à cela, avec beaucoup de pudeur, mais aussi de la culpabilité, car elle ne peut pas laisser son père tout seul, elle doit s’occuper de lui. Mais, de ce fait, elle ne peut pas faire sa vie. Elle se sent responsable, et cela l’étouffe. Il n’y a alors pas de bonnes ou de mauvaises décisions, il n’y a que des choix à faire. C’est triste de voir le personnage du père de Valentine tomber peu à peu, oublier ses souvenirs, même s’il reste en forme pendant une grande partie du récit. On sait alors que la maladie est irréversible, et cela ajoute de la tragédie au récit, sans toutefois que cela soit trop pesant. C’est alors bien dosé, même si certains moments sont plus durs que d’autres. Cette maladie prend une grande place dans l’histoire, la menace est bien réelle, tout en permettant aussi l’humour, et l’amour.

Cette fois, les larmes roulaient sur mes joues. L’entendre si rationnel et convaincant me rappelait qu’un jour toute cette partie de lui-même disparaîtrait ; quoi que je fasse, je ne pouvais pas lutter.

– Je ne suis pas une raison suffisante pour toi de rester ici, ton sacrifice ne servirait à rien si ce n’est à me faire partir avec des regrets, dit-il doucement en posant la main sur ma joue trempée de larmes.

– Je peux rester, hoquetai-je.

– Tu peux. Mais tu ne dois pas. Tu seras toujours ma fille, même quand tu seras loin, ou quand je t’aurai oubliée. Toujours.

– Ne dis pas des choses comme ça, soufflai-je.

– Tant que je le peux, je le dirai. Tu seras toujours, toujours, toujours ma fille. Et je t’aimerai toujours. Mais ce que je sais, c’est que la vie est trop éphémère pour qu’on en perde la moindre minute, et rester à l’écart pour se préserver de ses blessures ne fonctionne pas.

Vous l’avez donc compris, avec tout ce que je viens de dire, ce roman se lit très bien. Tout est bien dosé, que ce soit l’univers du rugby ou celui de la peinture, qui ne prennent pas toute la place, mais aussi entre l’humour et la tragédie de la situation de Valentine. On passe un agréable moment avec les personnages, on rigole et on pleure avec eux. Ce que je voudrais souligner aussi, c’est toute la pudeur de la romance qui nous est proposée ici. En effet, on sent que Valentine est sur la réserve, qu’elle est un peu comme un animal à apprivoiser. Luke prend alors beaucoup de temps pour devenir ami avec elle, pour la conquérir. De ce fait, on ne parle pas ici de coup de foudre, ni même de romance qui va vite. Les personnages ne tombent pas rapidement dans les bras l’un de l’autre, ils se découvrent longtemps avant. Et j’ai vraiment apprécié cela, cette patience qui se met en place, une patience qui est très respectueuse, et aussi marquée par le consentement, dont on entend beaucoup parler en ce moment. On est vraiment sur une histoire d’amitié qui se met en place, avant de basculer dans la romance. Le style de l’autrice s’accorde parfaitement avec cela, et cette manière de raconter correspond parfaitement aux personnages, à leur tempérament et leurs histoires personnelles. Et j’ai vraiment apprécié le fait que cette romance ne soit pas écrite au présent, mais au passé simple. Cela fait du bien, et cela se it de manière très fluide.

En résumé, je pense que c’est l’un des meilleurs romans d’Emily Blaine. J’ai vraiment pris plaisir à lire ce récit. Les chapitres se lisent bien, le fait qu’on alterne entre les deux héros n’est pas du tout un problème, la narration est très fluide. On s’attache facilement à Luke et à Valentine. Tout est bien dosé, on rigole beaucoup, on est aussi triste, la maladie ne prend pas trop de place tout en étant au centre de cette histoire, et cette plongée dans l’univers du rugby est intéressante. J’ai aimé que la romance se mette tout doucement en place, passant d’abord par l’amitié entre les deux personnages. Les personnages secondaires sont aussi plaisants à suivre. C’est un roman que je vous conseille, et que j’ai envie de partager autour de moi.

Et vous ?

Préférez-vous lorsque les personnages se jettent rapidement l’un sur l’autre ?

Ou préférez-vous que l’histoire se mette doucement en place ?

Privilégiez-vous le coup de foudre dans une romance ?

Bon mercredi à tous 😀

4 réflexions au sujet de « Un peu plus d’amour que d’ordinaire »

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